samedi 31 décembre 2016

du jour premier janvier ou du jour de l'An


du premier Janvier ou du jour de l’An


Le premier jour de l’année est le 1er janvier. Cela nous semble une évidence et une chose acquise au point que nous ne nous posons pas de question, tant nous sommes préoccupés, par ce que nous allons faire avec nos amis, nos parents et notre famille pour fêter la Nouvelle Année ! Une année de 365 jours. Eh bien non puisque 2016 était bissextile et cette année terrible est encore plus compliquée puisqu’il va falloir la prolonger d’une seconde alors qu’on voudrait bien vite la voir finir !
Je vais centrer cette chronique sur ce sujet. D’abord parce que redire que depuis la nuit des temps, les peuples et les savants ont mis en place des systèmes pour calculer le temps et se retrouver ainsi autour d’une norme commune sans jamais vraiment y parvenir cela nous appelle à un peu d’humilité devant la nature et l’univers.
Ensuite parce que tous ces calculs aussi précis soient-ils doivent encore et toujours être revus.
Enfin parce que pour quantité de peuples, de pays, de religions l’année ne commence toujours pas à cette date et que regarder cela nous amène aussi à ouvrir nos horizons aux autres, à l’autre. Mais ce point sera traité dans une autre chronique pour ne pas alourdir celle-ci déjà fort complexe ! Voyons un peu cela.
Déjà il faut rappeler que nous sommes au 366ème jour de l’année 2016 puisque cette année était une année bissextile ! Et même qu’il va falloir ajouter une seconde de plus. 2016 avec ces graves attentats n’a que trop duré ! Attention à minuit cette année il ne sera pas minuit !  
C’est la remarquable réforme de l‘astronome Sosigène d’Alexandrie élaborée en 708 de la fondation de Rome, mise en place sous Jules César qui a doté notre calendrier des caractéristiques essentielles qui sont toujours en place aujourd’hui ( sauf exception de 1792 à 1805 en France pendant l’application du calendrier « révolutionnaire »).  Passage du début de l’année au 1er janvier alors qu’auparavant c’était le 1er mars ; instauration de deux mois complémentaires Janvier et Février ; détermination d’une règle pour les années bissextiles ( un jour additionnel aussitôt après le 23 février ) et fixation des dates des solstices au 24 juin et au 24 décembre. Je n’entre pas dans plus de détails.
Au passage, car il faut bien «  rendre à César ce qui est à César » je souligne que cette réforme est dite «julienne » parce qu’elle a été mise en place sous Jules César, qui lui n’a fait que commander le travail. Sosigène d’Alexandrie, un grec, comme son nom ne le dit pas, est bien le véritable  auteur mais il n’a fait que reprendre les grandes bases du calendrier égyptien de Ptolémée, notamment pour les douze mois qu’il a déterminés.
Ce calendrier «  Julien » fixait les solstices au 24 juin et au 24 décembre. D’où la détermination de la fête de Noël faite pendant que ce calendrier était en vigueur et qui ne sera pas modifié par la réforme « grégorienne ».
Le calendrier  «  Julien » portait l’année à une durée moyenne de 365.25 jours. Mais cette durée comportait une différence avec celle de  l’année tropique ( c’est-à-dire en gros le temps que met la Terre pour faire une révolution autour du Soleil ). Cette période est  différente du temps moyen qu’elle met pour aller d’un équinoxe de printemps à l’autre parce que sa vitesse sur son orbite n’est pas uniforme. Vous n’avez jamais senti que vous étiez en perte de vitesse ! Par conséquent le temps moyen mis pour aller d’un équinoxe de printemps à l’autre n’est pas égal au temps moyen qui sépare deux équinoxes d’automne. Il en est de même pour les solstices d’hiver et d’été.… La différence était de  0.214 à 0.008 pour 1000 environ, soit 11 minutes et 14 secondes, soit 8 jours par millénaire par rapport au temps vrai. Au XVIe siècle , l'équinoxe de printemps glissait progressivement en s'éloignant de l'équinoxe de printemps réel et la date « remontait »  lentement dans le calendrier, pour se situer aux alentours du 10 mars (julien). Pâques, fixée par les règles du comput du Concile de Nicée en 525 , au dimanche suivant la première pleine lune de printemps, en fonction de cet équinoxe théorique (21 mars ), dérivait lentement et avec elle tout le calendrier liturgique . Il fallait faire une réforme.
En France, dans le royaume du jeune Charles IX – roi de 1560 à 1574 - Pâques était fêtée selon les régions ou les diocèses entre le 1er mars et le 25 mars, bien avant la date de l’équinoxe du printemps. Or cette date qui détermine les autres fêtes était d’une importance considérable, pas encore pour les vacances ni pour les ponts mais pour coordonner l’activité du pays. 
On était en pleine embrouille comme Maurice Druon dans les Rois Maudits au tome 7 le fait dire au Cardinal Hélie de Talleyrand-Périgord, nonce du Pape auprès du Roi de France Jean II Le Bon. Il s’adresse à son neveu Archambaud qui fait le voyage avec lui, dans sa litière : « C’est assez sotte coutume qui veut en France, que l’on fête l’an neuf le 1° janvier que pour les registres, traités et toutes choses à se remémorer, on ne change le nombre qu’à partir de Pâques. La sottise, surtout, et qui met beaucoup de confusion, c’est d’avoir aligné le début légal de l’an sur une fête mobile. De sorte que certaines années comptent deux mois de mars, alors que d’autres sont privées d’avril l ll faudrait changer tout cela. Il y a déjà fort longtemps qu’on en parle mais l’on ne s’y résout point. C’est le Saint-Père qui devrait en décider, une bonne fois, pour toute la chrétienté. Et croyez bien que la pire embrouille, c’est pour nous en Avignon ; car en Espagne, comme en Allemagne, l’an commence le jour de Noël ; à Venise, le 1° mars ; en Angleterre, le 25. Si bien que lorsque plusieurs pays sont partie à un traité conclu au printemps, on ne sait jamais de quelle année on parle. Imaginez qu’une trève entre la France et l’Angleterre ait pu être signée dans les jours d’avant Pâques ; pour le roi Jean, elle serait datée de l’an 1355 et pour les Anglais de 1356 …Nul ne veut revenir sur ses habitudes et l’on dirait que les notaires, tabellions, prévôts et toutes gens d’administration prennent plaisir à s’encrouter dans les difficultés qui égarent le commun des mortels ».
Il n’était pas encore question de réformer le calendrier comme le demandera le Concile de Trente. Les conseillers de CharlesIX et surtout sa mère car le Roi était bien jeune pour penser à cette sorte d’affaire,  la célèbre Catherine de Médicis,  régente du Royaume  entreprirent de prendre des mesures pour mettre de l’ordre dans cette pagaille.  Pour pouvoir gouverner un pays il faut des références communes. Michel de l’Hospital et le Chancelier Sébastien de l’Aubépine avec sans doute quelques  autres juristes établirent le fameux Edit de Paris qui visait surtout à réformer la justice et les juridictions. Le tout dernier article, le 39ème de cet édit daté du 25 janvier 1563, était ainsi libéré. « Voulons et ordonnons qu’en tous actes, registres, instrumens, contrats, ordonnances, édicts, lettres tant patentes que missives et toute escripture privée, l’année commence doresenavant et soit comptée du premier jour de ce mois de janvier.
Si donnons en mandement… ect.. donné à Paris au mois de janvier l’an de grâce mil cinq cens soixante-troys et de notre règne le quatrième »
Sous l’Ancien Régime le système voulait que édits, ordonnances et autres arrêtés de tous genres soient enregistrés par les Parlements pour pouvoir entrer en vigueur. Les Parlements avaient l'obligation d'enregistrer les actes royaux, c'est-à-dire de les publier dans leurs registres, après avoir vérifié leur compatibilité avec le droit, les usages et les coutumes locales, ce qu'on appelle aujourd'hui le contrôle de légalité. Mais ils avaient ce pouvoir de blocage et le 49-3 n’existait pas encore. Ils ne pouvaient pas être dissous mais ils pouvaient être mis à l’écart de force, renvoyés et exilés !  Souvent les parlements se sont opposés au pouvoir royal. Cela a duré jusqu’à la Révolution.
Pour imposer le pouvoir royal, Catherine fit entreprendre à la Cour un long voyage dans le pays. C’est ce qu’on appelle le  grand tour de France  que Catherine de Médicis avec le Roi Charles IX fit à travers la France pour faire découvrir au jeune roi son royaume.
Ce grand voyage commence le 24 janvier 1564 et se termine par le retour à la capitale le 1er mai 1566. Accompagné de sa famille, le roi accomplit près de 4 000 kilomètres. Il part vers l'Est, longe les frontières de l'Est jusqu'en Provence, tourne vers l'Ouest jusqu'à l'océan Atlantique en Gascogne, remonte vers le Val de Loire et termine son périple dans le Bourbonnais. Il faut forger l’unité du royaume autour du Roi  et ce voyage doit permettre de renforcer les liens de fidélité à l’égard de la monarchie.
Toute la Cour se déplace. On a de la peine à s’imaginer ce que cela peut représenter. 15 000 personnes, dont le cortège du Roi et de la Reine , une escorte militaire, le personnel du gouvernement, les domestiques portant les meubles (tapisseries, coffres...), des artisans, des princes, des ambassadeurs... Il s’agit d’une mise en scène de la représentation de la puissance royale, pour compenser la faiblesse de l’emprise royale dans les provinces, surtout après les  affrontements de la première des guerres de religion.
Restaurer l'autorité royale, mais aussi réconcilier les protestants et les catholiques, faire appliquer les édits de paix et au passage  réconcilier la maison de Guise et la maison de Montmorency. C’est dans ce contexte au milieu de longs et pénibles déplacements, de visites aux grands et puissants seigneurs du royaume, que la Cour parvient à Lyon. La peste y sévit depuis le mois d’avril. On quitte alors la ville le 9 juillet 1564 et le cortège royal entre en Dauphiné et s’achemine vers Roussillon où il arrive le 17 juillet. Le Roi logera au château 28 jours. Il est reçu par le neveu du cardinal François de Tournon. C'est pendant cette période qu'il signe l'Edit de Roussillon qui n’est pas l’édit qui fixe le début de l’année comme on l’a trop souvent écrit, mais l’édit qui promulgue l’édit de Paris qui prévoyait ce changement. 
Voilà le texte exact qui par suite des différentes transcriptions avec les erreurs des copistes est devenu ce texte connu comme celui authentique de l’édit de Roussillon : «  Si donnons… car tel est nostre plaisir non obstant nostre édict cy attaché donné à Paris  au mois de janvier dernier et quelconques ordonnances, édicts et lettres à ce contraire. Donné à Roussillon le 9 août 1564, de notre règne le cinquième. » Le texte de Roussillon n’est donc que  la promulgation de l’édit de Paris.
Il s’agit bien d’une décision d’ordre très administratif même si la raison qui la motive est le fait que la fête religieuse, Pâques est célébrée à des dates différentes à l’intérieur même du Royaume ce qui pose d’énormes problèmes de relations entre les provinces.
Cette disposition, finalement  acceptée et enregistrée par le Parlement de Paris en 1564 fut appliquée plus ou moins rapidement ; à Paris en 1567 et à Beauvais en 1580… Les nouvelles ne circulaient pas aussi vite qu’aujourd’hui, sans télévision et sans internet, et il fallait du temps avant qu’une loi fut promulguée…Est-ce que cela a changé depuis c’est un autre sujet ! Quand on arriva au 1er avril 1565 certaines régions n’acceptèrent pas la nouvelle disposition. Ces irréductibles continuèrent à recevoir leurs contemporains avec de faux cadeaux, mottes de terre ou bottes de paille. Avec le temps les petits cadeaux d’avril se transformèrent en farces, blagues et canulars. Selon les corps de métiers, on envoyait les apprentis les moins dégourdis en leur demandant de rapporter des objets insolites tels que « la corde à lier le vent », « la passoire sans trou », et « la clef des champs » , « le bâton à un seul bout » ou de « l’huile de coude »…C’est cette page d’histoire qui serait à l’origine de nos « poissons d’avril ».
Alors que tout ceci se passait au Royaume de France, le Concile de  Trente ( 1545 – 1563) , réuni pour répondre aux thèses de Martin Luther, constatant la dérive de la date de Pâques telle que le Concile de Nicée l’avait déterminée, demanda au Pape de faire établir un nouveau calendrier pour imposer partout dans la chrétienté un ordre « romain » et les fêtes religieuses partout à la même date.   Cette fois ce qui motive la réforme est bien d’origine religieuse. Il s’agissait de retrouver la concordance entre l’équinoxe de façon que la fête de Pâques corresponde au plus près au calendrier hébraïque base de sa référence historique. C’est la réforme » grégorienne » qui permit la mise en place du « calendrier grégorien » le plus universellement reconnu aujourd’hui et le plus juste.. enfin presque !
Là encore il faut rendre à César ce qui lui revient, au concile ce qui est de son initiative et au Pape ce qui lui relève de sa décision . On a trop souvent dit que cette réforme « grégorienne » était  partie  d’une initiative des Pères de l’Eglise. Pas impossible. Cependant je note que le Concile s’est terminé en 1563, que la base de la réforme du calendrier est le travail du calabrais Lilio : «  Compendum novae rationis restituendi kalendarum » publé en 1577, corrigé en 1579 par Clavius, alors que Lilio était décédé depuis 1576, et que c’est le pape GrégoireXIII qui en fit la promulgation par sa bulle du 24 février 1582. Or ce pape n’était même pas cardinal au Concile de Trente qui avait été convoqué  par le pape Farnèse Paul III  pour tenter de répondre aux fameuses thèses de Martin Luther. Ce concile de Trente vit passer pas moins de 5 papes. Et c’est Pie V qui, après la fin du concile nomma cardinal Ugo Boncompagni le futur Grégoire XIII. De la à dire que Grégoire XII s’est approprié la réforme du dit calendrier !
En tous cas c’est Grégoire XIII qui fit sa bulle en février 1582 pour demander l’application du nouveau calendrier et qui donc a laissé son nom à cette réforme qui va entrer en vigueur avec les complications dont je vous ai entretenus le mois dernier. Des deux savants, le calabrais Luigi Lilio et le jésuite allemand  Christophorus  Clavius, tout comme de Sosigène pour  le calendrier « julien »,  aucune trace. Ce sont pourtant leurs savants calculs qui mériteraient reconnaissance. Il me semble !
En  hommage à l'œuvre de Lilio  on a donné son nom (sous la forme latinisée : Lilius) à un cratère de la Lune et la Calabre a déclaré le 21 mars : Giornata del Calendario in memoria di Luigi Lilio (journée du calendrier en mémoire de Luigi Lilio).
Ces deux réformes n’ont rien changé à la décision de fixer le début de l’année au 1er janvier. Il fallait donner quand même une explication au moins pour dire qui a fait quoi !
Aussi précis qu’il soit, ce « calendrier grégorien » comporte encore une marge d’erreur, certes très minime, mais qu’il faut rectifier.
Durant des siècles la mesure du temps a été déterminée astrologiquement par l’observation de la rotation de la terre. Or la vitesse  de rotation n’est pas constante – sans pour autant nous faire perdre l’équilibre ! - Mais ça compte si on ne veut pas à nouveau accumuler un retard qui entraînerait un nouveau décalage avec le soleil et les saisons. On décida donc de tout redéfinir et de prendre une autre base de référence. C’est le fameux le Temps Universel Coordonné ( UTC), déterminé par le Bureau Intrenational des Poids et mesures ( BIPM) à Paris, à partir des données fournies par 250 horloges atomiques de 60 laboratoires répartis dans le monde entier.
C’est ainsi qu’on a redéfini la durée de la seconde depuis 1967 et que à certaines périodes, et sans qu’on s’en rende vraiment compte, on remet  les pendules à l’heure ! En général cela se passe fin juin ou fin décembre. En juin 2015 on nous a fait ajouter une seconde à nos montres. Vous vous en souvenez ? ce n’est pas si vieux que ça ! C’était la 26 ème seconde ajoutée depuis 1972. Et ce 31 décembre 2016 ( et non comme le titrent plusieurs  journaux le 1er janvier 2017) on va ajouter la 27 ème seconde.
A minuit du 366 ème jour de cette année 2016 si difficile que nous venons de vivre, la toute dernière minute  durera 61 secondes !
Cette question divise depuis longtemps les savants. Certains jugent cet ajout complexe et plaident pour un ajout d’une heure en l’an 2600. Une solution à laquelle sont opposés les Britanniques. Surprenant ! La question devrait être de nouveau posée lors de la prochaine World Radiocommunication Conférence prévue en… 2023. !
Cela valait bien la peine d’écrire une chronique sur le premier janvier en ce jour du « bout de l’an ! » .
Je laisse de côté la liste des nombreux pays et des nombreuses religions pour lesquelles le 1er janvier ne marque pas le début de l’année. Ce sera peut-être le sujet d’une prochaine chronique, histoire de voir que nous ne sommes pas le nombril du monde !
Addisias. Bonne Année. Meilleurs Vœux  et surtout espérons ensemble une bien meilleur année 2017.


Jean Mignot en ce soir de la Saint Sylvestre, et du « bout de l’an » 2016 !

samedi 22 octobre 2016

Pour la France : Sonner les cloches le 15 août


Sonner les cloches ce lundi 15 août comme nous y invitent  les Responsables de l’Episcopat de France c’est un message très important qui n’a pas une simple et seule connotation religieuse.
Ce serait bien trop réducteur de limiter cet appel à un simple geste liturgique de même que les cloches ne sont pas un instrument uniquement à usage liturgique.
La  cloche est d’abord un instrument de communication de masse comme le rappelle une excellent étude de Eric Sutter Président de la Société Française de Campanologie, article que vous pouvez lire sur internet avec le lien suivant :
Depuis plusieurs années  j’ai un projet de chronique sur ce thème des cloches et de leur sonnerie. Mais comme dans cet article tout est dit, Je vous invite à le lire. C’est fort intéressant et vous verrez que le langage des cloches ce n’est pas uniquement un appel à la prière.
C’est un peu long mais c’est très complet et après lu cela j’espère que vous entendrez sonner les cloches de façon différente et surtout cette sonnerie du 15 août 2016 en des heures  si graves et on peut dire que le message est certes à la prière, pour  ceux qui sont croyants et  chrétiens , mais aussi un appel à réagir… pour la France !
Aujourd’hui, comme souvent dans le passé,  le message des cloches de nos églises qui vont sonner le 15 août est de nous dire que l’heure est grave pour la France.
C’est ce que dans l’article que je vous invite à lire l’auteur appelle une sonnerie de circonstance.
Certes pour les chrétiens c’est un appel à la prière mais pour tous ceux qui les entendront, ces cloches du 15 août  sont un appel pour notre pays, pour la France.
Si dans le passé les cloches ont été des signaux d’alerte, elles ont sonné dans les grands moments de notre histoire, le tocsin pour la déclaration de guerre en août 1914, sonnerie à la volée pour la Libération de Paris  le 24 août. Sonnerie et tocsin de circonstance pour la Révolte des paysans du midi en 1907 et encore tocsin de circonstance à Aramon en 2002 pour alerte  la population d’une inondation imminente. Las on ne sait plus  comment sonne le tocsin !
Et glas dans tous les clochers de France, à la demande des autorités du pays,  après les violents attentats qui nous ont tous si profondément marqués.
Lisez cet article en référence et vous apprendrez beaucoup de choses sur les sonneries des cloches, sur les codes de leur sonnerie et sur le message qu’elles nous communiquent.

Cloche du guet au point que des cloches encore dans nos cathédrales comme à Metz ou à Lisieux en porte un nom évocateur. Cloche du Couvre-feu ou cloches des portes car c’est l heure de les fermer. Cloche du Travail  qui marque la pause dans l’usine, cloche de la Bourse, cloche de la récréation  des cours d’école, cloche de quart dans la Marine, cloche qui convoquent à l’office ou au chapitre comme la Canonge sur la façade de la Cathédrale d’Uzès, cloches des monastères qui sonnent les offices, cloches de nos paroisses, sonnerie l’Angélus, cloches de nos horloges  qui rythment nos journées ; cloche des Halles à Paris, cloche du tribunal appelant le silence, et bien d’autres fonctions pas nécessairement liturgiques que cet excellent article vous fera découvrir. 

Et ce 15 août si vous avez envie de priez, faites-le, allumez une bougie, pourquoi pas !. Mais surtout pensez aux évènements que notre pays subit et ne tournez pas trop vite en dérision les sonneries de cloches.


Ce n’est pas un truc de cathos.. ! 
L’heure est grave pour la France en ce 15 août 2016 ! 

Jean Mignot le 15 août 2016