lundi 8 mai 2017

du mois de mai 2017


du mois de mai 2017


Notre mois de mai 2017 s’inscrit dans la continuité, pas de ce que vous pensez. Dans la continuité de ce que je vous avais annoncé dès le début avril c’est-à-dire dans le temps habituel qu’il fait pendant la lunaison dite de la « lune rousse » avec froid, gelées, orages même ! et alertes jaune ou orange. Tout le monde se lamente du froid et du mauvais temps ambiant, à commencer  par les présentateurs des journaux télévisés ou de la météo sur les petits écrans. Chacun y va de son « jamais vu », « exceptionnel » ou «  de mémoire d’homme. »…
Les Saints de Glace sont là en effet et je suis toujours étonné que l’on ne parle que de ceux du mois de mai et non des autres alors que depuis fort longtemps  ils ont marqué des vagues de froid au point que nos ancêtres en ont écrit des dictons et proverbes.
Un présentateur  vedette d’un Journal télévisé disait « il fait froid et pourtant on n’est pas encore aux « Saints de Glace » !
D’ailleurs ceux-là, qui sont les 11, 12 et 13 mai,  et qui «  a eux trois font un petit hiver » ( Servais, Pancrace et Mamert) ont disparu du calendrier  par décision vaticane. .
Personne ne parle de la Lune Rousse qui est bien là et des effets des changements de temps de cette période qui continue de faire des dégâts sur la végétation dans bien des régions de France.  En avril, Georget ( Georges) Marquet ( Marc) et Philippet ( Philippe) réputés « casseurs de gobelets » comme l’écrivait Rabelais ( voir chronique d’avril 2017) ont eu les effets les plus néfastes sur nos vignobles.  Je vais donc encore et à nouveau dire et redire ce que j’ai déjà dit et écrit depuis plusieurs années.
Sans instrument de mesure - dont certains hyper sophistiqués- , sans satellite, les observations de nos ancêtres ont relevé une telle fréquence de mauvais temps pour la fête de ces saints qu’ils en ont fait des proverbes et dictons . Les historiens pour leur part ont noté des gels très importants depuis belle lurette, à des époques où on ne parlait pas du réchauffement climatique. 
Ce sont des faits incontestables qui devraient inciter à plus de prudence dans le monde agricole et à ne pas trop vite jeter la pierre au réchauffement de la planète et demander un peu trop facilement au gouvernement des indemnités pour calamités agricoles.
En ces périodes d’avril et mai, le froid et le mauvais temps sont fréquents. On a la mémoire courte !. L’an dernier le 1er mai je peux vous dire qu’il gelait sur le Causse du Larzac à la Couvertoirade.
Grégoire de Tours parle de ce phénomène dès 589. Les calamités furent si importantes ( inondations , épidémie qui emporta le Pape Pélage II) que le pape Grégoire le Grand ordonna une procession solennelle pour conjurer le mauvais temps ! C’est la fête des « Litanies majeures » qui a lieu le 25 avril pour la saint Marc.
Saint Mamert évêque de Vienne vers 420-477 avait préconisé des prières et des processions avec chant des litanies parce qu’une période de mauvais temps avait ravagé les vergers de la vallée du Rhône. Ce sont les Rogations qui pendant trois jours avant l’Ascension emmenaient les  fidèles à travers champs au rythme laconique de cette mélodie des litanies qui a le caractère particulier d’être une musique d’origine gallicane. Une sorte de mélopée répétitive, proche des mélodies arabes ou byzantines, sur une gamme de notes très simples, articulée autour des notes ut, mi, sol, lancée par un soliste et reprise par la foule, et qu’on appelle litanies. Ces chants sont encore présents dans les liturgies byzantines, et on les retrouve dans le cérémonial du vendredi saint.  On retrouve ce type de mélodies et de rythmes en Bretagne et en Irlande notamment.
En 1897  entre le 11 et le 13 mai, il a gelé, et les dégâts ont été d’autant plus importants que l’hiver avait été bénin, et que la végétation était bien avancée ! Le Cher avait été dévasté. Les vignes avaient gelé, ainsi que les pommes de terre, les haricots et les fraisiers. A Angers, la gelée avait ravagé les cultures au sud de la Loire mais épargné celles qui se situaient au nord du fleuve ! Dans notre région du Gard les feuilles de mûriers avaient  gelé et ont fait défaut pour nourrir les vers à soie…Ce fut une catastrophe
Cette lunaison, c’est-à-dire le temps séparant deux nouvelles lunes et dont la durée moyenne est de 29 jours 12 heures 44 minutes et 2,8 secondes, dite de la « Lune Rousse » a commencé le 26 avril et va durer jusqu’au 25 mai ? L’ascension sera cette année le 25 mai en fin de lunaison rendant ainsi encore plus vrai le dicton « pour l’ascension dernier frisson » .
L’an prochain avec le décalage des mois lunaires et des mois de notre calendrier l’ascension sera le 10 mai, juste la veille des Saints de Glace de mai. Il faudra alors pour prévoir le temps regarder où sera la lune dans sa course mensuelle.  
Je constate et observe depuis plusieurs années que autour des jours qui précèdent ou suivent la nouvelle lune il y a des perturbations plus ou moins importantes accentuées bien sûr par le contexte local, bord de mer, montagne, rives d’un lac, forêt par exemple. A ceci il faut ajouter l’influence des grandes marées qui cette année ont eu lieu tant en mars qu’en avril au début de la lunaison. Il a fait mauvais temps en avril à partir du 26. Et il faut s’attendre à du mauvais temps à la nouvelle lune de mai . Le jeudi 25, le vendredi 26, le samedi 27 et le dimanche 28 mai les coefficients de marée seront au-dessus de 100, jusqu’à 106/107. Nous voilà prévenus.
Les relevés sinon météorologiques du moins historiques indiquent des séries de gels, tempêtes, neige et d’intempéries de toutes sortes un peu partout sur le pays provoquant d’importants dégâts sur les cultures maraîchères et sur la vigne notamment . Je relève par exemple :
1er mai 1945 il neige sur toute la France  à une semaine de la fin de la guerre. 6 cm à Paris
2 mai 1979 des giboulées de neige balayent la moitié nord de la France . Verglas à Metz
4 mai 1961 la tornade fait un mort et une centaine de blessés près d’Evreux
6 mai 1957 les saints de glace portent bien leur nom : giboulées de neige dans le Nord
7 mai 1997 neige sur les Deux-Sèvres, le Pas de Calais et les pays de la Loire ( 4 cm à Tours)
8 mai 1997 à la une du journal Le Parisien «  la Météo est devenue folle » du jamais vu depuis 1946 il a neigé hier sur l’Indre et Loire ( …) Le wek(end s’annonce quasi hivernal…
10 mai 1928 la neige recouvre certaines régions de Nord-Est avec 3 cm à Belfort
11 mai 1953 -7° dans la plaine du Forez. Les vignobles du Beaujolais  sont anéantis.
Je pourrais multiplier les citations de mauvais temps, tout comme d’ailleurs on pourrait en trouver tout autant sur la chaleur ou la canicule aux mêmes périodes !
Si je prends  le cycle de Méton et si donc je regarde en arrière le temps qu’il avait fait par bond successifs de 19 ans  je relève :que le mois de mai a très souvent été très frais de façon générale.
1998 a été plutôt beau et sec ; 1979 mai est frais. Il tombe 27 cm de neige au cours du mois à Leysin. 1960 on note des gelées à Toulouse, Marseille, Bourges, Perpignan, Agen, Limoges, Nevers… entre autres. 1941 ai très froid et pluvieux.  1922 il fait encore froid. (4 à 15° à Châteauroux , Neige à Lyon. 1903 mai pluvieux, frais mais ensoleillé. 1884  on relève les dernières gelées le 22 avril. 1865 avril est très chaud et sec. Le temps devient estival. Pourtant le 7 mai 1865 un violent orage ravage la  ville du Cateau-Cambrésis.
Mai 2017 s’inscrit dans la continuité de ce temps de « Lune Rousse » et on nous annonce encore des gelées blanches matinales pour cette semaine.
Continuité des traditions si nombreuses du mois de mai dont on ne nous parle pas et qui sont pourtant d’actualité comme « planter le mai ».
Quand il y avait des élections municipales et que les élus l’étaient pour la première fois, ses colistiers venaient planter un arbre en son honneur. C’était souvent l’occasion d’un bon repas ou du moins de boire ensemble un bon verre. L’arbre était généralement un sapin ébranché auquel on ne conservait que la cime. Il était décoré d’un drapeau tricolore, parfois d’une pancarte sur laquelle était écrit : « Honneur à notre élu » C’est une tradition qui se perpétue encore dans nos provinces ici ou là.
Je ne sais pas si on plantera un mai à l’Elysée, ou au Touquet ou rue Cler ou à Amiens !  Dommage d’ailleurs !
Parmi tous les évènements et fêtes liés au mois de mai je voudrais encore citer, car elle s’inscrit aussi dans la continuité, cette très vieille coutume qui, sous les Carolingiens, voulait que ce soit le mois où se tenaient les assemblées politiques. Auparavant chez les Francs, les guerriers se réunissaient autour de leur chef, dans un lieu qu’on appelait « le Champ de Mars ». Si le discours des chefs plaisait, les guerriers applaudissaient en frappant leurs boucliers de leurs framées. Sinon ils étouffaient sa voix par des murmures. Les framées ont été remplacées par les pupitres de nos élus dans les assemblées et par leurs vociférations dont nous sommes témoins devant le petit écran. Par contre chez les Francs il n’était pas question d’absentéisme !
Sous Charlemagne, la date de l’assemblée fut reculée jusqu’en mai. Le Champ de Mars devint le Champs de mai. Ces assemblées disparurent à la fin de l’empire carolingien ; les champs de mai furent remplacés par les Etats Généraux. On se souviendra des Etats Généraux en mai 1302 sous Philippe le Bel, et de ceux de mai 1789 à la veille de la Révolution. et aussi de la grande assemblée du "champ de mai" convoquée par Napoléon pendant les Cents-Jours.  Continuité ou concours de circonstances !
En ce 8 mai l’église fête saint Désiré. Mais si ! Chancelier royal et évêque de Bourges, il fut l’un des plus grands évêques de l’époque mérovingienne qui contribuèrent à tirer la Gaule du chaos où l’avait plongée l’administration précédente… ! et l’effondrement de l’Empire Romain. (..) il exerça sa charge, nous disent les textes, de manière à contenter tout le monde… ! Changer quelques mots. Transposez dans le contexte de 2017… Continuité !
Bientôt nous allons entrer dans les « cent jours ». L’origine de l’expression est ce retour de Napoléon de l’Ile d’Elble, entre mars et mai 1815. 100 jours déterminants pour sa trajectoire personnelle et aussi pour l’histoire de la France et de l’Europe. Eh oui déjà ! Continuité ?
Pourtant sur le plan historique l'expression « Les Cent-Jours  » ne désignait pas la durée du retour impérial mais celle de l'absence du roi Louis XVIIIde Paris. On doit son invention au préfet de la Seine, Chabrol de Volvic, qui accueillit Louis XVIII à son retour en ces termes: « Sire, cent jours se sont écoulés depuis le moment fatal où Votre Majesté, forcée de s'arracher aux affections les plus chères, quitta sa capitale au milieu des larmes et des lamentations publiques. ». La chose n'était d'ailleurs pas vraiment exacte puisque, entre le départ du roi le 20 mars et son retour le 8 juillet, il s'était écoulé cent dix jours. Dès 1819, dans ses Mémoires sur les Cent jours, Benjamin Constant appliquait déjà l'expression au retour de Napoléon. Chateaubriand en fit de même.
Toutefois, bien que cet épisode reste associé à l'idée d'une phase décisive au cours de laquelle l'avenir d'un homme ou d'un pays peut basculer, c'est moins à l'épopée napoléonienne qu'au New Deal du président américain Franklin Delano Roosevelt que l'on doit l'habitude de passer au crible les 100 premiers jours d'un président.
Nouvellement élu, le président Roosevelt convoque en mars 1933 le Congrès pour une session extraordinaire de 100 jours pendant laquelle toute une série de mesures spectaculaires visant à sortir le pays de la dépression est lancée. Au cours de ces trois mois, la dynamique du "New Deal" est impulsée.
Depuis, aux États-Unis, les 100 jours constituent la jauge utilisée pour juger le début d’un mandat,  la borne à partir de laquelle les médias tirent un premier bilan de l'action du locataire de la Maison blanche.
Bien qu’elle soit en bonne partie artificielle, l’expression est aussi utilisée ailleurs dans le monde, par exemple en Allemagne. Le Président français sortant avait choisi de mettre l’accent sur la première année du changement  mais cela n’empêchera  pas les journalistes de consacrer des articles au bilan de ses 100 premiers jours à l'Élysée.
On parle aussi pour cette période de l’ « état de grâce » qui à l’origine est une expression religieuse.
Elle peut être utilisée pour désigner le moment de la vie politique pendant lequel l'opinion publique d'un pays est majoritairement favorable aux nouveaux dirigeants qui viennent d'accéder au pouvoir à la suite d'une élection. Les journalistes parlent aussi souvent des « 100 jours » comme étant une période privilégiée pour un nouvel élu. Encore un mois de mai dans la continuité !
Avant de vous saluer selon ma formule habituelle en fin de ces chroniques je dirai, en ce soir du 8 mai, comme le titre d’une émission de télévision, vu ce que nous vivons, « ainsi-soit …» et c’est bien volontairement que je n’emploie pas la totalité de l’expression, religieuse elle aussi… ! Je pourrai dire : « A Dieu vat »  empruntant cette expression au monde marin quand on aborde une manœuvre particulièrement périlleuse. Oui « le sort en est jeté ». Ou « advienne que pourra ».  Ce qui pouvait être fait a été fait et à présent, l’avenir est entre les mains de Dieu (ou ne dépend plus que de la chance ou de nous encore dans les semaines qui viennent).
Maintenant c’est « à la grâce de Dieu »     
Addisias ! Bon mois de mai     


Jean Mignot


Au soir du 8 mai 2017        

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