jeudi 8 juin 2017

du mois de Juin 2017


du mois de juin 2017


Juin a bien commencé, fidèle à sa réputation c'est-à-dire capricieux quant au temps, comme Junon à qui il doit son nom. Nous sommes en nouvelle lune depuis le 25 mai, et demain 9 juin c’est la pleine lune. Jusqu’à ce jour la courbe, ou si vous préférez le parcours que suit la lune est descendant, c'est-à-dire que la lune est de plus en plus bas dans le ciel, sur l’horizon. Dès  demain sa forme apparente va devenir gibbeuse, c'est-à-dire bossue. Puis elle va devenir un croissant. Elle va donc décroître alors que sa course sera montante, c'est-à-dire de plus en plus  haut dans le ciel, jusqu’au 24 juin.
Quelques proverbes nous donnent une indication sur le temps qu’il a fait jusqu’à ce jour. « Belle lune nouvelle, dans trois jours cruelle » ; ou encore  « Lune nouvelle au beau, le quatre à l’eau » ; ou « Quand la lune arrive belle, au bout de trois jours elle se fêle »... C’est exactement  ce qui s’est passé avec un mois de mai beau et chaud, jusqu’à la nouvelle lune du  25, mais dès le 29 mai le temps est devenu plus gris et plus couvert des orages ici et là. C’est typiquement le temps qu’il fait pendant le tournoi de tennis de Roland Garros. On a parfois appelé ce temps «  mousson d’Europe ».
Que va nous donner la pleine lune du 9 juin au lendemain de la saint Médard ? Si l’on écoute nos vieux dictons : « Prie quand la lune s’arrondira, la chance alors abondera. Ce qu’au ciel tu chercheras, sur terre tu trouveras ». C’est donc plutôt un beau temps chaud qui arrive et dès à présent les prévisions météos annoncent des températures au dessus de 30°
Je rappelle qu’on repique et  on taille en lune descendante  mais aussi en lune vieille. C’est donc un bon moment pour repiquer vos plans de salade qui ainsi ne monteront pas.  Mais pas au-delà de demain. C’est aussi valable pour la taille des arbres et des haies. Les salades repiquées. C’est un bon pour la mise en bouteille du vin et du cidre et aussi pour la mise en pot des confitures.
Pendant cette phase du  « dernier quartier », ou de «  lune vieille », - on dit aussi « lune dure », l’astre a l’apparence d’un « C » alors que la face visible décroit. «  Il est bon d’ensemencer au décours de la lune » ou encore « Sème dans le déclin tu auras du grain !». C’est  en lune vieille qu’il faut couper le bois pour qu’il se conserve bien «  Si vous voulez du bon bois d’œuvre, il faut l’abattre en lune vieille ». Je sais c’est un peu compliqué et il faudra un croquis ou un schéma pour bien comprendre ! Le cycle de la lune est difficile à comprendre et à interpréter.
Juin capricieux comme Junon auquel il est dédié. Junon, déesse de la Fécondité, assimilée à l’Héra grecque,  symbolise l’union des principes lunaire et solaire. Fille de Saturne et de Rhéa, elle est à la fois sœur et épouse de Jupiter et mère de Vulcain et de Mars. Comment voulez –vous que cela ne déclenche pas les foudres ? Qui plus est, elle était jalouse et vindicative, et d’un caractère acariâtre. Sans parler de ses disputes avec Jupiter  qui était à la fois son mari et son frère…!  Junon mit souvent le trouble dans l’Olympe.  La nymphe Chélonée, la reine des Pygmées Pigas, les filles de Proctus, la nymphe Callisto, le berger Pâris, la nymphe Echo, furent autant de victimes de son mauvais caractère. La première fut transformée en tortue car elle était arrivée en retard au mariage de Junon. La deuxième fut changée en grue pour avoir osé se comparer à elle.  Les deux suivantes furent changées en génisses alors qu’elles se proclamaient.les plus belles, ou même en ourse ! Juin nous invite à nous replonger dans la mythologie. Si vous vous promenez dans le parc de Versailles vous retrouverez toutes ces nymphes et déesses et leurs allégories, notamment au fameux bassin de Latone.
Latone, mère d’Apollon et de Diane était devenue  maîtresse de Jupiter. Condamnée à une fuite sans répit par sa rivale Junon, elle arriva un jour au sud de l’actuelle Turquie. Alors qu’elle s’approchait d’un  étang pour s’y désaltérer, les paysans du lieu l’en empêchent. Furieuse, elle leur lança une malédiction et ils furent transformés en grenouille. C’est ce qu’illustre le fameux bassin de Latone dans le parc du château de Versailles.
Juin, c’est le mois des mariages et des mères à cause de la référence à Héra son homologue  grecque et à la maturité qu’elle symbolise. Des quantités de croyances et légendes populaires en découlent dont, par exemple, la tradition en vigueur dans les  temples  de Junon  qui voulait que les femmes se coiffent en séparant leur chevelure en deux, théoriquement avec la pointe d’une lance, pour symboliser la fusion des principes lunaire et solaire. C’est sans doute l’origine de cette coiffure des jeunes filles que l’on appelle les couettes !
Juin est un mois qui souffle le chaud et le froid et ses perturbations sont la résultante de l’influence de la lune dans sa course autour de la terre, selon qu’elle est croissante ou décroissante, voire gibbeuse, montante ou descendante, à son apogée ou à son périgée.

Juin est surtout connu pour le fameux Saint Médard ? C’est le saint du calendrier le plus célébré par la verve « dictonne » : « S’il pleut à la saint Médard, il pleuvra quarante jours plus tard ! ». Ce dicton daterait du XI ème siècle. A cette époque, on vivait encore sous le calendrier « Julien ». La saint Médard était alors située le 20 juin, proche du solstice d’été, période où la lumière solaire est la plus vivifiante, et époque où les influences astronomiques peuvent amener des troubles atmosphériques se traduisant par des orages et de la pluie. S’il fait beau ou pluvieux ce jour-là, les conditions de la saison s’en ressentiront sûrement. Cette forte croyance populaire avait donc alors des bases météorologiques solides. Avec les modifications sous le pontificat du pape Grégoire XIII, en 1582, la saint Médard fit un bon en arrière et sa pluie a perdu  l’importance que les adages populaires continuent de lui prêter. On adopta alors saint Barnabé pour donner un sens restrictif aux dictons de la saint Médard.  Mais les automatismes ont la vie dure !
Saint Médard était un picard, né à Salency, en 457, puis devenu évêque de Noyon. La légende  dit qu’étant  tout jeune enfant il s’était fait remarquer par sa grande compassion pour les pauvres et les malheureux. Un jour il rencontra un mendiant aveugle qui était presque nu ; il se dépouilla de son habit pour l’en revêtir. Puni par ses parents pour son geste charitable,  il resta dehors tout nu. Survint un violent orage, fréquent en ces périodes. Il resta ainsi sous la pluie battante sans être mouillé. On dit même selon différentes versions, qu’un aigle le protégea de ses ailes. De là à en faire un « marchand de parapluies » comme en Belgique ou en Bretagne…ou d’en faire l’agent des eaux célestes, il n’y a qu’un pas que les siècles ont franchi. L’histoire a gardé la trace, plus vraie semble-t-il, d’un évêque, sacré par saint Rémi en 530, et qui parcourut inlassablement, malgré son grand âge ( pour l’époque !  72 ans  )  les villages,  les bourgs et les hameaux de sa région, prêchant, administrant les sacrements et secourant les malheureux. Il mourut âgé de quatre-vingt-sept ans. C’est le jour de sa mort qu’on le célèbre soit le 8 juin.
On ne saurait l’accuser de ce qui ne le concerne pas. La pluie ou le beau temps étant dus aux incidences du cycle lunaire. Sa fête et les dictons qui l’accompagnent ne sont que procédé mnémotechnique. « Quan ploou pers an Médar, de la recolto empouerto un quar; quan ploou pa, N’empouerto la mita. » ( Quand il pleut pour la saint Médard, de la récolte il manque un quart, quand il ne pleut pas, il en manque la moitié).
Il faut aussi parler de son compère Barnabé : « Quand il pleut à la saint Médard, si Barnabé ne lui ferme pas son bec, il pleut quarante jours après ! » C’est ce qui justifie le dicton suivant : « Le jour de  la saint Barnabé (le 11 juin), est le plus beau jour de l’année. » C’est lui en effet qui vient : « Couper l’herbe sous les pieds »  de son compère, baptisé de « grand pissard » et « reboutonner sa culotte ». Pour faire le pendant à son compère Médard, on dit que Barnabé était « marchand d’ombrelles » !  Les prévisions météo pour le 11 juin sont au beau fixe sauf quelques passages nuageux sur le Nord de la France.
Barnabé est un personnage atypique. Il était un juif, de la tribu de Lévi et  vivait en fait sur l’île de Chypre. S’il n’a pas connu le Christ, il se convertit de très bonne heure. Il s’appelait Joseph et son nom fut alors changé en Barnabé, qui signifie « fils de consolation » ; c’est lui qui fit entrer Paul, autre juif converti, dans le cercle fermé des premiers Apôtres, les Galiléens. Il mourut sans doute à Chypre, et probablement martyr.

Juin c’est le baccalauréat, cet examen créé par décret impérial du 17 mars 1808, qui en fait le couronnement de l’enseignement secondaire le premier grade universitaire.
Sous Louis XVIII il devint une véritable institution, porte d’accès indispensable à l’enseignement supérieur et à toutes les carrières libérales. A cette époque, le candidat admis à l’oral tirait parmi 500 questions un texte à expliquer et un sujet d’interrogation. En 1874 le baccalauréat est divisé en deux parties. En 1882 un baccalauréat moderne est institué. C’est un examen sans latin. Il n’a pas bonne réputation. C’est pour certains un «  sous-baccalauréat ». En 1923 la Chambre «  Bleu Horizon » le supprima. En ces veilles d’élections je rappellerai volontiers ici que « la Chambre Bleu Horizon »  élue en 1919, fut ainsi appelée à cause de la couleur bleu horizon des uniformes des très nombreux anciens combattants de la Grande  Guerre qui y siégèrent.
Je note au passage, que la campagne d’alors fut assez confuse. Les candidats du «  bloc national » se divisent entre alliés au Centre Droit et isolés. …On voit un rapprochement de la Droite et du Centre. Les socialistes optent eux pour des listes homogènes  ce qui va avoir une énorme incidence sur leur présence à la Chambre. etc...  J’arrêterai là les exemples et chacun pourra aller voir ce que fut alors la situation en faisant le rapprochement avec ce qui se passe. Nous verrons bien quelle couleur sortira des urnes ! 
Ces réformes ne sont pas nouvelles ! Pas plus que celles dont on nous parle aujourd’hui  ou celles du passé. Chaque ministre y va de son imagination. 
En 1850 le nombre des bacheliers était de 4000. 9000 en 1922. 12000 en 1935. En 1940 les bacheliers étaient près de 30000. En 1975 ils dépassaient 175000. En 1995 ils étaient plus de 400000. Avec les différentes réformes de l’enseignement c’est actuellement 60% des jeunes d’une génération qui sont bacheliers contre 5% en 1950.
Objet de convoitises et d’appréhensions, voire de tentatives de tricheries ! hélas !  Cet examen a la vie dure. Le célèbre historien Ernest Lavisse tonnait contre un diplôme «  qui encourage les mauvaises dispositions de notre caractère national ». Des chroniqueurs de la même époque regrettaient «  l’excès de travail imposé par le baccalauréat à de malheureux élèves qui ne peuvent ainsi goûter aux plaisir de leur âge ».  ! On voit bien encore en 2017 qu’on n’en est pas à une réforme près ! On prend les même et on recommence !

Juin c’est bien sûr la saint Jean qui marquait avec le calendrier « julien » le solstice d’été.  Véritable fête de la musique puisqu’on doit à cette fête le nom des notes de la gamme, même si la fête de la Musique a été placée arbitrairement au 21 juin ce qui n’est pas toujours la date du solstice : le 20 juin en 2019 et en 2024... ! C’est-à-dire qu’elle ne correspond plus exactement à ce qui était son origine ! Autre temps autre mœurs !
             
Adissias !                                                                                 Jean Mignot le 8 juin 2017
au soir de la saint Médard par un beau temps éclatant dans notre Midi. 

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