mardi 7 novembre 2017

du mois de novembre 2017


du mois de Novembre 2017


Voici Novembre à la fois neuvième et onzième mois de l’année qui nous arrive avec son lot de fêtes et traditions, de dictons aussi, et qui va nous faire plonger dans un vrai  automne rapide et froid. Nous serons surpris par ce froid, et nous allons encore entendre sur les ondes que le temps qu’il va faire, notamment dans la deuxième partie du mois, c’est du «  jamais vu » ! Octobre a été globalement doux et sec malgré quelques tempêtes ici ou là sur nos côtes Ouest. Notre Midi reste très sec au point de dire que c’est catastrophique. Je tiens à dire quand même pour ramener les choses à la réalité, - nous avons tendance à oublier  si vite-,  que mes propres relevés de pluie, devant ma porte, sont de 51 mm de juin à octobre contre 254 pour la même période l’an  dernier.  Ce n’est pas beaucoup ! C’est mieux que rien ! On ne peut pas vraiment dire qu’il n’a pas plu ici depuis le mois de juin ! Nuances!.. Nuances aussi quand on dit que les mois précédents, de janvier à mai inclus, ont été moins arrosés que l’an dernier. Il a fait cette année, toujours dans le Midi,  292 mm contre 236 mm l’an dernier ! Nuances et précisions… !
La nouvelle lune du 19 octobre a marqué une série de perturbations qui ont traversé notre pays et qui ont marqué une chute importante de température ensuite. La nouvelle lune de novembre, marquera après le 18, de nouveaux changements et si on se réfère au temps qu’il a fait 19 ans en arrière, selon le cycle de Méton, et aux prévisions qu’on commence à voir poindre chez divers services de météorologie sérieux, le temps va passer au froid, et même à une vraie vague de froid, étonnante et subite dans la deuxième partie du mois. On parie ?
Novembre 1998 a été globalement froid et ensoleillé, avec une vague de froid du 17 au 25 novembre. -12° au Puy en Velay le 21, - 5 à Paris à la même date et -5.9 à Toulouse. Les relevés sont là et on ne peut les ignorer ni dire qu’on n’a pas de souvenirs de froids si vifs en telle saison comme je pressens qu’on va nous le dire ! 1998 ce n’est pas si vieux que ça pour dire qu’on ne se souvient pas de tels records : de mémoire d’homme ! On verra bien, mais soyons prévenants. C’est mon message qui s’appuie sur quelques dictons issus de la sagesse de nos ancêtres et de leurs observations. Ce qui pourrait vouloir dire aussi que ces changements que j’annonce avec prudence, se sont déjà produits au point d’en faire des dictons ! « Novembre chaud au début, froid à la fin » et  « quand il gèle en novembre, l'herbe part comme tendre. » On dit aussi : « Novembre, mois des brumes, par devant réchauffe et par derrière refroidit. ». « Le vent de novembre arrache la dernière feuille ». D’autres dictons s’appuient sur les observations du temps qu’il fait pour faire des prévisions : « En novembre s'il tonne, l'année sera bonne », « Quand en novembre il a tonné, l'hiver est avorté », « Brouillard en novembre, l'hiver sera tendre. ». Le temps de novembre peut annoncer celui des mois suivants : « Quand en novembre la pluie noie la terre, ce sera du bien pour tout l'hiver. »
 «  Hé oui ma fille, quand octobre prend sa fin la Toussaint est au matin ! » écrivait la Marquise de Sévigné. On a tout dit ou presque sur la Toussaint et on va encore en dire beaucoup, souvent en ne faisant aucune nuance entre la païenne et pernicieuse halloween et le respectable culte des morts du 2 Novembre, qu’on associe à tort à la Toussaint catholique. Une relecture de mes précédentes chroniques peut aider à rafraîchir notre mémoire. Je redirai ici seulement avec insistance, que le culte des morts est respectable et que plaisanter sous prétexte d’halloween ce n’est pas très pédagogique ni éducatif. Qui plus est c’est tomber dans le panneau d’une exploitation commerciale dont on clame par ailleurs que c’est honteux de se faire ainsi exploiter. Que ta main droite oublie ce que fait ta main gauche !
D’une fête respectable, all hallow Even «  le soir de tous les saints » on a fait une affaire  commerciale et qui oserait dire que les publicités et objets de pacotille vendus à cette occasion sont beaux ! 
Novembre c’est d’abord et au moins depuis  les Celtes le culte des anciens et des morts et non des sorcières et des vampires, des chauves-souris, des hiboux, des corbeaux et des vautours. Nous paierons un jour de céder aujourd’hui à ces horreurs en croyant faire le bonheur de nos chers petits. J’insiste pour dénoncer cette célébration tronquée car après une période d’accalmie nous constatons un regain d’activité et de matraquage autour de ces horreurs. Tous ceux qui se font vecteur d’informations et d’animations de tous ordres autour de la fête d’Halloween, ce dernier  avatar de la fête celtique de Samain, ne servent pas le bien public. On ne fait pas de l’animation ou la une des journaux sur le laid, et l’horreur ! Il y a mieux à faire ! Ressaisissons -nous et essayons d’inventer à cette occasion de nouvelles façons de faire la fête comme ces pâtissiers du Vaucluse qui avaient créé il y a quelques années un gâteau de circonstance ou comme ces chrétiens de l’Hérault qui invitent les paroissiens à se rendre à l’église avec deux choses dans leur panier, du vin et du fromage, pour une soirée « Holy wine et Holy cheese »,  «  les saints vins et les saints fromages ». Après une causerie qui rappelle le vrai sens de la fête de Toussaint, ils sont invités à partager un moment de convivialité autour des vins et des fromages qui ont dans leur nom un nom de saint. Saint Nectaire, saint Emilion, saint Moret, saint Chinian, etc... Dommage pour ceux qui comme moi n’aiment pas le fromage !
Déjà, au VIIIe siècle, en fixant la Toussaint au 1er novembre, ( auparavant elle était célébrée en mai) le pape Grégoire IV avait voulu prendre la place de la fête de Samain qui notamment en Grande Bretagne et en Gaule et dans les pays du Nord, dégénérait en banquets et beuveries.
Il me fallait bien dans cette chronique dire une fois encore ces quelques  vérités.
Trop tardivement, de mon point de vue, les églises chrétiennes ont réagi. Aujourd’hui on trouve des tas de déclarations  des évêques, mais avec bien peu d’écho dans les journaux et à la télévision.
Aux USA, certains groupes luttant contre l’occultisme ont supprimé avec succès les célébrations  d’Halloween  dans les écoles publiques. Récemment un ministre d’Arkansas, a intenté un procès fédéral et  a demandé que le satanisme, via les pratiques d’Halloween, ne soit pas toléré dans les écoles publiques, vu que la prière est  interdite. Cela ne nous rappelle-t-il rien à nous bons français ?
Dans notre monde contemporain, où le mal d’origine satanique est plus que réel, de nombreuses personnes pensent que c’est le moment d’épurer Halloween de ses éléments peu recommandables. Ils ressentent qu’une interdiction des observances officielles d’Halloween avertiraient les parents et les enfants et qu’ils comprendraient que la symbolique occulte d’Halloween célèbre des puissances spirituelles obscures et dangereuses.
Les parents pourraient au moins centrer les activités familiales sur des amusements sains. Ils pourraient faire une fête mais refuser que des costumes soient en rapport avec le mal. Les enfants ne sont jamais trop jeunes pour apprendre qu’un jour ne doit pas être dédié au diable.  Il m’a semblé important de vous faire part de ces citations et de ces réflexions, pour vous donner quelques éléments pour que chacun puisse forger son propre jugement. Il est possible de réagir encore. Manquerions-nous d’idées pour faire la fête tout en resituant les choses à leur juste place sans se laisser manipuler ? Puissent ces quelques lignes nous faire tous réfléchir !
Par contre nul ne remet en cause ce jour férié qui marque le milieu du trimestre, bien que marqué très catho, et qui permet une pose et des vacances,  appréciées de tous, sans tenir compte des énormes complications pour les parents qui travaillent pour faire garder les enfants. Ce jour férié, dans le contexte actuel de notre république, au milieu du concert de revendications de tous ordres et en plein dans les débats sur la laïcité, nous ramène bien à une vraie question sur nos origines et nous appelle à regarder les choses avec un peu plus de bon sens, et moins de sectarisme.
Sans vouloir ranimer de vieux débats, il faut bien dire que la Toussaint est une fête purement catholique dans ses origines. Je ne dis pas « chrétienne » puisque  nos frères réformés ne la célèbrent pas mais commémorent le 31 octobre la fête de la Réformation, c'est-à-dire l’affichage, sur les portes de la chapelle de château de Wittenberg en Saxe, le 31octobre 1517, par le moine Augustin Martin Luther, des 95 thèses portant sur la vente des indulgences, ces « parts de paradis » contre espèces sonnantes  et trébuchantes, et plus largement remettant en cause le rôle et la place de l’église catholique entre le Croyant et Dieu ; publication considérée traditionnellement comme le point de départ de la Réforme.
Cette année l’évènement revêt une importance majeure puisqu’on célèbre le 500 ème anniversaire de cet évènement considérable. Je tiens à souligner  que Martin Luther appelait l’église à se réformer. Il ne cherchait pas la rupture !
Quant au jour férié de Toussaint il est un rescapé du concordat de 1801 et des articles additionnels de 1802. La première constitution de notre république avait bien créé un état laïc, mais Napoléon, après des tas de déboires et de difficultés, avait rétabli la prédominance de la religion catholique. «  Il me faut un Pape qui rapproche au lieu de diviser ; et qui réconcilie les esprits, les réunisse et les donne au gouvernement sorti de la Révolution pour prix de la protection qu’il en aura obtenue. Et pour cela il me faut le vrai pape : catholique, apostolique et romain, celui qui siège au Vatican. Avec les armées françaises et des égards, j’en serai toujours le maître. Il fera ce que je lui demanderai dans l’intérêt du repos général ; il calmera les esprits, les réunira sous sa main et les placera dans les miennes. » Le 16 juillet 1801 (27 messidor an IX), entre 0h et 2h du matin, après de longues heures de discussion, le Cardinal Consalvi, au nom du pape Pie VII, signe avec Joseph Bonaparte (pour le Premier Consul) le Concordat qui restaure la religion catholique en France et abolit la loi de 1795 séparant l’Eglise de l’Etat ; en retour, le Saint Siège reconnait la légitimité de la République. C’est ce concordat qui est encore aujourd’hui en vigueur en Alsace et dans les pays mosellans. «  De toutes choses entreprises par Bonaparte, écrit Châteaubriant, celle qui lui coûta le plus fut indubitablement son Concordat. » En 1905, la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, si durement discutée de part et d’autres ne toucha pas à certaines dispositions de ce Concordat et de l’arrêté du 19 avril 1802 qui instituait la Toussaint comme jour férié. L’article 42 stipule : « Les dispositions légales relatives aux jours actuellement fériés sont maintenues ». Il n’y avait alors que quatre jours, Noël, l’Ascension, l’Assomption et la Toussaint. C’est le gouvernement de M. de Freycinet, qui dans sa loi du 8 mars 1886, en pleine querelle religieuse, et surtout dans le cadre des grands mouvements sociaux qui ont marqué la III e république, créa, entre autres jours fériés, le lundi de Pâques et le Lundi de Pentecôte, deux jours qui n’ont pas de fondement catholique à proprement parler. On se pose encore aujourd’hui la question du pourquoi de cette décision qui n’a rien de religieux. Sans doute Charles Louis de Freycinet, Président du Conseil, homme de conciliation et de compromis, au point qu’on l’avait surnommé « la souris blanche » ( il faisait le tampon entre Jules Ferry et Gambetta !) cherchait-il la paix sociale ! Cela valait la peine de rappeler ce point d’histoire. On imagine facilement le tollé qu’entraînerait, notamment dans le monde du travail et auprès des syndicats, la suppression de ce jour férié de Toussaint qui coupe si bien l’activité de ce trimestre et permet vacances et pont ! La Toussaint jour férié, nous appelle à un peu de recul face au débat des jours fériés.
On pourrait faire de même et s’éclairer par l’histoire, en regardant ce qui s’est passé dans les différentes législatures pour l’établissement du dimanche comme jour chômé. Je rappellerai ici simplement que si la liberté de culte était reconnue, le dimanche ne figurait pas parmi les jours de fêtes entraînant le chômage. « Le peuple mange le dimanche. Il doit pouvoir travailler le dimanche » fait-on dire à Napoléon. Ah les leçons de l’histoire !
Le jour des Morts qui est bien le 2 et non le 1er, -  on fait souvent confusion et amalgame-, et par facilité on va au cimetière le 1er plus que le 2 à grand renfort de chrysanthèmes aux si belles fleurs !
Penser aux Morts c’est penser à la vie car la mort fait bien partie de la vie et honorer les morts et leur mémoire peut servir à la vie de ceux qui restent. N’oublions pas ça ! Ce culte remonte aux temps des plus reculés dans bien des civilisations et il ne s’agit pas uniquement d’une création catho !
Je ne développerai pas plus ces sujets sur la Toussaint et sur le Jour des Morts. Vos quotidiens notamment mais aussi les feuilles paroissiales de nos paroisses reprennent chaque année de très bonnes informations sur ces célébrations.
Novembre est un mois marqué par plusieurs autres grandes fêtes ou commémorations et je me contenterai d’en citer quelques-unes, remarquables ou plus originales.
Cette année il y a bien sûr le centenaire de la Révolution d’Octobre en Russie. Dans la nuit du 6 au 7 novembre 1917, les bolcheviques s'emparent des principaux centres de décision de la capitale russe, Petrograd (anciennement Saint-Pétersbourg).
Dans la terminologie bolchevique (on dira plus tard communiste), ce coup de force sans véritable soutien populaire est baptisé «Révolution d'Octobre» car il s'est déroulé dans la nuit du 25 au 26 octobre selon le calendrier Julien en vigueur dans l'ancienne Russie jusqu'au 14 février 1918. J’insiste sur cette fête à cause du problème de décalage des calendriers, sujet que j’ai souvent traité dans ces chroniques.
De même je rappelle que le 24 novembre 1793, c’est l’entrée en vigueur du calendrier révolutionnaire ou républicain. Concrètement cela veut dire que vous ne trouverez aucun document qui soit daté de l’an I de la République qui elle a pourtant bien commencé le 22 septembre 1792. De même il n’y a aucun document daté entre le 5 et le 14 octobre 1582 puisque ces jours ont été tout simplement rayés du calendrier au moment de la mise en place du calendrier grégorien. Précisions importantes pour les généalogistes !
Novembre c’est le l’anniversaire du déclenchement de la guerre de libération algérienne en 1954, évènement qui laisse de si lourdes  et douloureuses traces de part et d’autres de la Méditerranée.
Novembre, le 11, c’est l’Armistice de la Grande Guerre, qui a tant transformé notre pays. Gardons-nous de l’oublier !
Novembre c’est le 20 du mois la Journée Internationale des Droits de l’Enfant célébrant l'anniversaire de la signature de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant.
Novembre c’est le 25, la Journée Internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.
Le 25 c’est aussi la Sainte Catherine  «  Entre Catherine et Noué, tout bois est bon à planter » ( dicton en Bretagne) ; «  tout bois prend racine » ( dicton d’ Ille et Vilaine) . Dans les campagnes c’est le meilleur moment pour planter tous les fruitiers et pour faire des boutures. Novembre est meilleur planteur que le printemps. En cette période, l’activité de la sève est ralentie ; les racines vont pouvoir bénéficier de l’énergie de la plante, concentrée à leur niveau. Au printemps lorsque la belle mécanique des saisons se remettra en route, les racines bourrées des sucs de la terre seront prêtes à nourrir rameaux et feuilles. Et ceci sera encore plus efficace puisque nous serons en lune croissante et montante à partir du 21 novembre.
Novembre c’est « le mois de la moustache » selon cette tradition de Movember. C’est  un événement annuel organisé par la fondation Movember Foundation Charity. Chaque mois de novembre, les hommes du monde entier sont invités à se laisser pousser la moustache dans le but de sensibiliser l'opinion publique et de lever des fonds pour la recherche dans les maladies masculines telles que le cancer de la prostate. Le nom vient de la contraction de « mo », abréviation de moustache en anglais australien et de « November » (novembre). Depuis 2003, cette fondation australienne relève le pari de « changer le visage de la santé au masculin ».
Une Mo Sista, de l'anglais « sister » traduit par « sœur », est une femme qui soutient cette démarche. Que ce soit un ami, un collègue, un frère ou un petit ami, par un mot d’encouragement, un sourire, elles les aident à assumer ce nouveau look pas toujours facile à adopter ! Les femmes étant prétendument plus préoccupées par les problèmes de santé, elles peuvent aider les hommes à se confier et à échanger sur les maladies masculines qui sont taboues pour beaucoup d’entre eux. Il y a quand même loin de là à proposer aux femmes, par solidarité,  de se laisser pousser la moustache !
Comme en 2016, le mois de novembre 2017 sera de nouveau l'occasion d'inciter les Français à arrêter de fumer avec la deuxième édition du "Mois sans tabac". L'idée : encourager les fumeurs à tenir un mois sans cigarette, en espérant créer le déclic pour un abandon définitif du tabac.
« A la Toussaint commence l’été de la saint Martin ». Comme nos médias nous ont bassinés du terme d’été indien à cause du temps très doux qui a précédé ces premiers jours de novembre, il me faut donner ici une explication. En Europe occidentale, un réchauffement de l’atmosphère se produit souvent vers le 11 novembre, date de la saint Martin. Si octobre a été doux, cette douceur se prolonge dans les premiers jours de novembre grâce aux vents de Sud/Sud-Ouest. C’est l’ « été de la saint Martin » ou « Petit été ».  Si aujourd’hui les météorologues apportent une explication à ce phénomène, le Moyen-âge avait lié cet épisode à la légende du saint homme. On connait l’histoire du manteau partagé. La légende dit que dès l’instant où cet acte fut accompli, «  la nuée qui obscurcissait le ciel s’entrouvrit, laissant le soleil resplendir… En mémoire de ta bonne action je donnerai désormais à la terre, chaque année à la même époque, quelques jours de beau temps » écrit Bidault de L’Isle dans «  Les vieux dictons de nos campagnes ». Un deuxième épisode est moins connu. Martin devenu moine puis  évêque à Tours était parti visiter l’abbaye de Candes. Il  y mourut. Ses moines voulurent le veiller  mais ceux de Marmoutier estimèrent que cet honneur leur revenait, au nom du diocèse de Tours où Martin avait été évêque. Pendant qu’ils veillaient le corps du défunt les premiers s’assoupirent. Les Tourangeaux en profitèrent pour enlever le corps et le ramener vers Tours, en barque, sur la Loire. Leur voyage fut favorisé par « un soleil si radieux et si chaud que les roses fleurirent et la verdure reparut. » Ce serait l’origine de l’été qui chaque année se renouvelle aux mêmes dates.
On appelle  trop souvent ces périodes de radoucissement, dès que la météo est clémente: « été indien ». Pourtant, « l'été indien » ou « été des Indiens » n'existe pas en Europe. L’emploi de ce terme est inapproprié.  Au sens strict, cette expression désigne un phénomène météorologique qui survient en Amérique du Nord, principalement au Canada. Il s’agit d’une période de « retour de l’été »  après les premières gelées de l’automne. Ce phénomène est aléatoire. Sa date de survenue et sa durée sont variables d’un lieu à l’autre et d’une année à l’autre. Il se produit généralement en octobre ou au début du mois de novembre. L’expression Indian Summer serait apparue au XVIIIe siècle d'abord en Pennsylvanie, puis à New York et en Nouvelle-Angleterre. Elle aurait ensuite été traduite littéralement « été des Indiens » par les Québécois au XIXe siècle. Les Indiens profitaient de ces périodes de redoux pour faire leurs dernières provisions et leurs dernières parties de chasse avant l’hiver. Une belle journée d'automne ne suffit pas pour parler d'été indien. Il faut que ce soit une période de chaleur suivant une période de gel, que la météo soit très ensoleillée,  qu’il il y ait pas ou très peu de précipitations et que les températures diurnes soient supérieures  à la normale. Jean Ferrat et Brassens ont chanté cet « été de la Saint Martin » alors que Jo Dassin a chanté «  l’été indien ».
Novembre c’est « Guy Fawkes Night » » : cette fête britannique qui commémore l'échec de la « Conspiration des Poudres », le complot d’un groupe de catholiques sous la direction de Guy Fawkes visant à faire exploser, le 5 novembre 1605, lors de la présence du roi protestant Jacques 1er, le Parlement de Westminster, avec trente-six barils de poudre.
Novembre c’est le « Dia de la Révolucion » célébré au Mexique le 20 novembre.
Le quatrième jeudi du mois de novembre, aux Etats-Unis on  remercie Dieu par des prières et des réjouissances pour les bonheurs que l’on a pu recevoir pendant l'année. C’est « Thanksgiving ».
Le  3e jeudi du mois de novembre  sort le beaujolais primeur, dit beaujolais nouveau. Les autres régions viticoles ont voulu contrer cette opération populaire et proposent des opérations semblables autour des vins primeurs ! Moi je pense qu’ils ont tort car ce vin n’est pas encore totalement élaboré à cette date et il n’est pas bon. Pourquoi vouloir à tous prix prendre le contre-pied d’une opération commerciale plutôt que de monter une opération de promotions des  bons vins de nos régions quand ils sont bons à boire ! Là encore nous sommes victimes du commerce.
Novembre nous a laissé  dans bien de nos villes des rues, des places et autres lieux baptisés  du 11 novembre 1918, mais plus original, on trouve une rue de novembre, sans date, à Dol de Bretagne. Cet  « odonyme » nous rappelle les  batailles de Dol pendant la  Guerre de Vendée en novembre 1793, qui pendant trois jours et deux nuits opposèrent les Républicains et les Vendéens et Chouans.  Un odonyme est un choronyme désignant une voie de communication routière, ferroviaire ou autre. Un choronyme c’est tout nom de lieu désignant un espace ou quelque forme d'entité géographique qu'elle soit de nature ponctuelle, linéaire ou spatiale. Un odonyme atypique fait référence à la date du 11 novembre 1943, en mémoire de grèves et manifestations massives à Grenoble contre la collaboration, qui donneront lieu aux représailles de la « Saint Barthélémy grenobloise », durant la seconde Guerre mondiale. La Saint-Barthélemy grenobloise est une série d'assassinats et d'arrestations des principaux responsables de la résistance grenobloise à l'occupation allemande, qui a eu lieu entre les 25 et 30 novembre 1943. Elle a été perpétrée par une équipe de collaborationnistes aux ordres de Doriot et du PPF lyonnais dirigé par Francis André. Elle a été ainsi nommée en référence au massacre des protestants de 1572. Outre cinq personnes déportées mais revenues vivantes, le bilan de la Saint-Barthélemy grenobloise est de onze assassinats et de huit morts en déportation, le futur préfet de l’Isère, Albert Reynier, évitant de justesse sa capture.
J’avais tout ça et bien plus encore à vous dire pour cette chronique ! « Quelque temps qu’il fasse en novembre, commence le feu dans ta chambre » nous recommande ce vieux dicton.
Bon mois de novembre ! Addisias !

Jean Mignot le 7 novembre 2017 
En la fête de saint Willibrod ( 658 -739) apôtre de la Frise
«  Novembre chaud au début, froid à la fin »





                                               

lundi 2 octobre 2017

du mois d'octobre 2017


du mois d’octobre 2017


Octobre, dixième mois de l’année je suis, mais huit je reste de par mon nom de baptême. Je suis octobre qui s’ouvre sur un automne étonnant et non détonnant contrairement à la réputation que les années m’ont faite.  !  Les météorologues disent en effet que brumes, brouillards et orages  sont les « armes parlantes » de ce mois. Or il n’en est rien, du moins pour notre Sud et les prévisions restent au beau fixe et à la sécheresse. Mais à ceci, et comme pour septembre il y a peu d’étonnement à avoir puisque si j’en crois Méton et son cycle, c’est le temps qu’il avait fait il y a 19 ans. Il faudra attendre probablement après le 14 du mois pour voir un changement profond et sans doute de la pluie. Espérons !
«  Il est impossible de décrire l’horreur des scènes qui eurent lieu à la Barbade » écrit l’Amiral  George Rodney dans son rapport officiel mais ce rapport date de 1780 ! Et non pas après le passage d’Irma. « Je n’aurais jamais pu croire, si je ne l’avais vu moi-même, que le vent seul pouvait détruire aussi complètement tant d’habitations solides »…Comme tout le monde j’ai été étonné par la violence des  ouragans qui se sont abattus sur les Caraïbes en me demandant si vraiment on avait fait le nécessaire pour prendre les dispositions qui s’imposent dans ces zones si souvent touchées par ces phénomènes atmosphériques. Car enfin… si on n’a pas suffisamment de données dans les services de météorologies  on a quand même l’histoire et de nombreux témoignages. Certes on n’avait pas encore les moyens de mesure de l’intensité de ces ouragans. Il n’empêche que le 10 octobre 1780, celui qu’on a appelé « le Grand Ouragan », fut le plus meurtrier qui ait frappé l’Atlantique Nord. 20000 morts, dont 9000 pour la seule Martinique.
Si on a bien «  du jamais vu de mémoire d’hommes » on a des récits de témoins d’alors qu’il ne faudrait pas oublier pour en tirer les leçons pour aujourd’hui ! Quelles dispositions par exemple en matière d’équipements puisqu’on on sait que ces phénomènes se reproduisent presque tous les 4 ans ! On pourrait parler de la même manière  des récits concernant le terrible ouragan de 1810 et aussi de celui du 10 août 1831 qui ravagea la  Barbade. Galveston en 1900 et 1915, Donna en 1960, Flora en 1963, Allen en 1980, Hugo en 1989, Gilbert en 1998, Andrew en 1992, Ivan en 2004, Katerina en 2005…  et je n’en cite que quelques-uns au passage. Aurait-on une si courte mémoire et a-ton vraiment  tiré les leçons de ces catastrophes ?
Nous ici à Nîmes et dans le Gard on connait ça et les lenteurs des administrations et autres services qui font traîner en longueur la mise en place de dispositions qui s’imposent !   Nous venons de nous remémorer les terribles inondations d’il y a 29 ans sur Nîmes alors que les travaux de protection, dont certains programmés depuis les inondations de 1958, ne sont pas encore terminés !
Face à ces réflexions je me suis posé la question de la différence entre ouragan, cyclone et typhon, tous étant des phénomènes tourbillonnant, tous produisant tous ces dégâts qu’il faut réparer bien vite. Vous saviez peut-être  qu’un ouragan  se produit en Atlantique Nord et dans le Pacifique Nord-Est, un cyclone n’a lieu que dans l’océan Indien  ou le Pacifique Sud et un typhon se produit lui dans le Pacifique Nord-Ouest !
Pourquoi cela ?  Eh bien parce que c’est lié à l’étymologie autant qu’aux lieux d’origine : l’ouragan vient de huragan, variante de huracan en taino (langue amérindienne des Antilles), introduit en français au XVIe siècle par l’espagnol, avec le sens de « tornade » ; le cyclone viendrait de ce géant monstrueux qui n’avait qu’un œil, de forme ronde, au milieu du front et le typhon du latin typhon (« bourrasque de vent, tornade »). Le sens moderne est issu du portugais tufao (« cyclone, ouragan ») adapté par les Arabes sous la forme  tüfan. Ce mot a voyagé au travers du monde musulman jusqu’en Malaisie et a été rapporté par les navigateurs portugais. Pour d’autres, le mot aurait été rapporté par le marchand vénitien Cæsar Frederick lors d’un voyage en Chine et aurait pour origine le chinois  táifēng « grand vent, typhon » prononcé taifong en mandarin. Etonnant !
Tous ces phénomènes sont proches et tous, selon leur intensité, produisent ces énormes dégâts qu’il faut réparer bien vite. 
Quand j’écrivais qu’il fallait regarder ce qui s’est passé en 1998 selon le cycle de Méton, certes référence imparfaite mais qui se révèle assez juste pour ce qui est des mes propres observations du moins pour le Sud, nous constatons encore que nous restons dans un automne étonnamment doux, sans orages et sans pluie et les prévisions de la météo ne nous donnent que peu d’espoir d’en voir bientôt.
Voyez plutôt ce qu’écrit le site de Météo Languedoc : « Après un été caniculaire, avec de nombreux records de chaleur, la saison des épisodes méditerranéens/cévenols n’a toujours pas débuté. Plus encore, la sécheresse continue de s’aggraver… ». Si nous sommes nombreux à dire qu’un été caniculaire est presque toujours suivi d’épisodes pluvio-orageux, il nous faut revoir nos copies. Les prévisionnistes les plus sérieux sur des bases d’études très poussées ne vont pas dans ce sens. « On constate une anomalie de hauts-géo potentiels entre les Açores, l'Espagne, la France et la Grande-Bretagne, alors que les bas-géo potentiels (zones dépressionnaires) circulent sur l'Europe du centre et les Balkans. Cette configuration météorologique est tout sauf favorable à la formation d'épisodes méditerranéens et/ou cévenols. En effet, pour que ces derniers se forment, il faudrait que l'anticyclone migre vers l'Europe du centre afin que les dépressions s'enfoncent sur l'Espagne et le bassin Méditerranéen. Tout l'inverse de ce qu'il se passe actuellement. 
Pour répondre à la question présente au début de cet article : à quoi faut-il s'attendre pour la suite de l'automne ? S'il est bien évidemment difficile de se projeter jusqu'à la fin de l'automne, il semble que la récurrence actuelle parvienne à se maintenir au moins jusqu'à la mi-octobre, malgré une accélération du dynamisme Atlantique. La probabilité d'épisodes méditerranéens/cévenols est donc très faible pour le moment. Il faudra surveiller entre la mi-octobre et novembre l'évolution des modèles numériques de prévision. Toutefois, les statistiques montrent qu'une fois cette période charnière passée, les événements extrêmes tendent à devenir de moins en moins probables. » . Voila qui est dit. On verra bien !
Octobre continue sur le même registre de Septembre avec des journées chaudes et sans pluie  dans le Midi, et on nous parle «  d’été indien » et pourtant utiliser cette expression n’est pas tout à fait juste. Le chanteur français Joe Dassin en a fait une chanson restée célèbre en 1975. Depuis, on entend souvent parler d’ « été indien » dès que la météo est clémente en automne. Pourtant, « l'été indien » ou « été des Indiens » n'existe pas en Europe. L’emploi de ce terme est inapproprié à la situation que nous vivons. Au sens strict, cette expression désigne un phénomène météorologique qui survient en Amérique du Nord, principalement au Canada. Il s’agit d’une période de « retour de l’été » (avec un temps ensoleillé et radouci), après les premières gelées de l’automne. Ce phénomène est aléatoire. Sa date de survenue et sa durée sont variables d’un lieu à l’autre et d’une année à l’autre. Il se produit généralement en octobre ou au début du mois de novembre.
L’expression Indian Summer serait apparue au XVIIIe siècle d'abord en Pennsylvanie, puis à New York et en Nouvelle-Angleterre. Elle aurait ensuite été traduite littéralement « été des Indiens » par les Québécois au XIXe siècle.
Voici l’une des hypothèses expliquant ce nom : les Indiens profitaient de cette période de redoux pour faire leurs dernières provisions et leurs dernières parties de chasse avant l’hiver.
Une belle journée d'automne ne suffit pas pour parler d'été indien. 
Voici les caractéristiques qui permettent de reconnaître ce phénomène météorologique : une période de chaleur suivant une période de gel ; une météo ensoleillée ; pas ou très peu de précipitations ; des températures diurnes supérieures à la normale.
Enfin, pour pouvoir parler d’ « été indien », il faut que ces phénomènes soient observés pendant au moins trois jours. 
On observe parfois des périodes de beau temps automnal dans d’autres régions du monde.
En France et dans les pays d'Europe occidentale, on parle plutôt d'été de la Saint-Denis (9 octobre), d'été de la Saint-Géraud (13 octobre) ou d' « été de la Saint-Martin » (11 novembre). 
En Suède, on parle d'été de la Toussaint pour désigner un temps chaud et ensoleillé, accompagné de brume sèche, et en Angleterre d’été de la Saint-Luc (18 octobre).
Nous sommes au moment où j’écris cette chronique à la pleine lune d’octobre. Ne vous demandez pas pourquoi vous avez mal dormi ! La pleine Lune d’Octobre 2017 était le 5. C’est une lune qui ne se produit qu’une fois tous les 3 ans, et bien qu’elle porte plusieurs noms, elle est surtout connue sous le nom de la « Lune de la récolte »  ( les récoltes sont traditionnellement terminées), ou « Lune du chasseur » ( puisque nous sommes en période de chasse ou du brâme du cerf). Ses autres noms sont la « Lune du voyage », « la Lune de l’herbe mourante », et parfois « la Lune de sang » ou la « Lune sanguine ».
Selon l’almanach du vieux fermier, la « Lune du chasseur » est la pleine lune la plus proche de l’équinoxe d’automne.
Habituellement, c’est une pleine lune qui tombe pendant le mois de Septembre, mais cette année est une exception. La « Lune du chasseur » de cette année est celle du 5 Octobre, après l’équinoxe qui était  le 22 Septembre 2017.
Dans l’antiquité, le changement de saison n’était pas observé en fonction de l’année solaire mais des lunaisons, tout simplement parce que la lune est bien plus facile à observer que le soleil et sa forme est facile à repérer. Au cours des derniers milliers d’années, les personnes sur le continent européen, ainsi que les tribus amérindiennes nommaient les mois par rapport aux caractéristiques des saisons de l’hémisphère nord. C’est pour cela que tant de ces noms peuvent sembler presque identiques ou partager des qualités semblables.
Aujourd’hui, beaucoup de noms antiques des mois sont donnés aux différentes pleines Lunes que nous rencontrons tout au long de l’année. On pense que les noms des amérindiens ont été adoptés par les colons amérindiens, et que cela apparaît encore dans le calendrier moderne. Ainsi, les noms des pleines Lunes que nous utilisons aujourd’hui sont probablement une combinaison des nombreuses cultures différentes.
Il est aussi intéressant de noter que certaines années ont 13 pleines Lunes et que d’autres n’en ont que 12. Dans les années où il y a 13 pleines Lunes, la Lune supplémentaire s’appelle ‘ Lune bleue ‘.
Je n’irai pas jusqu'à tomber dans les interprétations de tous ordres qui prêtent à la lune des tas d’autres influences  plus ou moins divinatoires. Beaucoup croient à tous ces diseurs de bonne aventure, voire se laissent trop facilement influences par ces bonimenteurs ! Je ne suis pas Madame Soleil.
Au chapitre des dictons : je relève pour ce mois toute une série ayant trait aux semis :
« Ne sème pas à la saint Léger si tu ne veux blé trop léger» le 2 oct. Le 4 «  qui sème à la saint Francois aura du blé de poids ». Le 6 « A la saint Bruno semé le blé sera noir ». Le 18 « A la saint Luc sème dru ou ne sème plus ».
C’est aussi le moment de faire des apports de fumier : « En octobre qui ne fume rien ne récolte rien »
Le froid va arriver : «  Vent d’octobre ta pelisse il faut  que tu sortes ». Et ce dicton qui est une véritable « lapalissade » : « Octobre est bon s’il est de saison ».
D’autres dictons donnent des indications pour prévoir le temps des mois à venir : « Octobre ensoleillé décembre emmitouflé et octobre emmitouflé annonce décembre ensoleillé » ; « Si octobre s’emplit de vent du froid tu pâtiras  longtemps » ; « Octobre en brumes un mois à rhumes ». Et pour se prémunir, rien de tel que la pomme, la reinette des Cévennes c’est la meilleure ! « Chaque soir mange une pomme et tu dormiras comme un saint » ; « La pomme du matin éloigne le médecin »
Le 25 « A la saint crépin la pie monte au ciel » et « Quand octobre prend fin dans la cuve est le raison ». L’heure d’hiver marquera s’il le faut le changement de saison le dimanche  29 octobre. Avec  le poète, après avoir chanté « l’été Indien »  nous pourrons déclamer : « Salut bois couronnés d’un reste de verdure … » ou chanter « Colchiques dans les prés … ».
Adissias !                                                                                


Jean Mignot le 6 octobre 2017               

samedi 2 septembre 2017

du mois de septembre 2017

du mois de septembre 2017

Septembre, un mois de changements. Changement de rythme dans le nom des mois : on reprend la vieille dénomination du calendrier romain qui ne comptait que 10 mois mais le 7 ème sur 10 est désormais 9 ème sur 12. Changement pour les écoliers collégiens et lycéens car les rythmes scolaires reprennent suivis par les universités. Changement dans nos rythmes de travail : les vacances et congés, c’est fini  jusqu’aux prochains auxquels on pense déjà ! et pour le temps voila l’Automne et le climat par ses changements, subits parfois, peut nous surprendre.
Changement dans les champs où autrefois à la saint Michel, le 29, on renouvelait traditionnellement  les baux de fermage. De même c’est à la saint Michel qu’étaient  « débauchés » ou « embauchés » les commis de ferme et les autres personnels. D’où  dès le 17 septembre, pour la saint Lambert les vieux dictons invitant  à la prudence, car celui qui se laisse-aller à la nonchalance à cause des beaux jours qui se prolongent, ou qui pense plutôt à changer qu’à recommencer au même endroit, et qui  sans y être contraint, quitte alors sa place, court grand risque de ne pas retrouver du boulot : « Le jour de la saint Lambert, qui quitte sa place la perd ! » C’est en effet dans la deuxième quinzaine de septembre que se préparaient, entre fermiers, ouvriers et commis, les engagements réciproques pour l’année agricole à venir.
Changement dans la politique… Les 100 jours c’est fini et l’ Etat de Grâce aussi. Au travail maintenant ! On va voir ce qu’on va voir ! Nous on attend ! encore ….
Ce mois de Septembre 2017, d'une durée de 30 jours, commence par un vendredi et finit par un samedi, soit  4 week-end plus 1 samedi. Un rythme «  cool » pour une reprise d’activités, encore que se pose et repose à plus forte raison et à nouveau la question du travail le dimanche !
Les dictons traditionnels, de ce mois,  parfois discutables, ne traduisent une réalité que pour les pays tempérés de l'hémisphère nord.
« Septembre nous produit le plus délectable des fruits » ; « Juillet doit rôtir ce que Septembre mûrira » ; « Septembre voit mûrir des fruits savoureux. »
Le mois de septembre en effet voit la maturité de nombreux fruits (pommes, poires, prunes, noisettes, mûres..).
« Septembre humide, pas de tonneau vide » (dicton de l'Aunis) ; « Pluie de septembre, joie du paysan » ; « En Septembre, pluie fine est bonne pour la vigne » ; « En septembre, la bruine, est toujours bonne à la vigne. » Un mois de septembre pas trop sec favorise la quantité de la vendange. « En septembre, le raisin et la figue pendent », « En Septembre se coupe ce qui pend. »
Après plusieurs mois très chauds et très secs, du moins dans le Midi, on redoute maintenant cette pluie tant attendue : « Septembre emporte les ponts, ou tarit les fontaines ». Alors on écoute le roi des poulaillers pour savoir ce qu’il nous prédit : « Le coq en septembre chantant la matinée, annonce une abondante rosée. »
Si j’ai moi-même fait très souvent référence à ce qui s’est passé en cette période,  la pluviosité du mois de septembre peut être très différente d'une année à l'autre, sur le territoire métropolitain français, et on ne peut pas vraiment la prendre comme indice de ce qu’il risque de se passer. Les quelques proverbes de ce mois sont de bien maigres indications, même s’ils ont pris naissance dans de nombreuses observations répétitives dans le passé, du temps qu’il a fait : « En septembre si trois jours il tonne, c'est un nouveau bail pour l'automne ». « Lorsque beaucoup d'étoiles filent en septembre, les tonneaux sont trop petits en novembre ; « Orages de septembre, neiges de décembre » ; « Forte chaleur en septembre, à pluie d'octobre il faut s'attendre. »
Un mois de septembre orageux pourrait annoncer la proximité d'une météo automnale et hivernale. Il faudra donc observer ce qui va se passer pour avoir des indications pour le prochain hiver !  : « En septembre, si tu es prudent, achète grains et vêtements » (dicton de Charente), « Pluie de septembre travaille, à la vigne et à la semaille », « Beau septembre finit d'emplir les chambres », « En septembre, le fainéant peut aller se pendre », « En septembre, il fait bon être tout le jour dans la campagne. »
Au mois de septembre, il faut se préparer aux semailles et vendanges d'automne mais aussi aux froids de l'hiver : « L'hirondelle en septembre abandonne le ciel refroidi de l'automne. » et  les oiseaux migrateurs prennent leur envol pour passer l'hiver dans des régions plus douces.
On trouve encore quelques dictons intéressants tels ceux-ci : « Hâle de Mars, pluie d'Avril, rosée de Mai, font d'août et septembre les plus beaux mois de l'année » ; « Bel automne vient plus souvent que beau printemps. » La météo de l'arrière saison est souvent plus agréable que celle du printemps.
« Septembre en sa tournure, de mars fait la figure  », « Septembre est le mars de l'automne », « Septembre se nomme le mai de l'automne », « Septembre est souvent comme un second et court printemps. » ou « Septembre se présente souvent comme un second et court printemps »
Ainsi chacun peut y trouver son compte ! Quelques phénomènes peuvent être observés (orages, giboulées..) et on dit alors : la météo de l'automne rappelle celle du printemps.
La Pleine Lune est le 6 et la nouvelle lune le 20 exactement comme il y a 19 ans ( cycle de Méton) et j’ai noté un temps changeant et un très net rafraîchissement en 1998 avec même 8° ou 9 ° seulement, puis un radoucissement vers la fin de la lunaison avec encore un peu de temps beau et chaud avant que la nouvelle lune nous amène très probablement de la pluie si ma référence à ce qui s’est passé il y a dix-neuf se vérifie. 
Quant aux données et relevés disponibles pour le mois de septembre 1998, voici ce qu’ils nous indiquent.. et ça ne prouve rien !
Septembre 1998 :Pluvieux avec une moyenne de température de 15.3
1er septembre 1998 :min. 20.6° à Bordeaux, 17.3° à Rennes et 20.6° à Toulouse
2 septembre 1998 :Chaud. 29° à Prilly (min. 18°). Min. 20.6° à Bordeaux, 18.1° à Bourges, 18.7°  à Châteauroux, 20.3° à Lyon, 20.6° à Marseille, 17.3° à Rennes, 21.1° à Toulouse et 18.4° à Tours
3 septembre 1998 :min. 21.6° à Marseille
5 septembre 1998 :34.3° à Bastia
7 septembre 1998 :146 mm à Marseille en 7 heures
9 septembre 1998 :34° à Montauban. min. 18.1° à Rennes
10 septembre 1998 :min. 20° à Prilly. Min. 18.1° à Châteauroux, 19.3° à Bordeaux, 16.7° à St-Etienne
12 septembre 1998 :Froid. Max. 13° à Prilly. Max. 14.8° à Strasbourg et 16.0° à Toulouse
13 septembre 1998 :7° à Prilly (max. 11°). Max. 13.4° à Bourges, 13.6° à Lyon
14 septembre 1998 :6° à Prilly (max. 12°),  neige à 1400 m (Léman), 800 m à Violay max. 13.2° à Strasbourg
20 septembre 1998 :max. 23° en Bretagne et 21° dans le Midi
26 septembre 1998 :Le soir, orage à Lausanne. Fortes pluies
27 septembre au 8 octobre 1998 :Pluies   quasi quotidiennes à Lausanne
30 septembre 1998 :Pluies diluvienne à Nice : 117 mm dont 55 mm en 1 heure 3.2° à Tours
Avant de parler de « jamais vu » il faudrait relire ces données accessibles au commun des mortels.

Quelques saints aux caractères et aux légendes bien originales, marquent ce mois de septembre.
Saint Gilles d’abord, le 1er septembre. Disciple de l’ermite Vérédème qui vivait retiré sur la commune de Sanilhac, dans le canton d’Uzès, le jeune grec Gilles vint se fixer à proximité de son maître, dans les gorges du Gardon, non loin du Pont du Gard. Il partit ensuite se cacher au profond de l’épaisse forêt qui s’étendait sur la rive droite du Rhône, dans la proximité de la cité qui perpétue cet état d’alors : Sylvéréal, sur les rives du Petit Rhône. Les mauvaises langues disent que la vie près de saint Vérédème était impossible car tout ermite qu’il soit et pas encore saint il avait un caractère impossible !
Les Wisigoths occupaient alors la Septimanie, future Narbonnaise, la région des sept  évêchés, ( Toulouse, Béziers, Nîmes, Agde, Maguelonne, Lodève et Uzès ) Savez-vous d’ailleurs que la plupart des chroniqueurs arabes, tel El Makhari, s’accordent pour dire que c’est en Septimanie, devant Toulouse, en 721, que les troupes arabes reçurent leur plus grand échec dans leur tentative d’invasion de ce qui allait devenir notre pays, et non pas à Poitiers comme l’écrivent nos livres d’histoire ?.
Une biche chassée par le roi Wamba ayant échappé à ses poursuivants se réfugia près de Gilles. Gilles fut atteint par la flèche d’un chasseur et on le découvrit blessé aux côtes de la biche. Le roi frappé par ce signe du ciel devint l’ami et le protecteur de Gilles. Rapidement une communauté se forma, on construisit une très grande et belle église sur le tombeau de Gilles. De cette magnifique abbatiale dont la nef mesurait 94m il ne reste aujourd’hui qu’une remarquable façade romane, en cours de réhabilitation et quelques ruines dont la fameuse « vis de saint Gilles » si bien connue des ouvriers Compagnons du tour de France. Mais il y a plusieurs « vis de Saint Gilles » à Uzès dont deux à la cathédrale Saint Théodorit, hélas pas visibles.
Situé à un endroit proche d’un gué sur le Rhône, c’est un des points de passage d’un des chemins de Compostelle, le chemin de Rome, qui se croise ici sur le tombeau du saint avec le chemin qui du Puy en Velay, en passant par Uzès, vient le rejoindre  sur le tombeau de saint Gilles, devenu un haut lieu de pèlerinage.  
Tout ceci est rapidement dit. C’est une des interprétations de la légende de St Gilles.
Le 19 septembre c’est la Saint Janvier ( San Gennaro). Evêque de Bénévent en Italie au IVe siècle, et prédécesseur d’un autre évêque qui portait le titre de cette ville mais plus la charge épiscopale, Talleyrand. Après sa mort, le corps de Gennaro fut transféré à Naples. On lui doit le prodige, répété chaque année, de la liquéfaction de son sang conservé dans une ampoule de verre. Phénomène inexpliqué et inexplicable mais bien connu ! ou miracle ? On en parle chaque année,  et si le sang ne se liquéfie pas, si l’évêque de Naples n’agite pas le mouchoir blanc, on parle de mauvais présages pour des évènements à venir . On pourrait ici citer quelques faits historiques assez troublant sur ce sujet. Vous les trouverez sur intrenet.
Dans les champs de toutes façons, les semailles peuvent commencer sur les terres déchaumées : « Qui sème à la saint janvier, de l’an récolte le premier. »Il ne s’agit pas de récolter quoi que ce soit le premier jour de l’an, mais d’être le premier, parmi les autres paysans à faire sa récolte.
Le 22 septembre on fera bien sûr le rapprochement avec l’équinoxe d’automne et le début du calendrier républicain avec ce mois de septembre dénommé Vendémiaire ( de vendanges) ; mais il n’est ce mois que du 22 septembre au 21 octobre ! La date du passage à l’automne qui correspond au moment précis où le soleil, en passant au Zénith,  coupe le plan de l’équateur est déterminée par de savants calculs effectués par l’Institut de Mécanique Céleste et de calcul des éphémérides ( IMCCE). Nous avons l’habitude de dire que l’automne c’est le 21 septembre. Or cette date varie en fonction de ces calculs entre le 21 et le 24 septembre. L’automne ne sera le 21 septembre qu’en 2092, le 23 septembre en 2018 et 2019 et le 24 septembre en 2303 ! N’oubliez pas de le noter sur vos agendas ! qui sait ? Ceci pour rattraper le temps qui court et que l’on n’arrive pas à maîtriser malgré nos calculs et nos techniques modernes ultra sophistiquées. D’où l’intérêt de bien connaître le calendrier et comme Monsieur Jourdain de savoir quand il y a de la lune ou quand il n’y en a point ! 
Le 25 septembre c’est la saint Firmin. Cette fête a été déplacée dans le calendrier « romain » au 11 octobre. Plusieurs saints portent ce nom. Un saint évêque d’Amiens, un saint  Firmin en Espagne  et  un saint évêque d’Uzès. Celui d’Amiens semble le même que celui qui est honoré à Pampelune en Espagne, et pas uniquement pour la feria de la San Firmin !
Le nôtre fut sur le trône épiscopal d’Uzès de 538 à 553. Il avait 22 ans à son élection au siège épiscopal. Il mourut  au lieu dit « Firminargues » sur la commune de Montaren. Presque un concitoyen ! Selon ses volontés son corps fut enterré dans la basilique qu’il avait fait construire en l’honneur de St Baudile, martyr de Nîmes, au quartier de la Perrine près d’Uzès.
Je ne peux ici, par manque de place, faire le récit très coloré du cortège de ses obsèques. Ce bourg, dit de St Firmin, a aujourd’hui disparu. La vénération dont était entouré le prélat amena de nombreux pèlerins vers son tombeau, à la date du 11 octobre, anniversaire de sa mort. A l’occasion de ce pèlerinage se développèrent des échanges commerciaux (il n’y pas qu’à Lourdes !) qui donnèrent naissance à une foire dite de saint Firmin, attestée par lettres patentes du Roi,  dès 1358. La foire a toujours lieu à Uzès jusqu’à la date toute récente de sa suppression cette année et  le bourg de st Firmin a disparu, encore que des découvertes récentes dont une célèbre mosaïque risquent de ramener à la surface l histoire de ce bourg. Encore une autre légende et bien des mystères à éclaircir ! Les reliques furent soustraites à la vénération des fidèles car le clergé local avait été informé d’abus autour de la tombe de st Firmin. Elles furent cachées. On ne les découvrit que très tard, au 19ème siècle, dans la propriété de La Perrine. Sans entrer dans le détail sur l’authentification des reliques et leur partage entre les diocèses de Nîmes et Montpellier, il faut savoir  qu’il en reste bien quelques unes placées dans un reliquaire d’un goût très douteux, placé dans la cathédrale d’Uzès. Goût douteux, mais qui a beaucoup de succès auprès des visiteurs de notre belle cathédrale. Il est vrai qu’il est invoqué pour être le protecteur des esprits faibles… ! N’en déplaise à la fierté bien légitime des uzétiens ! « A la saint Firmin l’hiver est en chemin »
Le 26 septembre, c’est la fête de Côme et Damien. Ce sont les patrons des médecins chrétiens. « Chirurgiens de haut parage, Saint Côme et Damien, Sur moy faictes un chef d’ouvrage, De mes maux froissez le lien ! Ou encore : « Servez saint Côme et Damien, vous vous porterez toujours bien !
Le 29 septembre jour de la Saint Michel, avait lieu à Nîmes une grande foire qui en 1567, bien avant la saint Bathélémy (1582),fut le théâtre d’un affreux massacre, « La Michelade »,  perpétré celui-là par les protestants envers les catholiques. Et l’évêque de Nîmes n’avait dû son salut qu’à l’intervention d’un soldat du clan parpaillot nommé Jacques Coussinal.
Il est grand temps en ce mois de septembre 2017, après un été très chaud, d’espérer enfin ces pluies d’automne : « Quand l’aoubo de san Miqueou est tapado, Ploou quaranto jou e pie uno pasado » « Quand l’aube de la saint Michel est couverte, il pleut quarante jours et plus encore… » « Lei pluio de san Miqueou
Soun jamaï restado au ceou » « Les pluies de saint Michel, ne sont jamais restées au ciel… »
Alors préparons nous à hiverner : « Oou mes de setembreLou calen es a pendre » « Au mois de septembre, la lampe à huile est à suspendre ! »

Bon automne, Bonne rentrée, bon travail !


Adissias !          Jean Mignot le 31 du mois d’août 2017                                                                           

dimanche 30 juillet 2017

du mois d'Août 2017


du mois d’Août 2017


Août, un mois avec l’accent !  pas celui du Midi ou du Nord, ni de Paris. Un mois avec l’accent, ce qui lui donne du caractère, c'est-à-dire le rappel de ses origines « romaines » ; caractère et accent que les ministres  et même la sage Académie voudraient lui enlever, le privant ainsi de ce qui fait sont originalité. C’est d’ailleurs le seul mois avec un accent, mais savez bien que c’est à cause de l’empereur Auguste auquel il est dédié. Que deviendront alors tous nos « aoûtiens » de Paris et du Nord si heureux de retrouver notre Midi sur  nos plages et nos marchés  et nos fêtes votives ? Et quid des aoûtats et du bois « aoûté » ? Pfff, tout se perd ma bonne dame!
Non seulement on voudrait enlever tout caractère à notre mois d’août mais cette année « on » lui enlève sa « Nuit des étoiles » ! Créée  en 1991, cette nuit qui  correspondait au we le plus proche du 9 août parce qu’à cette date on peut observer les Perséides ou « larmes de Saint Laurent », a été fixée pour 2017, à ce dernier we de Juillet. Nos Perséides n’ont qu’à se plier aux ordres  et désormais paraître aux dates décrétées par les administrations. Donc  priées de quitter leur orbite sidérale ! Tout se perd ! on nous change tout !  
Cet essaim de météores (ou pluie d’étoiles filantes) visible dans l’atmosphère terrestre, constitué des débris de la comète Swift-Tuttle et dont la taille est comprise entre celle d’un grain de sable et celle d’un petit poids est observée depuis des  millénaires, au mois d’août, et la proximité de leur manifestation dans le ciel est si proche du 9 août et de la fête de Saint Laurent qu’on les a appelées «  les larmes de saint Laurent ».    Tout se perd vous dis-je !
Les Perséides sont l'une des plus anciennes pluies de météores recensées par écrit. Les premiers rapports datent de l'an 36 en Chine et de l'an 811 en Europe. Les archives connues d'observations systématiques de ce phénomène datent de 1779. Entre 1864 et 1866, Giovanni Virginio Schiaparelli remarque que les Perséides ont une orbite très semblable à celle de la comète Swift-Tuttle. Cette découverte lui permet d'expliquer l'intensité des Perséides en raison de la trajectoire de cette comète, qui a une orbite d'environ 130 ans. Les premières observations de l'astronomie contemporaine ont lieu entre 1868 et 1898.
Dans la nuit du 9 au 10 août 1911, le taux horaire d’observation des étoiles filantes était de  50 météores par heure. Jusqu'en 1920, ce taux a diminué jusqu'à 4 météores par heure, puis est resté constant. Un taux horaire hors norme de 250 météores par heure fut observé dans la grande période des Perséides, en 1920. Ce rapport a rapidement diminué à 65 météores par heure, jusqu'au milieu des années 1970, où il a augmenté jusqu'à un maximum de 200 météores par heure en 1980. Alors à vos compteurs puisque mieux informés que moi ont décrété que ces météores devraient être observés ce we !  La « Nuit des étoiles » et non plus la « Nuit des étoiles filantes » est cette année fin juillet.  Dont acte !  Mais du coup le mois d’août va-t-il perdre cette année une autre de ses caractéristiques les plus remarquables ? ! Moi je persiste et refuse  de me laisser dicter le moment où je devrai  observer ces phénomènes ! Tant pis si je me trompe ! Je doute que  tout d’un coup, après tant d’années d’observations, les Perséides aient changé leurs dates de manifestation. Je vous invite donc à regarder aussi le ciel  pendant ces belles nuits d’août, notamment autour du 10 août,  entre 2h et 5 heures du matin. C’est à ce moment-là  qu’on peut observer les Perséides avec le plus de chance. C’est un spectacle populaire d’autant plus qu’il se produit en période estivale et qu’il va très certainement  faire beau comme cela a été le cas en 1998  en référence au « cycle de Méton », selon les prévisions que je vous ai déjà annoncées dans mes deux dernières chroniques.
Le mot « Perséides » provient du grec et identifie la descendance de Persée fils de Danaé et de Zeus. Puisque les traînées de la pluie d'étoiles filantes semblent provenir de la constellation de Persée,  leur nom est devenu « Perséides ». « Les Larmes de saint Laurent » est le nom donné traditionnellement et poétiquement à ce phénomène.  Pourquoi parle-t-on des larmes de saint Laurent.
Laurent serait né vers 210 ou 220 à Huesca, en Aragon,Espagne. Il est mort martyr sur un gril, en 258 à Rome . Il est célébré le 10 août.
Afin de compléter ses études humanistes et liturgiques, il est envoyé, tout jeune encore, dans la ville de Saragosse, où il fait la connaissance du futur pape Sixte II qui  l'établit  premier des sept diacres attachés au service de l'Église romaine. Il avait, en cette qualité, la garde du trésor de l'Église et était chargé d'en distribuer les revenus aux pauvres. Avant de mourir, il aurait expédié à ses parents, à Huesca, la coupe utilisée par Jésus lors de la Cène, qui faisait partie de ce trésor. L'empereur Valérien ayant repris les persécutions contre les chrétiens, Sixte II et ses sept diacres se cachèrent mais furent découverts. Le pape fut immédiatement condamné à mort. Laurent, dont le plus ardent désir était d'être associé au martyre de saint Sixte, le suivait en versant des larmes et lui disait : « Où allez-vous, mon père, sans votre fils ? Saint pontife, où allez-vous sans votre diacre ? » le pape lui répondit : « Je ne vous abandonne point, mon fils ; une épreuve plus pénible et une victoire plus glorieuse vous sont réservées ; vous me suivrez dans trois jours. » Voila pour les fameuses larmes.
Après l'avoir ainsi consolé, Sixte lui ordonna de distribuer aux pauvres toutes les richesses dont il était dépositaire, dans la crainte qu'elles ne tentent la cupidité des persécuteurs. Laurent distribua donc aux indigents tout l'argent qu'il avait entre les mains, puis il vendit les vases et les ornements sacrés, et en employa le produit de la même manière. Il aurait envoyé à ses parents la coupe qui aurait servi au Christ lors de la dernière cène. Ce calice se trouve dans la cathédrale de Valence. C'est la raison pour laquelle le saint, qui dispensait généreusement des aumônes, est le patron des pauvres.
Refusant de livrer les biens de l’église dont il avait la charge, Laurent fut martyrisé en 258, sur un gril de fer rougi. Il est devenu le patron  des cuisiniers et des rôtisseurs. Curieux ! En évocation de saint Laurent, le célèbre palais de l’Escurial en Espagne est bâti sur un plan en forme de gril. Mais ceci pour une autre raison qui nous ramène encore au mois d’août.  En effet la bataille de Saint Quentin le 10 août 1557  est une victoire espagnole sur la France, bataille au cours de laquelle aurait  été détruite une église dédiée à Saint Laurent.  Par cette victoire d'Emmanuel Philibert de Savoie,  lieutenant général du roi Philippe II d’Espagne, sur les troupes du roi de France Henri II,  aux ordres du Connétable de Montmorency, Saint-Quentin passe aux Espagnols, la route de Paris est ouverte. Mais l’armée de Philippe II, forte de 60 000 hommes, ne marchera finalement pas sur la capitale des rois de France. La résistance des Saint-Quentinois conduits par Gaspard de Coligny, parvenu dans la ville dans la nuit du 2 au 3 août 1557 avec 500 hommes armés fut héroïque et dura dix-sept jours, mais le massacre qui eut lieu sous ses murs laissa sa trace dans l’histoire. La bataille de Saint Quentin fut une défaite très lourde pour la France : elle entraina le Traité de Cateau-Cambrésis en 1559. Gaspard de Coligny est cet amiral sauvagement assassiné au moment de la saint Barthélémy le 24 août 1572. Il était le neveu du Connétable de Montmorency. Quand la première maison des Montmorency s’éteignit, en 1632, avec l’exécution du 3e duc de Montmorency, petit-fils du Connétable, le titre de duc d’Uzès devint premier titre de duc créé et il est encore porté par la famille de Crussol, ce qui fait dire à Uzès que la ville est le premier duché de France ! Il faudrait nuancer un peu plus cela car il y avait encore la maison de la Trémoille, ducs de Thouars  jusqu’en 1933 et  le titre de duc est attribué à la famille de Crussol.  Uzès fière quand même de son titre (sic !) et de son Duché qui vient d’accueillir, pour le plus grand bonheur des badauds, le Prince Albert de Monaco.
On peut noter encore que, présent lors de cette bataille, le chirurgien Ambroise Paré y constata que les asticots d'une mouche verte ( lucilia sericata)), aident à la cicatrisation des plaies de blessés.
Voyez jusqu’où peut nous amener le mois d’août !
«  Saint Laurent partage l’été par le mitan » dit un vieux proverbe. A quelques jours près, la saint Laurent se situe en effet à égale distance du solstice d’été et de l’équinoxe d’automne. «  A la saint Laurent, on le sait, on voit les étoiles filer »
Quoiqu’il en soit, si, ce we ou en début de soirée de ces premiers  jours d’août, vous observez le coucher du soleil, vous verrez vers l’Ouest Jupiter. Elle se couche le 1er août, 2h30 après le coucher du soleil et seulement 1h30 après lui le 31 août. Saturne sera également repérable à l'œil nu, dès la tombée de l’obscurité, assez bas vers le Sud, puis progressivement vers le Sud-ouest. Elle se couche en milieu de nuit.  Aux alentours de minuit, la Lune cessera d'illuminer le ciel pour disparaître à l'horizon. Le ciel révèlera alors pleinement sa splendeur étoilée, et la Voie Lactée se déploiera d'un bout à l'autre du ciel. Mais ne cherchez pas Vénus. La « belle étoile du soir » est encore une étoile du matin, visible en fin de nuit vers l’Est, 3h avant le lever du soleil. Mars et Mercure ne sont pas visibles.
Août 2017 semble bien  s’annoncer pour avoir un temps très proche de celui qu’il a fait en 1998 c'est-à-dire globalement chaud et sec. La pleine lune sera le 7 alors qu’en 1998 elle était dans la nuit du 8 au 9. Il y aura le 7 à 20h20, une éclipse de lune invisible chez nous. Quand la Pleine Lune se produit à un nœud lunaire il y a éclipse de lune. Le nœud  lunaire est le 8 à 12h55. Ces périodes de PL ou de NL et d’éclipses sont des périodes que les plantes ressentent intensément. Il ne faut pas jardiner ces jours-là. 
Jusque là à la Pleine de Lune d’août il devrait faire beau. J’ai noté pour ma part en 1998 : très beau et très chaud notamment 35 et 36 ° à Paris les 11 et 12 août. Et les relevés de la météo indiquent : vague de chaleur du 6 au 12 août 1998. Les prévisions des différents services météo vont dans le même sens pour la semaine qui s’ouvre. 9  août 1998, 39° à Bordeaux ; 10 août 1998,37.2° à Chartres. 37.1° à Paris (min. 21.5°), 38° à Orléans. Orages en Languedoc et Provence. 11 août 1998 ,39.9° à Avalon, 38.7° à Metz, 36° à Grenoble, 34° à Aurillac 41° à Decize (Nièvre), 39° à Auxerre, Troyes, 38° au Mans et Clermont-Ferrand, 37.3° à Paris (min. 21.3°), 37° à  Beauvais, 38° à Nancy. Min. 21.7° à Châteauroux 37.4° à Bordeaux, 36.3° à Strasbourg, 37.8° à Toulouse.
Mesdames et Messieurs les présentateurs des journaux télévisés, vous voila avertis. Ne nous parlez donc plus de « jamais vu » et de « records de chaleur » !
Il fera plus frais probablement après le 15 août. Plus sûrement au moment où s’achèvera le mois lunaire avec la nouvelle lune le 21 et une éclipse de soleil invisible en France. En effet si la Nouvelle Lune a lieu  au voisinage d’un nœud lunaire, il y a éclipse de soleil. Or le nœud lunaire est le 21 à 12h34 et la Nouvelle Lune à 20h25 le même jour.
Je vous ai souvent dit que les quelques jours autour de la Nouvelle lune sont toujours des moments de perturbations atmosphériques, comme cela vient d’être le cas pour la Nouvelle Lune de cette fin juillet. Le 24 août ce sera aussi la fin de la période de canicule et du mois de Thermidor (voir ce que j’ai écrit sur ce sujet au mois de juillet ) 
« S’il fait beau à la saint Laurent il fait beau jusqu’à Saint Gilles », c’est exactement ce qui s’est passé en 1998. Encore !
Par ce beau temps et les vacances c’est le temps des fêtes votives qui continue.
Le terme « fête votive » propre à notre Midi ou « Sud de France », trouve ses origines dans le latin votum : la  "promesse solennelle faite aux dieux et dans « votivus "promis par un vœu, offert en exécution d'un voeu". La fête votive est "la fête offerte en exécution d'une promesse solennelle faite aux dieux."
L'expression fête votive est attestée depuis 1876, propre à certaines régions, notamment dans le Midi, toujours avec le sens de « fête patronale » .
En ancien provençal existe le mot lo vot « promesse faite au ciel par laquelle on s'engage à quelque oeuvre non obligée », et en provençal moderne vot, vo, vou. Dans l'Aveyron on trouve bouot ou bot. Nous trouvons en français le mot vote « vœu, prière » provenant du pluriel vota qui dans tout le midi de la France, de la Drôme jusqu'à la Gironde désigne « la fête patronale », Vaucluse, Languedoc voto, Toulouse boto, Aveyron et Rouergue bouoto, Gers boto.
Dans les Cévennes, on parlait de la boto ou la bouoto ou même de La Botte ( ou Bote) , à la façon de la prononciation espagnole ou le « v » se prononce « b », ce qui aurait  fait écrire à Suétone «  Felices hispani quibus vivre est bibere ».  Déjà on pensait à boire dans ces fêtes… un peu trop et hélas, comme ces Féria ou autres fêtes pour lesquelles s’amuser est synonyme de boire… ! C’était les conscrits de l’année qui « tenaient la bouoto ». La fête comportait essentiellement un concours de jeu de quilles, qu’on faisait tomber avec des boules en bois cloutées. Les parties s’appelaient « les rampaus ». Le lot en jeu était un mouton. Ce jeu durait très longtemps et en chaque « mène »  ou partie,  les uns éliminaient les autres et on allait à la buvette pour attendre son tour.  Un jeu de massacre avec des vieilles boites de conserve, permettait de divertir les uns et les autres. Pêche à la ligne aussi et autres jeux pour s’occuper.  Le bal était animé par un accordéoniste du village voisin.
La veille,  les organisateurs et l’accordéoniste passaient de maison en maison pour vendre la « fougasse ». On donnait  l’aubade, on vendait cette pâtisserie  genre de  brioche, ou « pogne » ( pâte levée en forme de couronne faite de farine œufs  et beurre, parfumée à la fleur d’oranger comme la pogne de Romans, ce qui n’a rien à voir avec la fougasse salée faite de pâte feuilletée et de gratons, on buvait un verre et  on récoltait  ainsi un peu d’argent pour l’organisation. On disait : « promener  la fougasse ». Cela se fait encore dans quelques villages. Cela s’est fait encore à Montaren et Saint Médiers cette année 2017.
Pas de comité des fêtes, pas d’orchestre ou de « dj ». Pas de bodegas ! C’était vraiment la fête populaire au village. Autre temps autres mœurs ! 
Ces fêtes patronales, après la 2ème guerre mondiale, vont se séparer de la fête religieuse et plus tard se décaler vers les beaux jours d’été, avec toutes sortes d’animations pour le plus grand bonheur des « estivants » et des touristes. C’est ainsi que les jeux avec les taureaux, abrivados et concours de manades qui étaient des jeux réservés à la Camargue et aux villages au sud de Nîmes, se sont répandus un peu partout dans nos départements du Sud.  
On ose parler de « tradition taurine » alors que le développement de ces jeux s’est développé tardivement popularisé par la télévision et le fameux « intervilles ».
Aujourd’hui on fait venir orchestre ou « dj » et à grand renfort de techniques on fait beaucoup de bruit  et on boit  et il parait qu’on se divertit bien quand même !
La relation entre la fête votive et le patron de l'église a disparu de la conscience des gens. Dans la liturgie catholique, la « messe votive » reste l’office qui n’a pas de relation avec le temps liturgique ni avec ces fêtes.
Amusons-nous bien en ce mois d’août mais gardons raison  et souvenons-nous de nos vraies traditions si belles ou créons en d’autres ! Place à l’imagination !

Addisias !

Jean Mignot le 30 du mois de Juillet 2017