samedi 1 juillet 2017

du mois de juillet 2017



du mois de Juillet 2017


                
Nous savons tout ce que juillet doit à Jules César et encore plus si nous sommes cévenols puisqu’il a été un des tous premiers à parler des Cévennes dans la  Guerre des Gaules.
Nous savons aussi tout ce que le calendrier doit à Jules César et Juillet par son nom est un bel hommage.  Caius Julius Caesar IV est né officieusement le 13 juillet, à la date des ludi Apollinares ( Jeux Appolinaires institués à Rome en l'honneur d'Apollon). Selon Dion Cassius dans son Histoire romaine,  pour ne pas interférer avec la date de ces jeux,  sa naissance fut officiellement déclarée le 12 juillet.

Nous devons à Jules César la grande réforme du calendrier  qui laisse encore des traces dans le cours de nos mois et de nos jours malgré l’importante mise à jour « grégorienne » de 1582. Par exemple le nom des mois tantôt dédiés à un dieu ou à une déesse ou étymologiquement issue de leur  place dans le premier calendrier romain, septembre, octobre, novembre, décembre.
L’historien romain Suétone précise cette modification du calendrier effectuée par César : «  Il régla l’année sur le cours du soleil, et la composa de trois cent soixante-cinq jours, en supprimant le mois intercalaire, et en augmentant d’un jour chaque quatrième année… »

Comme héritage, Jules César nous lègue encore son nom devenu synonyme d’Empereur, ce que lui n’a jamais été, arrêté dans sa course par son assassinat aux ides de mars.

Ses réformes administratives, comme l’adaptation des  institutions à l’extension de la puissance et à la grandeur du pays ; la nomination directe de la moitié des magistrats et la recommandation des candidats aux élections pour l’autre moitié ; la tentative de refonte du Sénat ; la limitation de la durée des charges et quelques autres réformes pourraient donner des idées à nos responsables politiques actuels !  Réformes qui, nous disent les historiens,  lui permettront de disposer d’une nombreuse élite, nécessaire à l’administration …

Pour ce qui est du temps et des indications que nous donne la lune, je développerai un peu plus, et une fois de plus, ce que peut nous apporter le cycle de Méton en ce mois de juillet 2017. En effet si nous regardons, sur la base de ce cycle de 19 ans, le temps qu’il a fait en 1998, nous avons d’excellentes indications sur le temps de 2017.
Pour juin j’avais indiqué un mois globalement chaud et orageux – capricieux comme Junon ! Après un démarrage lent et froid juin 2017 a bien été chaud, orageux et capricieux. Ce qui a étonné nos présentateurs  de télévision qui nous encore servi du  « jamais vu » et des records jamais enregistrés  alors que les relevés officiels donnaient déjà des records de 40° en 1998 pour ce même mois.  36.3 à Bordeaux, 35° à Nantes, 33.6° à Bourges, 35° à Châteauroux 34.7° à Dinard le 20 juin 1998. 34° à Prilly le 21 juin et 32.7 à Tours. Orages violents sur Wimbledon perturbant  le célèbre tournoi. 22.7° minima à Marseille le 30 juin. « Jamais vu » ???
Pour ma part j’avais noté entre le 16 juin et le 26 juin de cette année là des températures au-dessus de 33 et 34 ° avec des orages autour de la nouvelle lune qui avait eut lieu le 23 juin ( le 24 en 2017 ).
Pour ce qui est de juillet j’avais noté : pluies et orages en début du mois avec quelques jours plus frais aris comme c’est le cas en ce moment,  avec retour de la chaleur  autour de la pleine lune le 9. Les prévisions météo ce soir nous confirment cela. Ensuite devrait avoir  du beau temps et de la chaleur avec des températures au dessus de 33 ° pendant la période de « canicule »  sur laquelle je vais revenir. Orages ensuite autour de la nouvelle lune puis retour du beau temps pour le mois d’août avec de très fortes chaleurs.
Ce qui se recoupe assez bien avec les quelques  relevés suivants :  Juillet 1998. Très contrasté  en France, souvent maussade dans le Nord ; très chaud et sec dans le Sud. 42° à Ponte Leccia et 39° à Galeria en Corse ; 40° à Athènes et 34.3° à Marseille avec un minima de 23.3°. 48° en Sicile le 4 juillet ; 45° en Floride et 36° à Tokyo le 5 juillet. Passage d’un front froid aux approches de la pleine lune du 9 puis gris et froid dans le Nord de la France,  beau et chaud dans le Sud.  37° à Carpentras le 18 juillet ;  40.7° à Gourdon, 35.7 et 32.5° à Bordeaux le 19 juillet. Tout cela suivi d’un mois d’août chaud et sec lui aussi.

Alors c’est quoi ce cycle de Méton ? Larousse nous dit : « Cycle de Méton : période de 235 lunaisons au terme de laquelle les phases de la Lune se reproduisent aux mêmes dates du calendrier, imaginée au Ve siècle av. J.-C. par l'astronome athénien Méton et adoptée en Grèce en 432 av. J.-C. pour mettre en accord l'année solaire et l'année lunaire. »

Qui était Méton ? On  sait qu'il était natif de Leuconoé, canton de l'Attique, proche d'Athènes. Elien, auteur de la première moitié du 3ème siècle après J.-C, dans ses Histoires diverses écrit "Méton de Leuconée, autre astronome, fit élever des colonnes sur lesquelles il marqua les révolutions du soleil, et se vanta d'avoir trouvé la grande année, qu'il assurait être de dix-neuf ans."
L'auteur comique Phrynichos, contemporain d'Aristophane, dans sa pièce Monotropos, situera aussi la naissance de Méton à Leuconoé. Il vivait dans la seconde moitié du cinquième siècle avant J.-C.
Si on  le présente  comme étant astronome, il semble pourtant bien que cette réputation  ne fut que posthume et que de son vivant il était plutôt connu comme géomètre.
Aristophane, dans un passage de sa pièce Les Oiseaux, jouée en 414 av. J.-C.   introduit Méton de cette façon :
METON : Je viens auprès de vous.
PISTHETAEROS : Autre fâcheux ! Que viens-tu faire ici ? Quel est ton dessein ? l'idée de ton voyage ? ta démarche de porteur de kothurne ? (cothurnes) 
METON : Je veux toiser l'air et vous le partager en rues.
PISTHETAEROS : Au nom des dieux, quel homme es-tu ?
METON : Qui je suis ? Méton qui connaissait la Hellas et Kolônos.
PISTHETAEROS : Dis-moi, qu'est-ce que tu as avec toi ?
METON : Des mesures de l'air. Sache, en effet, tout d'abord, que l'air dans son entier est absolument semblable à un four. À l'aide de cette règle courbe, tombant d'en haut, et en y ajustant le compas... Comprends-tu ?
PISTHETAEROS : Je n'y comprends rien.
METON : J'applique une règle droite, de manière à ce que tu aies un cercle tétragone ; au centre est l'Agora, les rues qui y conduisent sont droites et convergentes au centre, ainsi que d'un astre, qui est rond de sa nature, partent des rayons droits qui brillent dans tous les sens…
PISTHETAEROS : Ne l'avais-je pas dit depuis longtemps ? Va-t-en prendre tes mesures ailleurs.
Dans ce passage, Méton est présenté comme géomètre et non comme astronome. Un géomètre qui prétendrait donner une solution au problème de la quadrature du cercle.
Et pourquoi connaissait-il particulièrement Kolônos (Colone non loin d'Athènes) ? Les uns ont avancé que c'est parce qu'il y était né, d'autres parce qu'il y avait construit une fontaine ou un aqueduc. Philochore, auteur du 3ème siècle av. J.-C. précise que Méton n'a jamais rien construit à Colone mais qu'il avait élevé en 432 un héliotropion (gnomon avec repères des solstices) "dans l'endroit où se tient maintenant l'assemblée, près du mur du Pnyx".
( Le Pnyx, sur une colline faisant face à celle de l'Acropole, était le lieu de rassemblement des Athéniens qui y tenaient assemblée. C'est là que Méton aurait érigé son héliotropion... ou autre chose... ou rien.)
Une dernière anecdote sur Méton nous est encore rapportée par Elien dans ses Histoires diverses - « Lorsque la flotte d'Athènes fut prête à faire voile vers la Sicile, l'astronome Méton, qu'on avait compris dans la liste de ceux qui devaient s'embarquer, prévoyant l'événement et craignant les dangers de la navigation cherchait à se dispenser du voyage. Comme il n'y réussissait pas, il prit le parti de contrefaire l'insensé : entre diverses extravagances qu'il crut propres à confirmer l'opinion qu'il l'était réellement, il mit le feu à sa maison, qui était dans le voisinage du Poecile : sur cela, les archontes lui donnèrent son congé. À mon avis, Méton joua mieux le fou que n'avait fait Ulysse, roi d'Ithaque. Palamède découvrit la ruse d'Ulysse, et aucun Athénien ne s'aperçut de celle de Méton. 
( * Les Athéniens portaient la guerre chez les Syracusains : cette expédition ruina les forces d’Athènes et fut suivie de la prise de cette ville par les Lacédémoniens.)
Gardons-nous bien de tirer de cette anecdote une conclusion hâtive. Parce que d'autres textes avancent que c'est pour sauver son fils que Méton eut ce comportement. À moins que ce ne soit par conviction politique. A l’heure où on parle à nouveau de réforme du Service National et militaire en France cette anecdote prend une saveur d’actualité.
Ce paragraphe ne serait pas complet si je ne parlais  pas d'Euctémon, "collègue" de Méton et certainement coauteur du cycle qui nous intéresse. Ce sera vite dit puisqu'on ne sait rien de lui sinon qu'il était, lui, astronome. En l'état actuel des connaissances on peut simplement rappeler  que les deux compères sont immortalisés dans la lune ou deux cratères proches portent leurs noms.
Par un curieux hasard le cratère Méton est dans l'obscurité jusqu'au 19ème jour à partir de la nouvelle Lune. À ce moment-là, il devient visible. A vos lunettes !
Qu'a-t-il découvert exactement ? Méton ou/et Eucténon déterminèrent que la lune revient à la même position dans le ciel interplanétaire tous les 19 ans, soit toutes les 235 lunaisons ou 6940 jours. Si le cycle était exact, cela nous donnerait une année solaire d'une durée de 365,26316 jours et une lunaison d'une durée de 29,5319 jours.
Nous savons qu'il n'en est rien puisque l'année tropique dure 365,242219 jours et la lunaison 29,53059 jours environ. Les deux durées étaient trop longues et firent l'objet de calculs plus longs et plus exacts. Donc ce calcul de Méton est sujet à contestation. On dit même que les chinois auraient observé les même phénomènes et déterminés un cycle semblable dès le 27 e siècle avant JC. C’est le cycle « Zhang ». En 747 le roi Nabû-Azar à Babylone avait fait rectifier un calendrier sur les bases de la durée d’un même cycle de 19 ans.  C'est une autre histoire  qui pourrait être longuement développée ! Je note seulement la précision de ces calcules si anciens qui ne peuvent que nous émerveiller.

Si je vérifie ce qui s’est passé il y a 19 ans, soit en 1998, la pleine lune était le 9 juillet. En 2017 elle sera  aussi le 9 juillet. La nouvelle lune était le 23 juillet et elle sera le 23 juillet cette année. Les nœuds lunaires étaient les 8 juillet et  21 juillet et en 2017 ils sont le 12 et le 25 juillet. Occasion de dire et redire que bien que la lune n’ait pas de rayonnement ou d’influence sur le temps, sa position dans le ciel à ces stades de sa course, est presque toujours signe de perturbations atmosphériques, ciel « mou » ou blanc,  ou de changement de temps, et  surtout des périodes  où les végétaux sont particulièrement sensibles.
Le rapprochement avec le temps qu’il a fait il y a 19 ans n’est donc pas si farfelu que ça, n’en déplaise aux météorologistes patentés, même si les phénomènes ne sont pas scientifiquement prouvés. Les faits sont là ! Et les hommes et les savants continuent de courir après le temps, même si les prévisions deviennent de plus en plus précises. En 423 av. J.-C. Aristophane dans La Paix, se plaint toujours des désordres du calendrier : « En venant ici, nous avons rencontré Diane (la Lune), …qui nous a dit qu'elle était fort en colère des injures qu'elle reçoit tous les jours…. Elle se plaignait de ce que vous n'observez pas du tout ses jours de fête, et de ce que vous les laissez aller confusément.  Et pendant que, nous autres dieux, nous célébrons des jeûnes, c'est justement ces jours-là que vous faites vos libations et vos banquets". A verser au débat sur les ponts, les vacances, les avantages acquis, le travail du dimanche et autres questions et réformes.
Quant à nos dictons, fruits des longues observations de nos ancêtres, je relève que le 9 juillet « à la sainte Procule arrive la canicule » ( ce que je viens d’écrire au début de cette chronique ! ). Sainte Procule est la patronne de Gannat. Le 10 juillet «  le jour de sainte Félicité se voit venir avec gaîté, car chacun l’a pu remarquer c’est le plus beau jour de l’été. » On fête plutôt ce jour le martyre de ses sept fils exécutés sous ses yeux et elle est associée à eux. «  A sainte Félicité c’est le plein cœur de l’été » ou encore «  pluie du dix juillet mouille sept fois du moissonneur le bonnet »
Le 12 juillet « rosée du jour de Saint Savin est, dit-on, rosée de vin » quant au lendemain : « Pluie au jour de Saint Eugène met le moissonneur à la gêne ; mais si le soleil pompe l’eau, c’est signe de huit jours chauds ». Nous observerons bien le temps du 25 juillet car «  saint Jacques serein hiver chagrin »

Dans ce que nous devons à juillet je citerai encore l’adjectif juillettiste (ou parfois juilletiste) qui désigne quelqu’un prenant des vacances en juillet, par opposition aux aoûtiens, prenant leurs congés en août. Ce dernier adjectif étant en voie de disparition si on fait disparaître l’accent circonflexe, comme le veulent les instructions ministérielles et l’Académie.
Quant aux congés scolaires actuels et annuels il faut dire aussi qu’ils n’ont pas toujours été fixés aux dates actuelles.  Au Moyen Age certains collèges fermaient leurs portes du 1er septembre à la Saint-Martin (11 novembre) quand le Parlement de Paris fermait les siennes, du 1er septembre à la Saint-Martin. Dans la première moitié du XIXe siècle, c’était du 16 au 18 août. En 1891, celles-ci avaient lieu du 1er août au 1er octobre. Il fut alors  question de les avancer pour en fixer le commencement au 15 juillet. Un jour, un recteur de l’Académie d’Aix voulut même toucher aux congés de Noël, privilège de la région. Marseille fut en révolution pendant vingt-quatre heures. Les élèves n’assiégèrent pas les portes du lycée pour sortir, mais leurs mères les prirent presque d’assaut pour entrer. Chacune d’elles s’en retourna en compagnie d’un pensionnaire, excepté celles qui en emmenèrent plusieurs. Il fallut rapporter la décision rectorale.
L’opportunité des changements de dates des vacances se pose toujours avec la question du rythme scolaire qui va et vient au rythme des changements de ministres !
Certes il est difficile de travailler quand il fait trop chaud ! mais je laisserai la conclusion sur ce sujet à un médecin :  « J’ai vu parfois des collégiens revenir fatigués des bains de mer, j’en ai rarement vu sortir fatigués du collège ».
Juillet c’est encore la canicule ce qui ne veut pas dire « chaleur » mais qui vient du latin canicula, diminutif de canis (=chien) parce que la période du 24 juillet au 24 août est la période où la principale étoile de la constellation du Chien, Sirius, se lève et se couche en même temps que le soleil. C’est la période de notre mois révolutionnaire de Thermidor le bien nommé. Avec le décalage des cycles des astres, un jour la canicule tombera en plein hiver ! C’est donc un peu un contre-sens d’employer ce mot pour parler de chaleur. Disons que le mot a changé de sens. Il y a en effet longtemps que ça dure et il y a peu de chance que nous puissions vivre encore quand la canicule tombera en hiver. Déjà Pline l’Ancien écrivait : « Quand à la canicule, qui ignore que, se levant, elle allume l’ardeur du soleil ? Les effets de cet astre sont les plus puissants sur la terre : les mers bouillonnent à son lever, les vins fermentent dans les celliers, les eaux stagnantes s’agitent. Les Egyptiens donnent le nom d’Oryx à un animal qui, disent-ils, se tient en face de cette étoile à son lever, fixe ses regards sur elle, et l’adore, pour ainsi dire en éternuant. Les chiens aussi sont plus exposés à la rage durant tout cet intervalle de temps ; cela n’est pas douteux. »
Longtemps les étés « caniculaires » ont eut lieu plusieurs années de suite par c groupe de trois ou de quatre comme dans les années 1331-1334, 1393-1385 ou 1778-1781. Emmanuel Leroy-Ladurie développe longuement cela dans ses ouvrages.
Vénus,  notre « pâle étoile du soir »,  la si belle étoile du Berger, l'astre le plus brillant après la Lune et le Soleil n’est pas un astre du soir en ce moment et n’est visible que le matin,  un peu plus d’une heure avant le lever du soleil, à l’Est. Au fait, pourquoi étoile du Berger ? Vénus brille si intensément qu'elle est la première "étoile" à apparaître dans le ciel du soir après le coucher du Soleil, ou au contraire la dernière à disparaître à l'aube, selon les périodes. On peut donc supposer que les bergers ont toujours été très familiers de cet astre particulier qui marque le début ou la fin de leur journée avec leur troupeau.
A l'oeil nu son aspect est celui d'une étoile, même s'il s'agit bien d'une planète: contrairement aux étoiles qui émettent leur propre lumière, Vénus réfléchit la lumière du Soleil.

Ne pas confondre ! L'étoile du Berger avec l'étoile Polaire, cette étoile amie des navigateurs qui indique le Nord. En ce mois de juillet essayons de rester la tête froide en toutes occasions et ne perdons pas le Nord en ne cédant pas trop vite à toutes ces fausses informations qui circulent encore comme cet « hoax » qui refait surface chaque année depuis 2005 et qui annonce un phénomène qui n’aura pas lieu  et qui n’a jamais eu lieu,  de mars aussi grosse que la lune au prochain mois d’août ! Qu’on se le dise et inutile de polluer nos boites aux lettres en diffusant cette fausse  information, comme je l’ai plusieurs fois rappelé dans ces chroniques.
Portez-vous bien ! Adissias !



Jean Mignot au soir du 1er juillet 2017

                                                                    

jeudi 8 juin 2017

du mois de Juin 2017


du mois de juin 2017


Juin a bien commencé, fidèle à sa réputation c'est-à-dire capricieux quant au temps, comme Junon à qui il doit son nom. Nous sommes en nouvelle lune depuis le 25 mai, et demain 9 juin c’est la pleine lune. Jusqu’à ce jour la courbe, ou si vous préférez le parcours que suit la lune est descendant, c'est-à-dire que la lune est de plus en plus bas dans le ciel, sur l’horizon. Dès  demain sa forme apparente va devenir gibbeuse, c'est-à-dire bossue. Puis elle va devenir un croissant. Elle va donc décroître alors que sa course sera montante, c'est-à-dire de plus en plus  haut dans le ciel, jusqu’au 24 juin.
Quelques proverbes nous donnent une indication sur le temps qu’il a fait jusqu’à ce jour. « Belle lune nouvelle, dans trois jours cruelle » ; ou encore  « Lune nouvelle au beau, le quatre à l’eau » ; ou « Quand la lune arrive belle, au bout de trois jours elle se fêle »... C’est exactement  ce qui s’est passé avec un mois de mai beau et chaud, jusqu’à la nouvelle lune du  25, mais dès le 29 mai le temps est devenu plus gris et plus couvert des orages ici et là. C’est typiquement le temps qu’il fait pendant le tournoi de tennis de Roland Garros. On a parfois appelé ce temps «  mousson d’Europe ».
Que va nous donner la pleine lune du 9 juin au lendemain de la saint Médard ? Si l’on écoute nos vieux dictons : « Prie quand la lune s’arrondira, la chance alors abondera. Ce qu’au ciel tu chercheras, sur terre tu trouveras ». C’est donc plutôt un beau temps chaud qui arrive et dès à présent les prévisions météos annoncent des températures au dessus de 30°
Je rappelle qu’on repique et  on taille en lune descendante  mais aussi en lune vieille. C’est donc un bon moment pour repiquer vos plans de salade qui ainsi ne monteront pas.  Mais pas au-delà de demain. C’est aussi valable pour la taille des arbres et des haies. Les salades repiquées. C’est un bon pour la mise en bouteille du vin et du cidre et aussi pour la mise en pot des confitures.
Pendant cette phase du  « dernier quartier », ou de «  lune vieille », - on dit aussi « lune dure », l’astre a l’apparence d’un « C » alors que la face visible décroit. «  Il est bon d’ensemencer au décours de la lune » ou encore « Sème dans le déclin tu auras du grain !». C’est  en lune vieille qu’il faut couper le bois pour qu’il se conserve bien «  Si vous voulez du bon bois d’œuvre, il faut l’abattre en lune vieille ». Je sais c’est un peu compliqué et il faudra un croquis ou un schéma pour bien comprendre ! Le cycle de la lune est difficile à comprendre et à interpréter.
Juin capricieux comme Junon auquel il est dédié. Junon, déesse de la Fécondité, assimilée à l’Héra grecque,  symbolise l’union des principes lunaire et solaire. Fille de Saturne et de Rhéa, elle est à la fois sœur et épouse de Jupiter et mère de Vulcain et de Mars. Comment voulez –vous que cela ne déclenche pas les foudres ? Qui plus est, elle était jalouse et vindicative, et d’un caractère acariâtre. Sans parler de ses disputes avec Jupiter  qui était à la fois son mari et son frère…!  Junon mit souvent le trouble dans l’Olympe.  La nymphe Chélonée, la reine des Pygmées Pigas, les filles de Proctus, la nymphe Callisto, le berger Pâris, la nymphe Echo, furent autant de victimes de son mauvais caractère. La première fut transformée en tortue car elle était arrivée en retard au mariage de Junon. La deuxième fut changée en grue pour avoir osé se comparer à elle.  Les deux suivantes furent changées en génisses alors qu’elles se proclamaient.les plus belles, ou même en ourse ! Juin nous invite à nous replonger dans la mythologie. Si vous vous promenez dans le parc de Versailles vous retrouverez toutes ces nymphes et déesses et leurs allégories, notamment au fameux bassin de Latone.
Latone, mère d’Apollon et de Diane était devenue  maîtresse de Jupiter. Condamnée à une fuite sans répit par sa rivale Junon, elle arriva un jour au sud de l’actuelle Turquie. Alors qu’elle s’approchait d’un  étang pour s’y désaltérer, les paysans du lieu l’en empêchent. Furieuse, elle leur lança une malédiction et ils furent transformés en grenouille. C’est ce qu’illustre le fameux bassin de Latone dans le parc du château de Versailles.
Juin, c’est le mois des mariages et des mères à cause de la référence à Héra son homologue  grecque et à la maturité qu’elle symbolise. Des quantités de croyances et légendes populaires en découlent dont, par exemple, la tradition en vigueur dans les  temples  de Junon  qui voulait que les femmes se coiffent en séparant leur chevelure en deux, théoriquement avec la pointe d’une lance, pour symboliser la fusion des principes lunaire et solaire. C’est sans doute l’origine de cette coiffure des jeunes filles que l’on appelle les couettes !
Juin est un mois qui souffle le chaud et le froid et ses perturbations sont la résultante de l’influence de la lune dans sa course autour de la terre, selon qu’elle est croissante ou décroissante, voire gibbeuse, montante ou descendante, à son apogée ou à son périgée.

Juin est surtout connu pour le fameux Saint Médard ? C’est le saint du calendrier le plus célébré par la verve « dictonne » : « S’il pleut à la saint Médard, il pleuvra quarante jours plus tard ! ». Ce dicton daterait du XI ème siècle. A cette époque, on vivait encore sous le calendrier « Julien ». La saint Médard était alors située le 20 juin, proche du solstice d’été, période où la lumière solaire est la plus vivifiante, et époque où les influences astronomiques peuvent amener des troubles atmosphériques se traduisant par des orages et de la pluie. S’il fait beau ou pluvieux ce jour-là, les conditions de la saison s’en ressentiront sûrement. Cette forte croyance populaire avait donc alors des bases météorologiques solides. Avec les modifications sous le pontificat du pape Grégoire XIII, en 1582, la saint Médard fit un bon en arrière et sa pluie a perdu  l’importance que les adages populaires continuent de lui prêter. On adopta alors saint Barnabé pour donner un sens restrictif aux dictons de la saint Médard.  Mais les automatismes ont la vie dure !
Saint Médard était un picard, né à Salency, en 457, puis devenu évêque de Noyon. La légende  dit qu’étant  tout jeune enfant il s’était fait remarquer par sa grande compassion pour les pauvres et les malheureux. Un jour il rencontra un mendiant aveugle qui était presque nu ; il se dépouilla de son habit pour l’en revêtir. Puni par ses parents pour son geste charitable,  il resta dehors tout nu. Survint un violent orage, fréquent en ces périodes. Il resta ainsi sous la pluie battante sans être mouillé. On dit même selon différentes versions, qu’un aigle le protégea de ses ailes. De là à en faire un « marchand de parapluies » comme en Belgique ou en Bretagne…ou d’en faire l’agent des eaux célestes, il n’y a qu’un pas que les siècles ont franchi. L’histoire a gardé la trace, plus vraie semble-t-il, d’un évêque, sacré par saint Rémi en 530, et qui parcourut inlassablement, malgré son grand âge ( pour l’époque !  72 ans  )  les villages,  les bourgs et les hameaux de sa région, prêchant, administrant les sacrements et secourant les malheureux. Il mourut âgé de quatre-vingt-sept ans. C’est le jour de sa mort qu’on le célèbre soit le 8 juin.
On ne saurait l’accuser de ce qui ne le concerne pas. La pluie ou le beau temps étant dus aux incidences du cycle lunaire. Sa fête et les dictons qui l’accompagnent ne sont que procédé mnémotechnique. « Quan ploou pers an Médar, de la recolto empouerto un quar; quan ploou pa, N’empouerto la mita. » ( Quand il pleut pour la saint Médard, de la récolte il manque un quart, quand il ne pleut pas, il en manque la moitié).
Il faut aussi parler de son compère Barnabé : « Quand il pleut à la saint Médard, si Barnabé ne lui ferme pas son bec, il pleut quarante jours après ! » C’est ce qui justifie le dicton suivant : « Le jour de  la saint Barnabé (le 11 juin), est le plus beau jour de l’année. » C’est lui en effet qui vient : « Couper l’herbe sous les pieds »  de son compère, baptisé de « grand pissard » et « reboutonner sa culotte ». Pour faire le pendant à son compère Médard, on dit que Barnabé était « marchand d’ombrelles » !  Les prévisions météo pour le 11 juin sont au beau fixe sauf quelques passages nuageux sur le Nord de la France.
Barnabé est un personnage atypique. Il était un juif, de la tribu de Lévi et  vivait en fait sur l’île de Chypre. S’il n’a pas connu le Christ, il se convertit de très bonne heure. Il s’appelait Joseph et son nom fut alors changé en Barnabé, qui signifie « fils de consolation » ; c’est lui qui fit entrer Paul, autre juif converti, dans le cercle fermé des premiers Apôtres, les Galiléens. Il mourut sans doute à Chypre, et probablement martyr.

Juin c’est le baccalauréat, cet examen créé par décret impérial du 17 mars 1808, qui en fait le couronnement de l’enseignement secondaire le premier grade universitaire.
Sous Louis XVIII il devint une véritable institution, porte d’accès indispensable à l’enseignement supérieur et à toutes les carrières libérales. A cette époque, le candidat admis à l’oral tirait parmi 500 questions un texte à expliquer et un sujet d’interrogation. En 1874 le baccalauréat est divisé en deux parties. En 1882 un baccalauréat moderne est institué. C’est un examen sans latin. Il n’a pas bonne réputation. C’est pour certains un «  sous-baccalauréat ». En 1923 la Chambre «  Bleu Horizon » le supprima. En ces veilles d’élections je rappellerai volontiers ici que « la Chambre Bleu Horizon »  élue en 1919, fut ainsi appelée à cause de la couleur bleu horizon des uniformes des très nombreux anciens combattants de la Grande  Guerre qui y siégèrent.
Je note au passage, que la campagne d’alors fut assez confuse. Les candidats du «  bloc national » se divisent entre alliés au Centre Droit et isolés. …On voit un rapprochement de la Droite et du Centre. Les socialistes optent eux pour des listes homogènes  ce qui va avoir une énorme incidence sur leur présence à la Chambre. etc...  J’arrêterai là les exemples et chacun pourra aller voir ce que fut alors la situation en faisant le rapprochement avec ce qui se passe. Nous verrons bien quelle couleur sortira des urnes ! 
Ces réformes ne sont pas nouvelles ! Pas plus que celles dont on nous parle aujourd’hui  ou celles du passé. Chaque ministre y va de son imagination. 
En 1850 le nombre des bacheliers était de 4000. 9000 en 1922. 12000 en 1935. En 1940 les bacheliers étaient près de 30000. En 1975 ils dépassaient 175000. En 1995 ils étaient plus de 400000. Avec les différentes réformes de l’enseignement c’est actuellement 60% des jeunes d’une génération qui sont bacheliers contre 5% en 1950.
Objet de convoitises et d’appréhensions, voire de tentatives de tricheries ! hélas !  Cet examen a la vie dure. Le célèbre historien Ernest Lavisse tonnait contre un diplôme «  qui encourage les mauvaises dispositions de notre caractère national ». Des chroniqueurs de la même époque regrettaient «  l’excès de travail imposé par le baccalauréat à de malheureux élèves qui ne peuvent ainsi goûter aux plaisir de leur âge ».  ! On voit bien encore en 2017 qu’on n’en est pas à une réforme près ! On prend les même et on recommence !

Juin c’est bien sûr la saint Jean qui marquait avec le calendrier « julien » le solstice d’été.  Véritable fête de la musique puisqu’on doit à cette fête le nom des notes de la gamme, même si la fête de la Musique a été placée arbitrairement au 21 juin ce qui n’est pas toujours la date du solstice : le 20 juin en 2019 et en 2024... ! C’est-à-dire qu’elle ne correspond plus exactement à ce qui était son origine ! Autre temps autre mœurs !
             
Adissias !                                                                                 Jean Mignot le 8 juin 2017
au soir de la saint Médard par un beau temps éclatant dans notre Midi. 

lundi 8 mai 2017

du mois de mai 2017


du mois de mai 2017


Notre mois de mai 2017 s’inscrit dans la continuité, pas de ce que vous pensez. Dans la continuité de ce que je vous avais annoncé dès le début avril c’est-à-dire dans le temps habituel qu’il fait pendant la lunaison dite de la « lune rousse » avec froid, gelées, orages même ! et alertes jaune ou orange. Tout le monde se lamente du froid et du mauvais temps ambiant, à commencer  par les présentateurs des journaux télévisés ou de la météo sur les petits écrans. Chacun y va de son « jamais vu », « exceptionnel » ou «  de mémoire d’homme. »…
Les Saints de Glace sont là en effet et je suis toujours étonné que l’on ne parle que de ceux du mois de mai et non des autres alors que depuis fort longtemps  ils ont marqué des vagues de froid au point que nos ancêtres en ont écrit des dictons et proverbes.
Un présentateur  vedette d’un Journal télévisé disait « il fait froid et pourtant on n’est pas encore aux « Saints de Glace » !
D’ailleurs ceux-là, qui sont les 11, 12 et 13 mai,  et qui «  a eux trois font un petit hiver » ( Servais, Pancrace et Mamert) ont disparu du calendrier  par décision vaticane. .
Personne ne parle de la Lune Rousse qui est bien là et des effets des changements de temps de cette période qui continue de faire des dégâts sur la végétation dans bien des régions de France.  En avril, Georget ( Georges) Marquet ( Marc) et Philippet ( Philippe) réputés « casseurs de gobelets » comme l’écrivait Rabelais ( voir chronique d’avril 2017) ont eu les effets les plus néfastes sur nos vignobles.  Je vais donc encore et à nouveau dire et redire ce que j’ai déjà dit et écrit depuis plusieurs années.
Sans instrument de mesure - dont certains hyper sophistiqués- , sans satellite, les observations de nos ancêtres ont relevé une telle fréquence de mauvais temps pour la fête de ces saints qu’ils en ont fait des proverbes et dictons . Les historiens pour leur part ont noté des gels très importants depuis belle lurette, à des époques où on ne parlait pas du réchauffement climatique. 
Ce sont des faits incontestables qui devraient inciter à plus de prudence dans le monde agricole et à ne pas trop vite jeter la pierre au réchauffement de la planète et demander un peu trop facilement au gouvernement des indemnités pour calamités agricoles.
En ces périodes d’avril et mai, le froid et le mauvais temps sont fréquents. On a la mémoire courte !. L’an dernier le 1er mai je peux vous dire qu’il gelait sur le Causse du Larzac à la Couvertoirade.
Grégoire de Tours parle de ce phénomène dès 589. Les calamités furent si importantes ( inondations , épidémie qui emporta le Pape Pélage II) que le pape Grégoire le Grand ordonna une procession solennelle pour conjurer le mauvais temps ! C’est la fête des « Litanies majeures » qui a lieu le 25 avril pour la saint Marc.
Saint Mamert évêque de Vienne vers 420-477 avait préconisé des prières et des processions avec chant des litanies parce qu’une période de mauvais temps avait ravagé les vergers de la vallée du Rhône. Ce sont les Rogations qui pendant trois jours avant l’Ascension emmenaient les  fidèles à travers champs au rythme laconique de cette mélodie des litanies qui a le caractère particulier d’être une musique d’origine gallicane. Une sorte de mélopée répétitive, proche des mélodies arabes ou byzantines, sur une gamme de notes très simples, articulée autour des notes ut, mi, sol, lancée par un soliste et reprise par la foule, et qu’on appelle litanies. Ces chants sont encore présents dans les liturgies byzantines, et on les retrouve dans le cérémonial du vendredi saint.  On retrouve ce type de mélodies et de rythmes en Bretagne et en Irlande notamment.
En 1897  entre le 11 et le 13 mai, il a gelé, et les dégâts ont été d’autant plus importants que l’hiver avait été bénin, et que la végétation était bien avancée ! Le Cher avait été dévasté. Les vignes avaient gelé, ainsi que les pommes de terre, les haricots et les fraisiers. A Angers, la gelée avait ravagé les cultures au sud de la Loire mais épargné celles qui se situaient au nord du fleuve ! Dans notre région du Gard les feuilles de mûriers avaient  gelé et ont fait défaut pour nourrir les vers à soie…Ce fut une catastrophe
Cette lunaison, c’est-à-dire le temps séparant deux nouvelles lunes et dont la durée moyenne est de 29 jours 12 heures 44 minutes et 2,8 secondes, dite de la « Lune Rousse » a commencé le 26 avril et va durer jusqu’au 25 mai ? L’ascension sera cette année le 25 mai en fin de lunaison rendant ainsi encore plus vrai le dicton « pour l’ascension dernier frisson » .
L’an prochain avec le décalage des mois lunaires et des mois de notre calendrier l’ascension sera le 10 mai, juste la veille des Saints de Glace de mai. Il faudra alors pour prévoir le temps regarder où sera la lune dans sa course mensuelle.  
Je constate et observe depuis plusieurs années que autour des jours qui précèdent ou suivent la nouvelle lune il y a des perturbations plus ou moins importantes accentuées bien sûr par le contexte local, bord de mer, montagne, rives d’un lac, forêt par exemple. A ceci il faut ajouter l’influence des grandes marées qui cette année ont eu lieu tant en mars qu’en avril au début de la lunaison. Il a fait mauvais temps en avril à partir du 26. Et il faut s’attendre à du mauvais temps à la nouvelle lune de mai . Le jeudi 25, le vendredi 26, le samedi 27 et le dimanche 28 mai les coefficients de marée seront au-dessus de 100, jusqu’à 106/107. Nous voilà prévenus.
Les relevés sinon météorologiques du moins historiques indiquent des séries de gels, tempêtes, neige et d’intempéries de toutes sortes un peu partout sur le pays provoquant d’importants dégâts sur les cultures maraîchères et sur la vigne notamment . Je relève par exemple :
1er mai 1945 il neige sur toute la France  à une semaine de la fin de la guerre. 6 cm à Paris
2 mai 1979 des giboulées de neige balayent la moitié nord de la France . Verglas à Metz
4 mai 1961 la tornade fait un mort et une centaine de blessés près d’Evreux
6 mai 1957 les saints de glace portent bien leur nom : giboulées de neige dans le Nord
7 mai 1997 neige sur les Deux-Sèvres, le Pas de Calais et les pays de la Loire ( 4 cm à Tours)
8 mai 1997 à la une du journal Le Parisien «  la Météo est devenue folle » du jamais vu depuis 1946 il a neigé hier sur l’Indre et Loire ( …) Le wek(end s’annonce quasi hivernal…
10 mai 1928 la neige recouvre certaines régions de Nord-Est avec 3 cm à Belfort
11 mai 1953 -7° dans la plaine du Forez. Les vignobles du Beaujolais  sont anéantis.
Je pourrais multiplier les citations de mauvais temps, tout comme d’ailleurs on pourrait en trouver tout autant sur la chaleur ou la canicule aux mêmes périodes !
Si je prends  le cycle de Méton et si donc je regarde en arrière le temps qu’il avait fait par bond successifs de 19 ans  je relève :que le mois de mai a très souvent été très frais de façon générale.
1998 a été plutôt beau et sec ; 1979 mai est frais. Il tombe 27 cm de neige au cours du mois à Leysin. 1960 on note des gelées à Toulouse, Marseille, Bourges, Perpignan, Agen, Limoges, Nevers… entre autres. 1941 ai très froid et pluvieux.  1922 il fait encore froid. (4 à 15° à Châteauroux , Neige à Lyon. 1903 mai pluvieux, frais mais ensoleillé. 1884  on relève les dernières gelées le 22 avril. 1865 avril est très chaud et sec. Le temps devient estival. Pourtant le 7 mai 1865 un violent orage ravage la  ville du Cateau-Cambrésis.
Mai 2017 s’inscrit dans la continuité de ce temps de « Lune Rousse » et on nous annonce encore des gelées blanches matinales pour cette semaine.
Continuité des traditions si nombreuses du mois de mai dont on ne nous parle pas et qui sont pourtant d’actualité comme « planter le mai ».
Quand il y avait des élections municipales et que les élus l’étaient pour la première fois, ses colistiers venaient planter un arbre en son honneur. C’était souvent l’occasion d’un bon repas ou du moins de boire ensemble un bon verre. L’arbre était généralement un sapin ébranché auquel on ne conservait que la cime. Il était décoré d’un drapeau tricolore, parfois d’une pancarte sur laquelle était écrit : « Honneur à notre élu » C’est une tradition qui se perpétue encore dans nos provinces ici ou là.
Je ne sais pas si on plantera un mai à l’Elysée, ou au Touquet ou rue Cler ou à Amiens !  Dommage d’ailleurs !
Parmi tous les évènements et fêtes liés au mois de mai je voudrais encore citer, car elle s’inscrit aussi dans la continuité, cette très vieille coutume qui, sous les Carolingiens, voulait que ce soit le mois où se tenaient les assemblées politiques. Auparavant chez les Francs, les guerriers se réunissaient autour de leur chef, dans un lieu qu’on appelait « le Champ de Mars ». Si le discours des chefs plaisait, les guerriers applaudissaient en frappant leurs boucliers de leurs framées. Sinon ils étouffaient sa voix par des murmures. Les framées ont été remplacées par les pupitres de nos élus dans les assemblées et par leurs vociférations dont nous sommes témoins devant le petit écran. Par contre chez les Francs il n’était pas question d’absentéisme !
Sous Charlemagne, la date de l’assemblée fut reculée jusqu’en mai. Le Champ de Mars devint le Champs de mai. Ces assemblées disparurent à la fin de l’empire carolingien ; les champs de mai furent remplacés par les Etats Généraux. On se souviendra des Etats Généraux en mai 1302 sous Philippe le Bel, et de ceux de mai 1789 à la veille de la Révolution. et aussi de la grande assemblée du "champ de mai" convoquée par Napoléon pendant les Cents-Jours.  Continuité ou concours de circonstances !
En ce 8 mai l’église fête saint Désiré. Mais si ! Chancelier royal et évêque de Bourges, il fut l’un des plus grands évêques de l’époque mérovingienne qui contribuèrent à tirer la Gaule du chaos où l’avait plongée l’administration précédente… ! et l’effondrement de l’Empire Romain. (..) il exerça sa charge, nous disent les textes, de manière à contenter tout le monde… ! Changer quelques mots. Transposez dans le contexte de 2017… Continuité !
Bientôt nous allons entrer dans les « cent jours ». L’origine de l’expression est ce retour de Napoléon de l’Ile d’Elble, entre mars et mai 1815. 100 jours déterminants pour sa trajectoire personnelle et aussi pour l’histoire de la France et de l’Europe. Eh oui déjà ! Continuité ?
Pourtant sur le plan historique l'expression « Les Cent-Jours  » ne désignait pas la durée du retour impérial mais celle de l'absence du roi Louis XVIIIde Paris. On doit son invention au préfet de la Seine, Chabrol de Volvic, qui accueillit Louis XVIII à son retour en ces termes: « Sire, cent jours se sont écoulés depuis le moment fatal où Votre Majesté, forcée de s'arracher aux affections les plus chères, quitta sa capitale au milieu des larmes et des lamentations publiques. ». La chose n'était d'ailleurs pas vraiment exacte puisque, entre le départ du roi le 20 mars et son retour le 8 juillet, il s'était écoulé cent dix jours. Dès 1819, dans ses Mémoires sur les Cent jours, Benjamin Constant appliquait déjà l'expression au retour de Napoléon. Chateaubriand en fit de même.
Toutefois, bien que cet épisode reste associé à l'idée d'une phase décisive au cours de laquelle l'avenir d'un homme ou d'un pays peut basculer, c'est moins à l'épopée napoléonienne qu'au New Deal du président américain Franklin Delano Roosevelt que l'on doit l'habitude de passer au crible les 100 premiers jours d'un président.
Nouvellement élu, le président Roosevelt convoque en mars 1933 le Congrès pour une session extraordinaire de 100 jours pendant laquelle toute une série de mesures spectaculaires visant à sortir le pays de la dépression est lancée. Au cours de ces trois mois, la dynamique du "New Deal" est impulsée.
Depuis, aux États-Unis, les 100 jours constituent la jauge utilisée pour juger le début d’un mandat,  la borne à partir de laquelle les médias tirent un premier bilan de l'action du locataire de la Maison blanche.
Bien qu’elle soit en bonne partie artificielle, l’expression est aussi utilisée ailleurs dans le monde, par exemple en Allemagne. Le Président français sortant avait choisi de mettre l’accent sur la première année du changement  mais cela n’empêchera  pas les journalistes de consacrer des articles au bilan de ses 100 premiers jours à l'Élysée.
On parle aussi pour cette période de l’ « état de grâce » qui à l’origine est une expression religieuse.
Elle peut être utilisée pour désigner le moment de la vie politique pendant lequel l'opinion publique d'un pays est majoritairement favorable aux nouveaux dirigeants qui viennent d'accéder au pouvoir à la suite d'une élection. Les journalistes parlent aussi souvent des « 100 jours » comme étant une période privilégiée pour un nouvel élu. Encore un mois de mai dans la continuité !
Avant de vous saluer selon ma formule habituelle en fin de ces chroniques je dirai, en ce soir du 8 mai, comme le titre d’une émission de télévision, vu ce que nous vivons, « ainsi-soit …» et c’est bien volontairement que je n’emploie pas la totalité de l’expression, religieuse elle aussi… ! Je pourrai dire : « A Dieu vat »  empruntant cette expression au monde marin quand on aborde une manœuvre particulièrement périlleuse. Oui « le sort en est jeté ». Ou « advienne que pourra ».  Ce qui pouvait être fait a été fait et à présent, l’avenir est entre les mains de Dieu (ou ne dépend plus que de la chance ou de nous encore dans les semaines qui viennent).
Maintenant c’est « à la grâce de Dieu »     
Addisias ! Bon mois de mai     


Jean Mignot


Au soir du 8 mai 2017        

dimanche 2 avril 2017

du mois d'avril 2017


du mois d’Avril 2017


Avril 2017 n’ouvre plus rien du tout, même si c’est la signification de son nom. ! Pas même une nouvelle année comme ce fut longtemps le cas et très probablement il ne nous apportera même pas du beau temps. Ou très peu, notamment si je me réfère aux dictons du temps et au cycle de Méton : « Noël au balcon Pâques aux tisons ». Or il a fait mauvais temps pour Noël 2016 dans le Midi. Et il y a dix-neuf ans, en 1998,  on avait relevé 15 cm de neige dans la nuit de Pâques dans le centre de la France avec un température maximum de 5.2° à Bourges et 7.3° à Rennes. S’en était suivi des gelées et d’assez gros dégâts notamment dans les vignes en Côte d’Or.  Températures de -1.2° à Bourges, -1.4° à  Lyon, 0.3° à Perpignan, -1.3° à Toulouse les jours suivants.
Globalement un mois d’avril qui s’annonce humide comme en début de ce mois où les caprices du temps ont empêché  les Uzétiens et amis de la région à découvrir les extraordinaires mosaïques romaines découvertes ici.
Ne nous réjouissons pas trop vite de la douceur annoncée pour la semaine qui va s’ouvrir.
Je parlerai dans cette chronique, une fois de plus, de l’évolution du calendrier et des poissons d’avril, de Pâques et surtout des Saints de Glace et de la Lune Rousse, car je suis encore souvent interrogé sur ces sujets et j’entends dire de grosses erreurs sur la  lune rousse.

L’actualité à Uzès et à Ucetia étant à la romanité je me dois de rappeler que avril «  aprire », qui suivait Mars le mois du dieu de la guerre, était consacré à Cybèle, déesse de la terre et de la force reproductrice chez les Romains.
Avril est un mois versatile, qui en dépit du calendrier tient encore largement de l'hiver, et dont les froids passagers, souvent pinçant, sont d'autant plus mal accueillis que l'on espérait en avoir fini avec eux, surtout après les derniers jours de mars, les fameux « vaqueirieu » qui cette année ont bien été marqués par la chute des températures et de fortes pluies, comme je l’avais annoncé dans ma précédente chronique.
Avril, cette année, ne s’ouvre pas sous de bons auspices. « Il n'est si gentil mois d'avril, qui n'ait son manteau de grésil. » Parfois la neige s'ajoute au grésil : « Il n'est point d'avril si beau, qui n'ait neige à son chapeau. » Ce rabiot de l'hiver, qu'il nous est difficile d'accepter sans récrimination, surtout à cause des vacances, doit nous inciter à la prudence: « En avril, ne te découvre pas d'un fil. » Ou dans le Midi : « O mès d’obriéou quittès pas eu piéou » ou :"celui qui s'allège avant le mois de mai, certainement ne sait pas ce qu'il fait." . Et aussi :« on n’est pas sorti de l’hiver qu’avril n’ait montré son derrière.
Avec ses coups de gel et sa lune rousse, avril va encore donner des frissons aux impatients des beaux jours.
C’est un mois d’une intense activité agricole où le cultivateur comme le vigneron, mais aussi le jardinier, ont fort à faire : « En avril, il faut tout remuer ; » écrit Henri Pourrat. « Cest vrai qu’il faut partout désherber, gratter, biner, sarcler, éclaircir aussi où la pousse est trop drue. Tout lève si vite en ce mois. La terre semble avoir la fièvre. »

Pour ce qui est du calendrier, on a coutume de dire que c’est l’Edit de Roussillon qui a décidé du passage du début de l’année du 1er avril au 1er janvier.
Ce n’est pas tout à fait exact comme je l’ai écrit en janvier dernier. En 1564 il n’était pas encore question de réformer le calendrier, ce qui n’ interviendra qu’en 1582.  Les conseillers de Charles IX et surtout sa mère car le Roi était bien jeune pour penser à cette sorte d’affaire,  la célèbre Catherine de Médicis,  régente du Royaume  entreprirent de prendre des mesures pour mettre de l’ordre dans une vraie pagaille qui faisait, avec les dérives du calendrier que l’année ne commençait pas partout à la même date selon les provinces et les diocèses. L’année débutait soit à Noël (à Lyon par exemple), soit le 25 mars (à Vienne) soit le 1er mars, soit encore à Pâques. Et bien d’autres particularités encore… ! ce qui risque de se reproduire si on ne veille pas au grain avec les questions de régionalisation ! Pour pouvoir gouverner un pays il faut des références communes.
Michel de l’Hospital et le Chancelier Sébastien de l’Aubépine avec sans doute quelques  autres juristes établirent le fameux Edit de Paris qui visait surtout à réformer la justice et les juridictions. Tiens donc ! serait-ce encore une question d’actualité ? Le tout dernier article, le 39ème de cet édit daté du 25 janvier 1563, était ainsi libéré. « Voulons et ordonnons qu’en tous actes, registres, instrumens, contrats, ordonnances, édicts, lettres tant patentes que missives et toute escripture privée, l’année commence doresenavant et soit comptée du premier jour de ce mois de janvier.
Si donnons en mandement… ect.. donné à Paris au mois de janvier l’an de grâce mil cinq cens soixante-troys et de notre règne le quatrième »
Sous l’Ancien Régime le système voulait que édits, ordonnances et autres arrêtés de tous genres soient enregistrés par les Parlements pour pouvoir entrer en vigueur. Les Parlements avaient l'obligation d'enregistrer les actes royaux, c'est-à-dire de les publier dans leurs registres, après avoir vérifié leur compatibilité avec le droit, les usages et les coutumes locales, ce qu'on appelle aujourd'hui le contrôle de légalité. Ils  avaient ce pouvoir de blocage et le 49-3 n’existait pas encore. Ils ne pouvaient pas être dissous mais par contre  ils pouvaient être mis à l’écart de force, renvoyés et exilés !  Souvent les parlements se sont opposés au pouvoir royal. Cela a duré jusqu’à la Révolution.
Pour imposer le pouvoir royal, Catherine fit entreprendre à la Cour un long voyage dans le pays. C’est ce qu’on appelle le  « grand tour de France »  que Catherine de Médicis avec le Roi Charles IX fit à travers la France pour faire découvrir au jeune roi son royaume.
Ce grand voyage commence le 24 janvier 1564 et se termine par le retour à la capitale le 1er mai 1566. Accompagné de sa famille, le roi accomplit près de 4 000 kilomètres. Il part vers l'Est, longe les frontières de l'Est jusqu'en Provence, tourne vers l'Ouest jusqu'à l'océan Atlantique en Gascogne, remonte vers le Val de Loire et termine son périple dans le Bourbonnais. Il faut forger l’unité du royaume autour du Roi  et ce voyage doit permettre de renforcer les liens de fidélité à l’égard de la monarchie.
Toute la Cour se déplace. On a de la peine à s’imaginer ce que cela peut représenter. 15 000 personnes, dont le cortège du Roi et de la Reine , une escorte militaire, le personnel du gouvernement, les domestiques portant les meubles (tapisseries, coffres...), des artisans, des princes, des ambassadeurs... Il s’agit d’une mise en scène de la représentation de la puissance royale, pour compenser la faiblesse de l’emprise royale dans les provinces, surtout après les  affrontements de la première des guerres de religion.
Restaurer l'autorité royale, mais aussi réconcilier les protestants et les catholiques, faire appliquer les édits de paix et au passage réconcilier la maison de Guise et la maison de Montmorency. C’est dans ce contexte au milieu de longs et pénibles déplacements, de visites aux grands et puissants seigneurs du royaume, que la Cour parvient à Lyon. La peste y sévit depuis le mois d’avril. On quitte alors la ville le 9 juillet 1564 et le cortège royal entre en Dauphiné et s’achemine vers Roussillon où il arrive le 17 juillet. Le Roi logera au château 28 jours. Il est reçu par le neveu du cardinal François de Tournon. C'est pendant cette période qu'il signe l'Edit de Roussillon qui n’est pas l’édit qui fixe le début de l’année comme on l’a trop souvent écrit, mais l’édit qui promulgue l’édit de Paris qui prévoyait ce changement. 
Voilà le texte exact qui par suite des différentes transcriptions avec les erreurs des copistes est devenu ce texte connu comme celui authentique de l’édit de Roussillon : «  Si donnons… car tel est nostre plaisir non obstant nostre édict cy attaché donné à Paris  au mois de janvier dernier et quelconques ordonnances, édicts et lettres à ce contraire. Donné à Roussillon le 9 août 1564, de notre règne le cinquième. » Le texte de Roussillon n’est donc que  la promulgation de l’édit de Paris.
Cette disposition, finalement  acceptée et enregistrée par le Parlement de Paris en 1564 fut appliquée plus ou moins rapidement ; à Paris en 1567 et à Beauvais en 1580… Les nouvelles ne circulaient pas aussi vite qu’aujourd’hui, sans télévision et sans internet, et il fallait du temps avant qu’une loi fut promulguée…Est-ce que cela a changé depuis c’est un autre sujet !
Faute de nouveau décret royal ou de décision pontificale… il nous faudra attendre le chant du coucou pour savoir si c’est bien avril car : « Ce n’est jamais avril, si le coucou ne l’a dit ». Vu le temps ambiant, il ne s’est pas encore manifesté à ma connaissance ! Avis aux amateurs de champignons : « si le coucou a chanté, morilles en ton panier »

Quand on arriva au 1er avril 1565 certaines régions n’acceptèrent pas la nouvelle disposition. Ces irréductibles continuèrent à recevoir leurs contemporains avec de faux cadeaux, mottes de terre ou bottes de paille. Avec le temps les petits cadeaux d’avril se transformèrent en farces, blagues et canulars. Selon les corps de métiers, on envoyait les apprentis les moins dégourdis en leur demandant de rapporter des objets insolites tels que « la corde à lier le vent », « la passoire sans trou », et « la clef des champs » , « le bâton à un seul bout » ou de « l’huile de coude »…C’est cette page d’histoire qui serait à l’origine de nos « poissons d’avril ».
En souvenir de l’époque où on célébrait le début de l’année, une coutume s’était instaurée de faire des cadeaux « pour rire ». Ce sont ces farces qu’on a baptisées « poissons d’avril ». Je ne redirai pas ici ce que j’ai écrit les années précédentes au sujet de ces farces parfois très drôles mais aussi quelquefois  méchantes. Mais pourquoi du poisson ? Il court sur ce point des interprétations plus ou moins douteuses. Certains disent que c’est à cause de la fermeture de la pêche pour la période de frai. Des plaisantins auraient alors eu l’idée de lancer des harengs dans les rivières pour tromper l’impatience  des pécheurs d’eau douce…D’autres disent que la date de Pâques qui marquait le début de l’année, ne coïncidant pas toujours avec le 1er avril, on continuait de faire carême et donc de manger du poisson jusqu’à la date de cette fête…Voilà pour ce qui est du poisson d’avril.
On ne peut pas dissocier Pâques des Rameaux . Avec le dimanche des Rameaux le 9 avril les chrétiens vont entrer  dans la Semaine Sainte. Cette fête commémore l’entrée de Jésus à Jérusalem où il venait célébrer la pâque juive. Ce jour, les chrétiens font bénir des branches vertes, souvent des branches de buis, de lauriers ou d’oliviers. Ils en ornent les crucifix de leurs maisons ou ils les portent au cimetière sur les tombes de leurs défunts comme signe d’espérance et de foi en la résurrection.
Chez nous en Languedoc, ces rameaux sont appelés « rampaus » ou « rampals », c'est-à-dire « rameaux de palmes » par une vigoureuse contraction du latin ramus palmae. Il fait souvent du vent le jour des Rameaux et on trouve de nombreux dictons sur ce thème. Cette fête est souvent marquée par le vent, avec quantité de dictons à ce sujet. Or cette année il a beaucoup plu, presque partout et cela nous laisse présager un début d’été pluvieux : « Can ploou sul rompan, ploou sul boulan » . Le boulan, ou « volant » c’est le « fer volant », c'est-à-dire la faucille en langue d’Oc. Et : « S’il pleut sur les rameaux, Il pleut sur la faucille », donc sur la moisson ! Il faudra observer le temps de la fin juin, au moment de la fête de la musique et de la saint Jean. Voila pour nos « Pâques fleuries » comme on appelle ce jour.
Pâques, la plupart du temps cette fête tombe en avril. Mais il y a des exceptions. La règle est que c’est  toujours « le dimanche après la première pleine lune du printemps ». Cette année c’est le 16 avril.  Les savants calculs rassemblés dans ce qu’on appelle le  « comput », pour déterminer la date de Pâques, entraînent toute une série de répercussions sur nos calendriers et jours fériés qui découlent de la fête de Pâques. Trop soucieux de préserver des « avantages acquis », et des congés appréciés de tous, dans un monde qui se veut plus que jamais laïque, on n’ose pas encore  aujourd’hui à supprimer cette référence « chrétienne ». Mais il faut rester vigilant par les temps qui courent. Touche pas à mes jours fériés et à mes ponts, qu’elles qu’en soient les origines !

La lune Rousse pourrait bien, dans la foulée,  nous jouer de mauvais tours. « L’hiver n’est pas achevé que la lune d’avril ne nous ait houspillé » ou « l’hiver n’est point passé que la lune rousse n’ait décliné ». La Lune rousse est la lunaison qui après le dimanche de Pâques. Cette année du 26 avril au 25 mai.
« Lune rousse, vide bourse » ; « lune rousse, rien ne pousse » ; « Gélée de lune rousse de la vigne ruine la pousse » ; « Récolte n’est point assurée que la lune rousse soit passée ». Et bien d’autres !
Mais pourquoi rousse ? Cela n’a rien à voir avec la couleur apparente de la lune, souvent à son lever notamment en été. Ce qualificatif provient de l’aspect pris par les jeunes pousses des végétaux qui, à cette période de l’année, sont souvent brûlées par une gelée dévastatrice au cours de la nuit ou au lever du soleil. Les feuilles et les tiges présentent alors un aspect roussi.
La lumière que nous renvoie la lune n’est pour rien dans ce phénomène saisonnier, remarqué par plusieurs générations de jardiniers et d’agriculteurs.
Voici une explication et une anecdote historique que j’ai souvent citée sur ce sujet. Elle est trop belle pour ne pas le reprendre ici encore. Le célèbre savant Laplace qui conduisait une délégation de scientifiques auprès de Louis XVIII avait été piqué au vif par une question du Roi sur ce sujet, ne sachant pas que répondre. Il s’était sorti de la situation par une litote qui était une façon très ironique de se moquer de ce Roi qu’on a trop facilement tourné en dérision, notamment à cause de son embonpoint. Il s’en fut voir ensuite Arago qui étudia la question et répondit ce qui suit, désormais consigné dans l’ouvrage « Astronomie populaire » publié ensuite par Flammarion.
« Dans les nuits des mois d’avril et mai, la température de l’atmosphère n’est souvent que de 4, de 5 ou de 6 degrés centigrades au-dessus de zéro. Quand cela arrive, la température des plantes exposées à la lumière de la lune, c'est-à-dire à un ciel serein, peut descendre au-dessous de zéro, nonobstant l’indication du thermomètre. Si la lune, au contraire, ne brille pas, si le ciel est couvert, la température des plantes ne descend pas au-dessous de celle de l’atmosphère, il n’y aura pas de gelée, à moins que le thermomètre n’ait marqué zéro, pour d’autres raisons. Il est donc vrai, comme les jardiniers le prétendent, qu’avec des circonstances thermométriques toutes pareilles, une plante pourra être gelée ou ne l’être pas, suivant que la lune sera visible ou cachée par des nuages ; si les jardiniers se trompent, c’est seulement dans les conclusions : c’est en attribuant l’effet à la lumière de l’astre. La lumière lunaire n’est ici que l’indice d’une atmosphère sereine ; c’est par suite de la pureté du ciel que la congélation nocturne des plantes s’opère ; la lune n’y contribue aucunement ; qu’elle soit couchée ou sur l’horizon, le phénomène a également lieu. L’observation des jardiniers était incomplète, c’est à tort qu’on la supposait fausse. »
Les savants viennent ici au secours de la sagesse populaire qui avait fait les mêmes observations depuis belle lurette !
Dans les régions où il gèle, la prudence conseille de ne pas installer les plantes frileuses, (géraniums, pétunias, impatiens, tomates, poivrons, pomme de terre)tant que cette lunaison n’est pas terminée. Si la douceur de la météo vous a quand même incité à tout semer et planter, posez alors un voile de forçage, une cloche ou un tunnel en plastique sur les plantes gélives afin de les protéger pendant la nuit.
Il y a fort à parier que la référence à cette couleur rousse fait allusion aussi au caractère maléfique (supposé !) de notre amie céleste, pourtant si douce au miséreux et aux amoureux, comme le chante la célèbre complainte de la Butte.  Les rousses, disait-on au temps jadis, portaient sur la tête rien de moins que les flammes de l’enfer. Elles étaient suspectes de sorcellerie, redoutées sur les bateaux, accusées de faire tourner le lait et de rancir le beurre. Dès lors rien d’étonnant à ce qu’une rousse, toute planète qu’elle soit, fasse tourner le printemps et rire jaune le jardinier, et jette la désolation au potager !
Et pourtant la lune rousse d’avril est plutôt souvent une lune pâle, de cette pâleur qui « caresse l’opale de tes yeux blasés.. » comme dit la chanson. Cette lune blême qui « jette un diadème » sur les cheveux roux de la petite mendigote de la rue Saint Vincent, a-t-elle donc vraiment une responsabilité personnelle dans les ravages infligés aux végétaux qui vident la bourse des paysans !
Ces moments-là sont souvent des périodes de perturbations auxquelles les végétaux sont particulièrement sensibles. Des semis faits durant ces moments donnent des graines stériles. On constate aussi que le ciel est souvent blanc « mou ». C’est le mauvais temps que nous annonce la jolie complainte, qui nous prépare ainsi aux saints de glace :
« Mais voilà qu'il flotte, la lune se trotte, la princesse aussi. Sous le ciel sans lune, je pleure à la brune, mon rêve évanoui ! »

C’est pendant cette période que se situent les Saints de Glace, dont on n’a retenu que ceux du mois de Mai. Leur influence est d’autant plus à craindre qu’elle coïncide avec la lunaison. S’il faut parler d’influence, il ne faut pas l’attribuer à ces  braves saints qui ne peuvent rien  sur le climat et le temps qu’il fait sinon que la date de leur fête correspond à telle ou telle période où les risques sont grands.
Qui sont-ils donc ces Saints de Glace.  Les premiers sont ceux qu’on appelle : les cavaliers ou encore les saints gresleurs, geleurs et gasteurs de bourgeons selon Rabelais. « Geourgeot, Marquot, Philippot, Crousot et Jeannot sont cinq malins gaichenots [garçonnets] qui cassent souvent nos goubelots [gobelets]. » Pourquoi casseurs de gobelets ? Parce que le froid ou la grêle ces jours–là est néfaste pour la vigne, donc au vin, donc aux pichets et aux gobelets. On dit encore :« Trois saints dont faut se méfier… ».
Saint Georges, est le premier de la liste, le 23 avril.  Sa fête est  accompagnée d’une kyrielle de proverbes et de dictons sur la pluie. « Pluie de saint Georges, coupe les cerises à la gorge ! » ; « S’il pleut à la saint Georges, De cent cerises, restent quatorze. » Ou encore : « S’il pleut à la saint Georgeau, n’y aura guignes ni bigarreaux »
De toutes les façons, qu'il pleuve ou qu'il vente, pour la saint Georges il faut mettre la " graine "- c'est à dire les œufs de ver à soie dans les couveuses, et non plus comme autrefois dans un petit sac pendu sous les jupons des dames ou encore dans leur soutien-gorge…car pour la saint Marc ce sera trop tard, dit un proverbe des Cévennes . C’est en effet entre fin avril  et mai que l’on « élèvait » les vers à soie dans nos Cévennes.
Ensuite Saint Marc le 25 avril, des quatre évangélistes, le plus concret, le plus visuel, avec des récits pleins de fraîcheur. Il est toujours représenté par un lion ou avec un lion. C’est le patron des notaires, sans qu’il n’y ait de véritable relation de cause à effet, car on connaît bien le jargon notarial qui malgré les dépoussiérages et réformes successives, n’en déplaise aux gens de la profession, reste encore bien imperméable au commun des mortels ! on aurait pourtant besoin dans ce domaine de la plus grande des clartés !  « S’il pleut le jour de la saint Marc, Les guignes couvriront le parc » et aussi : « A la saint Marc s’il tombe de l’eau, Il n’y aura pas de fruits à couteau ». C’est à dire de fruits dont on enlève la peau avec un couteau pour les manger.
Saint Philippe était autrefois fêté le 1er mai. « Crouzot » c’est la fête de « l’invention » de la Sainte Croix fêtée le 3 mai et « Jeannot » c’est la commémoration du martyre de Saint Jean l’apôtre, devant la porte dite « latine », à Jérusalem, célébrée le 6 mai.
Saint Robert le 29 avril : « Gelée de saint Georges, saint Marc, saint Robert, récolte à l’envers. »
On dit aussi :« La pluie de saint Robert, Du bon vin emplira ton verre. » Si donc il pleut à ce jour-là, tout ne sera pas négatif…Par contre s’il pleut ensuite pour les saints suivants ce sera différent. Le 30 avril pour Saint Eutrope (ou Tropet) : « Saint Eutrope mouillé, Cerises estropiées. »C’est ce jour-là qu'il faut semer les plantes à fève et notamment les "fayots" de toutes sortes. Je reprendrai ce thème des saints de glace au mois de mai, puisque leur liste continue de se dérouler jusqu’au 15 mai, et en particulier en parlant de ceux dont on parle le plus :« Mamert, Servais et Pancrace, voilà les trois saints de glace ».

A Diou sias !                                                                    
Jean Mignot,  le 2 avril  2017