De Novembre 2026
« Hé oui ma fille, quand octobre prend sa fin la Toussaint est au matin » écrivait la Marquise de Sévigné.
Voila un mois marqué par les souvenirs et jalonné d’anniversaires de faits marquants qu’il est bon parfois de rappeler.
On a tout dit ou presque sur la Toussaint et on va encore en dire beaucoup, souvent en ne faisant aucune nuance entre l’exploitation d’une fête très ancienne qui avait un tout autre objectif que celui que le commerce en a fait : la païenne et pernicieuse halloween.
Les Celtes avaient fixé à cette fin octobre et ce début novembre la moitié de l’année, et le culte des morts. Halloween, « Hallows day ».
Halloween, abréviation de « allhallow-even » qui signifie « eve of All Saints ». Halloween n’est pas une fête pour les enfants. Les rites importés d’Irlande vers les Etats-Unis, agrémentés de la légende celte et de celle de Jack O’Lantern ont donné naissance à cette débauche de réjouissances dont on ne sait plus très bien ce qu’elles signifient
A grands renfort de publicité, relayée par nos médias qui ne savent plus faire preuve de discernement dans leur rôle d’information et d’éducation, les vendeurs de bimbeloteries et d’autres attrape-nigauds ont su exploiter ces vielles réminiscences et les commerciaux continuent de nous matraquer de bêtises en tous genres, vidées de sens profond. Il fallait « utiliser » ce créneau entre les grandes vacances et Noël, et saisir l’opportunité des vacances de la Toussaint pour faire du fric, à la mode américaine.
Tous ceux qui se font vecteur d’informations et d’animations de tous ordres autour de la fête d’Halloween, ce dernier avatar de la fête celtique de Samain, ne servent pas le bien public. Serions-nous à court d’imagination pour donner à cette fête un autre aspect que la valorisatioin de la laideur et du mauvais goût ?
Naturellement, le christianisme médiéval allait chercher à s’approprier cette vieille fête celtique. En 737, le pape Grégoire III eut l’idée d’un office en l’honneur de tous les saints qui ne pouvaient être fêtés dans l’année. L’idée de la Toussaint était née mais pas encore la date. C’est seulement en 837 que Louis le Débonnaire ordonna que cette fête de tous les saints fût célébrée le 1er novembre en Gaule et en Germanie.
Le jour des morts (ou commémoration des défunts), le 2 novembre, est d’institution encore plus tardive puisqu’il remonte à la fin du Xème siècle lorsqu’un abbé de Cluny invita tous ses couvents à prier le 2 novembre pour les âmes du Purgatoire.
Pour le christianisme, les deux fêtes des saints et des morts sont bien distinctes mais, dans l’esprit populaire, la Toussaint et la Fête des Morts se confondent. Elles ne font que recouvrir les restes de la vieille fête celtique des revenants ou des fées.
Nul ne parle aujourd’hui des origines du jour férié de Toussaint qui marque notre milieu du trimestre, et permet une pose et des vacances bien appréciées de tous. Or ce jour férié, dans le contexte actuel de notre république, au milieu du concert de revendications de tous ordres et en plein débats sur la laïcité, nous ramène à une vraie question sur nos origines et nous appelle à regarder les choses avec un peu plus de bon sens, et moins de sectarisme. Sans vouloir ranimer de vieux débats, il faut bien dire que la Toussaint est une fête purement catholique dans ses origines.
Le jour férié de Toussaint que nul n’oserait remettre en cause aujourd’hui pour de soi-disant respect de laïcité, est bien une fête catholique. Je ne dis pas « chrétienne » puisque nos frères réformés ne la célèbrent pas mais commémorent le 31 octobre la fête de la Réformation, c'est-à-dire l’affichage, le 31octobre 1517, par le moine Augustin Martin Luther, sur les portes de la chapelle de château de Wittenberg en Saxe, des 95 thèses portant sur la vente des indulgences, ces « parts de paradis » , contre espèces sonnantes et trébuchantes, et plus largement remettant en cause le rôle et la place de l’église catholique entre le Croyant et Dieu ; publication considérée traditionnellement comme le point de départ de la Réforme.
Jour férié rescapé du concordat de 1801 et des articles additionnels de 1802. La première constitution de notre république avait bien créé un état laïc, mais Napoléon, après des tas de déboires et de difficultés, avait rétabli la prédominance de la religion catholique. « Il me faut un Pape qui rapproche au lieu de diviser ; et qui réconcilie les esprits, les réunisse et les donne au gouvernement sorti de la Révolution pour prix de la protection qu’il en aura obtenue. Et pour cela il me faut le vrai pape : catholique, apostolique et romain, celui qui siège au Vatican. Avec les armées françaises et des égards, j’en serai toujours le maître. Il fera ce que je lui demanderai dans l’intérêt du repos général ; il calmera les esprits, les réunira sous sa main et les placera dans les miennes.) le Concordat restaure la religion catholique en France et abolit la loi de 1795 séparant l’Eglise de l’Etat ; en retour, le Saint Siège reconnait la légitimité de la République. « De toutes choses entreprises par Bonaparte, écrit Châteaubriant, celle qui lui coûta le plus fut indubitablement son Concordat. » En 1905, la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, si durement discutée de part et d’autre ne toucha pas à certaines dispositions de ce Concordat et de l’arrêté du 19 avril 1802 qui instituait la Toussaint comme jour férié.
L’article 42 de cette loi auquel on se réfère sans bien la connaître, stipule : « Les dispositions légales relatives aux jours actuellement fériés sont maintenues ». Il n’y avait alors que quatre jours, Noël, l’Ascension, l’Assomption et la Toussaint.
Bien plus tard, le gouvernement de M. de Freycinet, dans sa loi du 8 mars 1886, en pleine querelle religieuse, et surtout dans le cadre des grands mouvements sociaux qui ont marqué la III e république, crée, d’autres jours fériés, le lundi de Pâques et le lundi de Pentecôte. On se pose encore aujourd’hui la question du pourquoi de cette décision qui n’a pas grand-chose de religieux. Sans doute Charles Louis de Freycinet, Président du Conseil, homme de conciliation et de compromis – ça existait alors ! -, au point qu’on l’avait surnommé « la souris blanche » (il faisait le tampon entre Jules Ferry et Gambetta !) cherchait-il la paix sociale ! Cela valait la peine de rappeler ce point d’histoire. On imagine facilement le tollé qu’entraînerait, notamment dans le monde du travail et auprès des syndicats, la suppression de ce jour férié de Toussaint qui coupe si bien l’activité de ce trimestre et permet vacances et pont ! La Toussaint jour férié, nous appelle à un peu de recul face au débat des jours fériés.
On pourrait faire de même et s’éclairer par l’histoire, en regardant ce qui s’est passé dans les différentes législatures pour l’établissement du dimanche comme jour chômé. Je rappellerai ici simplement que si la liberté de culte était reconnue, le dimanche ne figurait pas parmi les jours de fêtes entraînant le chômage. « Le peuple mange le dimanche. Il doit pouvoir travailler le dimanche » fait-on dire à Napoléon. Ah les leçons de l’histoire !
Le 1er novembre 1414, le concile de Constance met fin au grand schisme d’Occident qui voyait papes et antipapes s’entredéchirer depuis des décennies.
Ce jour, en 1755 c’est le tristement célèbre tremblement de terre de Lisbonne qui fit tant de dégâts. Et c’est le début de l’insurrection algérienne en 1954 !
Etienne de la Boétie, humaniste et ami de Montaigne – « parce que c’était lui, parce que c’était moi » - (ça ne vous rappelle rien ?) naît à Sarlat le 1er novembre 1530 ; et Nicolas Boileau naît à Paris en ce premier jour du mois de 1636.
Le 5 novembre 1922 Howard Carter découvre le tombeau de Toutankhamon : « de l’or, une montagne en d’or » se serait-il écrié alors, sous le coup de l’émotion.
5 novembre 1956 c’est le début de l’opération aéroportée franco-britannique contre l’Egypte, et l’ « affaire de Suez ». Le canal du même nom avait été inauguré le 17 novembre 1869 par l’Empereur Napoléon III et l’Empereur d’Autriche François-Joseph en présence de l’Impératrice Eugénie.
Le 15 novembre - 26 Brumaire An II – un décret de la convention stipule que tous les français doivent manger le même pain : « la richesse et la pauvreté devant également disparaître du régime de l’égalité, il ne sera plus composé de pain de fleur de farine pour le riche et de pain de son pour le pauvre. Tous les boulangers seront tenus, sous peine d’incarcération, de faire une seule sorte de pain : le Pain de l’Egalité » A quelque chose près on croirait entendre nos actuels ténors politiques !
Il en faut du temps pour que les choses évoluent ! Napoléon, - encore lui ! -, devait tenter de réglementer la taille et le poids du pain : 40 cm et 300 g environ. Ce n’est qu’après la seconde guerre mondiale que se généralisa la baguette appelée aussi flûte ou « petite » selon les régions. D’une longueur de 80 cm et d’un poids de 250g, son prix a été fixé, jusque dans les années 1980, par arrêté préfectoral.
Le 15 novembre 1889 ; le Brésil devient une république et en 1908 le Congo, devient une colonie belge. En 1927, ce 15 novembre, Léon Bronstein alias Trotski est exclu du parti communiste d’URSS. En 1924, impitoyablement il écrit : « Aucun de nous ne veut ou ne peut discuter la volonté du Parti, car le Parti a toujours raison. » Il s’efface devant Staline et s’exile au Mexique où il sera assassiné par un espion à la solde de Staline. Méthode comme une autre pour avoir toujours raison !
Plus proche de nous on s’accorde pour dire que le 15 novembre 1971 est né le microprocesseur qui devait connaître l’évolution que l’on sait. C’est le fameux Intel 4004
On fête ce 15 novembre, le très grand, l’immense Albert le Grand, cette si belle figure du Moyen Age, représentatif des « intellectuels » de l’époque, qui enseignait à Paris la théologie et l’œuvre d’Aristote et qui eut pour élève Thomas d’Aquin que ses élèves surnommaient « le Bœuf muet de Sicile ». Albert les fit taire en leur disant : « les mugissements de ce bœuf retentiront dans le monde entier ».
Le 16 novembre 1700 Louis XIV entérine le testament du Roi d’Espagne et autorise le duc d’Anjou son petit-fils à relever la couronne d’Espagne, Charles II de Habsbourg étant mort le 1er novembre sans héritier.
L’« Armée blanche » est défaite en novembre 1920 à Sébastopol, défaite qui consacre la victoire des bolcheviques et de Lénine.
Lyautey est né le 17 novembre 1854 à Nancy et le maréchal anglais Montgomery le 17 novembre 1887. Ils ont marqué leur époque.
Le 21 novembre 1783 Pilâtre de Rozier et le marquis d’Arlandès s’envolent au bord d’une montgolfière.
Le 21 novembre 533 Justinien signe la préface d’une extraordinaire compilation de 50 volumes du droit romain, ancêtre de notre code civil.
Jean le Bon, le 21 novembre 1361 réunit définitivement le comté de Toulouse à la couronne. En bon « occitan » vous comprendrez que je sois tenté d’ajouter « hélas ! ».
1806, ce 21 novembre c’est le début du « Blocus Continental »
Saint Hubert le 4 novembre, Saint Martin le 11 novembre, Sainte Cécile le 21 et Sainte Catherine le 25 sont des fêtes trop connues pour les passer sous silence. Or elles marquent bien notre histoire et nos origines.
Ce n’est qu’un curieux hasard qui a fait placer en ce mois la fête de la Saint Hubert, patron des chasseurs. Bien plus, cet Hubert était…un pêcheur. Mais oui ! Il était évêque de Tongres- Maastricht-Liège, de 705 à 727. Il mourut des suites d’une blessure à la main, sans doute due à un hameçon, alors qu’il plaçait des filets. Il est devenu patron des chasseurs parce qu’il fut vénéré dans les Ardennes par un peuple de chasseurs. Une autre légende fait de lui un chasseur qui vit un jour une grande lueur en forme de croix sur la tête d’un cerf qu’il poursuivait. Il est invoqué pour guérir de la rage ou « mal de saint Hubert. » Parlons aussi à cette occasion du cor de chasse qui sonne pour la saint Hubert. Il s’agirait d’un Tuba romain, cette très longue trompette en forme d’un grand I que l’on voit sur les sculptures par exemple de la colonne de Trajan à Rome et sur biens d’autres monuments. Un légionnaire aurait eu l’idée de la tordre pour la porter plus facilement autour de son cou. L’instrument fut d’abord en forme d’un grand C. Plus tard on ajouta une barre transversale pour l’attraper plus facilement ce qui lui donna une forme de D. Ce fut le classicum, en bronze. En 1680 on lui fit faire un tour de plus : il devint, sous la forme d’un O, le cor de chasse ou trompe. Dans les siècles suivants, on lui ajouta deux tours. En 1690, les Allemands le perfectionnent si bien qu’ils en font un instrument d’orchestre ; il passe le Rhin en 1730 et en 1757 se fait admettre à l’Opéra. Cependant les Germains ne cessent de le tourmenter : en 1760, Hampl introduit sa main au fond du pavillon ; il obtint ainsi des sons bouchés, d’un timbre si doux et si mélancolique que c’est depuis ce jour que le cor est « triste au fond des bois » !...J’emprunte ceci à Alexandre Vialatte, un grand ami de notre famille, mais moins sûr que lui de cette origine. C’est amusant. Toujours à sa façon, je dirai que le mois de novembre est jalonné par les cloches des morts, les cors de la saint Hubert, le clairon de l’Armistice et la harpe de sainte Cécile. Novembre un mois marqué par la musique !
Sur le registre du souvenir de ce mois de novembre il ne faut bien sûr pas oublier le 11 novembre et l’anniversaire de l’Armistice de 1918. Journée de mémoire et d’hommage à tous ceux qui ont donné leur vie pour la France. Devoir de mémoire que certains manifestants de ces jours-ci tentent de remettre en cause ! Ah s’ils avaient dans leurs familles un de ces héros mort pour la France, ils auraient peut-être une autre attitude !
Saint Martin fêté le 11 novembre nous vaut un si grand nombre de communes en France et tant de si belles églises. A son sujet je voudrais rappeler trois choses : « l’été de la saint Martin », le mot « chapelle » et le nom d’un bel oiseau « le martin-pécheur »
L’« été de la saint Martin », aurait deux origines liées à la légende du saint tourangeau. La première, et la seule authentique disent les Picards, remonte au fait le plus connu de la légende de Saint Martin. Soldat de l’armée romaine, regagnant sa garnison un 11 novembre, il croisa près d’Amiens, un pauvre hère grelottant par un froid particulièrement rigoureux ; il tira son épée, trancha son manteau en deux et couvrit le malheureux. Au même instant, la nuée qui obscurcissait le ciel s’entrouvrit, laissant le soleil resplendir, puis elle se dissipa tout à fait et la terre fut bientôt réchauffée. « En mémoire de ta bonne action, je donnerai désormais à la terre, chaque année à la même époque, quelques jours de beau temps » (cité par Bidault de l’Isle, dans les Vieux dictons de nos Campagnes.) Les Picards tiennent cette légende pour la seule vraie.
La seconde interprétation est reliée à la mort du saint à Candes sur Loire. Les moines du lieu voulurent le veiller et surtout garder son corps. Mais ceux de Marmoutier, abbaye qu’il avait fondée, estimèrent que cet honneur leur revenait au nom du diocèse de Tours, où Martin avait été évêque. Ils se mirent d’accord pour le veiller ensemble. Les premiers s’assoupirent. Les Tourangeaux en profitèrent pour disparaître avec le corps. Leur voyage fut favorisé par un « soleil si radieux et si chaud que les roses fleurirent et la verdure reparut. Ce fut l’origine de l’été qui, chaque année, se renouvelle à la même date (10 et 11 novembre) pour commémorer ce miracle. » (Bidault de l’Isle). On comprend bien que les Tourangeaux tiennent cette légende pour la seule vraie.
On prête aussi à saint Martin l’origine du mot « chapelle » ! En effet la moitié du manteau que Martin avait gardé, a été conservé précieusement dans un sanctuaire qui a pris en conséquence le nom de capella. De ce mot, on a fait le mot Chapelle qui désigne une petite église ou une pièce attenante à une nef d’église, abritant souvent un autel et la plupart du temps des reliques.
Le troisième élément que nous aurait légué Saint Martin est plus fantaisiste, mais il est si joli que je vous le livre ici. Au cours de ses longues pérégrinations, enseignant ses disciples, Martin, voyant des martins-pêcheurs se disputer des poissons, il explique à ses disciples que les démons se disputent de la même manière les âmes des chrétiens. Et les oiseaux prirent ainsi le nom de l'évêque !
Le 24 novembre 1793, c’est l’entrée en vigueur du calendrier révolutionnaire ou républicain. Concrètement cela veut dire que vous ne trouverez aucun document qui soit daté de l’an I de la République qui elle a pourtant bien commencé le 22 septembre 1792.
Sainte Cécile le 22 novembre est la patronne des musiciens. Pourquoi ? Eh bien il n’y a rien de bien sûr à son sujet. Elle est devenue la patronne des musiciens au XVème siècle succédant ainsi à saint Grégory. Cependant cette fonction est le fruit d’une mauvaise interprétation d’un texte religieux. En effet, le texte décrivant ses noces dit que Cécile chante Dieu et le loue avec son orgue, suite à une mauvaise traduction du texte original. De ce fait elle est souvent représentée jouant de l’orgue ou de la harpe, alors que la vraie représentation de Sainte Cécile est celle de Stefano Maderno (1566-1636) la représentant dans la position où elle fut trouvée quand il fut procédé à la reconnaissance de sa dépouille. La sainte est allongée, couchée sur le côté, un peu recroquevillée sur elle-même, l’entaille causée par l’épée bien marquée sur son cou ainsi que la position des doigts : trois doigts ouverts à la main droite et un doigt ouvert à la main gauche. Selon la tradition la sainte voulait indiquer sa foi en l’unicité de la Trinité Divine. C’est ainsi qu’elle est représentée dans la magnifique cathédrale d’Albi. Je pense que c’est la raison pour laquelle elle a été choisie comme patronne de cette cathédrale, édifié face à l’hérésie cathare qui niait cette croyance. Personne à Albi n’a pu me confirmer cela ni me donner une autre explication. Ce qui est sûr c’est que la signification de son gisant est, elle, incontestable. Le lien avec les Cathares reste à prouver. Sans mon explication on ne voit pas pourquoi en pleine période cathare on soit allé chercher la patronne des musiciens pour dédier la belle cathédrale à la sainte.
Le 25 on fête Sainte Catherine jeune érudite d’Alexandrie, dont l’existence est d’ailleurs contestée par les historiens. Sainte Catherine est devenue patronne des étudiants, des philosophes et des jeunes filles et des cousettes ou couturières aussi. Elle aurait été martyrisée sous l’empereur Maxence pour avoir refusé de sacrifier aux Dieux. Au Moyen Age, l’usage s’établit de vêtir, d’orner et de coiffer les saints dans les églises. Seules les filles célibataires se chargeaient de renouveler la coiffe de sainte Catherine le jour de sa fête. Celles qui se mariaient devaient laisser aux autres le soin de « coiffer sainte Catherine » ? C’est là l’origine de l’expression bien connue qu’on applique aux filles qui atteignent vingt-cinq ans sans être mariées. Ce jour-là, on confectionnait « les cœurs de sainte Catherine », petits gâteaux aux fruits confits que l’on offrait aux « Catherinettes ».
Dans les campagnes c’est le meilleur moment pour planter notamment tous les fruitiers et pour faire des boutures. Pourquoi cela. Parce que cette période correspond souvent à une phase de la lune des plus favorables. On plante en vieille lune c’est-à-dire entre la Pleine Lune et la Nouvelle Lune et encore mieux en lune descendante. On est dans cette configuration cette année. De l’avis de tous ceux qui touchent la terre, novembre est meilleur « planteur » que le printemps. En cette période, l’activité de la sève est ralentie : les racines vont pouvoir bénéficier de toute l’énergie de la plante, concentrée à leur niveau. Au printemps suivant, lorsque la belle mécanique de la nature se remettra en route, les racines bourrées des sucs de la terre seront prêtes à nourrir rameaux et feuilles : « Entre Catherine et Noué. Tout bois est bon à planter »
Je terminerai cette chronique assez longue mais je pense riches d’évènements qu’il fallait rappeler par Saint André le 30 novembre car : « Quand l’hiver n’est pas pressé il arrive à la Saint André. »
Jean Mignot, en ce 31 octobre 2026