lundi 2 octobre 2017

du mois d'octobre 2017


du mois d’octobre 2017


Octobre, dixième mois de l’année je suis, mais huit je reste de par mon nom de baptême. Je suis octobre qui s’ouvre sur un automne étonnant et non détonnant contrairement à la réputation que les années m’ont faite.  !  Les météorologues disent en effet que brumes, brouillards et orages  sont les « armes parlantes » de ce mois. Or il n’en est rien, du moins pour notre Sud et les prévisions restent au beau fixe et à la sécheresse. Mais à ceci, et comme pour septembre il y a peu d’étonnement à avoir puisque si j’en crois Méton et son cycle, c’est le temps qu’il avait fait il y a 19 ans. Il faudra attendre probablement après le 14 du mois pour voir un changement profond et sans doute de la pluie. Espérons !
«  Il est impossible de décrire l’horreur des scènes qui eurent lieu à la Barbade » écrit l’Amiral  George Rodney dans son rapport officiel mais ce rapport date de 1780 ! Et non pas après le passage d’Irma. « Je n’aurais jamais pu croire, si je ne l’avais vu moi-même, que le vent seul pouvait détruire aussi complètement tant d’habitations solides »…Comme tout le monde j’ai été étonné par la violence des  ouragans qui se sont abattus sur les Caraïbes en me demandant si vraiment on avait fait le nécessaire pour prendre les dispositions qui s’imposent dans ces zones si souvent touchées par ces phénomènes atmosphériques. Car enfin… si on n’a pas suffisamment de données dans les services de météorologies  on a quand même l’histoire et de nombreux témoignages. Certes on n’avait pas encore les moyens de mesure de l’intensité de ces ouragans. Il n’empêche que le 10 octobre 1780, celui qu’on a appelé « le Grand Ouragan », fut le plus meurtrier qui ait frappé l’Atlantique Nord. 20000 morts, dont 9000 pour la seule Martinique.
Si on a bien «  du jamais vu de mémoire d’hommes » on a des récits de témoins d’alors qu’il ne faudrait pas oublier pour en tirer les leçons pour aujourd’hui ! Quelles dispositions par exemple en matière d’équipements puisqu’on on sait que ces phénomènes se reproduisent presque tous les 4 ans ! On pourrait parler de la même manière  des récits concernant le terrible ouragan de 1810 et aussi de celui du 10 août 1831 qui ravagea la  Barbade. Galveston en 1900 et 1915, Donna en 1960, Flora en 1963, Allen en 1980, Hugo en 1989, Gilbert en 1998, Andrew en 1992, Ivan en 2004, Katerina en 2005…  et je n’en cite que quelques-uns au passage. Aurait-on une si courte mémoire et a-ton vraiment  tiré les leçons de ces catastrophes ?
Nous ici à Nîmes et dans le Gard on connait ça et les lenteurs des administrations et autres services qui font traîner en longueur la mise en place de dispositions qui s’imposent !   Nous venons de nous remémorer les terribles inondations d’il y a 29 ans sur Nîmes alors que les travaux de protection, dont certains programmés depuis les inondations de 1958, ne sont pas encore terminés !
Face à ces réflexions je me suis posé la question de la différence entre ouragan, cyclone et typhon, tous étant des phénomènes tourbillonnant, tous produisant tous ces dégâts qu’il faut réparer bien vite. Vous saviez peut-être  qu’un ouragan  se produit en Atlantique Nord et dans le Pacifique Nord-Est, un cyclone n’a lieu que dans l’océan Indien  ou le Pacifique Sud et un typhon se produit lui dans le Pacifique Nord-Ouest !
Pourquoi cela ?  Eh bien parce que c’est lié à l’étymologie autant qu’aux lieux d’origine : l’ouragan vient de huragan, variante de huracan en taino (langue amérindienne des Antilles), introduit en français au XVIe siècle par l’espagnol, avec le sens de « tornade » ; le cyclone viendrait de ce géant monstrueux qui n’avait qu’un œil, de forme ronde, au milieu du front et le typhon du latin typhon (« bourrasque de vent, tornade »). Le sens moderne est issu du portugais tufao (« cyclone, ouragan ») adapté par les Arabes sous la forme  tüfan. Ce mot a voyagé au travers du monde musulman jusqu’en Malaisie et a été rapporté par les navigateurs portugais. Pour d’autres, le mot aurait été rapporté par le marchand vénitien Cæsar Frederick lors d’un voyage en Chine et aurait pour origine le chinois  táifēng « grand vent, typhon » prononcé taifong en mandarin. Etonnant !
Tous ces phénomènes sont proches et tous, selon leur intensité, produisent ces énormes dégâts qu’il faut réparer bien vite. 
Quand j’écrivais qu’il fallait regarder ce qui s’est passé en 1998 selon le cycle de Méton, certes référence imparfaite mais qui se révèle assez juste pour ce qui est des mes propres observations du moins pour le Sud, nous constatons encore que nous restons dans un automne étonnamment doux, sans orages et sans pluie et les prévisions de la météo ne nous donnent que peu d’espoir d’en voir bientôt.
Voyez plutôt ce qu’écrit le site de Météo Languedoc : « Après un été caniculaire, avec de nombreux records de chaleur, la saison des épisodes méditerranéens/cévenols n’a toujours pas débuté. Plus encore, la sécheresse continue de s’aggraver… ». Si nous sommes nombreux à dire qu’un été caniculaire est presque toujours suivi d’épisodes pluvio-orageux, il nous faut revoir nos copies. Les prévisionnistes les plus sérieux sur des bases d’études très poussées ne vont pas dans ce sens. « On constate une anomalie de hauts-géo potentiels entre les Açores, l'Espagne, la France et la Grande-Bretagne, alors que les bas-géo potentiels (zones dépressionnaires) circulent sur l'Europe du centre et les Balkans. Cette configuration météorologique est tout sauf favorable à la formation d'épisodes méditerranéens et/ou cévenols. En effet, pour que ces derniers se forment, il faudrait que l'anticyclone migre vers l'Europe du centre afin que les dépressions s'enfoncent sur l'Espagne et le bassin Méditerranéen. Tout l'inverse de ce qu'il se passe actuellement. 
Pour répondre à la question présente au début de cet article : à quoi faut-il s'attendre pour la suite de l'automne ? S'il est bien évidemment difficile de se projeter jusqu'à la fin de l'automne, il semble que la récurrence actuelle parvienne à se maintenir au moins jusqu'à la mi-octobre, malgré une accélération du dynamisme Atlantique. La probabilité d'épisodes méditerranéens/cévenols est donc très faible pour le moment. Il faudra surveiller entre la mi-octobre et novembre l'évolution des modèles numériques de prévision. Toutefois, les statistiques montrent qu'une fois cette période charnière passée, les événements extrêmes tendent à devenir de moins en moins probables. » . Voila qui est dit. On verra bien !
Octobre continue sur le même registre de Septembre avec des journées chaudes et sans pluie  dans le Midi, et on nous parle «  d’été indien » et pourtant utiliser cette expression n’est pas tout à fait juste. Le chanteur français Joe Dassin en a fait une chanson restée célèbre en 1975. Depuis, on entend souvent parler d’ « été indien » dès que la météo est clémente en automne. Pourtant, « l'été indien » ou « été des Indiens » n'existe pas en Europe. L’emploi de ce terme est inapproprié à la situation que nous vivons. Au sens strict, cette expression désigne un phénomène météorologique qui survient en Amérique du Nord, principalement au Canada. Il s’agit d’une période de « retour de l’été » (avec un temps ensoleillé et radouci), après les premières gelées de l’automne. Ce phénomène est aléatoire. Sa date de survenue et sa durée sont variables d’un lieu à l’autre et d’une année à l’autre. Il se produit généralement en octobre ou au début du mois de novembre.
L’expression Indian Summer serait apparue au XVIIIe siècle d'abord en Pennsylvanie, puis à New York et en Nouvelle-Angleterre. Elle aurait ensuite été traduite littéralement « été des Indiens » par les Québécois au XIXe siècle.
Voici l’une des hypothèses expliquant ce nom : les Indiens profitaient de cette période de redoux pour faire leurs dernières provisions et leurs dernières parties de chasse avant l’hiver.
Une belle journée d'automne ne suffit pas pour parler d'été indien. 
Voici les caractéristiques qui permettent de reconnaître ce phénomène météorologique : une période de chaleur suivant une période de gel ; une météo ensoleillée ; pas ou très peu de précipitations ; des températures diurnes supérieures à la normale.
Enfin, pour pouvoir parler d’ « été indien », il faut que ces phénomènes soient observés pendant au moins trois jours. 
On observe parfois des périodes de beau temps automnal dans d’autres régions du monde.
En France et dans les pays d'Europe occidentale, on parle plutôt d'été de la Saint-Denis (9 octobre), d'été de la Saint-Géraud (13 octobre) ou d' « été de la Saint-Martin » (11 novembre). 
En Suède, on parle d'été de la Toussaint pour désigner un temps chaud et ensoleillé, accompagné de brume sèche, et en Angleterre d’été de la Saint-Luc (18 octobre).
Nous sommes au moment où j’écris cette chronique à la pleine lune d’octobre. Ne vous demandez pas pourquoi vous avez mal dormi ! La pleine Lune d’Octobre 2017 était le 5. C’est une lune qui ne se produit qu’une fois tous les 3 ans, et bien qu’elle porte plusieurs noms, elle est surtout connue sous le nom de la « Lune de la récolte »  ( les récoltes sont traditionnellement terminées), ou « Lune du chasseur » ( puisque nous sommes en période de chasse ou du brâme du cerf). Ses autres noms sont la « Lune du voyage », « la Lune de l’herbe mourante », et parfois « la Lune de sang » ou la « Lune sanguine ».
Selon l’almanach du vieux fermier, la « Lune du chasseur » est la pleine lune la plus proche de l’équinoxe d’automne.
Habituellement, c’est une pleine lune qui tombe pendant le mois de Septembre, mais cette année est une exception. La « Lune du chasseur » de cette année est celle du 5 Octobre, après l’équinoxe qui était  le 22 Septembre 2017.
Dans l’antiquité, le changement de saison n’était pas observé en fonction de l’année solaire mais des lunaisons, tout simplement parce que la lune est bien plus facile à observer que le soleil et sa forme est facile à repérer. Au cours des derniers milliers d’années, les personnes sur le continent européen, ainsi que les tribus amérindiennes nommaient les mois par rapport aux caractéristiques des saisons de l’hémisphère nord. C’est pour cela que tant de ces noms peuvent sembler presque identiques ou partager des qualités semblables.
Aujourd’hui, beaucoup de noms antiques des mois sont donnés aux différentes pleines Lunes que nous rencontrons tout au long de l’année. On pense que les noms des amérindiens ont été adoptés par les colons amérindiens, et que cela apparaît encore dans le calendrier moderne. Ainsi, les noms des pleines Lunes que nous utilisons aujourd’hui sont probablement une combinaison des nombreuses cultures différentes.
Il est aussi intéressant de noter que certaines années ont 13 pleines Lunes et que d’autres n’en ont que 12. Dans les années où il y a 13 pleines Lunes, la Lune supplémentaire s’appelle ‘ Lune bleue ‘.
Je n’irai pas jusqu'à tomber dans les interprétations de tous ordres qui prêtent à la lune des tas d’autres influences  plus ou moins divinatoires. Beaucoup croient à tous ces diseurs de bonne aventure, voire se laissent trop facilement influences par ces bonimenteurs ! Je ne suis pas Madame Soleil.
Au chapitre des dictons : je relève pour ce mois toute une série ayant trait aux semis :
« Ne sème pas à la saint Léger si tu ne veux blé trop léger» le 2 oct. Le 4 «  qui sème à la saint Francois aura du blé de poids ». Le 6 « A la saint Bruno semé le blé sera noir ». Le 18 « A la saint Luc sème dru ou ne sème plus ».
C’est aussi le moment de faire des apports de fumier : « En octobre qui ne fume rien ne récolte rien »
Le froid va arriver : «  Vent d’octobre ta pelisse il faut  que tu sortes ». Et ce dicton qui est une véritable « lapalissade » : « Octobre est bon s’il est de saison ».
D’autres dictons donnent des indications pour prévoir le temps des mois à venir : « Octobre ensoleillé décembre emmitouflé et octobre emmitouflé annonce décembre ensoleillé » ; « Si octobre s’emplit de vent du froid tu pâtiras  longtemps » ; « Octobre en brumes un mois à rhumes ». Et pour se prémunir, rien de tel que la pomme, la reinette des Cévennes c’est la meilleure ! « Chaque soir mange une pomme et tu dormiras comme un saint » ; « La pomme du matin éloigne le médecin »
Le 25 « A la saint crépin la pie monte au ciel » et « Quand octobre prend fin dans la cuve est le raison ». L’heure d’hiver marquera s’il le faut le changement de saison le dimanche  29 octobre. Avec  le poète, après avoir chanté « l’été Indien »  nous pourrons déclamer : « Salut bois couronnés d’un reste de verdure … » ou chanter « Colchiques dans les prés … ».
Adissias !                                                                                


Jean Mignot le 6 octobre 2017               

samedi 2 septembre 2017

du mois de septembre 2017

du mois de septembre 2017

Septembre, un mois de changements. Changement de rythme dans le nom des mois : on reprend la vieille dénomination du calendrier romain qui ne comptait que 10 mois mais le 7 ème sur 10 est désormais 9 ème sur 12. Changement pour les écoliers collégiens et lycéens car les rythmes scolaires reprennent suivis par les universités. Changement dans nos rythmes de travail : les vacances et congés, c’est fini  jusqu’aux prochains auxquels on pense déjà ! et pour le temps voila l’Automne et le climat par ses changements, subits parfois, peut nous surprendre.
Changement dans les champs où autrefois à la saint Michel, le 29, on renouvelait traditionnellement  les baux de fermage. De même c’est à la saint Michel qu’étaient  « débauchés » ou « embauchés » les commis de ferme et les autres personnels. D’où  dès le 17 septembre, pour la saint Lambert les vieux dictons invitant  à la prudence, car celui qui se laisse-aller à la nonchalance à cause des beaux jours qui se prolongent, ou qui pense plutôt à changer qu’à recommencer au même endroit, et qui  sans y être contraint, quitte alors sa place, court grand risque de ne pas retrouver du boulot : « Le jour de la saint Lambert, qui quitte sa place la perd ! » C’est en effet dans la deuxième quinzaine de septembre que se préparaient, entre fermiers, ouvriers et commis, les engagements réciproques pour l’année agricole à venir.
Changement dans la politique… Les 100 jours c’est fini et l’ Etat de Grâce aussi. Au travail maintenant ! On va voir ce qu’on va voir ! Nous on attend ! encore ….
Ce mois de Septembre 2017, d'une durée de 30 jours, commence par un vendredi et finit par un samedi, soit  4 week-end plus 1 samedi. Un rythme «  cool » pour une reprise d’activités, encore que se pose et repose à plus forte raison et à nouveau la question du travail le dimanche !
Les dictons traditionnels, de ce mois,  parfois discutables, ne traduisent une réalité que pour les pays tempérés de l'hémisphère nord.
« Septembre nous produit le plus délectable des fruits » ; « Juillet doit rôtir ce que Septembre mûrira » ; « Septembre voit mûrir des fruits savoureux. »
Le mois de septembre en effet voit la maturité de nombreux fruits (pommes, poires, prunes, noisettes, mûres..).
« Septembre humide, pas de tonneau vide » (dicton de l'Aunis) ; « Pluie de septembre, joie du paysan » ; « En Septembre, pluie fine est bonne pour la vigne » ; « En septembre, la bruine, est toujours bonne à la vigne. » Un mois de septembre pas trop sec favorise la quantité de la vendange. « En septembre, le raisin et la figue pendent », « En Septembre se coupe ce qui pend. »
Après plusieurs mois très chauds et très secs, du moins dans le Midi, on redoute maintenant cette pluie tant attendue : « Septembre emporte les ponts, ou tarit les fontaines ». Alors on écoute le roi des poulaillers pour savoir ce qu’il nous prédit : « Le coq en septembre chantant la matinée, annonce une abondante rosée. »
Si j’ai moi-même fait très souvent référence à ce qui s’est passé en cette période,  la pluviosité du mois de septembre peut être très différente d'une année à l'autre, sur le territoire métropolitain français, et on ne peut pas vraiment la prendre comme indice de ce qu’il risque de se passer. Les quelques proverbes de ce mois sont de bien maigres indications, même s’ils ont pris naissance dans de nombreuses observations répétitives dans le passé, du temps qu’il a fait : « En septembre si trois jours il tonne, c'est un nouveau bail pour l'automne ». « Lorsque beaucoup d'étoiles filent en septembre, les tonneaux sont trop petits en novembre ; « Orages de septembre, neiges de décembre » ; « Forte chaleur en septembre, à pluie d'octobre il faut s'attendre. »
Un mois de septembre orageux pourrait annoncer la proximité d'une météo automnale et hivernale. Il faudra donc observer ce qui va se passer pour avoir des indications pour le prochain hiver !  : « En septembre, si tu es prudent, achète grains et vêtements » (dicton de Charente), « Pluie de septembre travaille, à la vigne et à la semaille », « Beau septembre finit d'emplir les chambres », « En septembre, le fainéant peut aller se pendre », « En septembre, il fait bon être tout le jour dans la campagne. »
Au mois de septembre, il faut se préparer aux semailles et vendanges d'automne mais aussi aux froids de l'hiver : « L'hirondelle en septembre abandonne le ciel refroidi de l'automne. » et  les oiseaux migrateurs prennent leur envol pour passer l'hiver dans des régions plus douces.
On trouve encore quelques dictons intéressants tels ceux-ci : « Hâle de Mars, pluie d'Avril, rosée de Mai, font d'août et septembre les plus beaux mois de l'année » ; « Bel automne vient plus souvent que beau printemps. » La météo de l'arrière saison est souvent plus agréable que celle du printemps.
« Septembre en sa tournure, de mars fait la figure  », « Septembre est le mars de l'automne », « Septembre se nomme le mai de l'automne », « Septembre est souvent comme un second et court printemps. » ou « Septembre se présente souvent comme un second et court printemps »
Ainsi chacun peut y trouver son compte ! Quelques phénomènes peuvent être observés (orages, giboulées..) et on dit alors : la météo de l'automne rappelle celle du printemps.
La Pleine Lune est le 6 et la nouvelle lune le 20 exactement comme il y a 19 ans ( cycle de Méton) et j’ai noté un temps changeant et un très net rafraîchissement en 1998 avec même 8° ou 9 ° seulement, puis un radoucissement vers la fin de la lunaison avec encore un peu de temps beau et chaud avant que la nouvelle lune nous amène très probablement de la pluie si ma référence à ce qui s’est passé il y a dix-neuf se vérifie. 
Quant aux données et relevés disponibles pour le mois de septembre 1998, voici ce qu’ils nous indiquent.. et ça ne prouve rien !
Septembre 1998 :Pluvieux avec une moyenne de température de 15.3
1er septembre 1998 :min. 20.6° à Bordeaux, 17.3° à Rennes et 20.6° à Toulouse
2 septembre 1998 :Chaud. 29° à Prilly (min. 18°). Min. 20.6° à Bordeaux, 18.1° à Bourges, 18.7°  à Châteauroux, 20.3° à Lyon, 20.6° à Marseille, 17.3° à Rennes, 21.1° à Toulouse et 18.4° à Tours
3 septembre 1998 :min. 21.6° à Marseille
5 septembre 1998 :34.3° à Bastia
7 septembre 1998 :146 mm à Marseille en 7 heures
9 septembre 1998 :34° à Montauban. min. 18.1° à Rennes
10 septembre 1998 :min. 20° à Prilly. Min. 18.1° à Châteauroux, 19.3° à Bordeaux, 16.7° à St-Etienne
12 septembre 1998 :Froid. Max. 13° à Prilly. Max. 14.8° à Strasbourg et 16.0° à Toulouse
13 septembre 1998 :7° à Prilly (max. 11°). Max. 13.4° à Bourges, 13.6° à Lyon
14 septembre 1998 :6° à Prilly (max. 12°),  neige à 1400 m (Léman), 800 m à Violay max. 13.2° à Strasbourg
20 septembre 1998 :max. 23° en Bretagne et 21° dans le Midi
26 septembre 1998 :Le soir, orage à Lausanne. Fortes pluies
27 septembre au 8 octobre 1998 :Pluies   quasi quotidiennes à Lausanne
30 septembre 1998 :Pluies diluvienne à Nice : 117 mm dont 55 mm en 1 heure 3.2° à Tours
Avant de parler de « jamais vu » il faudrait relire ces données accessibles au commun des mortels.

Quelques saints aux caractères et aux légendes bien originales, marquent ce mois de septembre.
Saint Gilles d’abord, le 1er septembre. Disciple de l’ermite Vérédème qui vivait retiré sur la commune de Sanilhac, dans le canton d’Uzès, le jeune grec Gilles vint se fixer à proximité de son maître, dans les gorges du Gardon, non loin du Pont du Gard. Il partit ensuite se cacher au profond de l’épaisse forêt qui s’étendait sur la rive droite du Rhône, dans la proximité de la cité qui perpétue cet état d’alors : Sylvéréal, sur les rives du Petit Rhône. Les mauvaises langues disent que la vie près de saint Vérédème était impossible car tout ermite qu’il soit et pas encore saint il avait un caractère impossible !
Les Wisigoths occupaient alors la Septimanie, future Narbonnaise, la région des sept  évêchés, ( Toulouse, Béziers, Nîmes, Agde, Maguelonne, Lodève et Uzès ) Savez-vous d’ailleurs que la plupart des chroniqueurs arabes, tel El Makhari, s’accordent pour dire que c’est en Septimanie, devant Toulouse, en 721, que les troupes arabes reçurent leur plus grand échec dans leur tentative d’invasion de ce qui allait devenir notre pays, et non pas à Poitiers comme l’écrivent nos livres d’histoire ?.
Une biche chassée par le roi Wamba ayant échappé à ses poursuivants se réfugia près de Gilles. Gilles fut atteint par la flèche d’un chasseur et on le découvrit blessé aux côtes de la biche. Le roi frappé par ce signe du ciel devint l’ami et le protecteur de Gilles. Rapidement une communauté se forma, on construisit une très grande et belle église sur le tombeau de Gilles. De cette magnifique abbatiale dont la nef mesurait 94m il ne reste aujourd’hui qu’une remarquable façade romane, en cours de réhabilitation et quelques ruines dont la fameuse « vis de saint Gilles » si bien connue des ouvriers Compagnons du tour de France. Mais il y a plusieurs « vis de Saint Gilles » à Uzès dont deux à la cathédrale Saint Théodorit, hélas pas visibles.
Situé à un endroit proche d’un gué sur le Rhône, c’est un des points de passage d’un des chemins de Compostelle, le chemin de Rome, qui se croise ici sur le tombeau du saint avec le chemin qui du Puy en Velay, en passant par Uzès, vient le rejoindre  sur le tombeau de saint Gilles, devenu un haut lieu de pèlerinage.  
Tout ceci est rapidement dit. C’est une des interprétations de la légende de St Gilles.
Le 19 septembre c’est la Saint Janvier ( San Gennaro). Evêque de Bénévent en Italie au IVe siècle, et prédécesseur d’un autre évêque qui portait le titre de cette ville mais plus la charge épiscopale, Talleyrand. Après sa mort, le corps de Gennaro fut transféré à Naples. On lui doit le prodige, répété chaque année, de la liquéfaction de son sang conservé dans une ampoule de verre. Phénomène inexpliqué et inexplicable mais bien connu ! ou miracle ? On en parle chaque année,  et si le sang ne se liquéfie pas, si l’évêque de Naples n’agite pas le mouchoir blanc, on parle de mauvais présages pour des évènements à venir . On pourrait ici citer quelques faits historiques assez troublant sur ce sujet. Vous les trouverez sur intrenet.
Dans les champs de toutes façons, les semailles peuvent commencer sur les terres déchaumées : « Qui sème à la saint janvier, de l’an récolte le premier. »Il ne s’agit pas de récolter quoi que ce soit le premier jour de l’an, mais d’être le premier, parmi les autres paysans à faire sa récolte.
Le 22 septembre on fera bien sûr le rapprochement avec l’équinoxe d’automne et le début du calendrier républicain avec ce mois de septembre dénommé Vendémiaire ( de vendanges) ; mais il n’est ce mois que du 22 septembre au 21 octobre ! La date du passage à l’automne qui correspond au moment précis où le soleil, en passant au Zénith,  coupe le plan de l’équateur est déterminée par de savants calculs effectués par l’Institut de Mécanique Céleste et de calcul des éphémérides ( IMCCE). Nous avons l’habitude de dire que l’automne c’est le 21 septembre. Or cette date varie en fonction de ces calculs entre le 21 et le 24 septembre. L’automne ne sera le 21 septembre qu’en 2092, le 23 septembre en 2018 et 2019 et le 24 septembre en 2303 ! N’oubliez pas de le noter sur vos agendas ! qui sait ? Ceci pour rattraper le temps qui court et que l’on n’arrive pas à maîtriser malgré nos calculs et nos techniques modernes ultra sophistiquées. D’où l’intérêt de bien connaître le calendrier et comme Monsieur Jourdain de savoir quand il y a de la lune ou quand il n’y en a point ! 
Le 25 septembre c’est la saint Firmin. Cette fête a été déplacée dans le calendrier « romain » au 11 octobre. Plusieurs saints portent ce nom. Un saint évêque d’Amiens, un saint  Firmin en Espagne  et  un saint évêque d’Uzès. Celui d’Amiens semble le même que celui qui est honoré à Pampelune en Espagne, et pas uniquement pour la feria de la San Firmin !
Le nôtre fut sur le trône épiscopal d’Uzès de 538 à 553. Il avait 22 ans à son élection au siège épiscopal. Il mourut  au lieu dit « Firminargues » sur la commune de Montaren. Presque un concitoyen ! Selon ses volontés son corps fut enterré dans la basilique qu’il avait fait construire en l’honneur de St Baudile, martyr de Nîmes, au quartier de la Perrine près d’Uzès.
Je ne peux ici, par manque de place, faire le récit très coloré du cortège de ses obsèques. Ce bourg, dit de St Firmin, a aujourd’hui disparu. La vénération dont était entouré le prélat amena de nombreux pèlerins vers son tombeau, à la date du 11 octobre, anniversaire de sa mort. A l’occasion de ce pèlerinage se développèrent des échanges commerciaux (il n’y pas qu’à Lourdes !) qui donnèrent naissance à une foire dite de saint Firmin, attestée par lettres patentes du Roi,  dès 1358. La foire a toujours lieu à Uzès jusqu’à la date toute récente de sa suppression cette année et  le bourg de st Firmin a disparu, encore que des découvertes récentes dont une célèbre mosaïque risquent de ramener à la surface l histoire de ce bourg. Encore une autre légende et bien des mystères à éclaircir ! Les reliques furent soustraites à la vénération des fidèles car le clergé local avait été informé d’abus autour de la tombe de st Firmin. Elles furent cachées. On ne les découvrit que très tard, au 19ème siècle, dans la propriété de La Perrine. Sans entrer dans le détail sur l’authentification des reliques et leur partage entre les diocèses de Nîmes et Montpellier, il faut savoir  qu’il en reste bien quelques unes placées dans un reliquaire d’un goût très douteux, placé dans la cathédrale d’Uzès. Goût douteux, mais qui a beaucoup de succès auprès des visiteurs de notre belle cathédrale. Il est vrai qu’il est invoqué pour être le protecteur des esprits faibles… ! N’en déplaise à la fierté bien légitime des uzétiens ! « A la saint Firmin l’hiver est en chemin »
Le 26 septembre, c’est la fête de Côme et Damien. Ce sont les patrons des médecins chrétiens. « Chirurgiens de haut parage, Saint Côme et Damien, Sur moy faictes un chef d’ouvrage, De mes maux froissez le lien ! Ou encore : « Servez saint Côme et Damien, vous vous porterez toujours bien !
Le 29 septembre jour de la Saint Michel, avait lieu à Nîmes une grande foire qui en 1567, bien avant la saint Bathélémy (1582),fut le théâtre d’un affreux massacre, « La Michelade »,  perpétré celui-là par les protestants envers les catholiques. Et l’évêque de Nîmes n’avait dû son salut qu’à l’intervention d’un soldat du clan parpaillot nommé Jacques Coussinal.
Il est grand temps en ce mois de septembre 2017, après un été très chaud, d’espérer enfin ces pluies d’automne : « Quand l’aoubo de san Miqueou est tapado, Ploou quaranto jou e pie uno pasado » « Quand l’aube de la saint Michel est couverte, il pleut quarante jours et plus encore… » « Lei pluio de san Miqueou
Soun jamaï restado au ceou » « Les pluies de saint Michel, ne sont jamais restées au ciel… »
Alors préparons nous à hiverner : « Oou mes de setembreLou calen es a pendre » « Au mois de septembre, la lampe à huile est à suspendre ! »

Bon automne, Bonne rentrée, bon travail !


Adissias !          Jean Mignot le 31 du mois d’août 2017                                                                           

dimanche 30 juillet 2017

du mois d'Août 2017


du mois d’Août 2017


Août, un mois avec l’accent !  pas celui du Midi ou du Nord, ni de Paris. Un mois avec l’accent, ce qui lui donne du caractère, c'est-à-dire le rappel de ses origines « romaines » ; caractère et accent que les ministres  et même la sage Académie voudraient lui enlever, le privant ainsi de ce qui fait sont originalité. C’est d’ailleurs le seul mois avec un accent, mais savez bien que c’est à cause de l’empereur Auguste auquel il est dédié. Que deviendront alors tous nos « aoûtiens » de Paris et du Nord si heureux de retrouver notre Midi sur  nos plages et nos marchés  et nos fêtes votives ? Et quid des aoûtats et du bois « aoûté » ? Pfff, tout se perd ma bonne dame!
Non seulement on voudrait enlever tout caractère à notre mois d’août mais cette année « on » lui enlève sa « Nuit des étoiles » ! Créée  en 1991, cette nuit qui  correspondait au we le plus proche du 9 août parce qu’à cette date on peut observer les Perséides ou « larmes de Saint Laurent », a été fixée pour 2017, à ce dernier we de Juillet. Nos Perséides n’ont qu’à se plier aux ordres  et désormais paraître aux dates décrétées par les administrations. Donc  priées de quitter leur orbite sidérale ! Tout se perd ! on nous change tout !  
Cet essaim de météores (ou pluie d’étoiles filantes) visible dans l’atmosphère terrestre, constitué des débris de la comète Swift-Tuttle et dont la taille est comprise entre celle d’un grain de sable et celle d’un petit poids est observée depuis des  millénaires, au mois d’août, et la proximité de leur manifestation dans le ciel est si proche du 9 août et de la fête de Saint Laurent qu’on les a appelées «  les larmes de saint Laurent ».    Tout se perd vous dis-je !
Les Perséides sont l'une des plus anciennes pluies de météores recensées par écrit. Les premiers rapports datent de l'an 36 en Chine et de l'an 811 en Europe. Les archives connues d'observations systématiques de ce phénomène datent de 1779. Entre 1864 et 1866, Giovanni Virginio Schiaparelli remarque que les Perséides ont une orbite très semblable à celle de la comète Swift-Tuttle. Cette découverte lui permet d'expliquer l'intensité des Perséides en raison de la trajectoire de cette comète, qui a une orbite d'environ 130 ans. Les premières observations de l'astronomie contemporaine ont lieu entre 1868 et 1898.
Dans la nuit du 9 au 10 août 1911, le taux horaire d’observation des étoiles filantes était de  50 météores par heure. Jusqu'en 1920, ce taux a diminué jusqu'à 4 météores par heure, puis est resté constant. Un taux horaire hors norme de 250 météores par heure fut observé dans la grande période des Perséides, en 1920. Ce rapport a rapidement diminué à 65 météores par heure, jusqu'au milieu des années 1970, où il a augmenté jusqu'à un maximum de 200 météores par heure en 1980. Alors à vos compteurs puisque mieux informés que moi ont décrété que ces météores devraient être observés ce we !  La « Nuit des étoiles » et non plus la « Nuit des étoiles filantes » est cette année fin juillet.  Dont acte !  Mais du coup le mois d’août va-t-il perdre cette année une autre de ses caractéristiques les plus remarquables ? ! Moi je persiste et refuse  de me laisser dicter le moment où je devrai  observer ces phénomènes ! Tant pis si je me trompe ! Je doute que  tout d’un coup, après tant d’années d’observations, les Perséides aient changé leurs dates de manifestation. Je vous invite donc à regarder aussi le ciel  pendant ces belles nuits d’août, notamment autour du 10 août,  entre 2h et 5 heures du matin. C’est à ce moment-là  qu’on peut observer les Perséides avec le plus de chance. C’est un spectacle populaire d’autant plus qu’il se produit en période estivale et qu’il va très certainement  faire beau comme cela a été le cas en 1998  en référence au « cycle de Méton », selon les prévisions que je vous ai déjà annoncées dans mes deux dernières chroniques.
Le mot « Perséides » provient du grec et identifie la descendance de Persée fils de Danaé et de Zeus. Puisque les traînées de la pluie d'étoiles filantes semblent provenir de la constellation de Persée,  leur nom est devenu « Perséides ». « Les Larmes de saint Laurent » est le nom donné traditionnellement et poétiquement à ce phénomène.  Pourquoi parle-t-on des larmes de saint Laurent.
Laurent serait né vers 210 ou 220 à Huesca, en Aragon,Espagne. Il est mort martyr sur un gril, en 258 à Rome . Il est célébré le 10 août.
Afin de compléter ses études humanistes et liturgiques, il est envoyé, tout jeune encore, dans la ville de Saragosse, où il fait la connaissance du futur pape Sixte II qui  l'établit  premier des sept diacres attachés au service de l'Église romaine. Il avait, en cette qualité, la garde du trésor de l'Église et était chargé d'en distribuer les revenus aux pauvres. Avant de mourir, il aurait expédié à ses parents, à Huesca, la coupe utilisée par Jésus lors de la Cène, qui faisait partie de ce trésor. L'empereur Valérien ayant repris les persécutions contre les chrétiens, Sixte II et ses sept diacres se cachèrent mais furent découverts. Le pape fut immédiatement condamné à mort. Laurent, dont le plus ardent désir était d'être associé au martyre de saint Sixte, le suivait en versant des larmes et lui disait : « Où allez-vous, mon père, sans votre fils ? Saint pontife, où allez-vous sans votre diacre ? » le pape lui répondit : « Je ne vous abandonne point, mon fils ; une épreuve plus pénible et une victoire plus glorieuse vous sont réservées ; vous me suivrez dans trois jours. » Voila pour les fameuses larmes.
Après l'avoir ainsi consolé, Sixte lui ordonna de distribuer aux pauvres toutes les richesses dont il était dépositaire, dans la crainte qu'elles ne tentent la cupidité des persécuteurs. Laurent distribua donc aux indigents tout l'argent qu'il avait entre les mains, puis il vendit les vases et les ornements sacrés, et en employa le produit de la même manière. Il aurait envoyé à ses parents la coupe qui aurait servi au Christ lors de la dernière cène. Ce calice se trouve dans la cathédrale de Valence. C'est la raison pour laquelle le saint, qui dispensait généreusement des aumônes, est le patron des pauvres.
Refusant de livrer les biens de l’église dont il avait la charge, Laurent fut martyrisé en 258, sur un gril de fer rougi. Il est devenu le patron  des cuisiniers et des rôtisseurs. Curieux ! En évocation de saint Laurent, le célèbre palais de l’Escurial en Espagne est bâti sur un plan en forme de gril. Mais ceci pour une autre raison qui nous ramène encore au mois d’août.  En effet la bataille de Saint Quentin le 10 août 1557  est une victoire espagnole sur la France, bataille au cours de laquelle aurait  été détruite une église dédiée à Saint Laurent.  Par cette victoire d'Emmanuel Philibert de Savoie,  lieutenant général du roi Philippe II d’Espagne, sur les troupes du roi de France Henri II,  aux ordres du Connétable de Montmorency, Saint-Quentin passe aux Espagnols, la route de Paris est ouverte. Mais l’armée de Philippe II, forte de 60 000 hommes, ne marchera finalement pas sur la capitale des rois de France. La résistance des Saint-Quentinois conduits par Gaspard de Coligny, parvenu dans la ville dans la nuit du 2 au 3 août 1557 avec 500 hommes armés fut héroïque et dura dix-sept jours, mais le massacre qui eut lieu sous ses murs laissa sa trace dans l’histoire. La bataille de Saint Quentin fut une défaite très lourde pour la France : elle entraina le Traité de Cateau-Cambrésis en 1559. Gaspard de Coligny est cet amiral sauvagement assassiné au moment de la saint Barthélémy le 24 août 1572. Il était le neveu du Connétable de Montmorency. Quand la première maison des Montmorency s’éteignit, en 1632, avec l’exécution du 3e duc de Montmorency, petit-fils du Connétable, le titre de duc d’Uzès devint premier titre de duc créé et il est encore porté par la famille de Crussol, ce qui fait dire à Uzès que la ville est le premier duché de France ! Il faudrait nuancer un peu plus cela car il y avait encore la maison de la Trémoille, ducs de Thouars  jusqu’en 1933 et  le titre de duc est attribué à la famille de Crussol.  Uzès fière quand même de son titre (sic !) et de son Duché qui vient d’accueillir, pour le plus grand bonheur des badauds, le Prince Albert de Monaco.
On peut noter encore que, présent lors de cette bataille, le chirurgien Ambroise Paré y constata que les asticots d'une mouche verte ( lucilia sericata)), aident à la cicatrisation des plaies de blessés.
Voyez jusqu’où peut nous amener le mois d’août !
«  Saint Laurent partage l’été par le mitan » dit un vieux proverbe. A quelques jours près, la saint Laurent se situe en effet à égale distance du solstice d’été et de l’équinoxe d’automne. «  A la saint Laurent, on le sait, on voit les étoiles filer »
Quoiqu’il en soit, si, ce we ou en début de soirée de ces premiers  jours d’août, vous observez le coucher du soleil, vous verrez vers l’Ouest Jupiter. Elle se couche le 1er août, 2h30 après le coucher du soleil et seulement 1h30 après lui le 31 août. Saturne sera également repérable à l'œil nu, dès la tombée de l’obscurité, assez bas vers le Sud, puis progressivement vers le Sud-ouest. Elle se couche en milieu de nuit.  Aux alentours de minuit, la Lune cessera d'illuminer le ciel pour disparaître à l'horizon. Le ciel révèlera alors pleinement sa splendeur étoilée, et la Voie Lactée se déploiera d'un bout à l'autre du ciel. Mais ne cherchez pas Vénus. La « belle étoile du soir » est encore une étoile du matin, visible en fin de nuit vers l’Est, 3h avant le lever du soleil. Mars et Mercure ne sont pas visibles.
Août 2017 semble bien  s’annoncer pour avoir un temps très proche de celui qu’il a fait en 1998 c'est-à-dire globalement chaud et sec. La pleine lune sera le 7 alors qu’en 1998 elle était dans la nuit du 8 au 9. Il y aura le 7 à 20h20, une éclipse de lune invisible chez nous. Quand la Pleine Lune se produit à un nœud lunaire il y a éclipse de lune. Le nœud  lunaire est le 8 à 12h55. Ces périodes de PL ou de NL et d’éclipses sont des périodes que les plantes ressentent intensément. Il ne faut pas jardiner ces jours-là. 
Jusque là à la Pleine de Lune d’août il devrait faire beau. J’ai noté pour ma part en 1998 : très beau et très chaud notamment 35 et 36 ° à Paris les 11 et 12 août. Et les relevés de la météo indiquent : vague de chaleur du 6 au 12 août 1998. Les prévisions des différents services météo vont dans le même sens pour la semaine qui s’ouvre. 9  août 1998, 39° à Bordeaux ; 10 août 1998,37.2° à Chartres. 37.1° à Paris (min. 21.5°), 38° à Orléans. Orages en Languedoc et Provence. 11 août 1998 ,39.9° à Avalon, 38.7° à Metz, 36° à Grenoble, 34° à Aurillac 41° à Decize (Nièvre), 39° à Auxerre, Troyes, 38° au Mans et Clermont-Ferrand, 37.3° à Paris (min. 21.3°), 37° à  Beauvais, 38° à Nancy. Min. 21.7° à Châteauroux 37.4° à Bordeaux, 36.3° à Strasbourg, 37.8° à Toulouse.
Mesdames et Messieurs les présentateurs des journaux télévisés, vous voila avertis. Ne nous parlez donc plus de « jamais vu » et de « records de chaleur » !
Il fera plus frais probablement après le 15 août. Plus sûrement au moment où s’achèvera le mois lunaire avec la nouvelle lune le 21 et une éclipse de soleil invisible en France. En effet si la Nouvelle Lune a lieu  au voisinage d’un nœud lunaire, il y a éclipse de soleil. Or le nœud lunaire est le 21 à 12h34 et la Nouvelle Lune à 20h25 le même jour.
Je vous ai souvent dit que les quelques jours autour de la Nouvelle lune sont toujours des moments de perturbations atmosphériques, comme cela vient d’être le cas pour la Nouvelle Lune de cette fin juillet. Le 24 août ce sera aussi la fin de la période de canicule et du mois de Thermidor (voir ce que j’ai écrit sur ce sujet au mois de juillet ) 
« S’il fait beau à la saint Laurent il fait beau jusqu’à Saint Gilles », c’est exactement ce qui s’est passé en 1998. Encore !
Par ce beau temps et les vacances c’est le temps des fêtes votives qui continue.
Le terme « fête votive » propre à notre Midi ou « Sud de France », trouve ses origines dans le latin votum : la  "promesse solennelle faite aux dieux et dans « votivus "promis par un vœu, offert en exécution d'un voeu". La fête votive est "la fête offerte en exécution d'une promesse solennelle faite aux dieux."
L'expression fête votive est attestée depuis 1876, propre à certaines régions, notamment dans le Midi, toujours avec le sens de « fête patronale » .
En ancien provençal existe le mot lo vot « promesse faite au ciel par laquelle on s'engage à quelque oeuvre non obligée », et en provençal moderne vot, vo, vou. Dans l'Aveyron on trouve bouot ou bot. Nous trouvons en français le mot vote « vœu, prière » provenant du pluriel vota qui dans tout le midi de la France, de la Drôme jusqu'à la Gironde désigne « la fête patronale », Vaucluse, Languedoc voto, Toulouse boto, Aveyron et Rouergue bouoto, Gers boto.
Dans les Cévennes, on parlait de la boto ou la bouoto ou même de La Botte ( ou Bote) , à la façon de la prononciation espagnole ou le « v » se prononce « b », ce qui aurait  fait écrire à Suétone «  Felices hispani quibus vivre est bibere ».  Déjà on pensait à boire dans ces fêtes… un peu trop et hélas, comme ces Féria ou autres fêtes pour lesquelles s’amuser est synonyme de boire… ! C’était les conscrits de l’année qui « tenaient la bouoto ». La fête comportait essentiellement un concours de jeu de quilles, qu’on faisait tomber avec des boules en bois cloutées. Les parties s’appelaient « les rampaus ». Le lot en jeu était un mouton. Ce jeu durait très longtemps et en chaque « mène »  ou partie,  les uns éliminaient les autres et on allait à la buvette pour attendre son tour.  Un jeu de massacre avec des vieilles boites de conserve, permettait de divertir les uns et les autres. Pêche à la ligne aussi et autres jeux pour s’occuper.  Le bal était animé par un accordéoniste du village voisin.
La veille,  les organisateurs et l’accordéoniste passaient de maison en maison pour vendre la « fougasse ». On donnait  l’aubade, on vendait cette pâtisserie  genre de  brioche, ou « pogne » ( pâte levée en forme de couronne faite de farine œufs  et beurre, parfumée à la fleur d’oranger comme la pogne de Romans, ce qui n’a rien à voir avec la fougasse salée faite de pâte feuilletée et de gratons, on buvait un verre et  on récoltait  ainsi un peu d’argent pour l’organisation. On disait : « promener  la fougasse ». Cela se fait encore dans quelques villages. Cela s’est fait encore à Montaren et Saint Médiers cette année 2017.
Pas de comité des fêtes, pas d’orchestre ou de « dj ». Pas de bodegas ! C’était vraiment la fête populaire au village. Autre temps autres mœurs ! 
Ces fêtes patronales, après la 2ème guerre mondiale, vont se séparer de la fête religieuse et plus tard se décaler vers les beaux jours d’été, avec toutes sortes d’animations pour le plus grand bonheur des « estivants » et des touristes. C’est ainsi que les jeux avec les taureaux, abrivados et concours de manades qui étaient des jeux réservés à la Camargue et aux villages au sud de Nîmes, se sont répandus un peu partout dans nos départements du Sud.  
On ose parler de « tradition taurine » alors que le développement de ces jeux s’est développé tardivement popularisé par la télévision et le fameux « intervilles ».
Aujourd’hui on fait venir orchestre ou « dj » et à grand renfort de techniques on fait beaucoup de bruit  et on boit  et il parait qu’on se divertit bien quand même !
La relation entre la fête votive et le patron de l'église a disparu de la conscience des gens. Dans la liturgie catholique, la « messe votive » reste l’office qui n’a pas de relation avec le temps liturgique ni avec ces fêtes.
Amusons-nous bien en ce mois d’août mais gardons raison  et souvenons-nous de nos vraies traditions si belles ou créons en d’autres ! Place à l’imagination !

Addisias !

Jean Mignot le 30 du mois de Juillet 2017




samedi 1 juillet 2017

du mois de juillet 2017



du mois de Juillet 2017


                
Nous savons tout ce que juillet doit à Jules César et encore plus si nous sommes cévenols puisqu’il a été un des tous premiers à parler des Cévennes dans la  Guerre des Gaules.
Nous savons aussi tout ce que le calendrier doit à Jules César et Juillet par son nom est un bel hommage.  Caius Julius Caesar IV est né officieusement le 13 juillet, à la date des ludi Apollinares ( Jeux Appolinaires institués à Rome en l'honneur d'Apollon). Selon Dion Cassius dans son Histoire romaine,  pour ne pas interférer avec la date de ces jeux,  sa naissance fut officiellement déclarée le 12 juillet.

Nous devons à Jules César la grande réforme du calendrier  qui laisse encore des traces dans le cours de nos mois et de nos jours malgré l’importante mise à jour « grégorienne » de 1582. Par exemple le nom des mois tantôt dédiés à un dieu ou à une déesse ou étymologiquement issue de leur  place dans le premier calendrier romain, septembre, octobre, novembre, décembre.
L’historien romain Suétone précise cette modification du calendrier effectuée par César : «  Il régla l’année sur le cours du soleil, et la composa de trois cent soixante-cinq jours, en supprimant le mois intercalaire, et en augmentant d’un jour chaque quatrième année… »

Comme héritage, Jules César nous lègue encore son nom devenu synonyme d’Empereur, ce que lui n’a jamais été, arrêté dans sa course par son assassinat aux ides de mars.

Ses réformes administratives, comme l’adaptation des  institutions à l’extension de la puissance et à la grandeur du pays ; la nomination directe de la moitié des magistrats et la recommandation des candidats aux élections pour l’autre moitié ; la tentative de refonte du Sénat ; la limitation de la durée des charges et quelques autres réformes pourraient donner des idées à nos responsables politiques actuels !  Réformes qui, nous disent les historiens,  lui permettront de disposer d’une nombreuse élite, nécessaire à l’administration …

Pour ce qui est du temps et des indications que nous donne la lune, je développerai un peu plus, et une fois de plus, ce que peut nous apporter le cycle de Méton en ce mois de juillet 2017. En effet si nous regardons, sur la base de ce cycle de 19 ans, le temps qu’il a fait en 1998, nous avons d’excellentes indications sur le temps de 2017.
Pour juin j’avais indiqué un mois globalement chaud et orageux – capricieux comme Junon ! Après un démarrage lent et froid juin 2017 a bien été chaud, orageux et capricieux. Ce qui a étonné nos présentateurs  de télévision qui nous encore servi du  « jamais vu » et des records jamais enregistrés  alors que les relevés officiels donnaient déjà des records de 40° en 1998 pour ce même mois.  36.3 à Bordeaux, 35° à Nantes, 33.6° à Bourges, 35° à Châteauroux 34.7° à Dinard le 20 juin 1998. 34° à Prilly le 21 juin et 32.7 à Tours. Orages violents sur Wimbledon perturbant  le célèbre tournoi. 22.7° minima à Marseille le 30 juin. « Jamais vu » ???
Pour ma part j’avais noté entre le 16 juin et le 26 juin de cette année là des températures au-dessus de 33 et 34 ° avec des orages autour de la nouvelle lune qui avait eut lieu le 23 juin ( le 24 en 2017 ).
Pour ce qui est de juillet j’avais noté : pluies et orages en début du mois avec quelques jours plus frais aris comme c’est le cas en ce moment,  avec retour de la chaleur  autour de la pleine lune le 9. Les prévisions météo ce soir nous confirment cela. Ensuite devrait avoir  du beau temps et de la chaleur avec des températures au dessus de 33 ° pendant la période de « canicule »  sur laquelle je vais revenir. Orages ensuite autour de la nouvelle lune puis retour du beau temps pour le mois d’août avec de très fortes chaleurs.
Ce qui se recoupe assez bien avec les quelques  relevés suivants :  Juillet 1998. Très contrasté  en France, souvent maussade dans le Nord ; très chaud et sec dans le Sud. 42° à Ponte Leccia et 39° à Galeria en Corse ; 40° à Athènes et 34.3° à Marseille avec un minima de 23.3°. 48° en Sicile le 4 juillet ; 45° en Floride et 36° à Tokyo le 5 juillet. Passage d’un front froid aux approches de la pleine lune du 9 puis gris et froid dans le Nord de la France,  beau et chaud dans le Sud.  37° à Carpentras le 18 juillet ;  40.7° à Gourdon, 35.7 et 32.5° à Bordeaux le 19 juillet. Tout cela suivi d’un mois d’août chaud et sec lui aussi.

Alors c’est quoi ce cycle de Méton ? Larousse nous dit : « Cycle de Méton : période de 235 lunaisons au terme de laquelle les phases de la Lune se reproduisent aux mêmes dates du calendrier, imaginée au Ve siècle av. J.-C. par l'astronome athénien Méton et adoptée en Grèce en 432 av. J.-C. pour mettre en accord l'année solaire et l'année lunaire. »

Qui était Méton ? On  sait qu'il était natif de Leuconoé, canton de l'Attique, proche d'Athènes. Elien, auteur de la première moitié du 3ème siècle après J.-C, dans ses Histoires diverses écrit "Méton de Leuconée, autre astronome, fit élever des colonnes sur lesquelles il marqua les révolutions du soleil, et se vanta d'avoir trouvé la grande année, qu'il assurait être de dix-neuf ans."
L'auteur comique Phrynichos, contemporain d'Aristophane, dans sa pièce Monotropos, situera aussi la naissance de Méton à Leuconoé. Il vivait dans la seconde moitié du cinquième siècle avant J.-C.
Si on  le présente  comme étant astronome, il semble pourtant bien que cette réputation  ne fut que posthume et que de son vivant il était plutôt connu comme géomètre.
Aristophane, dans un passage de sa pièce Les Oiseaux, jouée en 414 av. J.-C.   introduit Méton de cette façon :
METON : Je viens auprès de vous.
PISTHETAEROS : Autre fâcheux ! Que viens-tu faire ici ? Quel est ton dessein ? l'idée de ton voyage ? ta démarche de porteur de kothurne ? (cothurnes) 
METON : Je veux toiser l'air et vous le partager en rues.
PISTHETAEROS : Au nom des dieux, quel homme es-tu ?
METON : Qui je suis ? Méton qui connaissait la Hellas et Kolônos.
PISTHETAEROS : Dis-moi, qu'est-ce que tu as avec toi ?
METON : Des mesures de l'air. Sache, en effet, tout d'abord, que l'air dans son entier est absolument semblable à un four. À l'aide de cette règle courbe, tombant d'en haut, et en y ajustant le compas... Comprends-tu ?
PISTHETAEROS : Je n'y comprends rien.
METON : J'applique une règle droite, de manière à ce que tu aies un cercle tétragone ; au centre est l'Agora, les rues qui y conduisent sont droites et convergentes au centre, ainsi que d'un astre, qui est rond de sa nature, partent des rayons droits qui brillent dans tous les sens…
PISTHETAEROS : Ne l'avais-je pas dit depuis longtemps ? Va-t-en prendre tes mesures ailleurs.
Dans ce passage, Méton est présenté comme géomètre et non comme astronome. Un géomètre qui prétendrait donner une solution au problème de la quadrature du cercle.
Et pourquoi connaissait-il particulièrement Kolônos (Colone non loin d'Athènes) ? Les uns ont avancé que c'est parce qu'il y était né, d'autres parce qu'il y avait construit une fontaine ou un aqueduc. Philochore, auteur du 3ème siècle av. J.-C. précise que Méton n'a jamais rien construit à Colone mais qu'il avait élevé en 432 un héliotropion (gnomon avec repères des solstices) "dans l'endroit où se tient maintenant l'assemblée, près du mur du Pnyx".
( Le Pnyx, sur une colline faisant face à celle de l'Acropole, était le lieu de rassemblement des Athéniens qui y tenaient assemblée. C'est là que Méton aurait érigé son héliotropion... ou autre chose... ou rien.)
Une dernière anecdote sur Méton nous est encore rapportée par Elien dans ses Histoires diverses - « Lorsque la flotte d'Athènes fut prête à faire voile vers la Sicile, l'astronome Méton, qu'on avait compris dans la liste de ceux qui devaient s'embarquer, prévoyant l'événement et craignant les dangers de la navigation cherchait à se dispenser du voyage. Comme il n'y réussissait pas, il prit le parti de contrefaire l'insensé : entre diverses extravagances qu'il crut propres à confirmer l'opinion qu'il l'était réellement, il mit le feu à sa maison, qui était dans le voisinage du Poecile : sur cela, les archontes lui donnèrent son congé. À mon avis, Méton joua mieux le fou que n'avait fait Ulysse, roi d'Ithaque. Palamède découvrit la ruse d'Ulysse, et aucun Athénien ne s'aperçut de celle de Méton. 
( * Les Athéniens portaient la guerre chez les Syracusains : cette expédition ruina les forces d’Athènes et fut suivie de la prise de cette ville par les Lacédémoniens.)
Gardons-nous bien de tirer de cette anecdote une conclusion hâtive. Parce que d'autres textes avancent que c'est pour sauver son fils que Méton eut ce comportement. À moins que ce ne soit par conviction politique. A l’heure où on parle à nouveau de réforme du Service National et militaire en France cette anecdote prend une saveur d’actualité.
Ce paragraphe ne serait pas complet si je ne parlais  pas d'Euctémon, "collègue" de Méton et certainement coauteur du cycle qui nous intéresse. Ce sera vite dit puisqu'on ne sait rien de lui sinon qu'il était, lui, astronome. En l'état actuel des connaissances on peut simplement rappeler  que les deux compères sont immortalisés dans la lune ou deux cratères proches portent leurs noms.
Par un curieux hasard le cratère Méton est dans l'obscurité jusqu'au 19ème jour à partir de la nouvelle Lune. À ce moment-là, il devient visible. A vos lunettes !
Qu'a-t-il découvert exactement ? Méton ou/et Eucténon déterminèrent que la lune revient à la même position dans le ciel interplanétaire tous les 19 ans, soit toutes les 235 lunaisons ou 6940 jours. Si le cycle était exact, cela nous donnerait une année solaire d'une durée de 365,26316 jours et une lunaison d'une durée de 29,5319 jours.
Nous savons qu'il n'en est rien puisque l'année tropique dure 365,242219 jours et la lunaison 29,53059 jours environ. Les deux durées étaient trop longues et firent l'objet de calculs plus longs et plus exacts. Donc ce calcul de Méton est sujet à contestation. On dit même que les chinois auraient observé les même phénomènes et déterminés un cycle semblable dès le 27 e siècle avant JC. C’est le cycle « Zhang ». En 747 le roi Nabû-Azar à Babylone avait fait rectifier un calendrier sur les bases de la durée d’un même cycle de 19 ans.  C'est une autre histoire  qui pourrait être longuement développée ! Je note seulement la précision de ces calcules si anciens qui ne peuvent que nous émerveiller.

Si je vérifie ce qui s’est passé il y a 19 ans, soit en 1998, la pleine lune était le 9 juillet. En 2017 elle sera  aussi le 9 juillet. La nouvelle lune était le 23 juillet et elle sera le 23 juillet cette année. Les nœuds lunaires étaient les 8 juillet et  21 juillet et en 2017 ils sont le 12 et le 25 juillet. Occasion de dire et redire que bien que la lune n’ait pas de rayonnement ou d’influence sur le temps, sa position dans le ciel à ces stades de sa course, est presque toujours signe de perturbations atmosphériques, ciel « mou » ou blanc,  ou de changement de temps, et  surtout des périodes  où les végétaux sont particulièrement sensibles.
Le rapprochement avec le temps qu’il a fait il y a 19 ans n’est donc pas si farfelu que ça, n’en déplaise aux météorologistes patentés, même si les phénomènes ne sont pas scientifiquement prouvés. Les faits sont là ! Et les hommes et les savants continuent de courir après le temps, même si les prévisions deviennent de plus en plus précises. En 423 av. J.-C. Aristophane dans La Paix, se plaint toujours des désordres du calendrier : « En venant ici, nous avons rencontré Diane (la Lune), …qui nous a dit qu'elle était fort en colère des injures qu'elle reçoit tous les jours…. Elle se plaignait de ce que vous n'observez pas du tout ses jours de fête, et de ce que vous les laissez aller confusément.  Et pendant que, nous autres dieux, nous célébrons des jeûnes, c'est justement ces jours-là que vous faites vos libations et vos banquets". A verser au débat sur les ponts, les vacances, les avantages acquis, le travail du dimanche et autres questions et réformes.
Quant à nos dictons, fruits des longues observations de nos ancêtres, je relève que le 9 juillet « à la sainte Procule arrive la canicule » ( ce que je viens d’écrire au début de cette chronique ! ). Sainte Procule est la patronne de Gannat. Le 10 juillet «  le jour de sainte Félicité se voit venir avec gaîté, car chacun l’a pu remarquer c’est le plus beau jour de l’été. » On fête plutôt ce jour le martyre de ses sept fils exécutés sous ses yeux et elle est associée à eux. «  A sainte Félicité c’est le plein cœur de l’été » ou encore «  pluie du dix juillet mouille sept fois du moissonneur le bonnet »
Le 12 juillet « rosée du jour de Saint Savin est, dit-on, rosée de vin » quant au lendemain : « Pluie au jour de Saint Eugène met le moissonneur à la gêne ; mais si le soleil pompe l’eau, c’est signe de huit jours chauds ». Nous observerons bien le temps du 25 juillet car «  saint Jacques serein hiver chagrin »

Dans ce que nous devons à juillet je citerai encore l’adjectif juillettiste (ou parfois juilletiste) qui désigne quelqu’un prenant des vacances en juillet, par opposition aux aoûtiens, prenant leurs congés en août. Ce dernier adjectif étant en voie de disparition si on fait disparaître l’accent circonflexe, comme le veulent les instructions ministérielles et l’Académie.
Quant aux congés scolaires actuels et annuels il faut dire aussi qu’ils n’ont pas toujours été fixés aux dates actuelles.  Au Moyen Age certains collèges fermaient leurs portes du 1er septembre à la Saint-Martin (11 novembre) quand le Parlement de Paris fermait les siennes, du 1er septembre à la Saint-Martin. Dans la première moitié du XIXe siècle, c’était du 16 au 18 août. En 1891, celles-ci avaient lieu du 1er août au 1er octobre. Il fut alors  question de les avancer pour en fixer le commencement au 15 juillet. Un jour, un recteur de l’Académie d’Aix voulut même toucher aux congés de Noël, privilège de la région. Marseille fut en révolution pendant vingt-quatre heures. Les élèves n’assiégèrent pas les portes du lycée pour sortir, mais leurs mères les prirent presque d’assaut pour entrer. Chacune d’elles s’en retourna en compagnie d’un pensionnaire, excepté celles qui en emmenèrent plusieurs. Il fallut rapporter la décision rectorale.
L’opportunité des changements de dates des vacances se pose toujours avec la question du rythme scolaire qui va et vient au rythme des changements de ministres !
Certes il est difficile de travailler quand il fait trop chaud ! mais je laisserai la conclusion sur ce sujet à un médecin :  « J’ai vu parfois des collégiens revenir fatigués des bains de mer, j’en ai rarement vu sortir fatigués du collège ».
Juillet c’est encore la canicule ce qui ne veut pas dire « chaleur » mais qui vient du latin canicula, diminutif de canis (=chien) parce que la période du 24 juillet au 24 août est la période où la principale étoile de la constellation du Chien, Sirius, se lève et se couche en même temps que le soleil. C’est la période de notre mois révolutionnaire de Thermidor le bien nommé. Avec le décalage des cycles des astres, un jour la canicule tombera en plein hiver ! C’est donc un peu un contre-sens d’employer ce mot pour parler de chaleur. Disons que le mot a changé de sens. Il y a en effet longtemps que ça dure et il y a peu de chance que nous puissions vivre encore quand la canicule tombera en hiver. Déjà Pline l’Ancien écrivait : « Quand à la canicule, qui ignore que, se levant, elle allume l’ardeur du soleil ? Les effets de cet astre sont les plus puissants sur la terre : les mers bouillonnent à son lever, les vins fermentent dans les celliers, les eaux stagnantes s’agitent. Les Egyptiens donnent le nom d’Oryx à un animal qui, disent-ils, se tient en face de cette étoile à son lever, fixe ses regards sur elle, et l’adore, pour ainsi dire en éternuant. Les chiens aussi sont plus exposés à la rage durant tout cet intervalle de temps ; cela n’est pas douteux. »
Longtemps les étés « caniculaires » ont eut lieu plusieurs années de suite par c groupe de trois ou de quatre comme dans les années 1331-1334, 1393-1385 ou 1778-1781. Emmanuel Leroy-Ladurie développe longuement cela dans ses ouvrages.
Vénus,  notre « pâle étoile du soir »,  la si belle étoile du Berger, l'astre le plus brillant après la Lune et le Soleil n’est pas un astre du soir en ce moment et n’est visible que le matin,  un peu plus d’une heure avant le lever du soleil, à l’Est. Au fait, pourquoi étoile du Berger ? Vénus brille si intensément qu'elle est la première "étoile" à apparaître dans le ciel du soir après le coucher du Soleil, ou au contraire la dernière à disparaître à l'aube, selon les périodes. On peut donc supposer que les bergers ont toujours été très familiers de cet astre particulier qui marque le début ou la fin de leur journée avec leur troupeau.
A l'oeil nu son aspect est celui d'une étoile, même s'il s'agit bien d'une planète: contrairement aux étoiles qui émettent leur propre lumière, Vénus réfléchit la lumière du Soleil.

Ne pas confondre ! L'étoile du Berger avec l'étoile Polaire, cette étoile amie des navigateurs qui indique le Nord. En ce mois de juillet essayons de rester la tête froide en toutes occasions et ne perdons pas le Nord en ne cédant pas trop vite à toutes ces fausses informations qui circulent encore comme cet « hoax » qui refait surface chaque année depuis 2005 et qui annonce un phénomène qui n’aura pas lieu  et qui n’a jamais eu lieu,  de mars aussi grosse que la lune au prochain mois d’août ! Qu’on se le dise et inutile de polluer nos boites aux lettres en diffusant cette fausse  information, comme je l’ai plusieurs fois rappelé dans ces chroniques.
Portez-vous bien ! Adissias !



Jean Mignot au soir du 1er juillet 2017