samedi 21 avril 2018

C'est énervant ! ...

Mais ça devient vraiment énervant d'entendre qu'on a battu tous les records de chaleur et qu'on n'a jamais vu depuis x année. C'est quoi cette désinformation ?
11 avril 1939 les fortes chaleurs provoquent une avalanche de boue dans les Grisons. Il fait 28° à Paris
14 avril 1949 Pâques estivales. On relève 25 à 30 ° degrés.
16 avril 1949 on se baigne et on campe comme en plein été . Il fait partout plus de 30°
17 avril 1934 après de fortes chaleurs des orages de grêle provoquent des dégâts à Paris
20 avril 1968 une brutale vague de chaleur coïncide avec une montée de la tension sociale...tiens ! tiens
Et je pourrais prendre des exemples semblables avec le mauvais temps et le froid lié à la "lune rousse" et aux Saints de Glace. Allons mesdames et Messieurs les journalistes, vous avez un devoir de vous informer avant de nous manipuler par de fausses informations !
Et selon le cycle de Méton, qui veut que les cycles de la lune se reproduisent à quelque chose près tous les 19 ans , je relève, en 1999
1er au 6 avril 1999 :Chaud. 22.3° à Tours
3 avril 1999 :min. 15° à Perpignan
4 avril 1999 :25.5° à Perpignan (min. 15.2°). Min. 12.2° à Bordeaux et 10.9° à Bourges
5 avril 1999 : 26.6° à Bordeaux, 28.5° à Perpignan. Min. 10.9° à Bourges
6 avril 1999 :23° à Prilly. Il fait encore 18° en soirée (vent de sud) 24.8° à Lyon et 26.9° à Toulouse
26 avril 1999 :A nouveau chaud
27 avril 1999 :max. 11.1° à Bordeaux
29 avril 1999 :Minima élevé à Bourges
Mais aussi :
14 avril 1999 :Froid. Max. 4.5° à Paris et 7.8° à Rennes
15 avril 1999 :Fortes chutes de neige lourde, pas plus de 1° à Prilly. Très similaire à 1998 14 cm de neige à Grenoble, 5 cm à Lyon. Max. 9.5° à Perpignan, 6.0° à Strasbourg et 1.6° à Grenoble !
16 avril 1999 : max. 5° à Prilly. La neige tombée la veille tient au sol
Alors il est où cet "exceptionnel" Mesdames et Messieurs des Médias qui manipulez à longueur de journée les informations ?...

samedi 31 mars 2018

du mois d'avril 2018


du mois d’Avril 2018
Plus que jamais cette année avril justifie son nom tiré du latin « aperire » « ouvrir » car il s’ouvre avec la fête de Pâques signe de résurrection, dont la date a été fixée par le  concile de Nicée au premier dimanche qui suit immédiatement la première lune de printemps. On est bien dans cette configuration et la Pleine Lune était le 31 mars.  Le  concile de Nicée, il convient de le préciser, avait été  convoqué non pas par le Pape, mais par l’empereur Constantin le Grand. L’autorité civile avait besoin pour gérer ses peuples de références  communes. C’est  le même souci qui fera prendre la décision, en 1564, de fixer au 1er janvier le début de l’année. C’est l’Edit de Roussillon, signé dans cette ville de la vallée du Rhône, où la Cour de Charles IX,  fuyant la peste qui sévissait à Lyon, s’était réfugiée,  au cour de ce long « tour de France » organisé par Catherine de Médicis pour affirmer l’autorité royale dans un pays désorganisé par les guerres de religion, et où l’année commençait selon les régions ou les diocèses à des dates très différentes. L’édit de Roussillon enregistré dès cette année 1564 par le Parlement de Paris, fut appliqué petit à petit avec plus ou moins de bonheur et beaucoup de réticences. Dès qu’il faut changer les habitudes on sait bien nous les français combien c’est difficile d’évoluer ! et le pouvoir en place n’était pas celui que certains auraient voulu ! Sans allusion bien sûr à d’autres situations connues ! La décision fut appliquée à Paris en 1567, à Beauvais en 1580. Cela nous amènera  bien vite à la nécessité de réformer encore et ce sera alors l entrée en vigueur du calendrier « grégorien » en  1582.  C’est toujours et encore très compliqué, malgré les progrès de la science et de l’astrologie, de faire coïncider le cycle du soleil et de la lune !  Le calendrier républicain avait fait un autre choix plus adapté, en faisant  commencer l’année le jour de l’équinoxe d’automne  le 22 septembre.
Même souci donc chez Constantin  et  pour Charles IX  - encore qu’à l époque ce jeune roi ne faisait que signer ce que sa mère et ses conseillers lui dictaient,  dont le célèbre Michel de l’Hospital – d’avoir des références communes pour gérer un peuple, pour imposer une autorité et pour lever  des impôts ! C’est bien plus facile. C’était aussi un des objectifs, au-delà de la recherche d’une coïncidence qu’on retrouve dans la réforme du calendrier  « Julien ».  Une preuve à cela fut que les Pontifes chargés de faire appliquer la réforme julienne, voyant leurs prérogatives disparaître, mirent tant de mauvaise volonté à l’appliquer que l’année dura 450 jours et fut appelée «  l’année de la confusion »
C’est la décision de 1564 qui serait à l’origine de nos  « poissons d’avril ». On se plait à raconter que le 1er avril 1565, c'est-à-dire celui qui suivait la décision de Roussillon, les habitants de certaines régions n’acceptèrent pas ce changement et continuèrent d’offrir des cadeaux farfelus de toutes sortes qui devinrent vite des farces, des blagues et des canulars. Selon les corps de métiers, on demandait aux apprentis les moins dégourdis, de ramener « la  corde à lier le vent », « la passoire sans trou »,  « la clef des champs », « le bâton à un seul bout » ou de « l’huile de coude ».
C’est une explication sur  l’origine du poisson d’avril.
En Angleterre, le poisson d’avril se dit « april’s fool ». C’est l’occasion  de faire de nombreux gags. En Ecosse, c’est le traditionnel « hunt the gowk ». Gowk c’est le coucou. On envoyait l’idiot du village porter un message; celui qui le recevait envoyait le messager à une autre personne, et ainsi de suite jusqu’à ce que le messager finisse par ouvrir le message et lise ces mots « chasse le coucou un mile de plus ! ».  Vas voir plus loin si j’y suis ! Quand il revenait le soir, éreinté d’avoir couru pour rien toute la journée, les farceurs ayant organisé ce tour pendable, se réunissaient pour rire à ses dépens. La personne dupée était appelée « April gowk » « coucou d’avril ».
Aujourd’hui on retiendra qu’un  « poisson d’avril » est une plaisanterie, que l’on fait le 1er avril à ses connaissances, à ses amis et sa famille. Il est aussi de coutume de faire des canulars dans les Médias, aussi bien presse, radio, télévision que sur Internet. Pour les enfants, il consiste à accrocher un poisson de papier dans le dos des personnes dont on veut se moquer. « Poisson d’avril ! » est aussi l’exclamation que l’on pousse une fois qu’une des plaisanteries est découverte.
Face à tout cela, pour savoir si nous sommes bien en avril, je me réfère au chant des oiseaux et à nos vieux dictions : « Ce n’est jamais avril si le coucou ne l’a pas dit ! »  ( Il n’a pas encore chanté dans notre région ! ) et il fait bien trop froid et trop de vent pour trouver des morilles. Car : « si le coucou chante, morilles en ton panier ! ». Attention, ne confondons pas le chant de la huppe et celui du coucou. Tendons bien l’oreille ! Le chant du coucou est sur deux notes, alors que celui de la huppe est sur la même note répétée deux ou trois fois.  Les  huppes seront bientôt de retour. Chaque année leur fidélité est un signe pour les prochains beaux jours !
Cette année, les Pâques chrétiennes coïncident avec la Pâque juive.  Pessa’h est célébrée le 14 du mois de Nisan, qui correspond à la première lune de printemps. Cette fête célébrée dès le II e siècle, est établie à partir de la référence du calendrier hébreu qui est un calendrier « lunisolaire » donc établi sur deux bases, ce qui le rend très compliqué C’est l’une des fêtes les plus importantes du judaïsme, mémorial de l’événement fondateur du peuple d’Israël, narré dans le Livre de l’Exode: la sortie d’Égypte des Hébreux sous la conduite de Moïse, soit le passage de l’esclavage à la liberté, des ténèbres à la lumière.
La fête de Pâques commémore quant à elle, la mort et la Résurrection de Jésus, le cœur de la foi chrétienne. Jésus, le nouveau Moïse, libère l’humanité de la servitude du péché; il est l’agneau pascal, qui par son sang, scelle une nouvelle alliance entre Dieu et les hommes.
La fête de Pâques trouve donc ses racines dans Pessa’h; pour les chrétiens, elle en est l’accomplissement. La ritualité juive de Pessa’h et la liturgie pascale présentent d’ailleurs de nombreuses convergences. Je recommande sur ce sujet  la lecture d’un ouvrage paru en 2015, aux Editions de l’Emmanuel : » les racines juives de la messe », du père Jean-Baptiste Nadler.
L’amplitude du décalage des lunaisons avec les calendriers solaires donne une grande variante  à l’application de la  règle qui détermine la  fête de Pâques. Elle peut se retrouver au plus tôt le 22 mars et au plus tard le 25 avril. En 2019 Pâques sera le 21 avril et en 2020 le 12 avril !
Or  Pâques, entraîne à sa suite la date des fêtes accompagnées de  nos  sacrés et intouchables ponts et congés,  férias et fêtes en tous genres qui vont être bien perturbés par les grèves, manifestations et revendications annoncées, dont on peut légitimement  se demander s’il s’agit vraiment de la défense d’un service qui devrait  être public ( c’est le prétexte) ou de statuts et privilèges souvent d’un autre siècle ( ce qui serait plutôt la motivation ! )  N’y touchons pas.. ! Les partisans et responsables de ces organisations nous disent bien sûr que c’est la défense du  « Service Public » qui est en cause, sans vraiment accepter que soient remis en cause des dispositions qui aujourd’hui n’ont plus de raison d’être et sont même très inégalitaires. Il ne me sera pas nécessaire de donner ici des exemples pour me faire comprendre !
Au  nom du principe de l’avantage acquis, qui songerait  aujourd’hui  à remettre en cause le lundi de Pâques férié et qui n’a rien de religieux, lui ! En des temps où nos dirigeants et responsables de tous bords, par peur de blesser tel ou tel, s’abritent  derrière le principe de laïcité, appliqué en dépit d’une vraie égalité, on n’ose toucher à cela, en mettant bien vite la responsabilité de l’immobilisme sur l’Eglise de Rome qui a pourtant dit depuis bien longtemps qu’elle était ouverte à un changement. On pourra lire à ce sujet l’excellent article de l’Encyclopédia Universalis.
Pâques nous amène les œufs et le chocolat. Bonne aubaine pour les commerces. Et là encore on n’oserait remettre en cause cette tradition qui a pourtant une origine bien religieuse !
Pendant le jeûne du Carême des chrétiens, l’Eglise n’autorisait  pas la consommation des œufs. D’où ce déploiement d’inventivité autour des œufs  de Pâques. Dans le Sud de la France, mais cette tradition touche de nombreuses régions, il est de coutume de faire un grand pique-nique en famille, avec les amis, avec comme plat principal  une omelette.  Le « lundi de Pâques » c’est « le Lundi de l’Omelette ». Je regrette ici très amèrement que nos amis qui organisent  les festivités au Pont du Gard où les habitants de la région avaient coutume d’aller « faire l’omelette » n’aient pas eu l’idée toute simple de proposer dans le panier repas ou dans les stands tenus sur place ce jour-là, une traditionnelle omelette voire  une tortilla froide à la façon espagnole. Ce serait si simple ! ou trop simple ! …Alors on dit « Garrigue en fête » Pourquoi pas !
La « chasse aux œufs » est  une chose qui se pratiquait plutôt en ville et plutôt chez les riches ou à la Cour. De fait l’église catholique a récupéré une vieille tradition de l’Antiquité. Chez les Egyptiens et les Perses on offrait des œufs pour symboliser le renouveau et le retour du printemps. L’œuf est bien un symbole de vie.
Pâques c’est aussi les cloches. La liturgie de l’’église prescrit de ne pas les sonner  pour marquer le deuil après la mort  du Christ. Les parents racontent alors aux enfants que les cloches sont  parties à Rome se faire bénir par le Pape !  Sur le chemin du retour elles déposaient des œufs dans les jardins.
C’est pour marquer cette période de deuil de l’église qu’à Uzès et là où ils existaient, on fermait  les volets des orgues pour atténuer leur son. On le faisait à toutes les périodes  de pénitence. .
On ne trouve pas que des œufs en ce début d’avril. Des poissons et des cloches on le peut comprendre. Mais aussi des lapins et des lièvres. C’est parce qu’ils sont eux aussi traditionnellement des signes de renouveau.
Quant au chocolat il a fait son apparition plus tardivement au début du 19e siècle. Le commerce s’est énormément développé et on estime à plus de 15000 tonnes le chocolat vendu à Pâques.
Avril « tout nouveau » n’est pas uniformément « tout beau » même si on le voudrait bien surtout avec les vacances qui arrivent ! En dépit du calendrier c’est un mois qui tient  largement de l’hiver pourtant terminé, et ses froids passagers souvent pinçant, sont d’autant plus mal accueillis que l’on espère les beaux jours.
Avril  c’est la lune fameuse « Lune Rousse » qui arrive. Elle commence cette année le 16 avril et se terminera le 15 mai. C’est pendant cette lunaison que ce situent les célèbres « saints de glace » dont on ne retient  que les derniers, Mamert, Servais et Pancrace, au mois de mai ! D’ailleurs depuis la réforme liturgique romaine, ils n’existent plus sur nos calendriers. Pas plus d’ailleurs que l’ensemble des saints en général mais pour une autre raison non avouée.  Je souligne en effet ici, que depuis quelques années, tant à la télévision que sur le calendrier du facteur, on nous parle de la fête de tel ou tel en ne donnant que le prénom sans dire «  saint »  par souci de ne pas choquer certains ! On  n’est pas à une absurdité près et on est bien trop faible de cacher nos vraies racines par souci d’égalité, de laïcité et de dialogue. Je suis de ceux qui continuent de penser que pour dialoguer avec l’autre il faut bien savoir qui on est et que cacher ce que l’on est et d’où l’ on vient, ce n’est pas se positionner en condition de dialogue. D’où l’importance  de rappeler nos dictons et traditions.
Au début du printemps, quand le ciel est bien dégagé, dans la journée, les petites pousses des plantes et des arbres se gorgent de chaleur. Mais la terre est plus longue à se réchauffer. Quand le soleil se couche, au niveau du sol, le froid se rétablit plus vite et souvent une rosée se dépose sur les végétaux et provoque un choc thermique qui roussit les jeunes bourgeons. C’est pourquoi on appelle cette lunaison : « la Lune Rousse ».  Cela n’a rien à voir avec la couleur de la lune à son lever.
 « Lune rousse, vide bourse » ; « lune rousse, rien ne pousse » ; « Gelée de lune rousse de la vigne ruine la pousse » ; « Récolte n’est point assurée que la lune rousse soit passée »
C’est au cours de cette lunaison que se situent les saints cavaliers  et les saints de glace. Pour le moment on parle encore de « saints » !
Saint Georges, est le premier de la liste, le 23 avril.  Ce saint est en effet accompagné d’une kyrielle de proverbes et de dictons sur la pluie dont je ne citerai que celui-ci : « Pluie de saint Georges, coupe les cerises à la gorge ! » Ce jour  la lune sera montante depuis le 16, et ce pourrait bien être un début de changement de temps. Le deuxième saint cavalier est saint Marc le 25 avril : « A la saint Marc s’il tombe de l’eau, Il n’y aura pas de fruits à couteau ». C’est à dire de fruits dont on enlève la peau avec un couteau pour les manger. Dans les Cévennes c’est entre la saint Georges et la saint Marc qu’il faut mettre les « graines » c'est-à-dire les œufs de ver à soie à couver.
« Marquet (Marc), Georget (Georges), et Philippet (Philippe) sont trois casseurs de Gobelets » a écrit Rabelais. Saint Philippe était autrefois fêté le 1er mai.
Pourquoi casseurs de gobelets ? Parce que le froid ou la grêle ces jours–là est néfaste pour la vigne, donc au vin, donc aux pichets et aux gobelets. Les dictons nous parlent aussi de Tropet ou Saint Eutrope, le 30 avril : «  Saint Eutrope mouillé cerises estropiées. »
Il nous restera à affronter au mois de mai les derniers saints de Glace les plus populaires  les 11,12 et 13 mai, « Mamert, Servais et Pancrace, voilà les trois saints de glace. »
D’ores et déjà la conjonction  des signes de la courbe lunaire, Nouvelle Lune, Périgée et Nœud Lunaire laissent présager des perturbations atmosphériques autour des ces trois dates du 15 au 20 mai.  
« Il n’est si gentil mois d’avril qui n’ait son manteau de grésil » ou « il n’est point d’avril si beau qui n’ait neige à son chapeau ». Ce rabiot d’hiver, qu’il nous est difficile d’accepter sans récrimination, doit nous inciter à la prudence : « En avril ne te découvre pas d’un fil » ou «  O mès d’obriéou quittès pas eu piéou ». « On n’est pas sorti de l’hiver qu’avril n’ait montré son derrière » ou plus noblement «  qu’avril ne soit laissé derrière ».  La prudence s’impose.  Ne nous découvrons pas trop vite et ne nous exposons pas trop au soleil.
Addissias

Jean Mignot  le 31 mars 2018


                                                                                                                                                                                                                                              

samedi 24 mars 2018

de la fin Mars 2018 et des Vaquerieu ou des "Jours de la Vieille" ...




« Ce que mars couve, on ne le sait qu’après son trente et unième jour » 
nous dit un vieux dicton. Ou encore : « Soit au commencement, soit à la fin, mars montrera son venin ». En pays d’Oc on dit « Mars marsejo » ce qui veut bien dire : mars fait son temps de mars, c'est-à-dire mars n’en fait qu’à sa tête ! Rien de sûr. Mars est capricieux.

Il existe une vielle légende au sujet de cette fin de mois, ce qui à mes yeux ,démontre bien que ce temps que nous avons s’est souvent reproduit au point d’engendrer une légende et des dictons. La voici dans une version adaptée par mes soins, selon ce dont j’ai souvenir lointain de ce que j’ai entendu dans mes Cévennes. 
Une étude plus approfondie des différentes versions serait un bon sujet pour des étudiants d’écoles spécialisées. Ceux qui sont intéressés peuvent se procurer l’ouvrage : « les jours de la vieille » de Marcelle Delpastre et Albert Pestour  édité par la Société d’études historiques et archéologiques de la moyenne Corrèze, à Tulle en 1961.
« La vieille » prend une signification météorologique. En Provence elle représente souvent la nature.
Le journal local «  le Républicain d’Uzès » qui dans une autre orientation que certains regrettent, publiait des textes sur les histoires et traditions locales, avait donné dans ses pages, il y a une trentaine d’années, la version la plus proche de celle que je connais par tradition orale et qui est aussi la version de Frédéric Mistral qui dans « Mireille » écrit sur ces jours de mars « e li jour negre de la vaco » : «  ce sont les jours noir de la vache ». Aujourd’hui là aussi on préfère trop souvent le fait divers et le sensationnel !
 Une vielle dame, s’étant gaussée d’un hiver bien peu rigoureux, avait perdu son troupeau de brebis, à cause des assauts du mauvais temps, par périodes de rafales brusques et imprévues, que rappellent à notre mémoire quelques vieux dictons bien connus de nos Anciens. Elle ne se découragea pas pour autant et remplaça son troupeau par  autant de vaches plus robustes, pensait-elle…Le mois de mars fut favorable à son élevage et elle n’avait qu’à s’en féliciter. A la lumière de l’expérience elle eût dû en rester là. Elle eut la sottise de dire : « En escapan de mars e de marséu, aï escapa mi vaco e mi vedéu. », (En échappant à mars et à ses giboulées J’ai sauvé mes vaches et mes veaux). Fâché d’une telle ingratitude, le mois de mars va trouver son voisin : « « Abriéu, n’aï plus que tres jour, presto-m’en quatre li vaco de la vieio faren batre. ». (Avril, je n’ai plus que trois jours, prête-m’en quatre, les vaches de la vieille nous ferons battre= mourir).  Avec l’accord d’avril, une gelée tardive tua la végétation et cette fois encore la vieille perdit son troupeau.
Il existe plusieurs variantes de cette histoire selon les régions ou les pays, notamment tout autour du bassin méditerranéen. Mais pourra-t-on encore parler des régions quand elles seront regroupées et donc un peu trop uniformisées, la réforme risquant de laminer nos vieilles coutumes. Heureusement nos traditions sauront résister tout comme la vieille de cette légende !
En Provence on raconte qu’après un hiver peu rigoureux, une vieille se moqua du mois de février parce que celui-ci n’avait pas été très rude. Le mois de février en fut très fâché. Il demanda au mois de mars de bien vouloir lui prêter trois jours. On relira ma chronique de février sur ce mois sournois  - qui dans ses derniers jours nous a surpris par un froid intense qui a commis pas mal de dégâts, et le plus court de tous les mois de l’année. Alors se leva un mistral fou qui emporta tout sur son passage. Il fit froid. Le troupeau de brebis – les bédigues- de la vieille moururent. Elle se lamenta quelques jours puis décida d’acheter des vaches car elle pensait qu’elles résisteraient mieux au mauvais temps. Vers la fin du mois de mars, il faisait beau, les arbres fruitiers avaient déjà fleuri, les rosiers commençaient à ouvrir leurs boutons, Pâques était là, l’équinoxe était passée, le printemps était là. La vieille dansait de joie pensant avoir sauvé vaches et veaux. Mars se vexa et voyant que le mois allait se terminer sans qu’il ait pu faire périr les vaches de la vieille, il se retourna vers son voisin avril et lui demanda de lui prêtre quatre jours. Des gelées survinrent et brûlèrent la végétation. Les vaches périrent. Ainsi, soit durant les derniers jours de février, soit les trois premiers jours de mars ou pendant les derniers jours de ce mois ou encore au début du mois d’avril on peut encore entendre, dans les campagnes de nos pays d’Oc, les lamentations de la vieille, portées par le fort vent qui souffle alors.
L’hiver se rappelle à nous en nous disant qu’il peut être tardivement très rude, même si nous avançons tranquillement vers le printemps. Les prévisions consultables à l'heure actuelle ne nous donne pas beaucoup d'espoir pour de beaux jours proches ! 
Selon d’autres versions de cette légende, la vieille, sortant trop tôt son troupeau de l’étable, voit celui-ci pétrifié. D’autres versions disent que c’est la vieille elle-même qui est pétrifiée comme chez les Aït Ouaran qui disent que les mégalithes du Mont Buiblan, ou le mont lui-même, au sud de Taza, au Maroc, sont la vieille pétrifiée au milieu de son troupeau.
A Fez, chez les Hayaina, on parle d’une vieille enlevée avec son troupeau de chèvres par un torrent en crue. Selon les lieux on trouve en effet des variantes sur le bétail : moutons et brebis, chèvres ou vaches. Ou même d’une seule vache et de son veau. Chez les Seksawa, plus au sud du Maroc, on dit que la vieille fit tondre son troupeau trop tôt croyant le froid fini, ce qui contribua à faire périr les moutons. Chez les Ntifa on parle pour ces jours de fin mars du « jour de la Chèvre ».
D’autres légendes courent sur ce thème en Italieen Espagneen Grèce et chez les Serbesen Roumanie  et en Bulgarie, et dans bien d’autres lieux.
Des versions différentes sont transmises de bouche à oreille avec parfois des versions plus drôles ou plus grivoises. Je m’en tiendrai aux quelques références données.
Ce qu’il faut retenir, c’est que la nature n’a pas fini de nous surprendre. Qu’il faut la respecter, sinon elle sait nous rappeler à l’ordre.
Quant aux savants et météorologues et autres astronomes, ils pourraient fort bien nous expliquer, sur la base de leurs observations  très précises, que le positionnement de la terre dans sa course autour du soleil, ou de la lune dans sa course autour de la terre et la situation de tout cela dans le cosmos planétaire présentent des coïncidences, attestées par des proverbes, dictons ou légendes qui pourraient permettre de dire que tous les éléments sont rassemblés pour que l’on puisse dire, avec peu de chances de se tromper,  le temps qu’il va faire. En tous cas ne pas ignorer ces phénomènes et leurs influences. Tout juste si on évoque vaguement les saints de glace ou la saint Médard, à peine la lune rousse !  On a même gommé l’emploi de « saint » devant le nom de ces illustres qui faisaient référence. Il ne faut choquer personne. Ecoutez bien nos informateurs nationaux. « Demain on fête les Médard ». Plus la saint Médard !...
Ces prévisions peuvent évoluer sensiblement. Mais ce qu’on peut affirmer c’est que tous ces derniers jours de mars il fera plus froid que la moyenne.
Car « si l’hiver ne janvroie, si février ne févroie, mars vient  que ne laisse rien » dit-on en Eure et Loir. C'est-à-dire que janvier se doit d’être froid et février pluvieux, sinon les effets de l’hiver surgiront en mars, anéantissant toutes les promesses de récolte. 
Et il faudra s’attendre à des attaques semblables de mauvais temps, avec des risques multipliés, pour la prochaine « lune rousse » qui doit commencer le 16 avril 2018 avec sa litanie de « saint Cavaliers » et de « saints de Glace ». Prudence ! Car les saints de glace ce ne sont pas uniquement ceux dont on nous parle au mois de mai. 
Il faudra regarder le temps qu'il va faire le jour des Rameaux, le 25 mars car :" can ploou sul rampal ploounsul boulan "  ce qui veut dire que s'il pleut pour les Rameaux, il pleuvra sur la faucille c'est à dire au moment des moissons  en juin. Et si à la place de la pluie nous avons du vent :" Vent souffle au jour des Rameaux ne change pas de sitôt ou " Le vent pour les Rameaux bénits, toute l'année souffle et s'ensuit " 
Cela fera un des objets, sans doute, de ma chronique d’avril. En attendant et plus que jamais veillons à ne pas nous découvrir du moindre fil et attention de ne pas nous exposer au très mauvais soleil de mars même si en milieu de journée il fait 20° ou plus  comme ce fut le cas le 24 mars dans notre Midi.!
A Diou sias !


mercredi 28 février 2018

de mars 2018



de mars  2018


Les trois premiers jours de mars sont appelés «  jours de remarque ». Ils sont censés indiquer,  dans certaines régions, le temps à venir. Le premier jour donne des indications pour le temps de mai ; le deuxième pour le temps d’avril et le troisième pour le temps de mars… Si on regarde le temps de ce début de mois, on peut donc craindre que la fin du mois ne soit pas très bonne, ce qui rejoindrait une autre série  de « jours de remarque » que sont les « vaquarieu », les trois derniers jours du mois, qui sont souvent des jours ou le mauvais temps vient soudainement frapper la végétation naissante, alors qu’ on croyait le printemps bien arrivé. Ces  sautes d’humeur du mois nous appellent à rester prudents et nous n’enlèverons pas encore les voiles d’hivernage de nos orangers ou citronniers ou autres plantes gélives. " Soit au commencement, soit à la fin, mars nous montrera son venin."
Après le froid glacial de cette fin février  jusqu'à ce mercredi 28,  le redoux devrait être"brutal" dans le Sud avant de se propager au reste du pays d'ici la fin de la semaine prochaine. La Pleine Lune du 2 mars est signe de ces changements ! La plupart des sites météos parlent d’une arrivée rapide du printemps.  C’est assez surprenant d’écrire cela alors que les divers Médias nous rabâchent, de façon un peu trop exagérée me semble-t-il ! des annonces de « vague de froid », - ce qui est un emploi inapproprié de ce terme - et des alertes de chute de neige, en oubliant que ce n’est pas nouveau et que c’est même assez fréquents d’avoir eu de la neige en ces premiers  jours du mois de mars. Il suffit de regarder ce que disent les journaux des dix dernières années. On oublie ou on ne veut pas savoir et, « principe de précaution oblige », on annonce, comme ça personne ne pourra dire «  on ne nous l’avait pas dit ». Il faudrait en ce domaine comme dans d’autre qu’on revoit les choses avec des informations plus réalistes et surtout plus raisonnables et « responsables » !
Tout le monde parle des chutes de neige mais nul ne  dit que les ces chutes de neige sont suivies  d’un redoux. Voici par exemple ce que publie le site de Méteo Languedoc : «  En raison de l'arrivée de masses d'air froid intense venues de Russie, Météo France a déjà enregistré lundi matin des températures très basses en plaine, avec notamment -10°C dans l'Ain, -9°C à l'aéroport de Bâle-Mulhouse, -8°C à Strasbourg et Nancy. Des températures encore plus rudement ressenties en raison du vent. Mais "on va encore perdre entre un et trois degrés" mardi, qui sera "la journée globalement la plus froide" avec a priori des températures négatives » C’est exactement ce qui s’est produit ce 27 février !  «  A partir de mercredi après-midi, "le redoux arrive de façon assez rapide et assez brutale dans la partie Sud", en particulier dans le Sud-Ouest, "qui pourra gagner une dizaine de degrés en 24 heures". Le redoux se produira plus progressivement dans le nord du pays. Mais il finira par arriver partout au cours du week-end et "dimanche pourrait même être quasiment une journée printanière avec des températures proches des 15°C voire au-dessus, au sud de la Loire". Dernière précision, le redoux devrait s'accompagner de nouvelles chutes de neige à partir de mercredi, ( ce sont les chutes de ce jour chez nous) avec entre 5 et 10 cm attendus sur l'Aquitaine ou certaines parties du Languedoc. » Alors arrêtons les annonces sensationnelles sur les scenarii catastrophes !
Mars c’est Ventôse, le sixième mois du calendrier républicain. Il correspondait à quelques jours près (selon l'année) à la période allant du 19 février au 20 mars du calendrier grégorien. Il tirait son nom « des giboulées qui ont lieu, et du vent qui vient sécher la terre de février en mars », selon les termes du rapport présenté à la Convention Nationale le 3 brumaire an II (24 octobre 1793)  par Fabre d’Eglantine, au nom de la « Commission chargée de la confection du calendrier ». Le décret du 4 frimaire an II (24 novembre 1793) orthographiait le nom du mois ventose, sans accent circonflexe. L'ajout généralisé de cet accent s'est installé progressivement, à une époque ultérieure indéterminée.
L'ère républicaine s'étant achevée le 1er janvier 1806, Ventôse an XIV n'a jamais existé, dans l'usage légal. Je trouve assez surprenant que notre journal local à Uzès s’obstine à indiquer chaque semaine la correspondance avec ce calendrier ramené désormais à du passé, et ce d’autant plus que les tables de correspondances sont compliquées à établir. Il faut par exemple plusieurs tables de conversion pour trouver cette correspondance avec en plus les complications liées aux années bissextiles, et donc un risque très grand de se tromper dans ces indications qui relèvent des spécialistes et n’apportent pas grand-chose pour les lecteurs, surtout sans explications !  De même pour cet éminent haut fonctionnaire départemental, représentant d’un ministère où on attend un peu plus de célérité dans les prises de décision et dont on parle toujours de surcharge de travail, ( qui potest capere capiat ! ) qui chaque jour publie sur son compte tweeter  ces correspondances d’un autre siècle ! C’est bien sûr son droit et sa liberté totale, mais il me semble qu’il doit avoir autre chose à faire ! Chacun sa  liberté !  Certes !... « Chacun son métier, les vaches seront bien gardées ! ». Vous pouvez bien sûr me dire que « moi aussi.. ! » mais je ne suis ni journaliste ni en responsabilité de la vie publique et je n’ai jamais eu la prétention de donner des prévisions mais seulement de dire que certains constats, ont amené nos anciens à dire, par de nombreux dictons, fruits de leurs constats, le temps qu’il va faire. Aux spécialistes de dire si c’est exact ou pourquoi…
Mars, Ventôse m’amènent à dire que Fabre d’Eglantine s’appelait en réalité  Philippe François Nazaire Fabre, natif de Carcassonne, et qu’il se faisait appeler Fabre d’Eglantine parce qu’il prétendait avoir gagné un prix aux fameux Jeux Floraux de Toulouse, pour un poème dédié à la Vierge Marie. Il est l’auteur du si célèbre mais si peu inspiré « Il pleut, il pleut bergère » chansonnette qui s’est d’abord appelée : « Retour des champs ». Quant au véritable père du calendrier républicain c’est le mathématicien Gilbert Romme, un conventionnel auvergnat, proche de notre conventionnel d’Uzès, l’avocat Jean Henri Voulland. Ils  siégeaient tous deux  à  « La Montagne ». On ne disait pas encore la droite ou la gauche, et Romme siégeait même à « la Crête », c'est-à-dire à l’extrême gauche ! Avec une équipe d’astronomes, Romme fit  établir de savantes études pour mettre en place ce calendrier qui eut une existence si courte si on compare sa durée avec notre calendrier actuel. Voulland, lui, devait jouer un rôle assez important à la Convention où il occupa même pour un court moment, en 1793, le poste de Président. C’est qu’en tant que membre du Comité de Sûreté Générale, chargé d’appliquer « la Terreur », que Voulland est un des signataires de l’acte d’arrestation de Danton et de ses congénères, dont entre autres, Fabre d’Eglantine. Il a donc un lien indirect avec le calendrier ! Voulland échappa de justesse à la guillotine et eut une fin misérable à Paris.
Une légende dit que Fabre d’Eglantine pleurait sur la charrette le menant à l’échafaud, se lamentant de n’avoir pas pu terminer un poème. Danton, connu pour son esprit caustique, lui aurait alors déclaré : « Ne t’inquiète donc pas, dans une semaine, des vers, tu en auras fait des milliers… ». Une autre version prétend que Fabre aurait fredonné son Il pleut, il pleut, bergère, en montant à l'échafaud !
Ce mois de mars par son nom et par plusieurs évènements historiques ou références et échéances météos dont je vais vous entretenir, nous rappelle encore et toujours la recherche des hommes depuis la nuit des temps pour essayer de synchroniser le cycle du soleil et celui de la lune.
Comment ne pas parler en ce mois de Mars de Jules César  qui avait fait réviser le calendrier et mettre en place avec beaucoup de difficultés que j’ai déjà évoquées, le calendrier  «  Julien ». Toujours pour tenter de faire correspondre les deux cycles solaire et lunaire. Las, il fit les frais des réformes qu’il tentait d’imposer et un an après avoir imposé le nouveau calendrier, en date du 15 mars 44, au milieu du mois c'est-à-dire aux Ides de mars, en plein Sénat, il faut frappé de 23 coups de poignards par les conjurés. Parmi ceux-ci, Brutus qui était le fils de Servilia la maîtresse de Jules César, ce qui nous vaut ce mot « historique » ou plutôt cette « invective » : « tu quoque mi filii !». Certains disent que cette phrase aurait été prononcée en grec – donc la citation serait inexacte  !- car le grec était la langue de l’élite romaine, et il pourrait s’agir non d’un mot de dépit mais d’une malédiction à l’adresse du traître «  qu’il t’arrive à toi aussi le même sort ! » On peut dire que c’est une question d’intonation ou de communication ! Comme ce qu’on a vu cette semaine sur nos écrans de télévision : « non je ne m’énerve pas… ! »   ou d’autres faits, notamment du monde de nos politiques où les interprétations du contenu de leurs déclarations  nous laissent très interrogatifs ! Autres temps.. mêmes mœurs !
Je veux souligner,  en ce mois de mars qui marquait le début de l’an, et donc des changements et modifications des calendriers, l’extraordinaire travail de deux chercheurs du département des Etudes Bibliques de l’Université de Haïfa, sur un des manuscrits dits de la Mer Morte ou de Qûmram qui est un texte qui permettait aux Esséniens, - un courant radical du judaïsme, apparenté à une secte-, de synchroniser le cycle du soleil et celui de la lune, notamment pour faire en sorte que les fêtes rituelles tombent toujours aux mêmes jours de l’année.  Vaste sujet et vaste débat que j’ai souvent évoqué ici et perpétuelle recherche des hommes depuis les temps les plus reculés. Je le rappelais notamment au  sujet de ce mois de févier justement « inventé »,  «  créé » pour tenter de faire coïncider ces deux cycles.  
Mars c’est bien sûr  l’équinoxe de printemps qui aura  lieu le 20 mars, donnant le coup d'envoi du printemps dans notre calendrier. J’ai déjà dit ici que cette date du 20 mars pouvait changer, toujours à cause de cette recherche de concordance entre les cycles solaire et lunaires. C’est ainsi qu’en 2044, l’équinoxe aura lieu le 19 mars ! Qu’on se le dise !
L'événement astronomique de l'équinoxe de printemps est à double tranchant : il inaugure souvent de fortes variations de la météo. Un phénomène "typique des inter-saisons", précisent les météorologues : autrement dit, période où les dernières masses d'air froid charriées par l'hiver se heurtent aux premières bouffées d'air tiède du printemps, à cause de l'allongement des durées d'ensoleillement. 
C’est ce qui explique ou justifie nos vieux dictons de ce mois, très nombreux et parfois très contradictoires les uns par rapport aux autres à cause de ces heurts de températures. En voici un bouquet de printemps : «  En mars vent ou pluie, que chacun veille sur lui » ; « Fleur marsière ne tient guère ! » ; «  Des fleurs que mars verra, peu de fruits on mangera ! » attention aux gels sur les cultures ! ; «  En mars les fous vont nu-pieds » ; les fous ou les pauvres aussi : «  En mars qui n’a pas de souliers va nu-pied, et qui en a les porte encore au-delà » ; et ces conseils de prudence : « Le soleil de mars donne des rhumes tenaces » ; ou « En mars s’il fait beau, prends ton manteau ». Et enfin s’il neige : «  Neige de mars vaut blé en sac », mais «  s’il neige en mars gare aux vergers », car « Neige de mars brûle le bourgeon », ou  tout le contraire : « Gelée de mars donne le blé et le lard ». Et quantité d’autres dictons de la même veine.
Mars et son équinoxe, nous offre 4 minutes de plus de soleil par jour. Nous sommes à mi-chemin entre le jour le plus court de l’année au solstice d’hiver, et le jour le plus long au solstice d’été.
L'équinoxe de printemps marque, au sens astronomique du terme, l'entrée dans ce qu'on appelle communément "la belle saison" :le printemps. Mais la  date du printemps "commun" ne doit pas être confondue avec celle du « printemps météorologique », qui débute chaque année le 1er mars, permettant aux météorologues de faire leurs calculs saisonniers et leurs moyennes à l'échelle de mois entiers. En météorologie, on considère en effet que le printemps commence le 1er mars pour s'achever le 31 mai.  
C’est pourtant l'équinoxe qui continue à marquer l'avènement du printemps dans l'esprit des gens. En témoignent les manifestations organisées aux alentours du 20 mars en France, « Printemps des poètes »,  « Printemps du Cinéma», ou même «Printemps républicain » lancé récemment par quelques politiques qui éprouvent un sérieux besoin de renouvellement de leurs partis. Cherchez lequel …
L'historique des températures de la naissance du printemps marque de nettes différences suivant les années. La dernière équinoxe de printemps en 2017  a été marquée par une moyenne "honnête" de 15° à Paris. Mais la  capitale a connu des mois de mars bien plus frileux, comme en 1985, avec - 0,9°, dans la foulée d'un hiver particulièrement rigoureux, ou pire en 1955 avec - 2,8°, dans le contexte du mois de mars le plus froid jamais enregistré à Paris depuis 1838 ! A l'inverse, il a fait 24° le premier jour du printemps en 1938, à la suite d'un hiver très sec. En 1972 également, il a fait dans la capitale 22°, ce qui correspondait alors à l'une des seules journées de vrai beau temps de l'année en question.
Si on regarde le temps qu’il a fait en arrière, il y a 19 ans selon le cycle de Méton, mars 1999 a été beau et très doux dès la pleine lune qui avait aussi lieu le 2 mars  et la pluie est arrivée en fin de mois.
L’équinoxe c’est aussi les célèbres « marées d’équinoxe » qui n’ont pas toujours lieu à la date de cet évènement. ! Les grandes marées, connues également sous le nom de « marées de vives eaux », se déroulent au moment de la pleine et de la nouvelle lune. Or la Pleine Lune de Mars est le 2 du mois et la Nouvelle Lune le 17 et je relève que les coefficients de marée seront très élevés le jeudi 1er mars  coefficient 102 ; 106 et même 109 le 2 mars et 110/109 le 3 et des coefficients  très hauts jusqu’au 5 mars.
Grâce au coefficient des marées, professionnels et amateurs peuvent se faire une idée de l'importance de la marée et ne pas avoir de mauvaise surprise quand la mer remonte. Cette " échelle " est comprise entre 20 (« morte eau » la plus faible) et 120 (« vive eau » d'équinoxe). A partir du coefficient 90, il s'agit de grandes marées. Les marées de l’équinoxe, à proprement parler, c’est à dire autour du 20 mars, seront à peine au dessus de 90.
Nos ancêtres ont longtemps cru que cet événement journalier de la mer, était régi par les dieux ou par des forces obscures. La loi de l'attraction universelle de Newton et les travaux de scientifiques comme Laplace ou Poincaré ont en effet prouvé à partir du XVIIème siècle que c'était bien une histoire de force : celle de la Lune et du Soleil sur la Terre. La Lune agit comme un aimant sur les océans. Sa force d'attraction sur la Terre est deux fois plus élevée que celle du Soleil, de par sa proximité. Leurs actions se combinent de façons différentes selon leurs positions. Le « marnage » - différence entre la haute mer et la basse mer - est en moyenne de plus de 12 mètres par exemple à Saint Malo. 
Mars c’est enfin le changement d’heure. Dans la nuit du samedi 24 mars au dimanche 25 mars 2018. Nous passeront à l’heure d’été en avançant nos montres et pendules d'une heure : à 2 heures du matin, il sera alors officiellement 3 heures. Nous dormirons donc une heure de moins ! En revanche, les jours seront plus longs puisque le soleil se couchera plus tard le soir.
C’est à tort que l’on dit que ces changements d’heure existent depuis 1976. S’ils ont en effet été remis en vigueur à cette époque, ils existent depuis bien longtemps et j’ai rappelé cela dans plusieurs de mes chroniques. Les changements d'heure ont pour objectif de réaliser une économie d'énergie en procédant chaque année, au passage à l'heure d'hiver le dernier dimanche d'octobre et au passage à l'heure d'été le dernier dimanche de mars. Cette mesure vise à limiter le recours à l'éclairage artificiel en profitant au maximum de la lumière du jour. Suite à un vote des députés européens le 8 février 2018, l'UE pourrait décider de supprimer le changement d'heure. La mesure doit être soumise à la Commission Européenne et aux dirigeants des États membres. Elle ne pourra être adoptée qu'à la majorité absolue. Si elle était adoptée, cette mesure ne serait pas immédiatement appliquée. Le passage à l'heure d'été 2018 aura donc bien lieu dans tous les cas. ! Si on peut discuter chiffres à l’appui sur les économies réalisées, j’ai plus de mal à comprendre comment ces changements peuvent perturber les animaux ! Eux ils n’ont pas d’heure et suivent le rythme du jour et de la nuit. Il me semble. Ce qui les perturbe c’est quand ceux qui s’occupent d’eux ne changent pas leur rythme de travail ! Ça me parait logique.. Non ?...
Avec le passage à l’heure d’été, le 26 mars,  et des jours plus longs, plus de veillées ni de travail à la lueur des chandelles : «  Le vingt-cinq mars, le compagnon, rend la chandelle à son patron. » Ce que dit en des termes semblables ce vieux proverbe de langue d’Oc : « Oou mes de mars, lou caleu es en bas » . Au mois de mars on décroche la lampe à huile.
Vénus l’étoile du berger refait son apparition en soirée. Elle s’extrait des lueurs du couchant et devient de mieux en mieux observable au fil des jours. Le 31 mars elle se couche par exemple 1h45 après le soleil.
Terminons sur des conseils de prudence après tout ceci, car il faut toujours se méfier de mars… enfin de lui comme des autres… ! «  Au mois de mars, pluie et vent fou, sur nos gardes tenons-nous ».
Adissias !                                                                                 Jean Mignot  le 28 février 2018                                                                                            

mercredi 31 janvier 2018

de février 2018


de février 2018


Février ! Pourquoi ce nom à l’étymologie différente des autres mois, qui ne fait référence ni à la place du mois dans l’année ni à un dieu auquel il serait voué ? Pourquoi ce mois plus court que les autres ?
Chaldéens, Babyloniens, Grecs, Chinois, Egyptiens, Romains entre autres, s’étaient aperçu d’un problème de concordance entre leurs différents calendriers et les saisons. A travers les siècles, tous  leurs calendriers, sur  la base de calculs souvent très compliqués, ont tenté de faire coïncider les cycles de la lune et du soleil, sans d’ailleurs jamais vraiment y arriver ! Alors on rajoutait des mois ou des jours de complément, « mensis intercalaris » chez les Romains, « Jours épagomènes » chez les Egyptiens, ou autre treizième mois chez les Chinois pour que l’équinoxe de printemps tombe toujours dans le second mois de l’année.
Ce mois a ainsi été ajouté aux autres pour arriver à un calcul très compliqué, qui normalisait les différents calendriers en usage. C’est Jules César qui en 46 avant Jésus-Christ, soit en l’an 708 de la fondation de Rome, avec l’aide de l’astronome Sosigène d’Alexandrie, fit mettre en place un calendrier nouveau : le calendrier « julien ».  Comme le compte n’était pas encore bon on inventa le système du bissextile, en doublant le sixième jour avant les calendes de mars  (bis-sextus ante calendas Martias ) qui marquaient le début de l’année. C’était le 24 février et non comme maintenant le jour ajouté du 29 février quand c’est l’année pour le faire, selon le calendrier « grégorien ».
Février est un donc un mois complémentaire ou intercalaire, différent des autres, qui se justifie pour retrouver le bon compte entre un système de référence, le calendrier, et la durée du cycle du soleil, de façon que les saisons soient à un poil près, aux mêmes dates. Je dis « à un poil près » car, comme je l’ai souvent écrit dans ces chroniques la date de début des saisons peut varier d’un ou deux jours. 
Etant un ajout, février fit les frais des ajustements successifs et perdit un jour, par exemple quand, à la demande du Sénat de Rome il fut décidé d’ajouter un jour au sixième mois de l’année pour que, dédié à Auguste ce mois soit aussi long que celui dédié à la famille de Jules César. Août eut ainsi ses 31 jours comme juillet. Une certaine normalisation de l’orthographe nous fera bientôt oublier cette origine d’août. Vaste débat mais autre chronique.
On dit aussi que ce mois est le mois où les femmes parlent le moins ! et pour cause : 28 jours au lieu de 30 !
Mois du mauvais temps et des pluies, surtout à Rome, on baptisa ce mois « februarus », le mois des fièvres, des maladies et de la grippe désormais. Je fais ici remarquer que notre calendrier républicain avait baptisé ce mois pluviôse.
Pour rester dans la tradition de la dédicace des mois à un dieu, les Romains avaient quand même consacré ce mois à Neptune, à cause des pluies. Dans la statutaire il était représenté par une femme vêtue de bleu, la tunique relevée par une ceinture, tenant dans ses mains un canard, ayant près d’elle une urne qui verse l’eau en abondance, et à ses pieds un héron et un poisson. On est bien dans le thème général.
Ceci pour répondre à ma triple question d’introduction de cette chronique.
De tout temps au-delà des calendriers les hommes se sont employés à inventer des outils pour mesurer le temps qui passe. On retrouve ainsi près de 3300 ans avant JC des cadrans solaires dont quelques-uns encore dans nos villes et villages, objet de curiosité, souvent porteur d’un message.
Il y avait pour marquer les étapes d’une journée les différentes sonneries des cloches, les unes liées aux sonneries des offices des moins, d’autres à l’angélus trois fois pas jour, mais aussi la cloche du marché, la cloche du veilleur qui annonce la fermeture des portes de la ville, et la cloche d’alerte du tocsin.
Ce n’est que tardivement vers la fin du 13 ème siècle et le début du 14 ème  qu’apparurent les premières horloges comme celle de la Tour du Palais à Paris datée de 1370, ou les fameuses et extraordinaires horloges astronomiques dont les plus célèbres sont celle de la cathédrale de Strasbourg de 1352, celle de la Primatiale Saint Jean de Lyon de 1379, ou encore celle des cathédrales de Bourges (1424) ou de Prague ( 1410 ). D’autres plus récentes n’en restent pas moins extraordinaires comme à Beauvais ou à Besançon. Ces mécanismes permettent de déterminer les dates des éclipses, ou d’autres cycles auxquels je fais souvent référence.
Mais ce qui me parait bien plus extraordinaire, alors qu’avec l’invention de l’horloge due au génie de nos inventeurs, on pensait avoir trouvé un excellent outil pour mesurer le temps,  bien avant nous, bien avant les réformes des calendriers, déjà les savants de l’antiquité avaient imaginé une extraordinaire machine, ancêtre de nos horloges astronomiques.
La « machine d'Anticythère », appelée également « mécanisme d'Anticythère », est considérée comme le premier calculateur analogique antique permettant de calculer des positions astronomiques. C'est un mécanisme de bronze comprenant des dizaines de roues dentées, solidaires et disposées sur plusieurs plans. Il est garni de nombreuses inscriptions grecques. Cette machine  dont on ne connaît qu'un seul exemplaire  a été trouvée  en 1901 dans une épave, près de l'île grecque d'Anticythère, entre Cythère et la Crète. L’épave d’Anticythère était celle d’une galère romaine, longue d'une trentaine de mètres, qui a été datée comme antérieure à 87 av. J.-C. C’est le plus vieux mécanisme à engrenages  connu. Ses fragments sont conservés au Musée National archéologique d’Athènes.
Faute d'indices plus complets, les premières études avaient assimilé l’âge du mécanisme à la date du naufrage du navire, soit entre 87 et 60 av. J.-C. Les savants se sont penchés sur cet appareil extraordinaire et en 2010, une étude plus poussée avec l’aide de nos techniques actuelles a permis de dater ce  mécanisme entre la fin du IIIe et la moitié du iie siècle av. J.-C. En 2014 d’autres chercheurs affirment que ce  mécanisme d'Anticythère aurait été connu dès 205 av. J.-C., c'est-à-dire sept ans seulement après la mort d'Archimède. Vous pourrez trouver tout comme moi des tas d’articles sur cette machine. Je note simplement que cette extraordinaire machine, qui  n’était pas à proprement parler une horloge car il fallait, à l’aide d’une manivelle positionner les rouages pour déterminer un certain  nombre de données, permettait, sur la base d’un calendrier de 365 jours, de prévoir les éclipses de la lune et du soleil sur la durée du cycle de Méton ( 19 ans), avec le nombre de lunaisons pendant ce cycle ; indiquait le nombre de mois anomalistiques ( Intervalle entre deux périgées de la lune soit 27.554550 jours en moyenne) et le nombre de lunaisons dans un saros (période de 6585.32 jours soit 18 ans, 10 ou 11 jours et 8 heures) et toute une série d’autres indications comme la date de divers jeux antiques. La machine pouvait  même indiquer la couleur de la lune pour certaines éclipses comme celle extraordinaire de ce jour, hélas non visible en France.
N’était-ce pas, à l’époque de l’heure atomique, au moment où nos montres  se mettent à l’heure automatiquement, une découverte dont je devais parler dans cette chronique où je tente d’expliquer que février a été ajouté dans nos calendriers précisément parce que l’homme a toujours cherché à mesurer le temps, sans y parvenir. A preuve c’est que malgré les capacités énormes qu’offre l’informatique, il faut de temps en temps, malgré l’année bissextile, remettre les pendules à l’heure dans la nuit du 31 décembre au premier janvier.
Le temps et le rythme des saisons nous amène à un peu plus d’humilité face à la nature. A la respecter aussi !
Les journées sont encore très froides. Au point de vue météorologique, février présente un phénomène très singulier. Tous les ans, vers le 13 février, on observe pendant quelques jours un refroidissement de la température ; ce phénomène météorologique, avant d’avoir été constaté par les savants, avait été remarqué des agriculteurs, qui donnaient à cette période le nom de saints de glace de février. On les retrouve au mois de mai.
Février, disent les agriculteurs, doit être froid et pluvieux pour que les récoltes soient excellentes.
Cette année ce phénomène va se produire autour de la nouvelle  lune qui est le 15 avec une éclipse et un nœud lunaire  le 14 ce qui est toujours un moment de perturbations atmosphériques ! Même si la lune n’a pas de rayonnement, messieurs les savants expliquez-nous ça !
Au début de ce mois, avaient lieu des  fêtes publiques expiatoires appelées Februales. Ces fêtes, qui commençaient le 1er février et qui duraient huit jours, avaient été instituées en l’honneur des morts. En signe de deuil, les magistrats ne portaient que la toge blanche des simples particuliers, au lieu de la toge blanche ornée d’une bande de pourpre qu’ils revêtaient d’ordinaire et qu’on appelait « la toge prétexte ». Des sacrifices étaient faits aux dieux infernaux en l’honneur des morts qu’on voulait honorer. Ces fêtes expiatoires et purificatrices nous laissent la fête de la Purification, que l’Église catholique célèbre tous les ans, le 2 février. Quarante jours après la naissance du Christ, selon le rite juif de l’époque, la Vierge vint au temple présenter, pour sa purification, deux tourterelles et deux pigeons. En ce jour, on faisait autrefois des processions avec des chandelles allumées, d’où le nom de Chandeleur donné à cette fête. Le pape Gélase, en 472, fit supprimer cette cérémonie ; néanmoins le nom de Chandeleur est encore conservé. On gardait des chandelles de cette fête pour les allumer au chevet des mourants. Et aussi les jours d’orage !
C’est ce même Pape Gélase qui  eut l’idée de faire distribuer les galettes aux pèlerins affamés venus à Rome. On les appelait alors des « oublies ». Ce sont les ancêtres de nos crêpes de la Chandeleur. C’étaient des gâteaux ronds et plats qu’on mangeait en l’honneur de Proserpine, divinité protectrice du monde agraire qu’on célébrait aussi en ces périodes et pendant les quinze jours pour les fêtes des Lupercales. Il faut voir dans les crêpes et leur forme, cette louange au soleil qui brille un peu plus chaque jour, avec le même symbolisme pour la galette des rois qui représentait le soleil renaissant. «  sol invictus ». Les jours augmentent en effet de façon très sensible puisqu’ils vont gagner durant ce mois, 46 minutes le matin et 44 le soir.
Après les fêtes de purification de début du mois, on célébrait les Lupercales, fondées, dit-on, par Romulus et Remus en l’honneur de la louve (en latin lupa) qui les avait nourris. Des pontifes appelés luperques sacrifiaient aux dieux, des chèvres et de jeunes chiens. Les jeunes qui assistaient à ces libations, presque nus, frottés d’huile et de sang, revêtus des lanières de la peau des chèvres, allaient ensuite dans les rues de Rome fustigeant les passants et semant la « panique » puisqu’on dit aussi que ces fêtes étaient vouées au Dieu Pan, du nom de ce dieu en grec : lycoeus, dérivé de lycos, lupus. Si cette explication est la bonne, on comprend mieux la nature des sacrifices que les luperques offraient aux dieux. Pan, fils de Jupiter et de la nymphe Callisto. N’a-t-il pas des jambes et des pieds de chèvre ? Et n’est-il pas, comme le chien, le gardien des troupeaux. Le mot « panique » serait donc un legs du mois de février. .
A la mi-février, on fête  saint Valentin.  J’ai déjà rappelé l’institution de cette fête en l’honneur de la jeunesse et de l’amour instituée pour tenter de mettre fin aux orgies des Lupercales.  Valentin était une  des  victimes  d’une décision  de l’empereur Claude dit le Cruel, qui rencontrant beaucoup de difficultés pour trouver des soldats pour ses multiples campagnes militaires leur avait interdit  le mariage. Pour lui, les hommes mariés ne faisaient pas de bons soldats. Valentin qui était prêtre de la religion chrétienne, décida alors de marier secrètement les jeunes amoureux. Pour avoir transgressé la loi, Claude le fit arrêter. On était en 268. Dans sa prison, Valentin fit la connaissance de son geôlier qui avait une fille aveugle, du nom de Julia. Touché par la douleur de cet homme, il rendit la vue à cette enfant et convertit toute la famille à la religion chrétienne. L'empereur ne tarda pas à apprendre le miracle. Valentin fut battu, brisé par les coups de bâtons des soldats romains, pour être enfin décapité sur la voie flaminienne, le 14 février 268. La légende dit que Julia planta un arbre sur sa tombe. Cet arbre aux fleurs blanches légèrement teintées de roses, qui commence souvent à fleurir en cette période dans nos régions méridionales était sans doute un amandier, symbole d’Amour et d’Amitié.
A la font de Nîmes , I a un amètlier
Que fa de flors blancas coma de papier .      
Se canta que canta…(air connu).
A cette période, la nature fait quelquefois ressentir les premiers frémissements d'un réveil du printemps. C’est ce qui devrait se passer cette année après le 20 février, car avant ce sera du froid que je vous annonce. Si alors l'oiseau monte à l'arbre, il faut voir s'il va ou non commencer d'y faire son nid. S'il ne commence pas son travail ce jour-là, c'est signe que l'hiver n'est pas encore fini. Observez les oiseaux en ce moment et vous verrez ! Ce temps doux amène ce dicton en langue d’oc : « Per la San valentin, l'agasso mounto sou pin; si noun li jai, ti tengues paga gai » proverbe qu'on peut traduire ainsi : « pour la saint Valentin la pie monte sur le pin; Si elle n'y fait pas son nid, ne te réjouis pas trop vite ».
On raconte que Charles d’Orléans, prisonnier en Angleterre après la défaite d’Azincourt, avait observé ainsi le jeu des oiseaux, et qu’il aurait alors imaginé d’écrire des messages d’amour et de tendresse à sa bien-aimée, messages qui sont devenus, après qu’ils aient été institués à la Cour de France, « les valentines », ces cartes décorées de cœurs et de cupidons, ornées de dentelles, de soie, de satin, de fleurs, voire aussi parfumées, qui apparurent à l’époque victorienne et que Monsieur Howland, papetier américain importa aux USA en 1848 et dont on dit que les Américains sont très friands…
Avec la fête de ce saint populaire dont le commerce s’est désormais saisi, nous nous retrouvons encore dans cette volonté de l’église d’organiser une alternative aux festivités païennes pour éviter les débordements qu’elles avaient entraînés. Et c’est encore un legs du mois de février.
Le 13 février, ce sera cette année Mardi-gras autre occasion de faire la fête et de manger des oreillettes, c’est bien connu à Uzès et en Cévennes bien sûr. C’est le jour où il faut enlever la chair « carnaval », car c’est le début du jeune de carême pour les chrétiens. Dans quarante jours ce sera Pâques, tôt cette année le 1er avril
Pour conclure, voici une petite histoire liée à ce mois de février puisque c’est le mois des crêpes. Il s’agit de l’origine de la crêpe  “ Suzette ».  En 1903, Edouard VII roi d’Angleterre fit une visite officielle en France. On se souvenait dans certains milieux parisiens des frasques du Prince de Galles. Le prince se rendit dans l’établissement d’Henri Charpentier, qu’il avait bien souvent fréquenté. On servit des crêpes et le restaurateur eut l’idée de  verser de l’alcool dessus pour les faire flamber. Il dit en regardant le prince en bonne compagnie : “ Nous les appellerons “ crêpes princesse ” ! ”. “ Disons plutôt Suzette ! ” rectifia galamment le prince avec sans doute un clin d’œil vers la dame qui était à ses côtés. C’est ainsi que la jolie Suzette est passée à la postérité.
« Si février ne donne de la teste, il donnera de la quoueste ». Il vaudrait mieux que « février févrière » sinon c’est mauvais présage pour mars  «  Si février ne févrotte, mars marmotte » ou : « Si février est chaud croyez bien sans défaut que par cette aventure, Pâques aura sa froidure ». Or il a fait plutôt doux pour Noël ! On peut donc craindre du froid ou du mauvais temps pour les mois qui suivent : « Quand la bise oublie février, elle arrive en mai » ( pour les saints de glace !) et aussi «  Si février ne févrière pas, tout mois de l’an peu ou prou le fera ».
Depuis plusieurs semaines j’ai annoncé du froid vers les 7 ou 8 février, en me référant au cycle de Méton et au temps qu’il a fait il y a 19 selon mes notes personnelles. Or voila désormais depuis ce jour que la sérieuse Chaîne Météo, confirmant ce que le site de Météo-Languedoc dit depuis trois jours, annonce l’arrivée du froid.
La Chaîne Méteo écrit «  l’hiver arrive ce week-end » et Météo-Languedoc « les scenarios ( scenarii) froids pour la semaine prochaine se multiplient. »
Nous voici prévenus ! Couvrons-nous et restons bien au chaud si possible. Addissias !

                                                                                                                      Jean Mignot
                                                                                                          Au soir de la Super Lune
                                                                                                                du 31 janvier 2018