mardi 28 février 2017

du mois de mars 2017

du mois de Mars 2017

Voilà un mois de Mars qui commence dans le contexte d’une société ou on perd le sens de bien des choses !  Je parlerai  d’abord du printemps qui n’est pas encore là puisqu’il n’arrive que  20 mars cette année. Alors pourquoi parler du printemps des Poètes en plein hiver, du 4 au 19 mars cette année, pour la 19e fois. 
A sa création, la manifestation se déroulait les premiers jours du printemps. Ça avait du sens ! Comment demander  à des collégiens ou lycéens de parler du printemps alors qu’il fait encore froid ! Problème de pédagogie ? On perd ainsi le sens des choses et on va laisser croire que c’est désormais le printemps avec ce mois qui commence alors que l’hiver poursuit sa route avec les premières giboulées comme celles de cette fin février, et des marées parmi les plus fortes de l’année. Laissons du temps au temps. Et ne bousculons pas mars à l’appel d’Alfred de Musset :

" Du pauvre mois de mars il ne faut pas médire ;
Bien que le laboureur le craigne justement,
L’univers y renaît ; il est vrai que le vent,
La pluie et le soleil s’y disputent l’empire.
Qu’y faire ? Au temps des fleurs, le monde est un enfant ;
C’est sa première larme et son premier sourire."

Ce dernier jour de février c’est carnaval. Mardi-Gras si vous préférez. Demain on enlève la chair ; les chrétiens  entrent en Carème.

" Le carnaval s’en va, les roses vont éclore ;
Sur les flancs des coteaux déjà court le gazon.
Cependant du plaisir la frileuse saison
Sous ses grelots légers rit et voltige encore,
Tandis que, soulevant les voiles de l’aurore,
Le Printemps inquiet paraît à l’horizon."

Premier sourire du Printemps ? C'est le titre de ce recueil de poésies de Théophile Gautier dont nous avons surtout retenu : « Mars qui rit malgré les averses prépare en secret le printemps ». Mais ces deux vers de Théophile Gautier sont précédés de deux autres vers qui nous plongent tout de suite dans l’actualité : « Tandis qu’à leurs œuvres perverses les hommes courent haletant » … est-ce nécessaire de donner une explication ?
Donnons encore la parole à un autre poète. Cette ode de Gérard de Nerval, certes sortie de son contexte, semble écrite pour les jours que nous vivons, sans le matraquage médiatique qui nous assène vérités et contre-vérités sur des affaires qui sont condamnables pour les uns et pas pour les autres, et de ceux-là on se garde bien de parler !

« …Toujours sa plus chère espérance
Rêva le bonheur de la France ;
Toujours il respecta les lois…
Mais les haines sont implacables,
Et sur le banc des vils coupables
La vertu s’assied quelquefois.
Qu’a-t-il fait ? pourquoi le proscrire ?
Ah ! c’est encor pour des chansons :
Courage ! étouffez la satire,
Au lieu d’écouter ses leçons.
Quand une secte turbulente,
Levant sa tête menaçante,
Brave les décrets souverains,
Vous restez muets, sans vengeance,
Et vous n’usez de la puissance
Que pour combattre des refrains… »

Un autre grand poète, André Chénier, dans le contexte révolutionnaire où il vivait,  écrivait  : 
«… ô vous en qui la France
Vit luire, hélas ! en vain sa dernière espérance,
Ministres dont le coeur a connu la pitié,
Ministres dont le nom ne s’est point oublié ;
Ah ! si de telles mains, justement souveraines,
Toujours de cet empire avaient tenu les rênes,
L’équité clairvoyante aurait régné sur nous ;
Le faible aurait osé respirer près de vous ;
L’oppresseur, évitant d’armer d’injustes plaintes,
Sinon quelque pudeur aurait eu quelques craintes ;
Le délateur impie, opprimé par la faim,
Serait mort dans l’opprobre, et tant d’hommes enfin,
A l’insu de nos lois, à l’insu du vulgaire,
Foudroyés sous les coups d’un pouvoir arbitraire,
De cris non entendus, de funèbres sanglots,
Ne feraient point gémir les voûtes des cachots. »

Les poètes en ce mois de mars nous aident à crier notre message en des termes bien élégants !

Le mois de mars 2017, à l’image de celui d’il y a 19 ans selon le cycle de Méton soit en 1998 après un départ sur de grandes marées, de forts coups de vent et des risques  de submersion marine, va évoluer vers de nombreuses giboulées, générées par les hautes pressions venues du Groenland et l’anticyclone qui va occuper l’Atlantique Nord. Ceci nous amènera jusqu’aux alentours de la pleine lune du 12 mars avec de probable forts coups de vent notamment de Tramontane et de Mistral.
La première partie de la deuxième quinzaine pendant laquelle se situera l’équinoxe, sans de grandes marées, sera plutôt froide, alors que la lune décroissante mais montante vers la vielle lune verra s’installer un temps plus doux. Mais la nouvelle lune du 28 va amener à nouveau de très fortes marées  et ce sera alors les Vaquerieu ou les Jours de la Vieille, ces jours redoutables de fin mars, où la nature ayant enfin commencé à renaitre risque d’être frappée par le mauvais temps. On relira l’histoire des Vaquerieu dans mes chroniques précédentes. Mais peut-être  que j’écrirai alors une nouvelle fois cette belle légende du temps qu’il fait.. parfois… à la fin mars !
Ces modestes prévisions basées sur des observations de la lune sont traduites depuis bien des années par nos vieux dictons : « Parfois on pense trouver le soleil d’août et on trouve la lune de Mars » ou «  Mars change de chapeau sept fois par jour ». Et encore : « Ce fripon de mars regarde le soleil un parapluie à la main ». S’il neige : « les chutes de neige de mars durent du soir au matin ». Quoiqu’il en soit il faudra  s’activer dans les champs et dans les vignes : « En mars coupe et taille si tu ne veux pas que tes fûts soient vides ».
C’est encore un poète qui nous redit en vers :

En mars, quand s’achève l’hiver,
Que la campagne renaissante
Ressemble à la convalescente
Dont le premier sourire est cher ;

Quand l’azur, tout frileux encore,
Est de neige éparse mêlé,
Et que midi, frais et voilé,
Revêt une blancheur d’aurore ;

Quand l’air doux dissout la torpeur
Des eaux qui se changeaient en marbres ;
Quand la feuille aux pointes des arbres
Suspend une verte vapeur ;

Et quand la femme est deux fois belle,
Belle de la candeur du jour,
Et du réveil de notre amour
Où sa pudeur se renouvelle,

Oh ! Ne devrais-je pas saisir
Dans leur vol ces rares journées
Qui sont les matins des années
Et la jeunesse du désir ?

Mais je les goûte avec tristesse ;
Tel un hibou, quand l’aube luit,
Roulant ses grands yeux pleins de nuit,
Craint la lumière qui les blesse,

Tel, sortant du deuil hivernal,
J’ouvre de grands yeux encore ivres
Du songe obscur et vain des livres,
Et la nature me fait mal.

René-François Sully Prudhomme, Les solitudes

Dans la nuit du 25 mars au 26 mars 2017, à 2h00 il sera 3h00.
Ce changement d’heure généralement attribué au choc pétrolier de 1976 date en réalité  de 1906. A l’époque le passage à l’heure d’été consistait à avancer le temps légal d’une heure en été par rapport au temps légal.
Jusqu'en 1940, la France était sur le fuseau horaire de Greenwich (G.M.T.), avec un changement saisonnier de l'heure. 
L' « heure allemande » s’est imposée par l'armée allemande au fur et mesure de son avance en juin 1940.
Lorsqu'en 1945 Jean-Louis Bory reçoit le Prix Concourt pour son roman « Mon village à l'heure allemande », l'expression est officiellement consacrée. Par la suite, les historiens l'utiliseront pour évoquer assez généralement la mise au pas de notre pays par l'occupant, mais elle traduit néanmoins une réalité technique précise. Sous l'occupation on lui préfère l'expression d'« heure officielle », comme il est précisé par exemple sur des avis concernant des cérémonies ou des réunions privées. A la campagne on continue souvent d’utiliser le terme « ancienne heure ».  Une forme de résistance !  
Cette heure a été imposée en zone non occupée sous la pression de la S.N.C.F., dont les horaires nécessitaient l'uniformisation de l'heure sur tout le territoire. Le changement d'heure saisonnier et celui, simultané, des horaires ferroviaires se sont ensuite effectués en accord avec ceux du Reich.
A la Libération la France s’est alignée sur l’heure de l’Europe Centrale avec absence d'un changement d'heure hiver/été.
30 ans plus tard en 1976, pour faire face aux chocs pétroliers, le gouvernement met en place une politique d'économie d'énergie et décide de conserver l'avance de l'heure d'hiver et d'ajouter une heure d'avance en été. Le changement d'heure s'effectue tous les 6 mois. Le temps légal est égal au temps universel + 1 heure en hiver et + 2 heures en été.
Le but de ces mesures est d'adapter le rythme de vie au rythme du soleil et ainsi économiser de l'énergie en limitant les besoins en électricité (lumière et activité professionnelle). Aujourd'hui les mesures d'économie d'énergie sont encore d’actualité même si ce changement d’heure et très contesté. Tout ceci c’est encore le mois de mars !

Adissias                                                                                  
Jean Mignot le 28 février 2017


mardi 31 janvier 2017


du mois de Février 2017


C’est toujours avec une réelle appréhension que l’on voit arriver le mois de février. Non plus parce que, comme au temps des Romains son nom annonce fièvres et autres grippes, mais à cause de sa position au milieu de l’hiver et du souvenir que l’on a de l’hiver 1956 en oubliant  qu’il y a  eu bien d’autres février très froid qui ont eux aussi gelé les oliviers et bien d’autres arbres comme les châtaigniers et les mûriers. On pense aussi aux vacances et cela devient désormais la préoccupation majeure. Va-t-il y avoir de la neige ? Alors que les préoccupations plus sérieuses du moment passent au second plan, je trouve un peu trop vite un peu trop vite !
Ce mois de février 2017 s’annonce doux et humide au moins jusqu’à la pleine lune du 11, et même sans doute jusqu’à la prochaine nouvelle lune le 26. Après il faudra voir ...car « si février ne donne de la teste, il donnera de la qoueste ! » nous disaient nos Anciens.
N’en déplaise à ceux qui nient l’influence de la lune, c’est bien la nouvelle lune de fin janvier qui a amené neige et mauvais temps avec orages, puis ouvert cette période de redoux telle que nous la vivons en ce moment. On peut donc craindre la prochaine nouvelle lune le 26 car elle pourrait ouvrir une période de mauvais temps.
Si février ne remplit pas son contrat - entendez de jours de froid - nous aurons du mauvais temps tout le printemps et peut-être plus. « Février trop doux, printemps en courroux. » ou « Si février ne févrère pas, tout le mois de l’an peu ou prou le fera ». En espérant que ce printemps en courroux ne sera pas comme celui de 1789 où un gel tardif fit périr les abeilles. 1789.. tiens  donc..! Par bon successifs de 19 ans ( le cycle de Méton ) on arrive bien à cette date ! Curieux rapprochement..! Sans parler d’une autre révolution qu’il faudrait bien faire !

Pour le moment ce ne sera pas le froid qui va nous désespérer comme celui du Grand Hiver de 1709 comme l'écrivait Voltaire : « le cruel hiver de 1709 acheva de désespérer la nation », mais bien la situation de notre pays !  Laissons les politiques à leurs affaires, et les fans de glisse à leur neige ! Mais attention à la fuite en avant... ! Je n’ai pas dit : la chute !
« Février le plus court des mois, est de tous le pire à la fois ! » avec cette variante littéraire : « Février entre tous les mois, le plus court et le moins courtois ! »

Février reste un mois sournois sous bien des aspects et cette année il le sera encore et bien plus avec ses deux éclipses, de lune le 11 et de soleil le 26. Les éclipses sont toujours des moments de perturbations atmosphériques, avec des répercussions notamment sur  les végétaux qu’il faut laisser tranquilles ces jours-là, et bien sûr, sur la météo ambiante.  Le ciel des jours d’éclipses est un ciel «  mou », « blanc », pas net.
Il y a éclipse de lune si le noeud lunaire a lieu au moment de la nouvelle lune ou de la pleine lune. Ce sera le cas le 11 février. La lune sera dans la pénombre totale à 1h45 de la nuit. Elle sera visible en France. Cette fois la terre qui fera ombre à la lune. La terre s’interpose entre le soleil et la lune, et nous sommes  bien sûr dans la partie non éclairée de la terre.
Une éclipse solaire se produit elle, lorsque la Lune passe entre la Terre et le Soleil, ce qui obscurcit totalement ou partiellement le Soleil vu de la Terre. Cette fois c’est l’ombre de la Lune qui nous empêche de voir le soleil. Une éclipse solaire totale se produit lorsque le diamètre apparent de la Lune est plus grand que celui du Soleil, bloquant tous les rayons directs du Soleil, et plongeant le jour dans l'obscurité. 
Le 26 février ce sera la Nouvelle Lune et il y aura une éclipse mais nous ne verrons rien pas plus que pour la prochaine éclipse de soleil qui aura lieu le 21 août 2017. Ce sera la 11e éclipse totale du XXIe siècle, mais le 13e passage de l'ombre de la Lune sur Terre en ce siècle.
Ce sera aussi  la première éclipse totale de Soleil à passer aux Etats-Unis au XXXe siècle. Vu ce qui s’y passe, les prophètes de malheur et tous les diseurs de bonne aventure ont du grain à moudre !
Quelles que soient leurs prédictions les éclipses ont toujours été porteuses de signes et dans les temps anciens on les redoutait car on craignait que la lune ou le soleil disparaisse définitivement … ! 

Moi je prédis un mois de février doux, comme celui d’il y a 19 ans selon le cycle de Méton, c’est-à-dire 1998: 17° à Lyon le 11 février ; 14 .7° à Rennes le même jour ; 18.2 à Saint Etienne ; 15.1 à Tours et 17.6° à Strasbourg.  Le 13 février 20° en côtes d’Armor ; 17° à Bourges ; 21.6° à Bordeaux ; 20.3° à Toulouse et 22° à Limoges. Le 18 février 21.8° à Marseille et 22.8 à Salon de Provence. 19.2° à Bourg Saint Maurice le 19 février. Le 20 février 22.5° à Bordeaux, 19° à Bourges ; 22.2 à Châteauroux ; 21° à Saint Etienne, 22° à Poitiers et même 22.1° à Niort.
Tous ces relevés et bien d'autres sont parfaitement connus et accessibles à tous, mais je suis sûr qu'on va encore sur les ondes que c’est du «  jamais vu ! »

Février mois des fièvres  mais aussi mois des purifications. Il pleuvait souvent beaucoup à Rome et cela entraînait des maladies d’où la nécessité de se purifier voir de se purger : avec quelques grains hellébore !
Ce temps pluvieux était si fréquent que le mois avait été consacré à Neptune et notre calendrier républicain l’avait baptisé « pluviôse »

Février un mois qui partage avec Avril la particularité de tirer son étymologie d’un verbe et non d’un dieu ou de sa place dans le calendrier comme les trois derniers de notre année.

Février le mois le plus court de l’année. J’ai souvent expliqué pourquoi. Créé pour arriver au bon compte sur le temps que met la terre pour faire sa révolution autour du soleil, il a toujours été considéré comme un mois « complémentaire » et c'est donc chez lui qu'on est allé retirer un jour pour pouvoir mettre sur un plan d’égalité, le grand Jules César et son neveu Auguste dans les deux mois qui leur sont consacrés juillet et août.

Une plaisanterie a cours sur sa brièveté. On dit volontiers que c’est le mois de l’année où les filles sont les moins bavardes. Et pour cause !
Pardons mesdames !

Mois des purifications rituelles chez les Romains, les « februales » février donnait lieu à des festivités de tous ordres et notamment à une série de célébrations en l’honneur des morts. 
L’église, a fixé au début de ce mois la fête de la Purification et de la Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem, selon le rituel de la loi juive.
Je relève au passage la vieille habitude qui avait court dans nos campagnes de garder précieusement les cierges de la Chandeleur pour pouvoir les allumer auprès du défunt qu’on veillait ensemble jusqu’à ce qu’il soit porté en terre. Peut-être un vestige de ce culte des morts en cette période !
Chez les Celtes on retrouve aussi ce culte des morts et ce rite de purification de l’eau pour assurer la fécondité et le retour à la vie. C’était la fête d’Imbolc.
On peut faire aussi un rapprochement avec d’autres fêtes qui s’appelaient les « parentalia ».
Il y avait enfin à la même période, les fameuses « lupercales » dédiées à la louve qui éleva Remus et Romulus. C’étaient des fêtes en l’honneur de la fécondité  au moment où la nature commence à reprendre vie. Le peuple de Rome et surtout les jeunes se rassemblaient dans la rue à la lueur de torches enflammées et on mangeait des galettes en l’honneur de Proserpine, divinité protectrice entre autres, du monde agraire.
Pour mettre fin aux orgies dans lesquelles dégénéraient ces fêtes, le pape Gélase, en 472, eut alors l’idée de faire distribuer ces galettes aux pèlerins affamés venus à Rome. On appelait ces galettes des « oublies ». Ce sont les ancêtres de nos crêpes.
Il faut voir dans les crêpes et leur forme, cette louange au soleil qui brille un peu plus chaque jour, avec le même symbolisme pour la galette des rois qui représentait le soleil renaissant. Les jours augmentent en effet de façon très sensible puisqu’ils vont gagner durant ce mois, 46 minutes le matin et 44 le soir.

Chaque année, vers le 13 février, on assiste à un redoux, autour de la fête de saint Valentin, le 14. C’est ce que nous rappelle ce dicton en langue d’oc : "Per la San valentin, l'agasso mounto sou pin; si noun li jai, ti tengues paga gai" proverbe qu'on peut traduire ainsi : pour la saint Valentin la pie monte sur le pin; Si elle n'y fait pas son nid, ne te réjouis pas trop vite.
Ce proverbe est lié à l'observation du temps de ce jour de milieu février, où la nature fait quelquefois ressentir les premiers frémissements d'un réveil du printemps. Si alors l'oiseau monte à l'arbre, il faut voir s'il va ou non commencer d'y faire son nid. S'il ne commence pas son travail ce jour-là, c'est signe que l'hiver n'est pas encore fini. Cela pourrait bien être le cas cette année. Observez les oiseaux en ce moment et vous verrez !

On raconte que Charles d’Orléans, prisonnier en Angleterre après la défaite d’Azincourt, avait observé ainsi le jeu des oiseaux, et qu’il aurait alors imaginé d’écrire des messages d’amour et de tendresse à sa bien-aimée, messages qui sont devenus, après qu’ils aient été institués à la Cour de France, « les valentines », ces cartes décorées de cœurs et de cupidons, ornées de dentelles, de soie, de satin, de fleurs, voire aussi parfumées, qui apparurent à l’époque victorienne et que Monsieur Howland, papetier américain importa aux USA en 1848 et dont on dit que les Américains sont très friands…

Avec la fête de ce saint populaire dont le commerce s’est désormais saisi, nous nous retrouvons encore dans cette volonté de l’église d’organiser une alternative aux festivités païennes pour éviter les débordements qu’elles avaient entraînés.
La légende de saint Valentin traversa les siècles et en 1496, sur décision du pape Alexandre VI, saint Valentin devint le patron des amoureux, des fiancés et de tous les jeunes gens et jeunes filles, dont le comportement est si proche de celui des oiseaux.
Depuis 140 ans, des reliques de saint Valentin reposent dans l'église de Roquemaure, dans le Gard, au bord du Rhône. Culte des reliques… Influence des reliques... !
En 1866 le phylloxera fait son apparition dans le Gard à Aramon, puis à Roquemaure. Ce sont les « tâches de Roquemaure ».
C’est la catastrophe. Le riche propriétaire du domaine de Clary, à Roquemaure, décide de faire l’acquisition, à Rome, d’un saint protecteur. Le 25 octobre 1868, l’évêque de Nîmes, Monseigneur Plantier, célèbre l’arrivée des reliques, dans une grande liesse. Sur la place de la Pousterle, le panégyrique de saint Valentin est dit en présence d’une foule immense qui ensuite accompagne les reliques vers la collégiale où désormais elles demeurent dans une chasse. C’est cette commémoration qui a lieu chaque année dans une série de festivités remarquables, où les gens du pays, habillés comme en 1868, font revivre les métiers d’autrefois, et défilent en cortège ( plus de 800 personnes).
Roquemaure, c'est le village où fut chanté pour la première fois, "Minuit Chrétiens" le fameux cantique écrit par Placide Carpeau, enfant du pays. Mais cela c'est une autre histoire !
Quant à la relation entre saint Valentin et le phylloxera, à ma connaissance, il n’y en a aucune …Et pour ce qui est du pouvoir des reliques... ! 
Ce qui est sûr c’est que le phylloxera est devenu une vieille histoire dont on ne se souvient plus de l’ampleur des dégâts que cette épidémie avaient engendrés.
Cette belle complainte vient à point pour les amoureux de  la saint Valentin. Voyons plutôt le bon côté des choses et chantons ce  beau refrain de Charles  Trenet :

Le soleil a rendez-vous avec la lune
Mais la lune n'est pas là et le soleil l'attend
Ici-bas souvent chacun pour sa chacune
Chacun doit en faire autant
La lune est là, la lune est là
La lune est là, mais le soleil ne la voit pas
Pour la trouver il faut la nuit
Il faut la nuit mais le soleil ne le sait pas et toujours luit
Le soleil a rendez-vous avec la lune
Mais la lune n'est pas là et le soleil l'attend
Papa dit qu'il a vu ça lui...

Le 28 février, c’est mardi-gras, jour de carnaval. « Carnaval » vient de l’italien « carnalevare » signifiant « sans viande », « enlever la viande » car la période qui va suivre le Mardi Gras sera une période de jeûne.
Dans les pays anglophones on nomme ce jour Fat Thuesday, Shrove Tuesday ou encore Mardi Gras day.
En général on ne mange pas de gras pendant le carême. La veille du début du carême, le Mardi Gras, les gens avaient pris l’habitude, dit-on, d’utiliser ce qui reste de graisse pour faire des fritures, beignes, bugnes, beignets, bougnettes dans le Midi ou "oreillettes". 
Il était aussi de coutume d’arrêter de manger des œufs durant le carême. C’est pour cela que se serait instaurée la tradition de faire des crêpes, en lien avec l’origine des crêpes du début de ce mois de février. C’est pourquoi le Mardi Gras est aussi appelé le Pancake Tuesday.
Ce sera ensuite, début mars l’entrée en carême des chrétiens, 40 jours avant la fête de Pâques. C’est la commémoration des quarante années de marche du peuple hébreu dans le désert, et du jeûne du Christ dans le désert lui aussi. C’est un temps de réflexion et de prière. Un temps d’appel à la conversion. Lisez attentivement ce qu’écrivait de façon imagée, le très grand évêque d’Arles, saint Césaire : « Ne tarde pas, convertis-toi et ne diffère pas de jour en jour. Ce sont les paroles de Dieu et non les miennes. Mais toi tu réponds : demain ! demain ! (en latin du texte : « cras ! cras !) Quel croassement de corbeau ! Comme le corbeau envoyé de l’arche n’y est pas revenu et, maintenant qu’il est vieux, dit encore : demain ! demain ! C’est le cri du corbeau : tête blanche et cœur noir. Demain ! demain ! c’est le cri du corbeau : le corbeau n’est pas revenu à l’arche, la colombe est revenue. Qu’il se perde donc, le croassement du corbeau, et que se fasse entendre le gémissement de la colombe » Saint Césaire d’Arles  ( 469 – 542)
Un appel à la réflexion et à la conversion !

Ce beau texte du grand évêque Césaire, à quelques mots près, s’appliquerait bien aux promesses que nous entendons par les temps qui courent ! Croâ ! croâ ! Demain ! demain !

Adissias !                                                                                                                                                             Jean Mignot le 31 janvier 2017                                                                                                                                                                         

samedi 31 décembre 2016

du jour premier janvier ou du jour de l'An


du premier Janvier ou du jour de l’An


Le premier jour de l’année est le 1er janvier. Cela nous semble une évidence et une chose acquise au point que nous ne nous posons pas de question, tant nous sommes préoccupés, par ce que nous allons faire avec nos amis, nos parents et notre famille pour fêter la Nouvelle Année ! Une année de 365 jours. Eh bien non puisque 2016 était bissextile et cette année terrible est encore plus compliquée puisqu’il va falloir la prolonger d’une seconde alors qu’on voudrait bien vite la voir finir !
Je vais centrer cette chronique sur ce sujet. D’abord parce que redire que depuis la nuit des temps, les peuples et les savants ont mis en place des systèmes pour calculer le temps et se retrouver ainsi autour d’une norme commune sans jamais vraiment y parvenir cela nous appelle à un peu d’humilité devant la nature et l’univers.
Ensuite parce que tous ces calculs aussi précis soient-ils doivent encore et toujours être revus.
Enfin parce que pour quantité de peuples, de pays, de religions l’année ne commence toujours pas à cette date et que regarder cela nous amène aussi à ouvrir nos horizons aux autres, à l’autre. Mais ce point sera traité dans une autre chronique pour ne pas alourdir celle-ci déjà fort complexe ! Voyons un peu cela.
Déjà il faut rappeler que nous sommes au 366ème jour de l’année 2016 puisque cette année était une année bissextile ! Et même qu’il va falloir ajouter une seconde de plus. 2016 avec ces graves attentats n’a que trop duré ! Attention à minuit cette année il ne sera pas minuit !  
C’est la remarquable réforme de l‘astronome Sosigène d’Alexandrie élaborée en 708 de la fondation de Rome, mise en place sous Jules César qui a doté notre calendrier des caractéristiques essentielles qui sont toujours en place aujourd’hui ( sauf exception de 1792 à 1805 en France pendant l’application du calendrier « révolutionnaire »).  Passage du début de l’année au 1er janvier alors qu’auparavant c’était le 1er mars ; instauration de deux mois complémentaires Janvier et Février ; détermination d’une règle pour les années bissextiles ( un jour additionnel aussitôt après le 23 février ) et fixation des dates des solstices au 24 juin et au 24 décembre. Je n’entre pas dans plus de détails.
Au passage, car il faut bien «  rendre à César ce qui est à César » je souligne que cette réforme est dite «julienne » parce qu’elle a été mise en place sous Jules César, qui lui n’a fait que commander le travail. Sosigène d’Alexandrie, un grec, comme son nom ne le dit pas, est bien le véritable  auteur mais il n’a fait que reprendre les grandes bases du calendrier égyptien de Ptolémée, notamment pour les douze mois qu’il a déterminés.
Ce calendrier «  Julien » fixait les solstices au 24 juin et au 24 décembre. D’où la détermination de la fête de Noël faite pendant que ce calendrier était en vigueur et qui ne sera pas modifié par la réforme « grégorienne ».
Le calendrier  «  Julien » portait l’année à une durée moyenne de 365.25 jours. Mais cette durée comportait une différence avec celle de  l’année tropique ( c’est-à-dire en gros le temps que met la Terre pour faire une révolution autour du Soleil ). Cette période est  différente du temps moyen qu’elle met pour aller d’un équinoxe de printemps à l’autre parce que sa vitesse sur son orbite n’est pas uniforme. Vous n’avez jamais senti que vous étiez en perte de vitesse ! Par conséquent le temps moyen mis pour aller d’un équinoxe de printemps à l’autre n’est pas égal au temps moyen qui sépare deux équinoxes d’automne. Il en est de même pour les solstices d’hiver et d’été.… La différence était de  0.214 à 0.008 pour 1000 environ, soit 11 minutes et 14 secondes, soit 8 jours par millénaire par rapport au temps vrai. Au XVIe siècle , l'équinoxe de printemps glissait progressivement en s'éloignant de l'équinoxe de printemps réel et la date « remontait »  lentement dans le calendrier, pour se situer aux alentours du 10 mars (julien). Pâques, fixée par les règles du comput du Concile de Nicée en 525 , au dimanche suivant la première pleine lune de printemps, en fonction de cet équinoxe théorique (21 mars ), dérivait lentement et avec elle tout le calendrier liturgique . Il fallait faire une réforme.
En France, dans le royaume du jeune Charles IX – roi de 1560 à 1574 - Pâques était fêtée selon les régions ou les diocèses entre le 1er mars et le 25 mars, bien avant la date de l’équinoxe du printemps. Or cette date qui détermine les autres fêtes était d’une importance considérable, pas encore pour les vacances ni pour les ponts mais pour coordonner l’activité du pays. 
On était en pleine embrouille comme Maurice Druon dans les Rois Maudits au tome 7 le fait dire au Cardinal Hélie de Talleyrand-Périgord, nonce du Pape auprès du Roi de France Jean II Le Bon. Il s’adresse à son neveu Archambaud qui fait le voyage avec lui, dans sa litière : « C’est assez sotte coutume qui veut en France, que l’on fête l’an neuf le 1° janvier que pour les registres, traités et toutes choses à se remémorer, on ne change le nombre qu’à partir de Pâques. La sottise, surtout, et qui met beaucoup de confusion, c’est d’avoir aligné le début légal de l’an sur une fête mobile. De sorte que certaines années comptent deux mois de mars, alors que d’autres sont privées d’avril l ll faudrait changer tout cela. Il y a déjà fort longtemps qu’on en parle mais l’on ne s’y résout point. C’est le Saint-Père qui devrait en décider, une bonne fois, pour toute la chrétienté. Et croyez bien que la pire embrouille, c’est pour nous en Avignon ; car en Espagne, comme en Allemagne, l’an commence le jour de Noël ; à Venise, le 1° mars ; en Angleterre, le 25. Si bien que lorsque plusieurs pays sont partie à un traité conclu au printemps, on ne sait jamais de quelle année on parle. Imaginez qu’une trève entre la France et l’Angleterre ait pu être signée dans les jours d’avant Pâques ; pour le roi Jean, elle serait datée de l’an 1355 et pour les Anglais de 1356 …Nul ne veut revenir sur ses habitudes et l’on dirait que les notaires, tabellions, prévôts et toutes gens d’administration prennent plaisir à s’encrouter dans les difficultés qui égarent le commun des mortels ».
Il n’était pas encore question de réformer le calendrier comme le demandera le Concile de Trente. Les conseillers de CharlesIX et surtout sa mère car le Roi était bien jeune pour penser à cette sorte d’affaire,  la célèbre Catherine de Médicis,  régente du Royaume  entreprirent de prendre des mesures pour mettre de l’ordre dans cette pagaille.  Pour pouvoir gouverner un pays il faut des références communes. Michel de l’Hospital et le Chancelier Sébastien de l’Aubépine avec sans doute quelques  autres juristes établirent le fameux Edit de Paris qui visait surtout à réformer la justice et les juridictions. Le tout dernier article, le 39ème de cet édit daté du 25 janvier 1563, était ainsi libéré. « Voulons et ordonnons qu’en tous actes, registres, instrumens, contrats, ordonnances, édicts, lettres tant patentes que missives et toute escripture privée, l’année commence doresenavant et soit comptée du premier jour de ce mois de janvier.
Si donnons en mandement… ect.. donné à Paris au mois de janvier l’an de grâce mil cinq cens soixante-troys et de notre règne le quatrième »
Sous l’Ancien Régime le système voulait que édits, ordonnances et autres arrêtés de tous genres soient enregistrés par les Parlements pour pouvoir entrer en vigueur. Les Parlements avaient l'obligation d'enregistrer les actes royaux, c'est-à-dire de les publier dans leurs registres, après avoir vérifié leur compatibilité avec le droit, les usages et les coutumes locales, ce qu'on appelle aujourd'hui le contrôle de légalité. Mais ils avaient ce pouvoir de blocage et le 49-3 n’existait pas encore. Ils ne pouvaient pas être dissous mais ils pouvaient être mis à l’écart de force, renvoyés et exilés !  Souvent les parlements se sont opposés au pouvoir royal. Cela a duré jusqu’à la Révolution.
Pour imposer le pouvoir royal, Catherine fit entreprendre à la Cour un long voyage dans le pays. C’est ce qu’on appelle le  grand tour de France  que Catherine de Médicis avec le Roi Charles IX fit à travers la France pour faire découvrir au jeune roi son royaume.
Ce grand voyage commence le 24 janvier 1564 et se termine par le retour à la capitale le 1er mai 1566. Accompagné de sa famille, le roi accomplit près de 4 000 kilomètres. Il part vers l'Est, longe les frontières de l'Est jusqu'en Provence, tourne vers l'Ouest jusqu'à l'océan Atlantique en Gascogne, remonte vers le Val de Loire et termine son périple dans le Bourbonnais. Il faut forger l’unité du royaume autour du Roi  et ce voyage doit permettre de renforcer les liens de fidélité à l’égard de la monarchie.
Toute la Cour se déplace. On a de la peine à s’imaginer ce que cela peut représenter. 15 000 personnes, dont le cortège du Roi et de la Reine , une escorte militaire, le personnel du gouvernement, les domestiques portant les meubles (tapisseries, coffres...), des artisans, des princes, des ambassadeurs... Il s’agit d’une mise en scène de la représentation de la puissance royale, pour compenser la faiblesse de l’emprise royale dans les provinces, surtout après les  affrontements de la première des guerres de religion.
Restaurer l'autorité royale, mais aussi réconcilier les protestants et les catholiques, faire appliquer les édits de paix et au passage  réconcilier la maison de Guise et la maison de Montmorency. C’est dans ce contexte au milieu de longs et pénibles déplacements, de visites aux grands et puissants seigneurs du royaume, que la Cour parvient à Lyon. La peste y sévit depuis le mois d’avril. On quitte alors la ville le 9 juillet 1564 et le cortège royal entre en Dauphiné et s’achemine vers Roussillon où il arrive le 17 juillet. Le Roi logera au château 28 jours. Il est reçu par le neveu du cardinal François de Tournon. C'est pendant cette période qu'il signe l'Edit de Roussillon qui n’est pas l’édit qui fixe le début de l’année comme on l’a trop souvent écrit, mais l’édit qui promulgue l’édit de Paris qui prévoyait ce changement. 
Voilà le texte exact qui par suite des différentes transcriptions avec les erreurs des copistes est devenu ce texte connu comme celui authentique de l’édit de Roussillon : «  Si donnons… car tel est nostre plaisir non obstant nostre édict cy attaché donné à Paris  au mois de janvier dernier et quelconques ordonnances, édicts et lettres à ce contraire. Donné à Roussillon le 9 août 1564, de notre règne le cinquième. » Le texte de Roussillon n’est donc que  la promulgation de l’édit de Paris.
Il s’agit bien d’une décision d’ordre très administratif même si la raison qui la motive est le fait que la fête religieuse, Pâques est célébrée à des dates différentes à l’intérieur même du Royaume ce qui pose d’énormes problèmes de relations entre les provinces.
Cette disposition, finalement  acceptée et enregistrée par le Parlement de Paris en 1564 fut appliquée plus ou moins rapidement ; à Paris en 1567 et à Beauvais en 1580… Les nouvelles ne circulaient pas aussi vite qu’aujourd’hui, sans télévision et sans internet, et il fallait du temps avant qu’une loi fut promulguée…Est-ce que cela a changé depuis c’est un autre sujet ! Quand on arriva au 1er avril 1565 certaines régions n’acceptèrent pas la nouvelle disposition. Ces irréductibles continuèrent à recevoir leurs contemporains avec de faux cadeaux, mottes de terre ou bottes de paille. Avec le temps les petits cadeaux d’avril se transformèrent en farces, blagues et canulars. Selon les corps de métiers, on envoyait les apprentis les moins dégourdis en leur demandant de rapporter des objets insolites tels que « la corde à lier le vent », « la passoire sans trou », et « la clef des champs » , « le bâton à un seul bout » ou de « l’huile de coude »…C’est cette page d’histoire qui serait à l’origine de nos « poissons d’avril ».
Alors que tout ceci se passait au Royaume de France, le Concile de  Trente ( 1545 – 1563) , réuni pour répondre aux thèses de Martin Luther, constatant la dérive de la date de Pâques telle que le Concile de Nicée l’avait déterminée, demanda au Pape de faire établir un nouveau calendrier pour imposer partout dans la chrétienté un ordre « romain » et les fêtes religieuses partout à la même date.   Cette fois ce qui motive la réforme est bien d’origine religieuse. Il s’agissait de retrouver la concordance entre l’équinoxe de façon que la fête de Pâques corresponde au plus près au calendrier hébraïque base de sa référence historique. C’est la réforme » grégorienne » qui permit la mise en place du « calendrier grégorien » le plus universellement reconnu aujourd’hui et le plus juste.. enfin presque !
Là encore il faut rendre à César ce qui lui revient, au concile ce qui est de son initiative et au Pape ce qui lui relève de sa décision . On a trop souvent dit que cette réforme « grégorienne » était  partie  d’une initiative des Pères de l’Eglise. Pas impossible. Cependant je note que le Concile s’est terminé en 1563, que la base de la réforme du calendrier est le travail du calabrais Lilio : «  Compendum novae rationis restituendi kalendarum » publé en 1577, corrigé en 1579 par Clavius, alors que Lilio était décédé depuis 1576, et que c’est le pape GrégoireXIII qui en fit la promulgation par sa bulle du 24 février 1582. Or ce pape n’était même pas cardinal au Concile de Trente qui avait été convoqué  par le pape Farnèse Paul III  pour tenter de répondre aux fameuses thèses de Martin Luther. Ce concile de Trente vit passer pas moins de 5 papes. Et c’est Pie V qui, après la fin du concile nomma cardinal Ugo Boncompagni le futur Grégoire XIII. De la à dire que Grégoire XII s’est approprié la réforme du dit calendrier !
En tous cas c’est Grégoire XIII qui fit sa bulle en février 1582 pour demander l’application du nouveau calendrier et qui donc a laissé son nom à cette réforme qui va entrer en vigueur avec les complications dont je vous ai entretenus le mois dernier. Des deux savants, le calabrais Luigi Lilio et le jésuite allemand  Christophorus  Clavius, tout comme de Sosigène pour  le calendrier « julien »,  aucune trace. Ce sont pourtant leurs savants calculs qui mériteraient reconnaissance. Il me semble !
En  hommage à l'œuvre de Lilio  on a donné son nom (sous la forme latinisée : Lilius) à un cratère de la Lune et la Calabre a déclaré le 21 mars : Giornata del Calendario in memoria di Luigi Lilio (journée du calendrier en mémoire de Luigi Lilio).
Ces deux réformes n’ont rien changé à la décision de fixer le début de l’année au 1er janvier. Il fallait donner quand même une explication au moins pour dire qui a fait quoi !
Aussi précis qu’il soit, ce « calendrier grégorien » comporte encore une marge d’erreur, certes très minime, mais qu’il faut rectifier.
Durant des siècles la mesure du temps a été déterminée astrologiquement par l’observation de la rotation de la terre. Or la vitesse  de rotation n’est pas constante – sans pour autant nous faire perdre l’équilibre ! - Mais ça compte si on ne veut pas à nouveau accumuler un retard qui entraînerait un nouveau décalage avec le soleil et les saisons. On décida donc de tout redéfinir et de prendre une autre base de référence. C’est le fameux le Temps Universel Coordonné ( UTC), déterminé par le Bureau Intrenational des Poids et mesures ( BIPM) à Paris, à partir des données fournies par 250 horloges atomiques de 60 laboratoires répartis dans le monde entier.
C’est ainsi qu’on a redéfini la durée de la seconde depuis 1967 et que à certaines périodes, et sans qu’on s’en rende vraiment compte, on remet  les pendules à l’heure ! En général cela se passe fin juin ou fin décembre. En juin 2015 on nous a fait ajouter une seconde à nos montres. Vous vous en souvenez ? ce n’est pas si vieux que ça ! C’était la 26 ème seconde ajoutée depuis 1972. Et ce 31 décembre 2016 ( et non comme le titrent plusieurs  journaux le 1er janvier 2017) on va ajouter la 27 ème seconde.
A minuit du 366 ème jour de cette année 2016 si difficile que nous venons de vivre, la toute dernière minute  durera 61 secondes !
Cette question divise depuis longtemps les savants. Certains jugent cet ajout complexe et plaident pour un ajout d’une heure en l’an 2600. Une solution à laquelle sont opposés les Britanniques. Surprenant ! La question devrait être de nouveau posée lors de la prochaine World Radiocommunication Conférence prévue en… 2023. !
Cela valait bien la peine d’écrire une chronique sur le premier janvier en ce jour du « bout de l’an ! » .
Je laisse de côté la liste des nombreux pays et des nombreuses religions pour lesquelles le 1er janvier ne marque pas le début de l’année. Ce sera peut-être le sujet d’une prochaine chronique, histoire de voir que nous ne sommes pas le nombril du monde !
Addisias. Bonne Année. Meilleurs Vœux  et surtout espérons ensemble une bien meilleur année 2017.


Jean Mignot en ce soir de la Saint Sylvestre, et du « bout de l’an » 2016 !

samedi 22 octobre 2016

Pour la France : Sonner les cloches le 15 août


Sonner les cloches ce lundi 15 août comme nous y invitent  les Responsables de l’Episcopat de France c’est un message très important qui n’a pas une simple et seule connotation religieuse.
Ce serait bien trop réducteur de limiter cet appel à un simple geste liturgique de même que les cloches ne sont pas un instrument uniquement à usage liturgique.
La  cloche est d’abord un instrument de communication de masse comme le rappelle une excellent étude de Eric Sutter Président de la Société Française de Campanologie, article que vous pouvez lire sur internet avec le lien suivant :
Depuis plusieurs années  j’ai un projet de chronique sur ce thème des cloches et de leur sonnerie. Mais comme dans cet article tout est dit, Je vous invite à le lire. C’est fort intéressant et vous verrez que le langage des cloches ce n’est pas uniquement un appel à la prière.
C’est un peu long mais c’est très complet et après lu cela j’espère que vous entendrez sonner les cloches de façon différente et surtout cette sonnerie du 15 août 2016 en des heures  si graves et on peut dire que le message est certes à la prière, pour  ceux qui sont croyants et  chrétiens , mais aussi un appel à réagir… pour la France !
Aujourd’hui, comme souvent dans le passé,  le message des cloches de nos églises qui vont sonner le 15 août est de nous dire que l’heure est grave pour la France.
C’est ce que dans l’article que je vous invite à lire l’auteur appelle une sonnerie de circonstance.
Certes pour les chrétiens c’est un appel à la prière mais pour tous ceux qui les entendront, ces cloches du 15 août  sont un appel pour notre pays, pour la France.
Si dans le passé les cloches ont été des signaux d’alerte, elles ont sonné dans les grands moments de notre histoire, le tocsin pour la déclaration de guerre en août 1914, sonnerie à la volée pour la Libération de Paris  le 24 août. Sonnerie et tocsin de circonstance pour la Révolte des paysans du midi en 1907 et encore tocsin de circonstance à Aramon en 2002 pour alerte  la population d’une inondation imminente. Las on ne sait plus  comment sonne le tocsin !
Et glas dans tous les clochers de France, à la demande des autorités du pays,  après les violents attentats qui nous ont tous si profondément marqués.
Lisez cet article en référence et vous apprendrez beaucoup de choses sur les sonneries des cloches, sur les codes de leur sonnerie et sur le message qu’elles nous communiquent.

Cloche du guet au point que des cloches encore dans nos cathédrales comme à Metz ou à Lisieux en porte un nom évocateur. Cloche du Couvre-feu ou cloches des portes car c’est l heure de les fermer. Cloche du Travail  qui marque la pause dans l’usine, cloche de la Bourse, cloche de la récréation  des cours d’école, cloche de quart dans la Marine, cloche qui convoquent à l’office ou au chapitre comme la Canonge sur la façade de la Cathédrale d’Uzès, cloches des monastères qui sonnent les offices, cloches de nos paroisses, sonnerie l’Angélus, cloches de nos horloges  qui rythment nos journées ; cloche des Halles à Paris, cloche du tribunal appelant le silence, et bien d’autres fonctions pas nécessairement liturgiques que cet excellent article vous fera découvrir. 

Et ce 15 août si vous avez envie de priez, faites-le, allumez une bougie, pourquoi pas !. Mais surtout pensez aux évènements que notre pays subit et ne tournez pas trop vite en dérision les sonneries de cloches.


Ce n’est pas un truc de cathos.. ! 
L’heure est grave pour la France en ce 15 août 2016 ! 

Jean Mignot le 15 août 2016