lundi 8 mai 2017

du mois de mai 2017


du mois de mai 2017


Notre mois de mai 2017 s’inscrit dans la continuité, pas de ce que vous pensez. Dans la continuité de ce que je vous avais annoncé dès le début avril c’est-à-dire dans le temps habituel qu’il fait pendant la lunaison dite de la « lune rousse » avec froid, gelées, orages même ! et alertes jaune ou orange. Tout le monde se lamente du froid et du mauvais temps ambiant, à commencer  par les présentateurs des journaux télévisés ou de la météo sur les petits écrans. Chacun y va de son « jamais vu », « exceptionnel » ou «  de mémoire d’homme. »…
Les Saints de Glace sont là en effet et je suis toujours étonné que l’on ne parle que de ceux du mois de mai et non des autres alors que depuis fort longtemps  ils ont marqué des vagues de froid au point que nos ancêtres en ont écrit des dictons et proverbes.
Un présentateur  vedette d’un Journal télévisé disait « il fait froid et pourtant on n’est pas encore aux « Saints de Glace » !
D’ailleurs ceux-là, qui sont les 11, 12 et 13 mai,  et qui «  a eux trois font un petit hiver » ( Servais, Pancrace et Mamert) ont disparu du calendrier  par décision vaticane. .
Personne ne parle de la Lune Rousse qui est bien là et des effets des changements de temps de cette période qui continue de faire des dégâts sur la végétation dans bien des régions de France.  En avril, Georget ( Georges) Marquet ( Marc) et Philippet ( Philippe) réputés « casseurs de gobelets » comme l’écrivait Rabelais ( voir chronique d’avril 2017) ont eu les effets les plus néfastes sur nos vignobles.  Je vais donc encore et à nouveau dire et redire ce que j’ai déjà dit et écrit depuis plusieurs années.
Sans instrument de mesure - dont certains hyper sophistiqués- , sans satellite, les observations de nos ancêtres ont relevé une telle fréquence de mauvais temps pour la fête de ces saints qu’ils en ont fait des proverbes et dictons . Les historiens pour leur part ont noté des gels très importants depuis belle lurette, à des époques où on ne parlait pas du réchauffement climatique. 
Ce sont des faits incontestables qui devraient inciter à plus de prudence dans le monde agricole et à ne pas trop vite jeter la pierre au réchauffement de la planète et demander un peu trop facilement au gouvernement des indemnités pour calamités agricoles.
En ces périodes d’avril et mai, le froid et le mauvais temps sont fréquents. On a la mémoire courte !. L’an dernier le 1er mai je peux vous dire qu’il gelait sur le Causse du Larzac à la Couvertoirade.
Grégoire de Tours parle de ce phénomène dès 589. Les calamités furent si importantes ( inondations , épidémie qui emporta le Pape Pélage II) que le pape Grégoire le Grand ordonna une procession solennelle pour conjurer le mauvais temps ! C’est la fête des « Litanies majeures » qui a lieu le 25 avril pour la saint Marc.
Saint Mamert évêque de Vienne vers 420-477 avait préconisé des prières et des processions avec chant des litanies parce qu’une période de mauvais temps avait ravagé les vergers de la vallée du Rhône. Ce sont les Rogations qui pendant trois jours avant l’Ascension emmenaient les  fidèles à travers champs au rythme laconique de cette mélodie des litanies qui a le caractère particulier d’être une musique d’origine gallicane. Une sorte de mélopée répétitive, proche des mélodies arabes ou byzantines, sur une gamme de notes très simples, articulée autour des notes ut, mi, sol, lancée par un soliste et reprise par la foule, et qu’on appelle litanies. Ces chants sont encore présents dans les liturgies byzantines, et on les retrouve dans le cérémonial du vendredi saint.  On retrouve ce type de mélodies et de rythmes en Bretagne et en Irlande notamment.
En 1897  entre le 11 et le 13 mai, il a gelé, et les dégâts ont été d’autant plus importants que l’hiver avait été bénin, et que la végétation était bien avancée ! Le Cher avait été dévasté. Les vignes avaient gelé, ainsi que les pommes de terre, les haricots et les fraisiers. A Angers, la gelée avait ravagé les cultures au sud de la Loire mais épargné celles qui se situaient au nord du fleuve ! Dans notre région du Gard les feuilles de mûriers avaient  gelé et ont fait défaut pour nourrir les vers à soie…Ce fut une catastrophe
Cette lunaison, c’est-à-dire le temps séparant deux nouvelles lunes et dont la durée moyenne est de 29 jours 12 heures 44 minutes et 2,8 secondes, dite de la « Lune Rousse » a commencé le 26 avril et va durer jusqu’au 25 mai ? L’ascension sera cette année le 25 mai en fin de lunaison rendant ainsi encore plus vrai le dicton « pour l’ascension dernier frisson » .
L’an prochain avec le décalage des mois lunaires et des mois de notre calendrier l’ascension sera le 10 mai, juste la veille des Saints de Glace de mai. Il faudra alors pour prévoir le temps regarder où sera la lune dans sa course mensuelle.  
Je constate et observe depuis plusieurs années que autour des jours qui précèdent ou suivent la nouvelle lune il y a des perturbations plus ou moins importantes accentuées bien sûr par le contexte local, bord de mer, montagne, rives d’un lac, forêt par exemple. A ceci il faut ajouter l’influence des grandes marées qui cette année ont eu lieu tant en mars qu’en avril au début de la lunaison. Il a fait mauvais temps en avril à partir du 26. Et il faut s’attendre à du mauvais temps à la nouvelle lune de mai . Le jeudi 25, le vendredi 26, le samedi 27 et le dimanche 28 mai les coefficients de marée seront au-dessus de 100, jusqu’à 106/107. Nous voilà prévenus.
Les relevés sinon météorologiques du moins historiques indiquent des séries de gels, tempêtes, neige et d’intempéries de toutes sortes un peu partout sur le pays provoquant d’importants dégâts sur les cultures maraîchères et sur la vigne notamment . Je relève par exemple :
1er mai 1945 il neige sur toute la France  à une semaine de la fin de la guerre. 6 cm à Paris
2 mai 1979 des giboulées de neige balayent la moitié nord de la France . Verglas à Metz
4 mai 1961 la tornade fait un mort et une centaine de blessés près d’Evreux
6 mai 1957 les saints de glace portent bien leur nom : giboulées de neige dans le Nord
7 mai 1997 neige sur les Deux-Sèvres, le Pas de Calais et les pays de la Loire ( 4 cm à Tours)
8 mai 1997 à la une du journal Le Parisien «  la Météo est devenue folle » du jamais vu depuis 1946 il a neigé hier sur l’Indre et Loire ( …) Le wek(end s’annonce quasi hivernal…
10 mai 1928 la neige recouvre certaines régions de Nord-Est avec 3 cm à Belfort
11 mai 1953 -7° dans la plaine du Forez. Les vignobles du Beaujolais  sont anéantis.
Je pourrais multiplier les citations de mauvais temps, tout comme d’ailleurs on pourrait en trouver tout autant sur la chaleur ou la canicule aux mêmes périodes !
Si je prends  le cycle de Méton et si donc je regarde en arrière le temps qu’il avait fait par bond successifs de 19 ans  je relève :que le mois de mai a très souvent été très frais de façon générale.
1998 a été plutôt beau et sec ; 1979 mai est frais. Il tombe 27 cm de neige au cours du mois à Leysin. 1960 on note des gelées à Toulouse, Marseille, Bourges, Perpignan, Agen, Limoges, Nevers… entre autres. 1941 ai très froid et pluvieux.  1922 il fait encore froid. (4 à 15° à Châteauroux , Neige à Lyon. 1903 mai pluvieux, frais mais ensoleillé. 1884  on relève les dernières gelées le 22 avril. 1865 avril est très chaud et sec. Le temps devient estival. Pourtant le 7 mai 1865 un violent orage ravage la  ville du Cateau-Cambrésis.
Mai 2017 s’inscrit dans la continuité de ce temps de « Lune Rousse » et on nous annonce encore des gelées blanches matinales pour cette semaine.
Continuité des traditions si nombreuses du mois de mai dont on ne nous parle pas et qui sont pourtant d’actualité comme « planter le mai ».
Quand il y avait des élections municipales et que les élus l’étaient pour la première fois, ses colistiers venaient planter un arbre en son honneur. C’était souvent l’occasion d’un bon repas ou du moins de boire ensemble un bon verre. L’arbre était généralement un sapin ébranché auquel on ne conservait que la cime. Il était décoré d’un drapeau tricolore, parfois d’une pancarte sur laquelle était écrit : « Honneur à notre élu » C’est une tradition qui se perpétue encore dans nos provinces ici ou là.
Je ne sais pas si on plantera un mai à l’Elysée, ou au Touquet ou rue Cler ou à Amiens !  Dommage d’ailleurs !
Parmi tous les évènements et fêtes liés au mois de mai je voudrais encore citer, car elle s’inscrit aussi dans la continuité, cette très vieille coutume qui, sous les Carolingiens, voulait que ce soit le mois où se tenaient les assemblées politiques. Auparavant chez les Francs, les guerriers se réunissaient autour de leur chef, dans un lieu qu’on appelait « le Champ de Mars ». Si le discours des chefs plaisait, les guerriers applaudissaient en frappant leurs boucliers de leurs framées. Sinon ils étouffaient sa voix par des murmures. Les framées ont été remplacées par les pupitres de nos élus dans les assemblées et par leurs vociférations dont nous sommes témoins devant le petit écran. Par contre chez les Francs il n’était pas question d’absentéisme !
Sous Charlemagne, la date de l’assemblée fut reculée jusqu’en mai. Le Champ de Mars devint le Champs de mai. Ces assemblées disparurent à la fin de l’empire carolingien ; les champs de mai furent remplacés par les Etats Généraux. On se souviendra des Etats Généraux en mai 1302 sous Philippe le Bel, et de ceux de mai 1789 à la veille de la Révolution. et aussi de la grande assemblée du "champ de mai" convoquée par Napoléon pendant les Cents-Jours.  Continuité ou concours de circonstances !
En ce 8 mai l’église fête saint Désiré. Mais si ! Chancelier royal et évêque de Bourges, il fut l’un des plus grands évêques de l’époque mérovingienne qui contribuèrent à tirer la Gaule du chaos où l’avait plongée l’administration précédente… ! et l’effondrement de l’Empire Romain. (..) il exerça sa charge, nous disent les textes, de manière à contenter tout le monde… ! Changer quelques mots. Transposez dans le contexte de 2017… Continuité !
Bientôt nous allons entrer dans les « cent jours ». L’origine de l’expression est ce retour de Napoléon de l’Ile d’Elble, entre mars et mai 1815. 100 jours déterminants pour sa trajectoire personnelle et aussi pour l’histoire de la France et de l’Europe. Eh oui déjà ! Continuité ?
Pourtant sur le plan historique l'expression « Les Cent-Jours  » ne désignait pas la durée du retour impérial mais celle de l'absence du roi Louis XVIIIde Paris. On doit son invention au préfet de la Seine, Chabrol de Volvic, qui accueillit Louis XVIII à son retour en ces termes: « Sire, cent jours se sont écoulés depuis le moment fatal où Votre Majesté, forcée de s'arracher aux affections les plus chères, quitta sa capitale au milieu des larmes et des lamentations publiques. ». La chose n'était d'ailleurs pas vraiment exacte puisque, entre le départ du roi le 20 mars et son retour le 8 juillet, il s'était écoulé cent dix jours. Dès 1819, dans ses Mémoires sur les Cent jours, Benjamin Constant appliquait déjà l'expression au retour de Napoléon. Chateaubriand en fit de même.
Toutefois, bien que cet épisode reste associé à l'idée d'une phase décisive au cours de laquelle l'avenir d'un homme ou d'un pays peut basculer, c'est moins à l'épopée napoléonienne qu'au New Deal du président américain Franklin Delano Roosevelt que l'on doit l'habitude de passer au crible les 100 premiers jours d'un président.
Nouvellement élu, le président Roosevelt convoque en mars 1933 le Congrès pour une session extraordinaire de 100 jours pendant laquelle toute une série de mesures spectaculaires visant à sortir le pays de la dépression est lancée. Au cours de ces trois mois, la dynamique du "New Deal" est impulsée.
Depuis, aux États-Unis, les 100 jours constituent la jauge utilisée pour juger le début d’un mandat,  la borne à partir de laquelle les médias tirent un premier bilan de l'action du locataire de la Maison blanche.
Bien qu’elle soit en bonne partie artificielle, l’expression est aussi utilisée ailleurs dans le monde, par exemple en Allemagne. Le Président français sortant avait choisi de mettre l’accent sur la première année du changement  mais cela n’empêchera  pas les journalistes de consacrer des articles au bilan de ses 100 premiers jours à l'Élysée.
On parle aussi pour cette période de l’ « état de grâce » qui à l’origine est une expression religieuse.
Elle peut être utilisée pour désigner le moment de la vie politique pendant lequel l'opinion publique d'un pays est majoritairement favorable aux nouveaux dirigeants qui viennent d'accéder au pouvoir à la suite d'une élection. Les journalistes parlent aussi souvent des « 100 jours » comme étant une période privilégiée pour un nouvel élu. Encore un mois de mai dans la continuité !
Avant de vous saluer selon ma formule habituelle en fin de ces chroniques je dirai, en ce soir du 8 mai, comme le titre d’une émission de télévision, vu ce que nous vivons, « ainsi-soit …» et c’est bien volontairement que je n’emploie pas la totalité de l’expression, religieuse elle aussi… ! Je pourrai dire : « A Dieu vat »  empruntant cette expression au monde marin quand on aborde une manœuvre particulièrement périlleuse. Oui « le sort en est jeté ». Ou « advienne que pourra ».  Ce qui pouvait être fait a été fait et à présent, l’avenir est entre les mains de Dieu (ou ne dépend plus que de la chance ou de nous encore dans les semaines qui viennent).
Maintenant c’est « à la grâce de Dieu »     
Addisias ! Bon mois de mai     


Jean Mignot


Au soir du 8 mai 2017        

dimanche 2 avril 2017

du mois d'avril 2017


du mois d’Avril 2017


Avril 2017 n’ouvre plus rien du tout, même si c’est la signification de son nom. ! Pas même une nouvelle année comme ce fut longtemps le cas et très probablement il ne nous apportera même pas du beau temps. Ou très peu, notamment si je me réfère aux dictons du temps et au cycle de Méton : « Noël au balcon Pâques aux tisons ». Or il a fait mauvais temps pour Noël 2016 dans le Midi. Et il y a dix-neuf ans, en 1998,  on avait relevé 15 cm de neige dans la nuit de Pâques dans le centre de la France avec un température maximum de 5.2° à Bourges et 7.3° à Rennes. S’en était suivi des gelées et d’assez gros dégâts notamment dans les vignes en Côte d’Or.  Températures de -1.2° à Bourges, -1.4° à  Lyon, 0.3° à Perpignan, -1.3° à Toulouse les jours suivants.
Globalement un mois d’avril qui s’annonce humide comme en début de ce mois où les caprices du temps ont empêché  les Uzétiens et amis de la région à découvrir les extraordinaires mosaïques romaines découvertes ici.
Ne nous réjouissons pas trop vite de la douceur annoncée pour la semaine qui va s’ouvrir.
Je parlerai dans cette chronique, une fois de plus, de l’évolution du calendrier et des poissons d’avril, de Pâques et surtout des Saints de Glace et de la Lune Rousse, car je suis encore souvent interrogé sur ces sujets et j’entends dire de grosses erreurs sur la  lune rousse.

L’actualité à Uzès et à Ucetia étant à la romanité je me dois de rappeler que avril «  aprire », qui suivait Mars le mois du dieu de la guerre, était consacré à Cybèle, déesse de la terre et de la force reproductrice chez les Romains.
Avril est un mois versatile, qui en dépit du calendrier tient encore largement de l'hiver, et dont les froids passagers, souvent pinçant, sont d'autant plus mal accueillis que l'on espérait en avoir fini avec eux, surtout après les derniers jours de mars, les fameux « vaqueirieu » qui cette année ont bien été marqués par la chute des températures et de fortes pluies, comme je l’avais annoncé dans ma précédente chronique.
Avril, cette année, ne s’ouvre pas sous de bons auspices. « Il n'est si gentil mois d'avril, qui n'ait son manteau de grésil. » Parfois la neige s'ajoute au grésil : « Il n'est point d'avril si beau, qui n'ait neige à son chapeau. » Ce rabiot de l'hiver, qu'il nous est difficile d'accepter sans récrimination, surtout à cause des vacances, doit nous inciter à la prudence: « En avril, ne te découvre pas d'un fil. » Ou dans le Midi : « O mès d’obriéou quittès pas eu piéou » ou :"celui qui s'allège avant le mois de mai, certainement ne sait pas ce qu'il fait." . Et aussi :« on n’est pas sorti de l’hiver qu’avril n’ait montré son derrière.
Avec ses coups de gel et sa lune rousse, avril va encore donner des frissons aux impatients des beaux jours.
C’est un mois d’une intense activité agricole où le cultivateur comme le vigneron, mais aussi le jardinier, ont fort à faire : « En avril, il faut tout remuer ; » écrit Henri Pourrat. « Cest vrai qu’il faut partout désherber, gratter, biner, sarcler, éclaircir aussi où la pousse est trop drue. Tout lève si vite en ce mois. La terre semble avoir la fièvre. »

Pour ce qui est du calendrier, on a coutume de dire que c’est l’Edit de Roussillon qui a décidé du passage du début de l’année du 1er avril au 1er janvier.
Ce n’est pas tout à fait exact comme je l’ai écrit en janvier dernier. En 1564 il n’était pas encore question de réformer le calendrier, ce qui n’ interviendra qu’en 1582.  Les conseillers de Charles IX et surtout sa mère car le Roi était bien jeune pour penser à cette sorte d’affaire,  la célèbre Catherine de Médicis,  régente du Royaume  entreprirent de prendre des mesures pour mettre de l’ordre dans une vraie pagaille qui faisait, avec les dérives du calendrier que l’année ne commençait pas partout à la même date selon les provinces et les diocèses. L’année débutait soit à Noël (à Lyon par exemple), soit le 25 mars (à Vienne) soit le 1er mars, soit encore à Pâques. Et bien d’autres particularités encore… ! ce qui risque de se reproduire si on ne veille pas au grain avec les questions de régionalisation ! Pour pouvoir gouverner un pays il faut des références communes.
Michel de l’Hospital et le Chancelier Sébastien de l’Aubépine avec sans doute quelques  autres juristes établirent le fameux Edit de Paris qui visait surtout à réformer la justice et les juridictions. Tiens donc ! serait-ce encore une question d’actualité ? Le tout dernier article, le 39ème de cet édit daté du 25 janvier 1563, était ainsi libéré. « Voulons et ordonnons qu’en tous actes, registres, instrumens, contrats, ordonnances, édicts, lettres tant patentes que missives et toute escripture privée, l’année commence doresenavant et soit comptée du premier jour de ce mois de janvier.
Si donnons en mandement… ect.. donné à Paris au mois de janvier l’an de grâce mil cinq cens soixante-troys et de notre règne le quatrième »
Sous l’Ancien Régime le système voulait que édits, ordonnances et autres arrêtés de tous genres soient enregistrés par les Parlements pour pouvoir entrer en vigueur. Les Parlements avaient l'obligation d'enregistrer les actes royaux, c'est-à-dire de les publier dans leurs registres, après avoir vérifié leur compatibilité avec le droit, les usages et les coutumes locales, ce qu'on appelle aujourd'hui le contrôle de légalité. Ils  avaient ce pouvoir de blocage et le 49-3 n’existait pas encore. Ils ne pouvaient pas être dissous mais par contre  ils pouvaient être mis à l’écart de force, renvoyés et exilés !  Souvent les parlements se sont opposés au pouvoir royal. Cela a duré jusqu’à la Révolution.
Pour imposer le pouvoir royal, Catherine fit entreprendre à la Cour un long voyage dans le pays. C’est ce qu’on appelle le  « grand tour de France »  que Catherine de Médicis avec le Roi Charles IX fit à travers la France pour faire découvrir au jeune roi son royaume.
Ce grand voyage commence le 24 janvier 1564 et se termine par le retour à la capitale le 1er mai 1566. Accompagné de sa famille, le roi accomplit près de 4 000 kilomètres. Il part vers l'Est, longe les frontières de l'Est jusqu'en Provence, tourne vers l'Ouest jusqu'à l'océan Atlantique en Gascogne, remonte vers le Val de Loire et termine son périple dans le Bourbonnais. Il faut forger l’unité du royaume autour du Roi  et ce voyage doit permettre de renforcer les liens de fidélité à l’égard de la monarchie.
Toute la Cour se déplace. On a de la peine à s’imaginer ce que cela peut représenter. 15 000 personnes, dont le cortège du Roi et de la Reine , une escorte militaire, le personnel du gouvernement, les domestiques portant les meubles (tapisseries, coffres...), des artisans, des princes, des ambassadeurs... Il s’agit d’une mise en scène de la représentation de la puissance royale, pour compenser la faiblesse de l’emprise royale dans les provinces, surtout après les  affrontements de la première des guerres de religion.
Restaurer l'autorité royale, mais aussi réconcilier les protestants et les catholiques, faire appliquer les édits de paix et au passage réconcilier la maison de Guise et la maison de Montmorency. C’est dans ce contexte au milieu de longs et pénibles déplacements, de visites aux grands et puissants seigneurs du royaume, que la Cour parvient à Lyon. La peste y sévit depuis le mois d’avril. On quitte alors la ville le 9 juillet 1564 et le cortège royal entre en Dauphiné et s’achemine vers Roussillon où il arrive le 17 juillet. Le Roi logera au château 28 jours. Il est reçu par le neveu du cardinal François de Tournon. C'est pendant cette période qu'il signe l'Edit de Roussillon qui n’est pas l’édit qui fixe le début de l’année comme on l’a trop souvent écrit, mais l’édit qui promulgue l’édit de Paris qui prévoyait ce changement. 
Voilà le texte exact qui par suite des différentes transcriptions avec les erreurs des copistes est devenu ce texte connu comme celui authentique de l’édit de Roussillon : «  Si donnons… car tel est nostre plaisir non obstant nostre édict cy attaché donné à Paris  au mois de janvier dernier et quelconques ordonnances, édicts et lettres à ce contraire. Donné à Roussillon le 9 août 1564, de notre règne le cinquième. » Le texte de Roussillon n’est donc que  la promulgation de l’édit de Paris.
Cette disposition, finalement  acceptée et enregistrée par le Parlement de Paris en 1564 fut appliquée plus ou moins rapidement ; à Paris en 1567 et à Beauvais en 1580… Les nouvelles ne circulaient pas aussi vite qu’aujourd’hui, sans télévision et sans internet, et il fallait du temps avant qu’une loi fut promulguée…Est-ce que cela a changé depuis c’est un autre sujet !
Faute de nouveau décret royal ou de décision pontificale… il nous faudra attendre le chant du coucou pour savoir si c’est bien avril car : « Ce n’est jamais avril, si le coucou ne l’a dit ». Vu le temps ambiant, il ne s’est pas encore manifesté à ma connaissance ! Avis aux amateurs de champignons : « si le coucou a chanté, morilles en ton panier »

Quand on arriva au 1er avril 1565 certaines régions n’acceptèrent pas la nouvelle disposition. Ces irréductibles continuèrent à recevoir leurs contemporains avec de faux cadeaux, mottes de terre ou bottes de paille. Avec le temps les petits cadeaux d’avril se transformèrent en farces, blagues et canulars. Selon les corps de métiers, on envoyait les apprentis les moins dégourdis en leur demandant de rapporter des objets insolites tels que « la corde à lier le vent », « la passoire sans trou », et « la clef des champs » , « le bâton à un seul bout » ou de « l’huile de coude »…C’est cette page d’histoire qui serait à l’origine de nos « poissons d’avril ».
En souvenir de l’époque où on célébrait le début de l’année, une coutume s’était instaurée de faire des cadeaux « pour rire ». Ce sont ces farces qu’on a baptisées « poissons d’avril ». Je ne redirai pas ici ce que j’ai écrit les années précédentes au sujet de ces farces parfois très drôles mais aussi quelquefois  méchantes. Mais pourquoi du poisson ? Il court sur ce point des interprétations plus ou moins douteuses. Certains disent que c’est à cause de la fermeture de la pêche pour la période de frai. Des plaisantins auraient alors eu l’idée de lancer des harengs dans les rivières pour tromper l’impatience  des pécheurs d’eau douce…D’autres disent que la date de Pâques qui marquait le début de l’année, ne coïncidant pas toujours avec le 1er avril, on continuait de faire carême et donc de manger du poisson jusqu’à la date de cette fête…Voilà pour ce qui est du poisson d’avril.
On ne peut pas dissocier Pâques des Rameaux . Avec le dimanche des Rameaux le 9 avril les chrétiens vont entrer  dans la Semaine Sainte. Cette fête commémore l’entrée de Jésus à Jérusalem où il venait célébrer la pâque juive. Ce jour, les chrétiens font bénir des branches vertes, souvent des branches de buis, de lauriers ou d’oliviers. Ils en ornent les crucifix de leurs maisons ou ils les portent au cimetière sur les tombes de leurs défunts comme signe d’espérance et de foi en la résurrection.
Chez nous en Languedoc, ces rameaux sont appelés « rampaus » ou « rampals », c'est-à-dire « rameaux de palmes » par une vigoureuse contraction du latin ramus palmae. Il fait souvent du vent le jour des Rameaux et on trouve de nombreux dictons sur ce thème. Cette fête est souvent marquée par le vent, avec quantité de dictons à ce sujet. Or cette année il a beaucoup plu, presque partout et cela nous laisse présager un début d’été pluvieux : « Can ploou sul rompan, ploou sul boulan » . Le boulan, ou « volant » c’est le « fer volant », c'est-à-dire la faucille en langue d’Oc. Et : « S’il pleut sur les rameaux, Il pleut sur la faucille », donc sur la moisson ! Il faudra observer le temps de la fin juin, au moment de la fête de la musique et de la saint Jean. Voila pour nos « Pâques fleuries » comme on appelle ce jour.
Pâques, la plupart du temps cette fête tombe en avril. Mais il y a des exceptions. La règle est que c’est  toujours « le dimanche après la première pleine lune du printemps ». Cette année c’est le 16 avril.  Les savants calculs rassemblés dans ce qu’on appelle le  « comput », pour déterminer la date de Pâques, entraînent toute une série de répercussions sur nos calendriers et jours fériés qui découlent de la fête de Pâques. Trop soucieux de préserver des « avantages acquis », et des congés appréciés de tous, dans un monde qui se veut plus que jamais laïque, on n’ose pas encore  aujourd’hui à supprimer cette référence « chrétienne ». Mais il faut rester vigilant par les temps qui courent. Touche pas à mes jours fériés et à mes ponts, qu’elles qu’en soient les origines !

La lune Rousse pourrait bien, dans la foulée,  nous jouer de mauvais tours. « L’hiver n’est pas achevé que la lune d’avril ne nous ait houspillé » ou « l’hiver n’est point passé que la lune rousse n’ait décliné ». La Lune rousse est la lunaison qui après le dimanche de Pâques. Cette année du 26 avril au 25 mai.
« Lune rousse, vide bourse » ; « lune rousse, rien ne pousse » ; « Gélée de lune rousse de la vigne ruine la pousse » ; « Récolte n’est point assurée que la lune rousse soit passée ». Et bien d’autres !
Mais pourquoi rousse ? Cela n’a rien à voir avec la couleur apparente de la lune, souvent à son lever notamment en été. Ce qualificatif provient de l’aspect pris par les jeunes pousses des végétaux qui, à cette période de l’année, sont souvent brûlées par une gelée dévastatrice au cours de la nuit ou au lever du soleil. Les feuilles et les tiges présentent alors un aspect roussi.
La lumière que nous renvoie la lune n’est pour rien dans ce phénomène saisonnier, remarqué par plusieurs générations de jardiniers et d’agriculteurs.
Voici une explication et une anecdote historique que j’ai souvent citée sur ce sujet. Elle est trop belle pour ne pas le reprendre ici encore. Le célèbre savant Laplace qui conduisait une délégation de scientifiques auprès de Louis XVIII avait été piqué au vif par une question du Roi sur ce sujet, ne sachant pas que répondre. Il s’était sorti de la situation par une litote qui était une façon très ironique de se moquer de ce Roi qu’on a trop facilement tourné en dérision, notamment à cause de son embonpoint. Il s’en fut voir ensuite Arago qui étudia la question et répondit ce qui suit, désormais consigné dans l’ouvrage « Astronomie populaire » publié ensuite par Flammarion.
« Dans les nuits des mois d’avril et mai, la température de l’atmosphère n’est souvent que de 4, de 5 ou de 6 degrés centigrades au-dessus de zéro. Quand cela arrive, la température des plantes exposées à la lumière de la lune, c'est-à-dire à un ciel serein, peut descendre au-dessous de zéro, nonobstant l’indication du thermomètre. Si la lune, au contraire, ne brille pas, si le ciel est couvert, la température des plantes ne descend pas au-dessous de celle de l’atmosphère, il n’y aura pas de gelée, à moins que le thermomètre n’ait marqué zéro, pour d’autres raisons. Il est donc vrai, comme les jardiniers le prétendent, qu’avec des circonstances thermométriques toutes pareilles, une plante pourra être gelée ou ne l’être pas, suivant que la lune sera visible ou cachée par des nuages ; si les jardiniers se trompent, c’est seulement dans les conclusions : c’est en attribuant l’effet à la lumière de l’astre. La lumière lunaire n’est ici que l’indice d’une atmosphère sereine ; c’est par suite de la pureté du ciel que la congélation nocturne des plantes s’opère ; la lune n’y contribue aucunement ; qu’elle soit couchée ou sur l’horizon, le phénomène a également lieu. L’observation des jardiniers était incomplète, c’est à tort qu’on la supposait fausse. »
Les savants viennent ici au secours de la sagesse populaire qui avait fait les mêmes observations depuis belle lurette !
Dans les régions où il gèle, la prudence conseille de ne pas installer les plantes frileuses, (géraniums, pétunias, impatiens, tomates, poivrons, pomme de terre)tant que cette lunaison n’est pas terminée. Si la douceur de la météo vous a quand même incité à tout semer et planter, posez alors un voile de forçage, une cloche ou un tunnel en plastique sur les plantes gélives afin de les protéger pendant la nuit.
Il y a fort à parier que la référence à cette couleur rousse fait allusion aussi au caractère maléfique (supposé !) de notre amie céleste, pourtant si douce au miséreux et aux amoureux, comme le chante la célèbre complainte de la Butte.  Les rousses, disait-on au temps jadis, portaient sur la tête rien de moins que les flammes de l’enfer. Elles étaient suspectes de sorcellerie, redoutées sur les bateaux, accusées de faire tourner le lait et de rancir le beurre. Dès lors rien d’étonnant à ce qu’une rousse, toute planète qu’elle soit, fasse tourner le printemps et rire jaune le jardinier, et jette la désolation au potager !
Et pourtant la lune rousse d’avril est plutôt souvent une lune pâle, de cette pâleur qui « caresse l’opale de tes yeux blasés.. » comme dit la chanson. Cette lune blême qui « jette un diadème » sur les cheveux roux de la petite mendigote de la rue Saint Vincent, a-t-elle donc vraiment une responsabilité personnelle dans les ravages infligés aux végétaux qui vident la bourse des paysans !
Ces moments-là sont souvent des périodes de perturbations auxquelles les végétaux sont particulièrement sensibles. Des semis faits durant ces moments donnent des graines stériles. On constate aussi que le ciel est souvent blanc « mou ». C’est le mauvais temps que nous annonce la jolie complainte, qui nous prépare ainsi aux saints de glace :
« Mais voilà qu'il flotte, la lune se trotte, la princesse aussi. Sous le ciel sans lune, je pleure à la brune, mon rêve évanoui ! »

C’est pendant cette période que se situent les Saints de Glace, dont on n’a retenu que ceux du mois de Mai. Leur influence est d’autant plus à craindre qu’elle coïncide avec la lunaison. S’il faut parler d’influence, il ne faut pas l’attribuer à ces  braves saints qui ne peuvent rien  sur le climat et le temps qu’il fait sinon que la date de leur fête correspond à telle ou telle période où les risques sont grands.
Qui sont-ils donc ces Saints de Glace.  Les premiers sont ceux qu’on appelle : les cavaliers ou encore les saints gresleurs, geleurs et gasteurs de bourgeons selon Rabelais. « Geourgeot, Marquot, Philippot, Crousot et Jeannot sont cinq malins gaichenots [garçonnets] qui cassent souvent nos goubelots [gobelets]. » Pourquoi casseurs de gobelets ? Parce que le froid ou la grêle ces jours–là est néfaste pour la vigne, donc au vin, donc aux pichets et aux gobelets. On dit encore :« Trois saints dont faut se méfier… ».
Saint Georges, est le premier de la liste, le 23 avril.  Sa fête est  accompagnée d’une kyrielle de proverbes et de dictons sur la pluie. « Pluie de saint Georges, coupe les cerises à la gorge ! » ; « S’il pleut à la saint Georges, De cent cerises, restent quatorze. » Ou encore : « S’il pleut à la saint Georgeau, n’y aura guignes ni bigarreaux »
De toutes les façons, qu'il pleuve ou qu'il vente, pour la saint Georges il faut mettre la " graine "- c'est à dire les œufs de ver à soie dans les couveuses, et non plus comme autrefois dans un petit sac pendu sous les jupons des dames ou encore dans leur soutien-gorge…car pour la saint Marc ce sera trop tard, dit un proverbe des Cévennes . C’est en effet entre fin avril  et mai que l’on « élèvait » les vers à soie dans nos Cévennes.
Ensuite Saint Marc le 25 avril, des quatre évangélistes, le plus concret, le plus visuel, avec des récits pleins de fraîcheur. Il est toujours représenté par un lion ou avec un lion. C’est le patron des notaires, sans qu’il n’y ait de véritable relation de cause à effet, car on connaît bien le jargon notarial qui malgré les dépoussiérages et réformes successives, n’en déplaise aux gens de la profession, reste encore bien imperméable au commun des mortels ! on aurait pourtant besoin dans ce domaine de la plus grande des clartés !  « S’il pleut le jour de la saint Marc, Les guignes couvriront le parc » et aussi : « A la saint Marc s’il tombe de l’eau, Il n’y aura pas de fruits à couteau ». C’est à dire de fruits dont on enlève la peau avec un couteau pour les manger.
Saint Philippe était autrefois fêté le 1er mai. « Crouzot » c’est la fête de « l’invention » de la Sainte Croix fêtée le 3 mai et « Jeannot » c’est la commémoration du martyre de Saint Jean l’apôtre, devant la porte dite « latine », à Jérusalem, célébrée le 6 mai.
Saint Robert le 29 avril : « Gelée de saint Georges, saint Marc, saint Robert, récolte à l’envers. »
On dit aussi :« La pluie de saint Robert, Du bon vin emplira ton verre. » Si donc il pleut à ce jour-là, tout ne sera pas négatif…Par contre s’il pleut ensuite pour les saints suivants ce sera différent. Le 30 avril pour Saint Eutrope (ou Tropet) : « Saint Eutrope mouillé, Cerises estropiées. »C’est ce jour-là qu'il faut semer les plantes à fève et notamment les "fayots" de toutes sortes. Je reprendrai ce thème des saints de glace au mois de mai, puisque leur liste continue de se dérouler jusqu’au 15 mai, et en particulier en parlant de ceux dont on parle le plus :« Mamert, Servais et Pancrace, voilà les trois saints de glace ».

A Diou sias !                                                                    
Jean Mignot,  le 2 avril  2017


            

mardi 28 février 2017

du mois de mars 2017

du mois de Mars 2017

Voilà un mois de Mars qui commence dans le contexte d’une société ou on perd le sens de bien des choses !  Je parlerai  d’abord du printemps qui n’est pas encore là puisqu’il n’arrive que  20 mars cette année. Alors pourquoi parler du printemps des Poètes en plein hiver, du 4 au 19 mars cette année, pour la 19e fois. 
A sa création, la manifestation se déroulait les premiers jours du printemps. Ça avait du sens ! Comment demander  à des collégiens ou lycéens de parler du printemps alors qu’il fait encore froid ! Problème de pédagogie ? On perd ainsi le sens des choses et on va laisser croire que c’est désormais le printemps avec ce mois qui commence alors que l’hiver poursuit sa route avec les premières giboulées comme celles de cette fin février, et des marées parmi les plus fortes de l’année. Laissons du temps au temps. Et ne bousculons pas mars à l’appel d’Alfred de Musset :

" Du pauvre mois de mars il ne faut pas médire ;
Bien que le laboureur le craigne justement,
L’univers y renaît ; il est vrai que le vent,
La pluie et le soleil s’y disputent l’empire.
Qu’y faire ? Au temps des fleurs, le monde est un enfant ;
C’est sa première larme et son premier sourire."

Ce dernier jour de février c’est carnaval. Mardi-Gras si vous préférez. Demain on enlève la chair ; les chrétiens  entrent en Carème.

" Le carnaval s’en va, les roses vont éclore ;
Sur les flancs des coteaux déjà court le gazon.
Cependant du plaisir la frileuse saison
Sous ses grelots légers rit et voltige encore,
Tandis que, soulevant les voiles de l’aurore,
Le Printemps inquiet paraît à l’horizon."

Premier sourire du Printemps ? C'est le titre de ce recueil de poésies de Théophile Gautier dont nous avons surtout retenu : « Mars qui rit malgré les averses prépare en secret le printemps ». Mais ces deux vers de Théophile Gautier sont précédés de deux autres vers qui nous plongent tout de suite dans l’actualité : « Tandis qu’à leurs œuvres perverses les hommes courent haletant » … est-ce nécessaire de donner une explication ?
Donnons encore la parole à un autre poète. Cette ode de Gérard de Nerval, certes sortie de son contexte, semble écrite pour les jours que nous vivons, sans le matraquage médiatique qui nous assène vérités et contre-vérités sur des affaires qui sont condamnables pour les uns et pas pour les autres, et de ceux-là on se garde bien de parler !

« …Toujours sa plus chère espérance
Rêva le bonheur de la France ;
Toujours il respecta les lois…
Mais les haines sont implacables,
Et sur le banc des vils coupables
La vertu s’assied quelquefois.
Qu’a-t-il fait ? pourquoi le proscrire ?
Ah ! c’est encor pour des chansons :
Courage ! étouffez la satire,
Au lieu d’écouter ses leçons.
Quand une secte turbulente,
Levant sa tête menaçante,
Brave les décrets souverains,
Vous restez muets, sans vengeance,
Et vous n’usez de la puissance
Que pour combattre des refrains… »

Un autre grand poète, André Chénier, dans le contexte révolutionnaire où il vivait,  écrivait  : 
«… ô vous en qui la France
Vit luire, hélas ! en vain sa dernière espérance,
Ministres dont le coeur a connu la pitié,
Ministres dont le nom ne s’est point oublié ;
Ah ! si de telles mains, justement souveraines,
Toujours de cet empire avaient tenu les rênes,
L’équité clairvoyante aurait régné sur nous ;
Le faible aurait osé respirer près de vous ;
L’oppresseur, évitant d’armer d’injustes plaintes,
Sinon quelque pudeur aurait eu quelques craintes ;
Le délateur impie, opprimé par la faim,
Serait mort dans l’opprobre, et tant d’hommes enfin,
A l’insu de nos lois, à l’insu du vulgaire,
Foudroyés sous les coups d’un pouvoir arbitraire,
De cris non entendus, de funèbres sanglots,
Ne feraient point gémir les voûtes des cachots. »

Les poètes en ce mois de mars nous aident à crier notre message en des termes bien élégants !

Le mois de mars 2017, à l’image de celui d’il y a 19 ans selon le cycle de Méton soit en 1998 après un départ sur de grandes marées, de forts coups de vent et des risques  de submersion marine, va évoluer vers de nombreuses giboulées, générées par les hautes pressions venues du Groenland et l’anticyclone qui va occuper l’Atlantique Nord. Ceci nous amènera jusqu’aux alentours de la pleine lune du 12 mars avec de probable forts coups de vent notamment de Tramontane et de Mistral.
La première partie de la deuxième quinzaine pendant laquelle se situera l’équinoxe, sans de grandes marées, sera plutôt froide, alors que la lune décroissante mais montante vers la vielle lune verra s’installer un temps plus doux. Mais la nouvelle lune du 28 va amener à nouveau de très fortes marées  et ce sera alors les Vaquerieu ou les Jours de la Vieille, ces jours redoutables de fin mars, où la nature ayant enfin commencé à renaitre risque d’être frappée par le mauvais temps. On relira l’histoire des Vaquerieu dans mes chroniques précédentes. Mais peut-être  que j’écrirai alors une nouvelle fois cette belle légende du temps qu’il fait.. parfois… à la fin mars !
Ces modestes prévisions basées sur des observations de la lune sont traduites depuis bien des années par nos vieux dictons : « Parfois on pense trouver le soleil d’août et on trouve la lune de Mars » ou «  Mars change de chapeau sept fois par jour ». Et encore : « Ce fripon de mars regarde le soleil un parapluie à la main ». S’il neige : « les chutes de neige de mars durent du soir au matin ». Quoiqu’il en soit il faudra  s’activer dans les champs et dans les vignes : « En mars coupe et taille si tu ne veux pas que tes fûts soient vides ».
C’est encore un poète qui nous redit en vers :

En mars, quand s’achève l’hiver,
Que la campagne renaissante
Ressemble à la convalescente
Dont le premier sourire est cher ;

Quand l’azur, tout frileux encore,
Est de neige éparse mêlé,
Et que midi, frais et voilé,
Revêt une blancheur d’aurore ;

Quand l’air doux dissout la torpeur
Des eaux qui se changeaient en marbres ;
Quand la feuille aux pointes des arbres
Suspend une verte vapeur ;

Et quand la femme est deux fois belle,
Belle de la candeur du jour,
Et du réveil de notre amour
Où sa pudeur se renouvelle,

Oh ! Ne devrais-je pas saisir
Dans leur vol ces rares journées
Qui sont les matins des années
Et la jeunesse du désir ?

Mais je les goûte avec tristesse ;
Tel un hibou, quand l’aube luit,
Roulant ses grands yeux pleins de nuit,
Craint la lumière qui les blesse,

Tel, sortant du deuil hivernal,
J’ouvre de grands yeux encore ivres
Du songe obscur et vain des livres,
Et la nature me fait mal.

René-François Sully Prudhomme, Les solitudes

Dans la nuit du 25 mars au 26 mars 2017, à 2h00 il sera 3h00.
Ce changement d’heure généralement attribué au choc pétrolier de 1976 date en réalité  de 1906. A l’époque le passage à l’heure d’été consistait à avancer le temps légal d’une heure en été par rapport au temps légal.
Jusqu'en 1940, la France était sur le fuseau horaire de Greenwich (G.M.T.), avec un changement saisonnier de l'heure. 
L' « heure allemande » s’est imposée par l'armée allemande au fur et mesure de son avance en juin 1940.
Lorsqu'en 1945 Jean-Louis Bory reçoit le Prix Concourt pour son roman « Mon village à l'heure allemande », l'expression est officiellement consacrée. Par la suite, les historiens l'utiliseront pour évoquer assez généralement la mise au pas de notre pays par l'occupant, mais elle traduit néanmoins une réalité technique précise. Sous l'occupation on lui préfère l'expression d'« heure officielle », comme il est précisé par exemple sur des avis concernant des cérémonies ou des réunions privées. A la campagne on continue souvent d’utiliser le terme « ancienne heure ».  Une forme de résistance !  
Cette heure a été imposée en zone non occupée sous la pression de la S.N.C.F., dont les horaires nécessitaient l'uniformisation de l'heure sur tout le territoire. Le changement d'heure saisonnier et celui, simultané, des horaires ferroviaires se sont ensuite effectués en accord avec ceux du Reich.
A la Libération la France s’est alignée sur l’heure de l’Europe Centrale avec absence d'un changement d'heure hiver/été.
30 ans plus tard en 1976, pour faire face aux chocs pétroliers, le gouvernement met en place une politique d'économie d'énergie et décide de conserver l'avance de l'heure d'hiver et d'ajouter une heure d'avance en été. Le changement d'heure s'effectue tous les 6 mois. Le temps légal est égal au temps universel + 1 heure en hiver et + 2 heures en été.
Le but de ces mesures est d'adapter le rythme de vie au rythme du soleil et ainsi économiser de l'énergie en limitant les besoins en électricité (lumière et activité professionnelle). Aujourd'hui les mesures d'économie d'énergie sont encore d’actualité même si ce changement d’heure et très contesté. Tout ceci c’est encore le mois de mars !

Adissias                                                                                  
Jean Mignot le 28 février 2017


mardi 31 janvier 2017


du mois de Février 2017


C’est toujours avec une réelle appréhension que l’on voit arriver le mois de février. Non plus parce que, comme au temps des Romains son nom annonce fièvres et autres grippes, mais à cause de sa position au milieu de l’hiver et du souvenir que l’on a de l’hiver 1956 en oubliant  qu’il y a  eu bien d’autres février très froid qui ont eux aussi gelé les oliviers et bien d’autres arbres comme les châtaigniers et les mûriers. On pense aussi aux vacances et cela devient désormais la préoccupation majeure. Va-t-il y avoir de la neige ? Alors que les préoccupations plus sérieuses du moment passent au second plan, je trouve un peu trop vite un peu trop vite !
Ce mois de février 2017 s’annonce doux et humide au moins jusqu’à la pleine lune du 11, et même sans doute jusqu’à la prochaine nouvelle lune le 26. Après il faudra voir ...car « si février ne donne de la teste, il donnera de la qoueste ! » nous disaient nos Anciens.
N’en déplaise à ceux qui nient l’influence de la lune, c’est bien la nouvelle lune de fin janvier qui a amené neige et mauvais temps avec orages, puis ouvert cette période de redoux telle que nous la vivons en ce moment. On peut donc craindre la prochaine nouvelle lune le 26 car elle pourrait ouvrir une période de mauvais temps.
Si février ne remplit pas son contrat - entendez de jours de froid - nous aurons du mauvais temps tout le printemps et peut-être plus. « Février trop doux, printemps en courroux. » ou « Si février ne févrère pas, tout le mois de l’an peu ou prou le fera ». En espérant que ce printemps en courroux ne sera pas comme celui de 1789 où un gel tardif fit périr les abeilles. 1789.. tiens  donc..! Par bon successifs de 19 ans ( le cycle de Méton ) on arrive bien à cette date ! Curieux rapprochement..! Sans parler d’une autre révolution qu’il faudrait bien faire !

Pour le moment ce ne sera pas le froid qui va nous désespérer comme celui du Grand Hiver de 1709 comme l'écrivait Voltaire : « le cruel hiver de 1709 acheva de désespérer la nation », mais bien la situation de notre pays !  Laissons les politiques à leurs affaires, et les fans de glisse à leur neige ! Mais attention à la fuite en avant... ! Je n’ai pas dit : la chute !
« Février le plus court des mois, est de tous le pire à la fois ! » avec cette variante littéraire : « Février entre tous les mois, le plus court et le moins courtois ! »

Février reste un mois sournois sous bien des aspects et cette année il le sera encore et bien plus avec ses deux éclipses, de lune le 11 et de soleil le 26. Les éclipses sont toujours des moments de perturbations atmosphériques, avec des répercussions notamment sur  les végétaux qu’il faut laisser tranquilles ces jours-là, et bien sûr, sur la météo ambiante.  Le ciel des jours d’éclipses est un ciel «  mou », « blanc », pas net.
Il y a éclipse de lune si le noeud lunaire a lieu au moment de la nouvelle lune ou de la pleine lune. Ce sera le cas le 11 février. La lune sera dans la pénombre totale à 1h45 de la nuit. Elle sera visible en France. Cette fois la terre qui fera ombre à la lune. La terre s’interpose entre le soleil et la lune, et nous sommes  bien sûr dans la partie non éclairée de la terre.
Une éclipse solaire se produit elle, lorsque la Lune passe entre la Terre et le Soleil, ce qui obscurcit totalement ou partiellement le Soleil vu de la Terre. Cette fois c’est l’ombre de la Lune qui nous empêche de voir le soleil. Une éclipse solaire totale se produit lorsque le diamètre apparent de la Lune est plus grand que celui du Soleil, bloquant tous les rayons directs du Soleil, et plongeant le jour dans l'obscurité. 
Le 26 février ce sera la Nouvelle Lune et il y aura une éclipse mais nous ne verrons rien pas plus que pour la prochaine éclipse de soleil qui aura lieu le 21 août 2017. Ce sera la 11e éclipse totale du XXIe siècle, mais le 13e passage de l'ombre de la Lune sur Terre en ce siècle.
Ce sera aussi  la première éclipse totale de Soleil à passer aux Etats-Unis au XXXe siècle. Vu ce qui s’y passe, les prophètes de malheur et tous les diseurs de bonne aventure ont du grain à moudre !
Quelles que soient leurs prédictions les éclipses ont toujours été porteuses de signes et dans les temps anciens on les redoutait car on craignait que la lune ou le soleil disparaisse définitivement … ! 

Moi je prédis un mois de février doux, comme celui d’il y a 19 ans selon le cycle de Méton, c’est-à-dire 1998: 17° à Lyon le 11 février ; 14 .7° à Rennes le même jour ; 18.2 à Saint Etienne ; 15.1 à Tours et 17.6° à Strasbourg.  Le 13 février 20° en côtes d’Armor ; 17° à Bourges ; 21.6° à Bordeaux ; 20.3° à Toulouse et 22° à Limoges. Le 18 février 21.8° à Marseille et 22.8 à Salon de Provence. 19.2° à Bourg Saint Maurice le 19 février. Le 20 février 22.5° à Bordeaux, 19° à Bourges ; 22.2 à Châteauroux ; 21° à Saint Etienne, 22° à Poitiers et même 22.1° à Niort.
Tous ces relevés et bien d'autres sont parfaitement connus et accessibles à tous, mais je suis sûr qu'on va encore sur les ondes que c’est du «  jamais vu ! »

Février mois des fièvres  mais aussi mois des purifications. Il pleuvait souvent beaucoup à Rome et cela entraînait des maladies d’où la nécessité de se purifier voir de se purger : avec quelques grains hellébore !
Ce temps pluvieux était si fréquent que le mois avait été consacré à Neptune et notre calendrier républicain l’avait baptisé « pluviôse »

Février un mois qui partage avec Avril la particularité de tirer son étymologie d’un verbe et non d’un dieu ou de sa place dans le calendrier comme les trois derniers de notre année.

Février le mois le plus court de l’année. J’ai souvent expliqué pourquoi. Créé pour arriver au bon compte sur le temps que met la terre pour faire sa révolution autour du soleil, il a toujours été considéré comme un mois « complémentaire » et c'est donc chez lui qu'on est allé retirer un jour pour pouvoir mettre sur un plan d’égalité, le grand Jules César et son neveu Auguste dans les deux mois qui leur sont consacrés juillet et août.

Une plaisanterie a cours sur sa brièveté. On dit volontiers que c’est le mois de l’année où les filles sont les moins bavardes. Et pour cause !
Pardons mesdames !

Mois des purifications rituelles chez les Romains, les « februales » février donnait lieu à des festivités de tous ordres et notamment à une série de célébrations en l’honneur des morts. 
L’église, a fixé au début de ce mois la fête de la Purification et de la Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem, selon le rituel de la loi juive.
Je relève au passage la vieille habitude qui avait court dans nos campagnes de garder précieusement les cierges de la Chandeleur pour pouvoir les allumer auprès du défunt qu’on veillait ensemble jusqu’à ce qu’il soit porté en terre. Peut-être un vestige de ce culte des morts en cette période !
Chez les Celtes on retrouve aussi ce culte des morts et ce rite de purification de l’eau pour assurer la fécondité et le retour à la vie. C’était la fête d’Imbolc.
On peut faire aussi un rapprochement avec d’autres fêtes qui s’appelaient les « parentalia ».
Il y avait enfin à la même période, les fameuses « lupercales » dédiées à la louve qui éleva Remus et Romulus. C’étaient des fêtes en l’honneur de la fécondité  au moment où la nature commence à reprendre vie. Le peuple de Rome et surtout les jeunes se rassemblaient dans la rue à la lueur de torches enflammées et on mangeait des galettes en l’honneur de Proserpine, divinité protectrice entre autres, du monde agraire.
Pour mettre fin aux orgies dans lesquelles dégénéraient ces fêtes, le pape Gélase, en 472, eut alors l’idée de faire distribuer ces galettes aux pèlerins affamés venus à Rome. On appelait ces galettes des « oublies ». Ce sont les ancêtres de nos crêpes.
Il faut voir dans les crêpes et leur forme, cette louange au soleil qui brille un peu plus chaque jour, avec le même symbolisme pour la galette des rois qui représentait le soleil renaissant. Les jours augmentent en effet de façon très sensible puisqu’ils vont gagner durant ce mois, 46 minutes le matin et 44 le soir.

Chaque année, vers le 13 février, on assiste à un redoux, autour de la fête de saint Valentin, le 14. C’est ce que nous rappelle ce dicton en langue d’oc : "Per la San valentin, l'agasso mounto sou pin; si noun li jai, ti tengues paga gai" proverbe qu'on peut traduire ainsi : pour la saint Valentin la pie monte sur le pin; Si elle n'y fait pas son nid, ne te réjouis pas trop vite.
Ce proverbe est lié à l'observation du temps de ce jour de milieu février, où la nature fait quelquefois ressentir les premiers frémissements d'un réveil du printemps. Si alors l'oiseau monte à l'arbre, il faut voir s'il va ou non commencer d'y faire son nid. S'il ne commence pas son travail ce jour-là, c'est signe que l'hiver n'est pas encore fini. Cela pourrait bien être le cas cette année. Observez les oiseaux en ce moment et vous verrez !

On raconte que Charles d’Orléans, prisonnier en Angleterre après la défaite d’Azincourt, avait observé ainsi le jeu des oiseaux, et qu’il aurait alors imaginé d’écrire des messages d’amour et de tendresse à sa bien-aimée, messages qui sont devenus, après qu’ils aient été institués à la Cour de France, « les valentines », ces cartes décorées de cœurs et de cupidons, ornées de dentelles, de soie, de satin, de fleurs, voire aussi parfumées, qui apparurent à l’époque victorienne et que Monsieur Howland, papetier américain importa aux USA en 1848 et dont on dit que les Américains sont très friands…

Avec la fête de ce saint populaire dont le commerce s’est désormais saisi, nous nous retrouvons encore dans cette volonté de l’église d’organiser une alternative aux festivités païennes pour éviter les débordements qu’elles avaient entraînés.
La légende de saint Valentin traversa les siècles et en 1496, sur décision du pape Alexandre VI, saint Valentin devint le patron des amoureux, des fiancés et de tous les jeunes gens et jeunes filles, dont le comportement est si proche de celui des oiseaux.
Depuis 140 ans, des reliques de saint Valentin reposent dans l'église de Roquemaure, dans le Gard, au bord du Rhône. Culte des reliques… Influence des reliques... !
En 1866 le phylloxera fait son apparition dans le Gard à Aramon, puis à Roquemaure. Ce sont les « tâches de Roquemaure ».
C’est la catastrophe. Le riche propriétaire du domaine de Clary, à Roquemaure, décide de faire l’acquisition, à Rome, d’un saint protecteur. Le 25 octobre 1868, l’évêque de Nîmes, Monseigneur Plantier, célèbre l’arrivée des reliques, dans une grande liesse. Sur la place de la Pousterle, le panégyrique de saint Valentin est dit en présence d’une foule immense qui ensuite accompagne les reliques vers la collégiale où désormais elles demeurent dans une chasse. C’est cette commémoration qui a lieu chaque année dans une série de festivités remarquables, où les gens du pays, habillés comme en 1868, font revivre les métiers d’autrefois, et défilent en cortège ( plus de 800 personnes).
Roquemaure, c'est le village où fut chanté pour la première fois, "Minuit Chrétiens" le fameux cantique écrit par Placide Carpeau, enfant du pays. Mais cela c'est une autre histoire !
Quant à la relation entre saint Valentin et le phylloxera, à ma connaissance, il n’y en a aucune …Et pour ce qui est du pouvoir des reliques... ! 
Ce qui est sûr c’est que le phylloxera est devenu une vieille histoire dont on ne se souvient plus de l’ampleur des dégâts que cette épidémie avaient engendrés.
Cette belle complainte vient à point pour les amoureux de  la saint Valentin. Voyons plutôt le bon côté des choses et chantons ce  beau refrain de Charles  Trenet :

Le soleil a rendez-vous avec la lune
Mais la lune n'est pas là et le soleil l'attend
Ici-bas souvent chacun pour sa chacune
Chacun doit en faire autant
La lune est là, la lune est là
La lune est là, mais le soleil ne la voit pas
Pour la trouver il faut la nuit
Il faut la nuit mais le soleil ne le sait pas et toujours luit
Le soleil a rendez-vous avec la lune
Mais la lune n'est pas là et le soleil l'attend
Papa dit qu'il a vu ça lui...

Le 28 février, c’est mardi-gras, jour de carnaval. « Carnaval » vient de l’italien « carnalevare » signifiant « sans viande », « enlever la viande » car la période qui va suivre le Mardi Gras sera une période de jeûne.
Dans les pays anglophones on nomme ce jour Fat Thuesday, Shrove Tuesday ou encore Mardi Gras day.
En général on ne mange pas de gras pendant le carême. La veille du début du carême, le Mardi Gras, les gens avaient pris l’habitude, dit-on, d’utiliser ce qui reste de graisse pour faire des fritures, beignes, bugnes, beignets, bougnettes dans le Midi ou "oreillettes". 
Il était aussi de coutume d’arrêter de manger des œufs durant le carême. C’est pour cela que se serait instaurée la tradition de faire des crêpes, en lien avec l’origine des crêpes du début de ce mois de février. C’est pourquoi le Mardi Gras est aussi appelé le Pancake Tuesday.
Ce sera ensuite, début mars l’entrée en carême des chrétiens, 40 jours avant la fête de Pâques. C’est la commémoration des quarante années de marche du peuple hébreu dans le désert, et du jeûne du Christ dans le désert lui aussi. C’est un temps de réflexion et de prière. Un temps d’appel à la conversion. Lisez attentivement ce qu’écrivait de façon imagée, le très grand évêque d’Arles, saint Césaire : « Ne tarde pas, convertis-toi et ne diffère pas de jour en jour. Ce sont les paroles de Dieu et non les miennes. Mais toi tu réponds : demain ! demain ! (en latin du texte : « cras ! cras !) Quel croassement de corbeau ! Comme le corbeau envoyé de l’arche n’y est pas revenu et, maintenant qu’il est vieux, dit encore : demain ! demain ! C’est le cri du corbeau : tête blanche et cœur noir. Demain ! demain ! c’est le cri du corbeau : le corbeau n’est pas revenu à l’arche, la colombe est revenue. Qu’il se perde donc, le croassement du corbeau, et que se fasse entendre le gémissement de la colombe » Saint Césaire d’Arles  ( 469 – 542)
Un appel à la réflexion et à la conversion !

Ce beau texte du grand évêque Césaire, à quelques mots près, s’appliquerait bien aux promesses que nous entendons par les temps qui courent ! Croâ ! croâ ! Demain ! demain !

Adissias !                                                                                                                                                             Jean Mignot le 31 janvier 2017