mercredi 31 janvier 2018

de février 2018


de février 2018


Février ! Pourquoi ce nom à l’étymologie différente des autres mois, qui ne fait référence ni à la place du mois dans l’année ni à un dieu auquel il serait voué ? Pourquoi ce mois plus court que les autres ?
Chaldéens, Babyloniens, Grecs, Chinois, Egyptiens, Romains entre autres, s’étaient aperçu d’un problème de concordance entre leurs différents calendriers et les saisons. A travers les siècles, tous  leurs calendriers, sur  la base de calculs souvent très compliqués, ont tenté de faire coïncider les cycles de la lune et du soleil, sans d’ailleurs jamais vraiment y arriver ! Alors on rajoutait des mois ou des jours de complément, « mensis intercalaris » chez les Romains, « Jours épagomènes » chez les Egyptiens, ou autre treizième mois chez les Chinois pour que l’équinoxe de printemps tombe toujours dans le second mois de l’année.
Ce mois a ainsi été ajouté aux autres pour arriver à un calcul très compliqué, qui normalisait les différents calendriers en usage. C’est Jules César qui en 46 avant Jésus-Christ, soit en l’an 708 de la fondation de Rome, avec l’aide de l’astronome Sosigène d’Alexandrie, fit mettre en place un calendrier nouveau : le calendrier « julien ».  Comme le compte n’était pas encore bon on inventa le système du bissextile, en doublant le sixième jour avant les calendes de mars  (bis-sextus ante calendas Martias ) qui marquaient le début de l’année. C’était le 24 février et non comme maintenant le jour ajouté du 29 février quand c’est l’année pour le faire, selon le calendrier « grégorien ».
Février est un donc un mois complémentaire ou intercalaire, différent des autres, qui se justifie pour retrouver le bon compte entre un système de référence, le calendrier, et la durée du cycle du soleil, de façon que les saisons soient à un poil près, aux mêmes dates. Je dis « à un poil près » car, comme je l’ai souvent écrit dans ces chroniques la date de début des saisons peut varier d’un ou deux jours. 
Etant un ajout, février fit les frais des ajustements successifs et perdit un jour, par exemple quand, à la demande du Sénat de Rome il fut décidé d’ajouter un jour au sixième mois de l’année pour que, dédié à Auguste ce mois soit aussi long que celui dédié à la famille de Jules César. Août eut ainsi ses 31 jours comme juillet. Une certaine normalisation de l’orthographe nous fera bientôt oublier cette origine d’août. Vaste débat mais autre chronique.
On dit aussi que ce mois est le mois où les femmes parlent le moins ! et pour cause : 28 jours au lieu de 30 !
Mois du mauvais temps et des pluies, surtout à Rome, on baptisa ce mois « februarus », le mois des fièvres, des maladies et de la grippe désormais. Je fais ici remarquer que notre calendrier républicain avait baptisé ce mois pluviôse.
Pour rester dans la tradition de la dédicace des mois à un dieu, les Romains avaient quand même consacré ce mois à Neptune, à cause des pluies. Dans la statutaire il était représenté par une femme vêtue de bleu, la tunique relevée par une ceinture, tenant dans ses mains un canard, ayant près d’elle une urne qui verse l’eau en abondance, et à ses pieds un héron et un poisson. On est bien dans le thème général.
Ceci pour répondre à ma triple question d’introduction de cette chronique.
De tout temps au-delà des calendriers les hommes se sont employés à inventer des outils pour mesurer le temps qui passe. On retrouve ainsi près de 3300 ans avant JC des cadrans solaires dont quelques-uns encore dans nos villes et villages, objet de curiosité, souvent porteur d’un message.
Il y avait pour marquer les étapes d’une journée les différentes sonneries des cloches, les unes liées aux sonneries des offices des moins, d’autres à l’angélus trois fois pas jour, mais aussi la cloche du marché, la cloche du veilleur qui annonce la fermeture des portes de la ville, et la cloche d’alerte du tocsin.
Ce n’est que tardivement vers la fin du 13 ème siècle et le début du 14 ème  qu’apparurent les premières horloges comme celle de la Tour du Palais à Paris datée de 1370, ou les fameuses et extraordinaires horloges astronomiques dont les plus célèbres sont celle de la cathédrale de Strasbourg de 1352, celle de la Primatiale Saint Jean de Lyon de 1379, ou encore celle des cathédrales de Bourges (1424) ou de Prague ( 1410 ). D’autres plus récentes n’en restent pas moins extraordinaires comme à Beauvais ou à Besançon. Ces mécanismes permettent de déterminer les dates des éclipses, ou d’autres cycles auxquels je fais souvent référence.
Mais ce qui me parait bien plus extraordinaire, alors qu’avec l’invention de l’horloge due au génie de nos inventeurs, on pensait avoir trouvé un excellent outil pour mesurer le temps,  bien avant nous, bien avant les réformes des calendriers, déjà les savants de l’antiquité avaient imaginé une extraordinaire machine, ancêtre de nos horloges astronomiques.
La « machine d'Anticythère », appelée également « mécanisme d'Anticythère », est considérée comme le premier calculateur analogique antique permettant de calculer des positions astronomiques. C'est un mécanisme de bronze comprenant des dizaines de roues dentées, solidaires et disposées sur plusieurs plans. Il est garni de nombreuses inscriptions grecques. Cette machine  dont on ne connaît qu'un seul exemplaire  a été trouvée  en 1901 dans une épave, près de l'île grecque d'Anticythère, entre Cythère et la Crète. L’épave d’Anticythère était celle d’une galère romaine, longue d'une trentaine de mètres, qui a été datée comme antérieure à 87 av. J.-C. C’est le plus vieux mécanisme à engrenages  connu. Ses fragments sont conservés au Musée National archéologique d’Athènes.
Faute d'indices plus complets, les premières études avaient assimilé l’âge du mécanisme à la date du naufrage du navire, soit entre 87 et 60 av. J.-C. Les savants se sont penchés sur cet appareil extraordinaire et en 2010, une étude plus poussée avec l’aide de nos techniques actuelles a permis de dater ce  mécanisme entre la fin du IIIe et la moitié du iie siècle av. J.-C. En 2014 d’autres chercheurs affirment que ce  mécanisme d'Anticythère aurait été connu dès 205 av. J.-C., c'est-à-dire sept ans seulement après la mort d'Archimède. Vous pourrez trouver tout comme moi des tas d’articles sur cette machine. Je note simplement que cette extraordinaire machine, qui  n’était pas à proprement parler une horloge car il fallait, à l’aide d’une manivelle positionner les rouages pour déterminer un certain  nombre de données, permettait, sur la base d’un calendrier de 365 jours, de prévoir les éclipses de la lune et du soleil sur la durée du cycle de Méton ( 19 ans), avec le nombre de lunaisons pendant ce cycle ; indiquait le nombre de mois anomalistiques ( Intervalle entre deux périgées de la lune soit 27.554550 jours en moyenne) et le nombre de lunaisons dans un saros (période de 6585.32 jours soit 18 ans, 10 ou 11 jours et 8 heures) et toute une série d’autres indications comme la date de divers jeux antiques. La machine pouvait  même indiquer la couleur de la lune pour certaines éclipses comme celle extraordinaire de ce jour, hélas non visible en France.
N’était-ce pas, à l’époque de l’heure atomique, au moment où nos montres  se mettent à l’heure automatiquement, une découverte dont je devais parler dans cette chronique où je tente d’expliquer que février a été ajouté dans nos calendriers précisément parce que l’homme a toujours cherché à mesurer le temps, sans y parvenir. A preuve c’est que malgré les capacités énormes qu’offre l’informatique, il faut de temps en temps, malgré l’année bissextile, remettre les pendules à l’heure dans la nuit du 31 décembre au premier janvier.
Le temps et le rythme des saisons nous amène à un peu plus d’humilité face à la nature. A la respecter aussi !
Les journées sont encore très froides. Au point de vue météorologique, février présente un phénomène très singulier. Tous les ans, vers le 13 février, on observe pendant quelques jours un refroidissement de la température ; ce phénomène météorologique, avant d’avoir été constaté par les savants, avait été remarqué des agriculteurs, qui donnaient à cette période le nom de saints de glace de février. On les retrouve au mois de mai.
Février, disent les agriculteurs, doit être froid et pluvieux pour que les récoltes soient excellentes.
Cette année ce phénomène va se produire autour de la nouvelle  lune qui est le 15 avec une éclipse et un nœud lunaire  le 14 ce qui est toujours un moment de perturbations atmosphériques ! Même si la lune n’a pas de rayonnement, messieurs les savants expliquez-nous ça !
Au début de ce mois, avaient lieu des  fêtes publiques expiatoires appelées Februales. Ces fêtes, qui commençaient le 1er février et qui duraient huit jours, avaient été instituées en l’honneur des morts. En signe de deuil, les magistrats ne portaient que la toge blanche des simples particuliers, au lieu de la toge blanche ornée d’une bande de pourpre qu’ils revêtaient d’ordinaire et qu’on appelait « la toge prétexte ». Des sacrifices étaient faits aux dieux infernaux en l’honneur des morts qu’on voulait honorer. Ces fêtes expiatoires et purificatrices nous laissent la fête de la Purification, que l’Église catholique célèbre tous les ans, le 2 février. Quarante jours après la naissance du Christ, selon le rite juif de l’époque, la Vierge vint au temple présenter, pour sa purification, deux tourterelles et deux pigeons. En ce jour, on faisait autrefois des processions avec des chandelles allumées, d’où le nom de Chandeleur donné à cette fête. Le pape Gélase, en 472, fit supprimer cette cérémonie ; néanmoins le nom de Chandeleur est encore conservé. On gardait des chandelles de cette fête pour les allumer au chevet des mourants. Et aussi les jours d’orage !
C’est ce même Pape Gélase qui  eut l’idée de faire distribuer les galettes aux pèlerins affamés venus à Rome. On les appelait alors des « oublies ». Ce sont les ancêtres de nos crêpes de la Chandeleur. C’étaient des gâteaux ronds et plats qu’on mangeait en l’honneur de Proserpine, divinité protectrice du monde agraire qu’on célébrait aussi en ces périodes et pendant les quinze jours pour les fêtes des Lupercales. Il faut voir dans les crêpes et leur forme, cette louange au soleil qui brille un peu plus chaque jour, avec le même symbolisme pour la galette des rois qui représentait le soleil renaissant. «  sol invictus ». Les jours augmentent en effet de façon très sensible puisqu’ils vont gagner durant ce mois, 46 minutes le matin et 44 le soir.
Après les fêtes de purification de début du mois, on célébrait les Lupercales, fondées, dit-on, par Romulus et Remus en l’honneur de la louve (en latin lupa) qui les avait nourris. Des pontifes appelés luperques sacrifiaient aux dieux, des chèvres et de jeunes chiens. Les jeunes qui assistaient à ces libations, presque nus, frottés d’huile et de sang, revêtus des lanières de la peau des chèvres, allaient ensuite dans les rues de Rome fustigeant les passants et semant la « panique » puisqu’on dit aussi que ces fêtes étaient vouées au Dieu Pan, du nom de ce dieu en grec : lycoeus, dérivé de lycos, lupus. Si cette explication est la bonne, on comprend mieux la nature des sacrifices que les luperques offraient aux dieux. Pan, fils de Jupiter et de la nymphe Callisto. N’a-t-il pas des jambes et des pieds de chèvre ? Et n’est-il pas, comme le chien, le gardien des troupeaux. Le mot « panique » serait donc un legs du mois de février. .
A la mi-février, on fête  saint Valentin.  J’ai déjà rappelé l’institution de cette fête en l’honneur de la jeunesse et de l’amour instituée pour tenter de mettre fin aux orgies des Lupercales.  Valentin était une  des  victimes  d’une décision  de l’empereur Claude dit le Cruel, qui rencontrant beaucoup de difficultés pour trouver des soldats pour ses multiples campagnes militaires leur avait interdit  le mariage. Pour lui, les hommes mariés ne faisaient pas de bons soldats. Valentin qui était prêtre de la religion chrétienne, décida alors de marier secrètement les jeunes amoureux. Pour avoir transgressé la loi, Claude le fit arrêter. On était en 268. Dans sa prison, Valentin fit la connaissance de son geôlier qui avait une fille aveugle, du nom de Julia. Touché par la douleur de cet homme, il rendit la vue à cette enfant et convertit toute la famille à la religion chrétienne. L'empereur ne tarda pas à apprendre le miracle. Valentin fut battu, brisé par les coups de bâtons des soldats romains, pour être enfin décapité sur la voie flaminienne, le 14 février 268. La légende dit que Julia planta un arbre sur sa tombe. Cet arbre aux fleurs blanches légèrement teintées de roses, qui commence souvent à fleurir en cette période dans nos régions méridionales était sans doute un amandier, symbole d’Amour et d’Amitié.
A la font de Nîmes , I a un amètlier
Que fa de flors blancas coma de papier .      
Se canta que canta…(air connu).
A cette période, la nature fait quelquefois ressentir les premiers frémissements d'un réveil du printemps. C’est ce qui devrait se passer cette année après le 20 février, car avant ce sera du froid que je vous annonce. Si alors l'oiseau monte à l'arbre, il faut voir s'il va ou non commencer d'y faire son nid. S'il ne commence pas son travail ce jour-là, c'est signe que l'hiver n'est pas encore fini. Observez les oiseaux en ce moment et vous verrez ! Ce temps doux amène ce dicton en langue d’oc : « Per la San valentin, l'agasso mounto sou pin; si noun li jai, ti tengues paga gai » proverbe qu'on peut traduire ainsi : « pour la saint Valentin la pie monte sur le pin; Si elle n'y fait pas son nid, ne te réjouis pas trop vite ».
On raconte que Charles d’Orléans, prisonnier en Angleterre après la défaite d’Azincourt, avait observé ainsi le jeu des oiseaux, et qu’il aurait alors imaginé d’écrire des messages d’amour et de tendresse à sa bien-aimée, messages qui sont devenus, après qu’ils aient été institués à la Cour de France, « les valentines », ces cartes décorées de cœurs et de cupidons, ornées de dentelles, de soie, de satin, de fleurs, voire aussi parfumées, qui apparurent à l’époque victorienne et que Monsieur Howland, papetier américain importa aux USA en 1848 et dont on dit que les Américains sont très friands…
Avec la fête de ce saint populaire dont le commerce s’est désormais saisi, nous nous retrouvons encore dans cette volonté de l’église d’organiser une alternative aux festivités païennes pour éviter les débordements qu’elles avaient entraînés. Et c’est encore un legs du mois de février.
Le 13 février, ce sera cette année Mardi-gras autre occasion de faire la fête et de manger des oreillettes, c’est bien connu à Uzès et en Cévennes bien sûr. C’est le jour où il faut enlever la chair « carnaval », car c’est le début du jeune de carême pour les chrétiens. Dans quarante jours ce sera Pâques, tôt cette année le 1er avril
Pour conclure, voici une petite histoire liée à ce mois de février puisque c’est le mois des crêpes. Il s’agit de l’origine de la crêpe  “ Suzette ».  En 1903, Edouard VII roi d’Angleterre fit une visite officielle en France. On se souvenait dans certains milieux parisiens des frasques du Prince de Galles. Le prince se rendit dans l’établissement d’Henri Charpentier, qu’il avait bien souvent fréquenté. On servit des crêpes et le restaurateur eut l’idée de  verser de l’alcool dessus pour les faire flamber. Il dit en regardant le prince en bonne compagnie : “ Nous les appellerons “ crêpes princesse ” ! ”. “ Disons plutôt Suzette ! ” rectifia galamment le prince avec sans doute un clin d’œil vers la dame qui était à ses côtés. C’est ainsi que la jolie Suzette est passée à la postérité.
« Si février ne donne de la teste, il donnera de la quoueste ». Il vaudrait mieux que « février févrière » sinon c’est mauvais présage pour mars  «  Si février ne févrotte, mars marmotte » ou : « Si février est chaud croyez bien sans défaut que par cette aventure, Pâques aura sa froidure ». Or il a fait plutôt doux pour Noël ! On peut donc craindre du froid ou du mauvais temps pour les mois qui suivent : « Quand la bise oublie février, elle arrive en mai » ( pour les saints de glace !) et aussi «  Si février ne févrière pas, tout mois de l’an peu ou prou le fera ».
Depuis plusieurs semaines j’ai annoncé du froid vers les 7 ou 8 février, en me référant au cycle de Méton et au temps qu’il a fait il y a 19 selon mes notes personnelles. Or voila désormais depuis ce jour que la sérieuse Chaîne Météo, confirmant ce que le site de Météo-Languedoc dit depuis trois jours, annonce l’arrivée du froid.
La Chaîne Méteo écrit «  l’hiver arrive ce week-end » et Météo-Languedoc « les scenarios ( scenarii) froids pour la semaine prochaine se multiplient. »
Nous voici prévenus ! Couvrons-nous et restons bien au chaud si possible. Addissias !

                                                                                                                      Jean Mignot
                                                                                                          Au soir de la Super Lune
                                                                                                                du 31 janvier 2018



                                                                                                                                                                            

jeudi 18 janvier 2018

Un événement extraordinaire le 31 janvier 2018



Ce 31 janvier 2018 levez les yeux ! Un triple phénomène lunaire ravira les passionnés d'astronomie : 


une Super Lune, une Lune bleue et une Lune de sang, et une éclipse totale de lune.
Un triple phénomène unique en 150 ans ! Triple phénomène car la lune de sang est une conséquence de la lune bleue.
La Super Lune c'est quand  la pleine lune est au plus près de la terre, à son périgée. Ce sera le 31 janvier à 10h57. La lune parait alors 14 fois plus grosse et 30 % plus brillante qu'à l'accoutumée.
La Lune Bleue,  ce n'est pas la couleur de la lune. C'est une expression dont on se sait pas trop l’origine, donnée à la deuxième pleine lune dans un même mois, ce qui est rare !
Ce qui fait de 2018 une année de treize lunes ( exactement 13 pleines lunes). Les diseurs de bonne aventure et autres prophètes de malheur vont s'en donner à coeur joie !
L'éclipse de lune c'est quand l'ombre de la terre se projette sur la lune, jusqu'à l'occulter totalement = éclipse totale. Cela se produira à 14h27. De plus la course de la lune coupera l'éllipse de la terre ( = noeud lunaire) à 19h46.
Pendant l'éclipse, la "lune bleue", - la 13 ème lune de l'année-  prend une couleur rouge orangé d'où l'expression lune de sang. 


La dernière fois que ce phénomène s'est produit c'était le 31 mars 1866. Il faudra attendre le le 31 décembre 2028 pour pareil phénomène se reproduise! 

Ne manquons d'observer ce phénomène si les conditions atmosphériques le permettent


Le premier phénomène est plutôt commun, avec une fréquence variant entre quatre et six fois par an, la super Lune  - super Moon - se produit quand la Lune est au plus prêt de la Terre, environ 356 000 km, c'est-à-dire au périgée.
Plus rare, la Lune Bleue représente la 13e pleine Lune de l'année, au lieu de douze. Une curiosité calendaire qui a lieu tous les trois ans. Le qualificatif « bleu » n’a rien à voir avec la couleur apparente de cette lune !
Enfin, la Lune de sang sera due à une éclipse lunaire totale. La Terre passant entre le Soleil et la Lune donnera une couleur rouge orangée à cette dernière. ( Ne pas confondre ou ne pas dire Lune Rousse ce qui est encore autre chose ! )

Malheureusement, la France métropolitaine ne pourra pas voir les trois phénomènes en même temps. 
Seules la super Lune et la Lune bleue seront visibles . Regardez sur votre calendrier du facteur l'heure du lever de la lune ! car c'est bien sûr la nuit venue qu'il faudra faire nos observations !

Il faudra se rendre sur le continent asiatique, en Polynésie française en Nouvelle-Calédonie pour profiter du triple spectacle. 
Mais nous devrions avoir quand même un beau spectacle dans la soirée

La croyance populaire craint les années à treize lunes. On impute à ce phénomène une météo détraquée, des printemps trop arrosés, étés pluvieux et hivers glaciaux.
En France, la terrible sécheresse de 1976 et la tempête de 1999 étaient survenues durant des années à treize lunes.
Mais, comme souvent, les faits viennent démentir les certitudes irrationnelles et les relevés pluviométriques de la météorologie nationale, disent exactement le contraire.

Pour plus d'information sur ce phénomène voyez vos journaux préférés ou les revues spécialisés. Depuis hier ils publient de nombreux articles sur ce sujet. 
J' ajoute seulement ici mes observations personnelles. Vous savez que je me réfère souvent au cycle de Méton  qui n'est pas la panacée universelle en matière de prévisions. Mais il n'empêche que tout comme je l'ai observé en 1998, pour ce mois de janvier 2018 le temps suit dans ses grandes lignes le temps qu'il a fait il y a 19 ans, c'est à dire en 1999. 
Or en 1999, il y avait aussi une pleine lune le 31 janvier, et ce jour-là j'ai relevé un temps beau et froid avec - 1.7° le matin vers 8h et cela s'est poursuivit jusque vers le 12 février. 

De plus cette période va être marquée à partir du 31 et pour les premiers jours de février par un coefficient de grandes marées, supérieur à 100. Donc...
A vos observations ! et ne craignons pas trop que le soleil ou la lune nous tombe sur la tête !

dimanche 31 décembre 2017

de Janvier 2018 et des Voeux


de janvier 2018 et des Vœux de Nouvel an


Avec Janvier qui ouvre l’année et qui nous invite comme le dieu Janus au double visage  auquel il est voué, à regarder ce qui s’est passé et ce qui va se passer, voici les vœux, une tradition qui  évolue au rythme d’internet, des cartes virtuelles, « e.card » et « sms ». Tradition qui se maintient  aussi au niveau des cérémonies de vœux dans grand nombre d’institutions publiques sans qu’on se pose vraiment la question de leur coût souvent déplacé. Par ailleurs ne tentez pas de joindre un service public pendant cette période. C’est les Vœux ! Rappelez plus tard ! eh oui.. qui n’a jamais fait cette expérience de tomber sur ce genre de réponse ! Mais flatterie oblige !  pas question de remettre en cause ces cérémonies ! Tant pis ! moi je dis qu’il faudrait revoir ça,  dans un sens de plus simplicité et de modestie. Un verre de l’amitié d’accord  mais pas un buffet dinatoire comme on le fait ici, et  la dépense - ce serait symbolique - serait donnée à une organisation caritative ! L’ histoire des vœux et son évolution nous appelle à réfléchir sur cette coutume. Voyez plutôt.
Les Romains accompagnaient le début de l’an par des vœux de prospérité. Quintus Aurélius Symmachus, Symmaque ( 345/402), nous rapporte que l’usage de ces vœux fut introduit sous l’autorité du roi Tatius Sabinus qui fut le premier à recevoir  la verbena ( la verveine) du bois sacré de la déesse Strenia ou Strenna, pour le bon augure de la nouvelle année. Ces vœux étaient avant tout destinés aux personnes de valeur et de mérite, puis prirent de telles dimensions et occupaient une telle place les six ou sept premiers jours de l’année que Tibère, empereur d’une humeur plus sombre,  fut obligé de les interdire au-delà du premier Jour de l’An. Caligula les fit rétablir y trouvant un grand intérêt. Claude abolit ce que son prédécesseur avait rétabli.
Comment donc ne pas penser aux sempiternelles cérémonies des vœux qui se déroulent en ce mois de janvier !
Le peuple perpétua longtemps la coutume au point que le concile d’Auxerre, en 587 tenta de la réglementer. Les étrennes, jointes à des sacrifices étaient devenues véritablement diaboliques. Les confréries perpétuèrent les traditions. On en trouve des traces dans les statuts de la confrérie des drapiers en 1362. Les coutumes suivaient alors les variations des dates de début de l’an selon les lieux.
Nous sommes nombreux à nous souvenir des étrennes de début janvier, quand le commerce n’avait pas encore pris le pas sur la fête de Noël avec sa débauche de cadeaux et qu’une célèbre firme de boisson n’ait repris la coutume de Saint Nicolas pour inventer le Père Noël. Les étrennes d’alors avaient encore  un peu de sens !
Très répandue dans le monde entier, la tradition d'envoyer ses souhaits à l'occasion de la nouvelle année sur une carte de vœux, est née en Angleterre au XIXème siècle : la "Christmas Card". Le nouveau procédé d’imprimerie mis au point en Allemagne par Aloÿs Senefelder en 1796, la lithographie, qui permettait de reproduire en très grande quantité un dessin ou un texte gravé au préalable sur une pierre, favorisa l’usage des cartes de vœux. L’affaire prit de l’ampleur avec la création des timbres-poste, en 1840.
Ces cartes en couleurs étaient décorées de gui, de houx, de crèches ou encore de sapins enneigés. Elles étaient envoyées durant la période de l'Avent, et avaient pour fonction de souhaiter un Joyeux Noël mais aussi une bonne année par la même occasion. Ce qui d'ailleurs montre bien qu'il est possible de formuler des souhaits de bonne année avant la date fatidique du 1er janvier sans que cela soit considéré comme de mauvais augure.
La coutume anglaise se répandit dans toute l'Europe, et il devint à la mode en France d'envoyer une «Christmas card». Avec une évolution un peu différente en France. En effet, il existait chez nous une coutume ancestrale, aujourd'hui oubliée, et dont ne subsiste que la tradition des étrennes : les visites du nouvel an. De façon tout à fait rituelle et formelle, on rendait visite, dans les quinze jours qui suivaient le 1er janvier, à son entourage proche, famille et amis, mais aussi à ses collègues de travail, à son patron, et même à des familles pauvres ou des malades. L'idée était d'embellir ces jours festifs par des dons et des marques d'amitié.
Je me souviens dans mon village où, le 1er janvier, on rendait visites aux voisins. Chaque famille avait pris soin de préparer « la goutte », verres et liqueur maison, plus ou moins forte. Et on faisait ainsi le tour du village. Inutile de dire dans quel état on se trouvait vers midi. Mais on tenait le choc. Et à l’occasion on donnait une pièce ou un billet aux enfants des plus proches. Les fameuses étrennes !
Ces visites, obligatoires, ont pris avec le temps un caractère contraignant et petit à petit ont disparu.
Il était courant, dans certains milieux,  de s'abstenir d'une visite en laissant, pour preuve de son passage, une carte de visite. Lorsqu'elle était cornée en haut à droite, cela indiquait que l’on s’était déplacé soi-même pour la déposer, en signe de respect ou d’amitié.
Il y avait aussi  l'habitude de remettre au concierge du domicile,  une carte de visite sur laquelle on avait écrit une formule de vœux, et des étrennes en espèces. Les concierges alors étaient logés mais pas rémunérés et ces étrennes revêtaient une très grande importance.
En parallèle perdurait également la coutume de l'envoi de lettres au moment de la nouvelle année. On profitait en effet du prétexte des vœux à souhaiter pour renouer des amitiés distendues, ou se rappeler au bon souvenir de connaissances éloignées. Certains maintiennent encore cette tradition avec une longue missive qui donne des nouvelles de toute leur famille.
La carte de vœux telle que nous la connaissons encore aujourd’hui, c'est-à-dire illustrée et comportant une mention de souhaits, avec possibilité d’ajouter un texte,  reste la carte par excellence et la plus usitée. Mais les tarifs postaux étant devenus si chers, et l’usage de l’internet se développant,  cette coutume  serait plutôt en voie de disparition. Le choix des cartes, encore vaste aujourd’hui tend à s’effacer devant les cartes virtuelles, e.card voire sms ! La relation restera-t-elle la même ?
En Extrême Orient, les cartes étaient de grandes feuilles de papier de riz, dont la dimension était fonction de l’importance du destinataire, et au milieu desquelles, avec des encres de plusieurs nuances – encre de Chine bien sûr ! - on écrivait les noms, prénoms, et qualité de l’envoyeur. Il parait que, quand la carte était à l’adresse d’un mandarin de première classe, la carte avait la dimension d’un de nos devants de cheminée !
A Stuttgart, dans le Wurtemberg la distribution des cartes de vœux, était le prétexte d’une scène piquante : pendant l’après-midi du premier de l’An, sur une place publique, se tenait une sorte de foire ou de bourse aux cartes de visite. Tous les domestiques de bonne maison et tous les commissionnaires de la ville s’y donnaient  rendez-vous, et là, grimpé sur un banc ou sur une table, un héraut improvisé faisait la criée des adresses. A chaque nom proclamé, une nuée de cartes tombait  dans un panier disposé à cet effet, et le représentant de la personne à laquelle ces cartes étaient destinées pouvait en quelques minutes emporter son contingent. Chacun agissait de même, et, au bout de peu d’instants, des centaines, des milliers de cartes parvenaient  à leur destination, sans que personne se soit fatigué les jambes.
On peut parler ici d’une autre vielle coutume chez des industriels qui  avaient des agences, et qui, contre la modique somme de deux sols, mettaient à votre disposition un gentilhomme en sévère tenue noire, lequel, l’épée au côté, se chargeait d’aller présenter vos compliments à domicile ou d’inscrire votre nom à la porte du destinataire. Cela se passa sous Louis XIV, dans les dernières années de son règne, comme l’atteste ce sonnet-logogriphe du bon La Monnoye :

Souvent, quoique léger, je lasse qui me porte
Un mot de ma façon vaut un ample discours ;
J’ai sous Louis le Grand commencé d’avoir cours
Mince, long, plat, étroit, d’une étoffe peu forte.

Les doigts les moins savants me traitent de la sorte ;
Sous mille noms divers, je parais tous les jours ;
Aux valets étonnés je suis d’un grand secours ;
Le Louvre ne voit pas ma figure à sa porte.

Une grossière main vient la plupart du temps
Me prendre de la main des plus honnêtes gens.
Civil, officieux, je suis né pour la ville.
Dans le plus dur des hivers, j’ai le dos toujours nu,
Et, quoique fort commode, à peine m’a-t-on vu
Qu’aussitôt négligé je deviens inutile.

Bernard de la Monnoye était né à Dijon en 1641. Il est décédé en 1728. C’est un poète et critique français principalement connu pour ses Noëls Bourguignons  «  Noei Borguignon ». Il était un concurrent de Fontenelle. Ce serait à son élection à l’Académie Française qu’on devrait le nombre des quarante sièges ! Reçu sous la Coupole en 1713 il y fit son entrée solennelle devant le directeur, le chancelier et le secrétaire, qui seuls avaient  leur fauteuil et leur place étiquetée. Bien sûr ceci en présence des académiciens mais surtout de trois cardinaux alors membres de l’Académie. Or une règle de  bienséance imposait à leurs éminences  de ne point se confondre avec la foule et avec les autres académiciens, sur des sièges « inférieurs » !  Louis XIV aurait levé cette difficulté en accordant alors quarante fauteuils à la compagnie ! Cette anecdote est à vérifier…
Bernard de La Monnoye, ça c’est sûr, est l’auteur de la célèbre « Chanson de La Palisse ».
Réformer la coutume des Vœux ! Déjà en 1789, les représentants du Peuple avaient décidé : «  considérant que toute fonction publique est un devoir, que tous les agents de l’administration étant salariés de la République, doivent à la chose publique leurs travaux et leurs soins,  que ministres nécessaires, ils ne peuvent accorder ni faveur, ni préférence, et par conséquent n’ont nul droit à une reconnaissance particulière ; considérant encore qu’il importe à la régénération des mœurs, autant qu’à l’économie des finances et des administrations particulières des provinces, villes ou villages, d’anéantir le commerce de vénalité et de corruption qui se fait sous le nom d’étrennes, vins de ville, gratifications , décrétons qu’à partir du 1er janvier prochain, il ne sera permis à aucun agent de l’administration et à aucun autre de ceux qui, en chef ou en sous-ordre, exercent quelques fonctions publiques, de rien recevoir comme étrennes, gratifications, sous quelque dénomination que ce soit, des compagnies, provinces, communautés, villes, sous peine de concussion. Aucune dépense pareille ne sera allouée dans les comptes des dites compagnies, administrations, villes, corps et communautés. » Non vous ne rêvez pas ! Ce texte est un document officiel. Il date de 1789 ! Nos élus marchaient déjà vers la République !
Dans sa séance du 27 novembre 1789, l’Assemblée Nationale s’était en effet occupée du premier de l’An et des étrennes et des dérives liées à leur pratique. Le rapporteur du Comité des Finances, un dénommé Le Brun, expliquait que ce Comité cherchait à réprimer les désordres et les scandales dans les administrations. Eh oui ! déjà ! Le sage Necker lui-même avait déjà défendu les dons et étrennes dans son ministère. 
Le Brun demanda que l’Assemblée Nationale étende cette défense à toutes les organisations politiques. La proposition rencontra un accueil très favorable et le décret ci-dessus fut adopté. Je n’ai changé que deux mots pour faire plus « actuel ». Ainsi va la vie, les années, les républiques et les hommes politiques en place. Il serait d’ailleurs intéressant de savoir si ce décret a un jour été abrogé !
Sous la Convention, l’abus qu’on faisait des cartes de visite  décida, dit-on,  les élus du peuple  à supprimer le premier de l’An. Abolie en décembre 1791, la coutume du Jour de l’An ne fut rétablie que six ans après, en 1797. Nos pères conscrits, qui ne barguignaient  ( c’est ainsi qu’il faut l’écrire ! ) pas avec les délinquants, ( tiens ! tiens  ! ) avaient décrété la peine de mort contre quiconque ferait des visites, même de simples souhaits de jour de l’An. Le cabinet noir fonctionnait pour toutes les correspondances sans distinction. On ouvrait les lettres à la poste pour voir si elles ne contenaient pas des compliments.
Le Moniteur nous explique pourquoi cette levée de boucliers contre la plus innocente des coutumes.  Il y avait séance à la Convention. Un député, nommé La Bletterie, escalada tout à coup la tribune. « Citoyens, s’écria-t-il, assez d’hypocrisie ! Tout le monde sait que le Jour de l’An est un jour de fausses démonstrations, de frivoles cliquetis de joues, de fatigantes et avilissantes courbettes... ». Il continua longtemps sur ce ton. Le lendemain, renchérissant sur ces déclarations ampoulées, le sapeur Audoin,  dit « le Sapeur du Bataillon des Carmes » qui s’est illustré lors de la fusillade du Champs de Mars, rédacteur du Journal Universel, répondit cette phrase mémorable : « Le Jour de l’An est supprimé : c’est fort bien. Qu’aucun citoyen, ce jour-là, ne s’avise de baiser la main d’une femme, parce qu’en se courbant, il perdrait l’attitude mâle et fière que doit avoir tout bon patriote ! » Cet homme, disent ses contemporains, était une vraie barre de fer. Il voulait que tous les bons patriotes fussent comme lui ; il ne les imaginait que verticaux et rectilignes. Mais le sapeur Audoin et son compère le Conventionnel La Bletterie n’obtinrent sur la tradition qu’une victoire éphémère. Ni le calendrier républicain ni les fêtes instituées par la Convention pour symboliser l’ère nouvelle ne réussirent à prévaloir contre des habitudes plusieurs fois séculaires. Les institutions révolutionnaires tombèrent avec les temps héroïques qui les avaient enfantées. Le premier de l’An fut rétabli. Il dure encore. Les pouvoirs officiels lui ont donné leur consécration et le célèbrent encore aujourd’hui !
Tout le monde s’accorde actuellement pour faire du 1er janvier le début de l’année civile, même ceux qui perpétuent les références traditionnelles  à d’autres calendriers, ne serait-ce qu’à cause des coutumes et traditions liées à leur début de l’An.  Personne ne remet plus en cause cette date, même si elle ne correspond pas à grand chose en référence au soleil ou à la lune. Il faut bien, pour des tas de raisons, avoir des butoirs et des échéances. Ne serait-ce que pour les impôts ou pour décider des augmentations !
Au fil des siècles et au gré des époques, des pays et aussi des églises, l’année a commencé à des dates très différentes. Premier mars dans le premier calendrier romain, mais alors janvier et février n’existaient pas, puis 1er janvier avec la mise en place du calendrier « julien », Noël sous Charlemagne, et cela jusqu’au XII ème siècle dans certains lieux comme à Soissons, ou Pâques au temps des Capétiens, ou d’autres dates encore !  C’est l’édit de Roussillon de Charles IX en 1564 qui décréta que l’année devait débuter obligatoirement en France au 1er janvier.
Il nous reste en héritage de ces fluctuations,  les étrennes et les fausses étrennes « poissons d’avril », lointains souvenir de ces dates révolues.
En janvier nous allons fêter les Rois. Ce jour marque souvent l’arrivée du froid, et cela correspond bien au cycle lunaire en 2018  « Les hivers les plus froids, sont ceux qui prennent vers les Rois ». Une journée des Rois bien ensoleillée est peut-être un bon présage : « Beaux jours aux Rois, blé jusqu’au toit » ou encore : « Belle journée aux Rois, l’orge croît sur les toits. ». « Si le soir du Jour des Rois, beaucoup d’étoiles tu vois, Tu auras sécheresse en été, et beaucoup d’œufs au poulailler ».
En tirant les Rois nous pensons aux Rois Mages de la crèche. Or de fait, nous mettons en œuvre là encore une vieille tradition païenne qui se réfère à l’évolution du temps, à la longueur des jours et au soleil qui brille chaque jour un peu plus. Nous sommes dans le prolongement des « Saturnales » au cours desquelles on tirait la fève pour désigner le Roi de la fête, le Roi des Fous. L’église a sublimé tout cela en en faisant la manifestation de Dieu au Monde. C’est la fête de l’Epiphanie.
Fêtons les Rois et partageons la galette, sans nous formaliser outre mesure, comme l’avait fait la Révolution en débaptisant cette fête jugée anticivique. Sinon il faudrait débaptiser la République !

Je voudrais dire encore que le temps de janvier va continuer comme celui que nous observons depuis la mi- décembre, passant par des nuits et matinées froides, à des journées plus douces , avec des variantes de température entre 15 et 7 certains jours puis 8 et 0 voire au dessous d’autres jours. Un temps en "yoyo"! Peut-être en attendant que la vague de froid qui sévit sur les côtés d’Amérique du Nord ne parviennent  jusqu’à nous !

Échangeons des vœux  quels qu'en soient les supports et les modalités, sans trop de démonstrations excessives et en restant sincères. Autour de nous, parents et amis, méritent de la considération et représentent des valeurs sûres. Prestataires de services et administrations pourquoi pas ! C’est une bonne occasion de le dire.

C’est donc par cette chronique, dont la longueur est à l’aune de la considération  dans laquelle je tiens chacun de vous, que je souhaite à chacun une Bonne Année ! Chacun de vous, vous comptez beaucoup pour moi ! parents et proches, amis, voisins ou inconnus qui lisez ces chroniques …par je ne sais trop quel artifice …et  « à l’an que ven, é se san pas mail que seguen pas men ! »
                                                                       Jean Mignot  en la Saint Sylvestre 2017
                                                                                     31 décembre 2017



                                                                                                                                                                                                                                              

jeudi 21 décembre 2017

Solstice d'Hiver 2018

Ce 21 décembre 2017  c'est le solstice d'Hiver

Le solstice d'hiver est chaque année synonyme de retour de la lumière. Dans l'hémisphère nord, en hiver, les jours ne cessent de se réduire jusqu'au 21 décembre et la lumière décline peu à peu. Le soleil se lève de plus en plus vers le sud-est et il est très bas sur l'horizon à midi. Les Romains, mais aussi d'autres cultures, craignaient à cette période sombre de l'année que le Soleil meure et ne revienne jamais, laissant derrière lui ténèbres et désolation. C'est pourquoi le solstice de décembre, du latin solsticium qui veut dire littéralement "arrêt du Soleil" (statum, immobile) est un évènement majeur du calendrier. Le lendemain de ce jour on fêtait le « sol Invictus » ou « dies natalis solis invicti ». Dans le calendrier " julien" le solstice était le 24 décembre. Donc le lendemain," jour du "sol invictus" c'était le 25.
Les Chrétiens ont donc tout naturellement fixé à ce jour la naissance de Jésus, à cause de ce symbolisme de la lumière et non pour une raison historique.
D’où la fête de la Nativité, appelée Noël, fixée au 25 décembre, mais cela seulement en 336 après JC.
Quand avec la réforme du calendrier « grégorien » on a fixé de façon plus précise la date du solstice, 21 décembre ( parfois le 22 et même le 20 mais c'est plus rare ! ) la date de Noël n’a pas changé dans la liturgie des chrétiens.
On peut donc dire que Noël trouve ses origines d’une fête païenne.
Dans toutes les cultures, celtes, germaniques et romaines et chez tous les peuples en Inde et en Asie, et bien avant la naissance de Jésus, cette période marque le renouveau, la renaissance, le retour de la lumière. Des festivités de tous ordres marquaient cet évènement, dont quelques - unes ont été reprises dans les coutumes encore en vigueur aujourd’hui.
Le christianisme s’ajoute à cette liste des religions rendant un culte à Noël !
Le point de lever et de coucher du Soleil au-dessus de l'horizon va commencer à se décaler de nouveau vers le nord. Les jours grandissent et la lumière revient.
Le solstice d'hiver 2017 a lieu ce jeudi 21 décembre à 17h27, heure de Paris.
Le 21 en tant que tel, sera bien le jour le plus court de l'année. Il marque le point de départ des journées qui rallongent et ce faisant, le vieux dicton : « à la sainte Luce, les jours avancent du saut d’une puce » n’a plus de signification. En effet la saint Luce était fixée au 23 décembre, veille du solstice. Avec la suppression de 10 jours au moment de l'entrée en vigueur de la réforme de 1582, pour rattraper le calcul exact de la course du soleil, la sainte Luce est passée du 23 au 13 décembre et ainsi a perdu sa signification.
Pour en savoir plus voir, lire la chronique de décembre 2017



mercredi 6 décembre 2017

Saint Nicolas 2017

J'espère que vous n'avez pas oublié la Saint Barbe et le Blé de Noël.. ou des lentilles. !
C’est aujourd’hui, 6 décembre, la Saint Nicolas. Cet évêque de Myre en Lydie, en Asie Mineure, mort en 350, est entré dans la légende par le miracle des trois enfants qu’il aurait ressuscités. Un jour, il se serait arrêté dans une auberge où le patron aurait écorché trois enfants, -on dit parfois trois écoliers-, et les avait mis au saloir pour les servir à ses clients ! L’évêque, informé, les en retira vivants et convertit leur assassin. A la place de l’aubergiste, on parle parfois d’un boucher. En réalité, il semble que cette légende tardive vienne d’un épisode au cours duquel Nicolas aurait délivré trois militaires, injustement condamnés et enfermés dans une tour. Représentés par un statuaire en petit format et sortant d’une tour aux côtés du saint, lui en grand format, ils auraient été pris pour des enfants et on aurait inventé le reste.


Voilà en tous cas, l’origine du patron des enfants sages, des écoliers, des enfants de chœur et, bien sûr l’origine également de ses activités de Père Noël.

Très populaire en Russie, patron de la Lorraine, saint Nicolas, santa Klaus, est aussi invoqué par les navigateurs, et également par les jeunes filles à marier, depuis qu’il empêcha un père démuni de livrer les siennes à la prostitution, en leur offrant des bourses pleines d’or.
Même  en dehors de la Lorraine et du nord de la France, son prénom a toujours été très porté. Passé de mode au XIXe et au XXe siècles, il revint dans les années 60, grâce à un héros de programmes télévisés enfantins, compagnon du marchand de sable, qui le mit pour un temps au zénith des prénoms masculins.
Saint Nicolas est l’ancêtre de notre «  Père Noël » qui, il faut le dire, est une invention anglo-saxonne qui ne date que du 19e siècle. On trouve la première mention du « père Noël » en France, en 1855. Une de ses premières représentations date de 1868, dessinée par Thomas Nast pour Harper's Magazine. À l'origine le personnage est habillé soit en vert soit en rouge au gré de la fantaisie des illustrateurs. L’habit rouge et blanc viendrait d’une publicité de  Coca Cola …. !
S'il est inspiré du saint Nicolas chrétien, notamment par ses habits, on peut aussi l'assimiler le père Noël à Julenisse, un lutin scandinave qui avait la même fonction à la fête de la mi-hiver, Jul norvégien, (ou « Jol » ou « Midtvintersblot » correspond au solstice d'hiver) et aidait aux travaux de la ferme. ( voir chronique sur https://jeancevenne.blogspot.fr)
En France, Françoise Dolto , la mère du chanteur Carlos et dont le frère  Jacques Marette  était ministre des postes et télécom dans les années 1960, fut la première secrétaire du père Noël, en rédigeant la première réponse du père Noël par l'entremise des PTT.
En 1962, le Ministre des PTT, Jacques Marette crée, au centre de tri de Libourne, un service spécialement chargé de répondre au courrier du Père Noël. Une affaire de famille ! Ainsi, depuis cette date, la Poste française répond aux lettres adressées au Père Noël. En 2007, le Père Noël avait alors reçu plus de 1 600 000 courriers, dont 1 430 000 lettres et 181 200 e-mails. On a sans doute dépassé largement ce chiffre dix ans après.
L’hiver désormais est là : « A la saint Nicolas, l’hiver est là ! » Attention aux gelées matinales, au verglas sur les routes et si ce n’est déjà fait, pensons à protéger les plantes gélives que nous aurions laissées en plein air. C’est le moment ou jamais de le faire car le redoux de ces deux derniers jours n’est que passager. Le froid va revenir la semaine prochaine, et les températures vont suivre à quelques heures près la même courbe qu’il y a 19 ans, selon le cycle de Méton, ce savant grec qui plus de 350 ans avant JC avait relevé que la lune se retrouvait dans le même positionnement au milieu des planètes tous les 19 ans. On croit ou on ne croit pas à l’influence de la lune ! il n’empêche que la comparaison des relevés entre cette année et 1998 sont presque identiques.  
Influence ou pas, la lune nous donne des indications. Aux spécialistes donc de nous expliquer pourquoi. Moi je constate. D’ailleurs nos ancêtres, sans calendrier, sans informatique, sans instruments sophistiqués, avaient fait ce même constat au point d’écrire : «  Gibre d’avans Nadau, cent escut nous vau » et bien d’autres dictons du même genre.
Ce froid pourrait nous  être bénéfique, puisqu’il pourrait bien nous valoir cent écus, s’il faisait moins sec, du moins dans notre Midi ! Ce serait alors très bon pour les truffes.
Jean Mignot

jeudi 30 novembre 2017

du mois de décembre 2017


du mois de décembre 2017


Voici décembre qui va nous amener doucement mais sûrement et même rapidement vers les jours les plus sombres de l’année, vers les jours les plus courts mais aussi vers le solstice et la venue de la lumière.
Par les temps qui courent où certains responsables politiques  et maires de nos villes ont encore des états d’âme face aux fêtes de cette fin d’année et à Noël, il faut rappeler certaines choses assez élémentaires. En effet, préciser ce que nous sommes, c’est une des conditions de dialogue avec l’autre. Cacher ce que nous sommes, sous prétexte de ne pas choquer ou  provoquer, c’est abandonner notre identité. Ce n’est pas se positionner en condition de dialogue.
Il faut donc dire et redire que les fêtes autour du solstice d’hiver fixé au 24 décembre dans le calendrier « Julien » et qui avec la réforme grégorienne est passé au 21 ou  22 décembre selon les années ( 21 en 2017, 22 en 2018) , se réfèrent à une coutume populaire  très ancienne, qui se perd dans la « nuit des temps » selon la formule consacrée, et qui célèbre la « naissance du soleil », en latin « natale »  ce et pas exclusivement à la fête chrétienne célébrant la naissance de Jésus. Avant la christianisation de l’Occident, c’était le « Dies Natalis Solis Invicti » qui correspondait au jour de la naissance de « Sol invictus », le soleil invaincu, c'est-à-dire au jour où le soleil arrête sa course et au moment où les jours, c'est-à-dire la lumière recommencent de croître. Le 25 décembre avait été fixé pour cette fête sous l’empereur Aurélien, qui avait choisi le lendemain de la fin des Saturnales, jour qui correspondait aussi au jour de la naissance de la divinité solaire Mithra.
Mithra est une divinité indo-iranienne dont l’existence est attestée dès le IIe millénaire avant JC. Son culte a été très important dans la Perse antique. Mitra et Varuna forment un couple dans le panthéon indo-iranien. Tous deux ont pour fonction de veiller sur la vérité et sur le cours du monde. Sans  entrer dans plus de détails disons simplement que le mithraïsme était devenu un culte monothéiste, antérieur de plus de 1500 ans au christianisme primitif et qu’il connaissait son apogée au moment de la naissance de celui-ci. Il a fait l’objet de persécutions dans l’Empire romain car il concurrençait le christianisme avec lequel il présente certaines similitudes ( monothéisme et certains rites comme l’eucharistie).
On fêtait, pour le solstice d’hiver, la naissance de Mithra  et le soleil invaincu ( Dies Natalis Solis Invicti), par le sacrifice d’un jeune taureau. En 274, l’empereur Aurélien déclare le culte de Mithra religion d’état et il fixe la célébration du Sol Invictus  au 25 décembre.
Ce culte se télescopait avec les Saturnales qui durant l’antiquité romaine se déroulaient  une semaine avant le solstice d’hiver et étaient accompagnées de grandes réjouissances. Durant cette période, les barrières sociales disparaissaient, on organisait des repas, on échangeait des cadeaux, et on plaçait par exemple des plantes vertes dans les maisons notamment du houx et du gui, parfois du lierre. Tiens donc !
Aujourd’hui on a plus tendance à dire que les Saturnales sont une fête typique du crépuscule de l’année comme la fête celtique de Samain ( voir novembre Halloween ). Au cours des Saturnales les esclaves jouissent d’une apparente et provisoire liberté. On inversait l’ordre hiérarchique, parfois de façon parodique, et cela ressemble très fort à la fête des Fous ou Fête des Innocents du Moyen-Age, ou on désignait un fou ou un enfant pour être le Roi provisoire,  en tirant  la fève. Eh oui il y avait tout cela ! On retrouve encore la fête des Innocents mais cette fois il s’agit du massacre, par ordre du roi Hérode, des enfants nouveaux nés.
Aurélien ( 214 – 275 ) ( Impérator Ceasar Lucius Domitius Aurelianus Pius Félix Augustus, Germanicus Maximus, Carpicus Maximus, Dacius Maximus, Arabicus Maximus, Palmyrenus Maximus) – vous vous y retrouvez ? - souhaite unifier religieusement l’empire et il tente de contenter les adeptes des Saturnales et ceux du culte de Mithra, tout en plaçant cette fête dans la continuité des festivités romaines et en tentant aussi de laisser une place au christianisme naissant. Le 25 décembre lendemain du solstice est inscrit officiellement  au calendrier :« Dies Natalis Invicti Solis » .
C’était une trop belle occasion pour l’Eglise d’utiliser ce symbole  de la lumière plus puissante que la nuit, du soleil vainqueur, pour fixer à cette date la fête de la naissance de Jésus.
La célébration de Noël en tant que jour de naissance de Jésus a conduit à la christianisation progressive de ce « Noël » païen .
La première mention d'une célébration chrétienne à la date du 25 décembre a lieu à Rome en 336. Le christianisme s'ajoute ainsi à la liste des religions rendant un culte à Noël. À la suite de l'édit de Thessalonique interdisant les cultes païens, la fête de Noël devient même exclusivement chrétienne de l'Empire romain interdisant l'ensemble des cultes dits « païens ».
L'édit de Thessalonique avait été décrété  par l'empereur romain Théodose 1er en 380 :
« Nous voulons que tous les peuples que régit la modération de Notre Clémence s'engagent dans cette religion que le divin Pierre Apôtre a donné aux Romains - ainsi que l'affirme une tradition qui depuis lui est parvenue jusqu'à maintenant ….  Nous ordonnons que ceux qui suivent cette loi prennent le nom de Chrétiens Catholiques et que les autres, que nous jugeons déments et insensés, assument l'infamie de l'hérésie. Leurs assemblées ne pourront pas recevoir le nom d'églises et ils seront l'objet, d'abord de la vengeance divine, ensuite seront châtiés à notre propre initiative que nous avons adopté suivant la volonté céleste.
Donné le troisième jour des calendes de mars à Thessalonique, Gratien Auguste étant consul pour la cinquième fois et Théodose Auguste pour la première fois. »
Avec cet édit, l'Empire romain se dotait d'une nouvelle religion officielle. Malgré cela, Théodose protégea dans la mesure de ses possibilités des païens semi-clandestins de la persécution et du harcèlement des chrétiens.
Déjà dès le début du IVe siècle Constantin 1er avait mis fin à la clandestinité de certains cultes, accordant certains privilèges et permettant la construction de temples et basiliques. En 313, par le biais de l'édit de Milan, il  avait décrété la liberté de culte pour tous y compris les chrétiens.
Toutefois, cette officialisation du culte catholique n'a pas totalement profité à l'Église. Autorité supérieure de l'Empire, Théodose se place également en tant qu'autorité religieuse. Ainsi va commencer un conflit qui survivra durant de longs siècles  en passant, chez nous en France par  Napoléon et la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905.
De la même manière, dans les pays nordiques, chez les peuples germains et scandinaves, après la chute de l’Empire romain d’Occident, la fête de Yul, fête du solstice d’hiver , a été associée aux fêtes de Noël.  Yule est la forme anglaise utilisée pour désigner la période de Noël. Elle correspond, dans de vieux dialectes, à Jól, dont sont issus Jól en islandais,  Jul en danois, norvégien et suédois, et qui signifient tous « Noël ». D'autres peuples ont emprunté cette appellation aux Germains, à savoir les Finlandais, d'où le finnois Joulu ou les Estoniens sous la forme Jõulu.
Il existe une racine commune du terme que l’on retrouve dans certaines langues avec le vieil anglais ġeol « jour de Noël ». Sans donner de leçon d’étymologie ou de philologie ce dont je suis bien incapable, je tenais à souligner cet autre point de rapprochement avec notre  Noël. De ces origines nordiques, on retrouve la couronne horizontale d'origine scandinave ou germanique ( couronne de l’Avent) , qui portait 4 bougies. Chaque dimanche il était coutume d'allumer une nouvelle bougie, ce qui symbolisait la renaissance de la lumière. Rouge le plus souvent, les  couleurs des bougies variant  selon les régions. Bien des symboles de Noël sont inspirés de cela  (sapins, gui, houx et cadeaux…)
Dans la mythologie nordique, Yule est le moment de l'année où Heimdall , de son trône situé au pôle Nord, revient visiter ses enfants. Il visite ainsi chaque foyer pour récompenser ceux qui ont bien agi durant l'année, et laisse un présent dans leur chaussette. Bonjour Père Noël !
Dans le contexte actuel de la fête de Noël en France et vu ce qui se passe ici et là, ces rappels, que je n’ai bien sûr pas inventés et qui mériteraient de longs développements, m’ont semblé à leur place et devoir être rappelés dans cette chronique de décembre qui nous prépare à ces fêtes.  J’emprunte largement ce que je viens d’écrire à l’Encyclopédia Universalis, à la mythologie et à l’histoire bien sûr !
Alors arrêtons nos  polémiques inutiles. Chacun doit pouvoir trouver son compte dans ces fêtes à dominantes familiales.
Il serait ridicule de contester cette fête et ces traditions qui viennent de si loin ! Honte à ceux qui ignorent ces origines si lointaines et font des procès pour des crèches dans des lieux publics ou refusent les autorisations pour des marchés de Noël. Ou alors poussons la logique jusqu’au bout et ne faisons plus d’illumination, ni aucun marché et je ne sais quoi encore. Pas même la fête entre nous et en famille !
Noël est devenu  une des fêtes chrétiennes les plus importantes durant la période médiévale et diffusée dans le reste du monde lors de la colonisation et de l'occidentalisation contemporaine. Aujourd'hui, la fête de Noël s'est fortement sécularisée et n'est plus nécessairement célébrée comme une fête religieuse. Le jour de Noël est férié dans de nombreux pays ce qui permet le regroupement familial autour d'un repas festif et l'échange de cadeaux. Le lendemain de Noël (26 décembre) est également un jour férié dans plusieurs pays du nord de l'Europe ( Pologne, Royaume-Uni, Pays-Bas, pays scandinaves) ainsi qu'en France, dans les  départements de l’Alsace et en Moselle, ou le régime concordataire de 1801 est toujours en vigueur.
Après Pâques, Noël est la deuxième fête la plus importante du calendrier liturgique chrétien. Noël est une des trois nativités célébrées par l'Église catholique, les deux autres étant celle de Jean le Baptiste, le 24 juin, ( proximité là encore de la date du solstice d’été selon le calendrier « julien »)  et celle de Marie, le 8 septembre et non le 15 août comme certains le croient ou l’affirment , sans doute à cause du jour férié !
La période entourant Noël est appelée « temps des fêtes » » au Canada francophone et « fêtes de fin d’année » (ou plus simplement « les fêtes ») en Europe quand on y inclut les célébrations du Nouvel An. Depuis le milieu du XXe siècle, cette période perd son aspect chrétien tout en maintenant vivante la tradition de la fête. Dans cet esprit, Noël prend une connotation foklorique, conservant le regroupement des cellules familiales l’illumination et à l'organisation de marchés de Noël. C'est également une période des plus importantes de l’année  sur le plan commercial.
Quant à ceux qui disent de façon péjorative «  tout ça c’est du folklore », faisant allusion au blé de Noël, à la crèche, aux pastorales, aux treize desserts et c’est vrai que la façon « provençale » d’aborder ces fêtes, tend le flan à cette critique. Mais c’est là encore en ignorer la symbolique profonde. C’est pourquoi je voudrais  dire encore  que le folklore, nous dit le dictionnaire de l’Académie, c’est l’étude des traditions populaires  et plus spécialement de la littérature orale, de la musique, des mythes et des coutumes d’un pays, d’une région. C’est l’ensemble de ces traditions et des coutumes. Ne retenons donc pas le côté péjoratif qui veut que le folklore ce soit des pratiques collectives dont le pittoresque suscite une curiosité amusée. Emprunté à l’anglais « folk-lore » « science du peuple » ( folk = peuple et lore « savoir, connaissance », le folklore s’inscrit bien dans notre histoire et dans nos origines. Toutes nos régions de France mais aussi dans d’autres pays, il y a des habitudes, des coutumes, qui sont nos richesses. Les maintenir, les faire vivre, voire prier  ou manifester  sa foi  ou tout simplement faire la fête, ce ne sont pas des pratiques pittoresques qui suscitent  la curiosité. Ce n’est pas du « cinéma » ! ce n’est pas du Folklore au sens péjoratif du mot. Le folkore, c’est  l’expression la plus profonde de ce qui vient du peuple, de notre foi, dans la langue de nos ancêtres, de nos croyances. C’est  le rappel de nos origines. Fiers de nos racines ! Fiers de notre foi. « E, se toumbon li Felibre, toumbara nosto Naciou ».  Si le pays n’a plus de poète et s’il perd sa langue et ses traditions,  il n’y aura plus de nation !
Je dois dire encore, que dans l’église catholique, l’usage de faire célébrer la naissance de l’Enfant-Jésus, revient au pape Télésphore (125-136),  au nom prédestiné pour prendre cette grande décision puisque son nom évoque le « rayonnement » et la « lumière ».  Noël  fut d’abord une fête mobile et ce n’est qu’en 337 que le Pape Jules 1er  décida que ce serait le 25 décembre pour les raisons que je viens d’expliquer. Alors que nous sommes aux jours les plus sombres de l’année, la fête de la naissance de Jésus, associe l’apparition de la lumière spirituelle à la renaissance de la lumière temporelle. On doit aussi au Pape Télesphore l'introduction du Gloria dans la liturgie catholique. La ville de Saint Télesphore, dans le sud-ouest de la province du Québec au Canada, est ainsi nommée en son honneur.
Cette décision du pape Télesphore donnait ainsi un sens nouveau au solstice, en affirmant, image concrète à l’appui, la venue au monde d’un Dieu qui sauve des ténèbres, et ouvre une ère nouvelle. En 532, le moine Denys le Petit, à l’appui d’un savant et solide calcul, démontra, sur la base des textes historiques et sacrés, que Jésus était né le 25 décembre de l’an 753 de la fondation de Rome, confirmant ainsi la date de Noël.
La piété des fidèles, s’est attachée plus volontiers à la lettre des récits évangéliques de la naissance de Jésus et a fait de Noël la plus populaire des fêtes chrétiennes.
Le nom lui-même de  Noël lui-même vient de ce mot «  natalis » devenu  Natal puis  Nadal ou Nau en langue d’Oc (ce qui par cette altération veut alors aussi dire nouveau ou neuf) ; puis Noé ou Nouël en langue d’oïl.
Le calendrier « julien » comportait une part d’erreur qui amena un décalage tel, qu’en 1582 intervint la réforme du calendrier « grégorien », le plus universellement reconnu aujourd’hui car le plus proche de la base astronomique du cycle solaire. Pour rattraper le retard on raya 10 jours du mois d’octobre de cette année là, et on fixa le solstice tantôt au 21 décembre comme pour cette année ou au 22, ce qui sera le cas l’année prochaine. Mais on ne toucha pas à Noël le 25 décembre. Ainsi la fête est désormais déconnectée complètement des toutes ces origines que j’ai tenté de rappeler.
Avant cette réforme on fêtait au solstice, la venue de la lumière et c’était alors la sainte Luce le 23 décembre et son fameux dicton :
« Per santo Luço, li jour crèisson d’un pèd de clusso » ; « A la sainte Luce, le jour croît du saut d’une puce ! »
La sainte Luce ou Lucie est passée au 13 décembre et le dicton a perdu sa justification. Il n’en reste pas moins très connu et très vivace encore aujourd’hui. Voici la suite:                                   « Et pour Nadal (Noël)
D’un pied de Gal (de coq) ;
Pour la Saint Sylvestre,
D’un pied de mestre (de maître)
Et pour les Rois
D’un pied de roi ».
Vous connaissez sans doute cet autre coutume proche de ce dicton, qui invite à regarder le temps qu’il fait entre Noël et les Rois pour prévoir le temps qu’il va faire tout au long de l’année :
« Les jours entre Noël et les Rois
Indiquent le temps des douze mois »
ou encore :
« Regarde comme sont menées
Depuis Noël douze journées,
Car suivant ces douze jours,
Les douze mois auront cours ».

Ces douze jours sont appelés « jours mâles » ou encore « Les jours de sort » ou aussi « les Ajets ». Chacun gouverne symboliquement le mois qui occupe dans l’année le même rang que lui. Nous sommes dans un système des « correspondances » cosmiques, selon lequel le petit (ou microcosme) contient le grand (ou macrocosme). C’est une des origines du  fameux :
« Noël au balcon, Pâques aux tisons ».
Chez nous on dit aussi : « Nouvé oou jué, Pasquo oou fué » - Noël au jeu ; Pâques au feu !

Je ne résiste pas à relire avec vous ce passage de l’Almanach des Laboureurs d’Antoine Maginus :

«  Le jour de Noël représente Janvier : si le ciel est clair, l’année enrichira le vigneron.
« Le 26, Saint Etienne, représente février : si le ciel est clair, mauvaise année ; s’il vente pendant la nuit il y aura peu de vin.
« Le 27, Saint Jean, représente mars : ciel clair ou nuit venteuse, mortalité.
« Le 28, jour des Innocents, correspond à avril : ciel clair, maladies ; nuit venteuse, famine.
« Le 29, saint Thomas, représente mai ; ciel clair, abondance ; nuit venteuse, infirmités.
« Le lendemain, la saint Roger représente juin : ciel clair, abondance de fruits et légumes ; nuit venteuse, abondance de grain.
« Le 31, saint Sylvestre, représente juillet : ciel clair, poissons, abondance de grain et vin rares ; nuit venteuse, disette.
« Le jour de l’an représente août : ciel clair, gibier ; nuit venteuse, mortalité.
« Le 2, l’octave de Saint Etienne, représente septembre : ciel clair, les animaux donnent profit ; nuit venteuse, peste sur le bétail et les abeilles.
« Le 3, l’octave de Saint Jean, représente octobre : ciel clair, octobre lourd et orageux.
« Le 4, l’octave des saints Innocents, correspond à novembre : ciel clair, épidémies ; nuit venteuse, mortalité.
« Le 5, veille des Roys, représente décembre : ciel clair, guerre ; nuit venteuse, corbeaux et loups auront pâture à souhaits »

J’aurai pu choisir d’autres exemples et dire encore bien d’autres choses pour cette chronique de décembre 2017. Je réserve pour une autre chronique tout ce qui tourne autour des traditions du blé de la sainte Barbe, des treize desserts, en passant par la saint Nicolas la crèche et le sapin de Noël, jusqu’à la galette des rois. Autant de coutumes et traditions liées à cette période. Sans oublier le Père Noël bien évidemment !
Je veux encore dire à propos du temps qu’il risque de faire que si je me réfère au cycle de Méton, avec toute la prudence qui s’impose, et notamment le décalage que nous constatons ces jours-ci avec l’arrivée du froid que j’avais prédit un peu plus tôt, que décembre sera probablement froid, voire neigeux,  du moins plutôt humide dans la première quinzaine, puis plus doux dans la deuxième quinzaine, vers un Noël humide et un Premier  de l’An venteux. 
Fêtons donc Noël sans complexe, chacun devrait pouvoir y retrouver son compte après cette chronique! 
Bon décembre. Bon Noël. Buon Nadal !

                                                                Jean Mignot
En ce 30 novembre de l’an 2017 en la fête de Saint André
                                                           « Neige de saint André peut cent jours durer »