mercredi 6 décembre 2017

Saint Nicolas 2017

J'espère que vous n'avez pas oublié la Saint Barbe et le Blé de Noël.. ou des lentilles. !
C’est aujourd’hui, 6 décembre, la Saint Nicolas. Cet évêque de Myre en Lydie, en Asie Mineure, mort en 350, est entré dans la légende par le miracle des trois enfants qu’il aurait ressuscités. Un jour, il se serait arrêté dans une auberge où le patron aurait écorché trois enfants, -on dit parfois trois écoliers-, et les avait mis au saloir pour les servir à ses clients ! L’évêque, informé, les en retira vivants et convertit leur assassin. A la place de l’aubergiste, on parle parfois d’un boucher. En réalité, il semble que cette légende tardive vienne d’un épisode au cours duquel Nicolas aurait délivré trois militaires, injustement condamnés et enfermés dans une tour. Représentés par un statuaire en petit format et sortant d’une tour aux côtés du saint, lui en grand format, ils auraient été pris pour des enfants et on aurait inventé le reste.


Voilà en tous cas, l’origine du patron des enfants sages, des écoliers, des enfants de chœur et, bien sûr l’origine également de ses activités de Père Noël.

Très populaire en Russie, patron de la Lorraine, saint Nicolas, santa Klaus, est aussi invoqué par les navigateurs, et également par les jeunes filles à marier, depuis qu’il empêcha un père démuni de livrer les siennes à la prostitution, en leur offrant des bourses pleines d’or.
Même  en dehors de la Lorraine et du nord de la France, son prénom a toujours été très porté. Passé de mode au XIXe et au XXe siècles, il revint dans les années 60, grâce à un héros de programmes télévisés enfantins, compagnon du marchand de sable, qui le mit pour un temps au zénith des prénoms masculins.
Saint Nicolas est l’ancêtre de notre «  Père Noël » qui, il faut le dire, est une invention anglo-saxonne qui ne date que du 19e siècle. On trouve la première mention du « père Noël » en France, en 1855. Une de ses premières représentations date de 1868, dessinée par Thomas Nast pour Harper's Magazine. À l'origine le personnage est habillé soit en vert soit en rouge au gré de la fantaisie des illustrateurs. L’habit rouge et blanc viendrait d’une publicité de  Coca Cola …. !
S'il est inspiré du saint Nicolas chrétien, notamment par ses habits, on peut aussi l'assimiler le père Noël à Julenisse, un lutin scandinave qui avait la même fonction à la fête de la mi-hiver, Jul norvégien, (ou « Jol » ou « Midtvintersblot » correspond au solstice d'hiver) et aidait aux travaux de la ferme. ( voir chronique sur https://jeancevenne.blogspot.fr)
En France, Françoise Dolto , la mère du chanteur Carlos et dont le frère  Jacques Marette  était ministre des postes et télécom dans les années 1960, fut la première secrétaire du père Noël, en rédigeant la première réponse du père Noël par l'entremise des PTT.
En 1962, le Ministre des PTT, Jacques Marette crée, au centre de tri de Libourne, un service spécialement chargé de répondre au courrier du Père Noël. Une affaire de famille ! Ainsi, depuis cette date, la Poste française répond aux lettres adressées au Père Noël. En 2007, le Père Noël avait alors reçu plus de 1 600 000 courriers, dont 1 430 000 lettres et 181 200 e-mails. On a sans doute dépassé largement ce chiffre dix ans après.
L’hiver désormais est là : « A la saint Nicolas, l’hiver est là ! » Attention aux gelées matinales, au verglas sur les routes et si ce n’est déjà fait, pensons à protéger les plantes gélives que nous aurions laissées en plein air. C’est le moment ou jamais de le faire car le redoux de ces deux derniers jours n’est que passager. Le froid va revenir la semaine prochaine, et les températures vont suivre à quelques heures près la même courbe qu’il y a 19 ans, selon le cycle de Méton, ce savant grec qui plus de 350 ans avant JC avait relevé que la lune se retrouvait dans le même positionnement au milieu des planètes tous les 19 ans. On croit ou on ne croit pas à l’influence de la lune ! il n’empêche que la comparaison des relevés entre cette année et 1998 sont presque identiques.  
Influence ou pas, la lune nous donne des indications. Aux spécialistes donc de nous expliquer pourquoi. Moi je constate. D’ailleurs nos ancêtres, sans calendrier, sans informatique, sans instruments sophistiqués, avaient fait ce même constat au point d’écrire : «  Gibre d’avans Nadau, cent escut nous vau » et bien d’autres dictons du même genre.
Ce froid pourrait nous  être bénéfique, puisqu’il pourrait bien nous valoir cent écus, s’il faisait moins sec, du moins dans notre Midi ! Ce serait alors très bon pour les truffes.
Jean Mignot

jeudi 30 novembre 2017

du mois de décembre 2017


du mois de décembre 2017


Voici décembre qui va nous amener doucement mais sûrement et même rapidement vers les jours les plus sombres de l’année, vers les jours les plus courts mais aussi vers le solstice et la venue de la lumière.
Par les temps qui courent où certains responsables politiques  et maires de nos villes ont encore des états d’âme face aux fêtes de cette fin d’année et à Noël, il faut rappeler certaines choses assez élémentaires. En effet, préciser ce que nous sommes, c’est une des conditions de dialogue avec l’autre. Cacher ce que nous sommes, sous prétexte de ne pas choquer ou  provoquer, c’est abandonner notre identité. Ce n’est pas se positionner en condition de dialogue.
Il faut donc dire et redire que les fêtes autour du solstice d’hiver fixé au 24 décembre dans le calendrier « Julien » et qui avec la réforme grégorienne est passé au 21 ou  22 décembre selon les années ( 21 en 2017, 22 en 2018) , se réfèrent à une coutume populaire  très ancienne, qui se perd dans la « nuit des temps » selon la formule consacrée, et qui célèbre la « naissance du soleil », en latin « natale »  ce et pas exclusivement à la fête chrétienne célébrant la naissance de Jésus. Avant la christianisation de l’Occident, c’était le « Dies Natalis Solis Invicti » qui correspondait au jour de la naissance de « Sol invictus », le soleil invaincu, c'est-à-dire au jour où le soleil arrête sa course et au moment où les jours, c'est-à-dire la lumière recommencent de croître. Le 25 décembre avait été fixé pour cette fête sous l’empereur Aurélien, qui avait choisi le lendemain de la fin des Saturnales, jour qui correspondait aussi au jour de la naissance de la divinité solaire Mithra.
Mithra est une divinité indo-iranienne dont l’existence est attestée dès le IIe millénaire avant JC. Son culte a été très important dans la Perse antique. Mitra et Varuna forment un couple dans le panthéon indo-iranien. Tous deux ont pour fonction de veiller sur la vérité et sur le cours du monde. Sans  entrer dans plus de détails disons simplement que le mithraïsme était devenu un culte monothéiste, antérieur de plus de 1500 ans au christianisme primitif et qu’il connaissait son apogée au moment de la naissance de celui-ci. Il a fait l’objet de persécutions dans l’Empire romain car il concurrençait le christianisme avec lequel il présente certaines similitudes ( monothéisme et certains rites comme l’eucharistie).
On fêtait, pour le solstice d’hiver, la naissance de Mithra  et le soleil invaincu ( Dies Natalis Solis Invicti), par le sacrifice d’un jeune taureau. En 274, l’empereur Aurélien déclare le culte de Mithra religion d’état et il fixe la célébration du Sol Invictus  au 25 décembre.
Ce culte se télescopait avec les Saturnales qui durant l’antiquité romaine se déroulaient  une semaine avant le solstice d’hiver et étaient accompagnées de grandes réjouissances. Durant cette période, les barrières sociales disparaissaient, on organisait des repas, on échangeait des cadeaux, et on plaçait par exemple des plantes vertes dans les maisons notamment du houx et du gui, parfois du lierre. Tiens donc !
Aujourd’hui on a plus tendance à dire que les Saturnales sont une fête typique du crépuscule de l’année comme la fête celtique de Samain ( voir novembre Halloween ). Au cours des Saturnales les esclaves jouissent d’une apparente et provisoire liberté. On inversait l’ordre hiérarchique, parfois de façon parodique, et cela ressemble très fort à la fête des Fous ou Fête des Innocents du Moyen-Age, ou on désignait un fou ou un enfant pour être le Roi provisoire,  en tirant  la fève. Eh oui il y avait tout cela ! On retrouve encore la fête des Innocents mais cette fois il s’agit du massacre, par ordre du roi Hérode, des enfants nouveaux nés.
Aurélien ( 214 – 275 ) ( Impérator Ceasar Lucius Domitius Aurelianus Pius Félix Augustus, Germanicus Maximus, Carpicus Maximus, Dacius Maximus, Arabicus Maximus, Palmyrenus Maximus) – vous vous y retrouvez ? - souhaite unifier religieusement l’empire et il tente de contenter les adeptes des Saturnales et ceux du culte de Mithra, tout en plaçant cette fête dans la continuité des festivités romaines et en tentant aussi de laisser une place au christianisme naissant. Le 25 décembre lendemain du solstice est inscrit officiellement  au calendrier :« Dies Natalis Invicti Solis » .
C’était une trop belle occasion pour l’Eglise d’utiliser ce symbole  de la lumière plus puissante que la nuit, du soleil vainqueur, pour fixer à cette date la fête de la naissance de Jésus.
La célébration de Noël en tant que jour de naissance de Jésus a conduit à la christianisation progressive de ce « Noël » païen .
La première mention d'une célébration chrétienne à la date du 25 décembre a lieu à Rome en 336. Le christianisme s'ajoute ainsi à la liste des religions rendant un culte à Noël. À la suite de l'édit de Thessalonique interdisant les cultes païens, la fête de Noël devient même exclusivement chrétienne de l'Empire romain interdisant l'ensemble des cultes dits « païens ».
L'édit de Thessalonique avait été décrété  par l'empereur romain Théodose 1er en 380 :
« Nous voulons que tous les peuples que régit la modération de Notre Clémence s'engagent dans cette religion que le divin Pierre Apôtre a donné aux Romains - ainsi que l'affirme une tradition qui depuis lui est parvenue jusqu'à maintenant ….  Nous ordonnons que ceux qui suivent cette loi prennent le nom de Chrétiens Catholiques et que les autres, que nous jugeons déments et insensés, assument l'infamie de l'hérésie. Leurs assemblées ne pourront pas recevoir le nom d'églises et ils seront l'objet, d'abord de la vengeance divine, ensuite seront châtiés à notre propre initiative que nous avons adopté suivant la volonté céleste.
Donné le troisième jour des calendes de mars à Thessalonique, Gratien Auguste étant consul pour la cinquième fois et Théodose Auguste pour la première fois. »
Avec cet édit, l'Empire romain se dotait d'une nouvelle religion officielle. Malgré cela, Théodose protégea dans la mesure de ses possibilités des païens semi-clandestins de la persécution et du harcèlement des chrétiens.
Déjà dès le début du IVe siècle Constantin 1er avait mis fin à la clandestinité de certains cultes, accordant certains privilèges et permettant la construction de temples et basiliques. En 313, par le biais de l'édit de Milan, il  avait décrété la liberté de culte pour tous y compris les chrétiens.
Toutefois, cette officialisation du culte catholique n'a pas totalement profité à l'Église. Autorité supérieure de l'Empire, Théodose se place également en tant qu'autorité religieuse. Ainsi va commencer un conflit qui survivra durant de longs siècles  en passant, chez nous en France par  Napoléon et la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905.
De la même manière, dans les pays nordiques, chez les peuples germains et scandinaves, après la chute de l’Empire romain d’Occident, la fête de Yul, fête du solstice d’hiver , a été associée aux fêtes de Noël.  Yule est la forme anglaise utilisée pour désigner la période de Noël. Elle correspond, dans de vieux dialectes, à Jól, dont sont issus Jól en islandais,  Jul en danois, norvégien et suédois, et qui signifient tous « Noël ». D'autres peuples ont emprunté cette appellation aux Germains, à savoir les Finlandais, d'où le finnois Joulu ou les Estoniens sous la forme Jõulu.
Il existe une racine commune du terme que l’on retrouve dans certaines langues avec le vieil anglais ġeol « jour de Noël ». Sans donner de leçon d’étymologie ou de philologie ce dont je suis bien incapable, je tenais à souligner cet autre point de rapprochement avec notre  Noël. De ces origines nordiques, on retrouve la couronne horizontale d'origine scandinave ou germanique ( couronne de l’Avent) , qui portait 4 bougies. Chaque dimanche il était coutume d'allumer une nouvelle bougie, ce qui symbolisait la renaissance de la lumière. Rouge le plus souvent, les  couleurs des bougies variant  selon les régions. Bien des symboles de Noël sont inspirés de cela  (sapins, gui, houx et cadeaux…)
Dans la mythologie nordique, Yule est le moment de l'année où Heimdall , de son trône situé au pôle Nord, revient visiter ses enfants. Il visite ainsi chaque foyer pour récompenser ceux qui ont bien agi durant l'année, et laisse un présent dans leur chaussette. Bonjour Père Noël !
Dans le contexte actuel de la fête de Noël en France et vu ce qui se passe ici et là, ces rappels, que je n’ai bien sûr pas inventés et qui mériteraient de longs développements, m’ont semblé à leur place et devoir être rappelés dans cette chronique de décembre qui nous prépare à ces fêtes.  J’emprunte largement ce que je viens d’écrire à l’Encyclopédia Universalis, à la mythologie et à l’histoire bien sûr !
Alors arrêtons nos  polémiques inutiles. Chacun doit pouvoir trouver son compte dans ces fêtes à dominantes familiales.
Il serait ridicule de contester cette fête et ces traditions qui viennent de si loin ! Honte à ceux qui ignorent ces origines si lointaines et font des procès pour des crèches dans des lieux publics ou refusent les autorisations pour des marchés de Noël. Ou alors poussons la logique jusqu’au bout et ne faisons plus d’illumination, ni aucun marché et je ne sais quoi encore. Pas même la fête entre nous et en famille !
Noël est devenu  une des fêtes chrétiennes les plus importantes durant la période médiévale et diffusée dans le reste du monde lors de la colonisation et de l'occidentalisation contemporaine. Aujourd'hui, la fête de Noël s'est fortement sécularisée et n'est plus nécessairement célébrée comme une fête religieuse. Le jour de Noël est férié dans de nombreux pays ce qui permet le regroupement familial autour d'un repas festif et l'échange de cadeaux. Le lendemain de Noël (26 décembre) est également un jour férié dans plusieurs pays du nord de l'Europe ( Pologne, Royaume-Uni, Pays-Bas, pays scandinaves) ainsi qu'en France, dans les  départements de l’Alsace et en Moselle, ou le régime concordataire de 1801 est toujours en vigueur.
Après Pâques, Noël est la deuxième fête la plus importante du calendrier liturgique chrétien. Noël est une des trois nativités célébrées par l'Église catholique, les deux autres étant celle de Jean le Baptiste, le 24 juin, ( proximité là encore de la date du solstice d’été selon le calendrier « julien »)  et celle de Marie, le 8 septembre et non le 15 août comme certains le croient ou l’affirment , sans doute à cause du jour férié !
La période entourant Noël est appelée « temps des fêtes » » au Canada francophone et « fêtes de fin d’année » (ou plus simplement « les fêtes ») en Europe quand on y inclut les célébrations du Nouvel An. Depuis le milieu du XXe siècle, cette période perd son aspect chrétien tout en maintenant vivante la tradition de la fête. Dans cet esprit, Noël prend une connotation foklorique, conservant le regroupement des cellules familiales l’illumination et à l'organisation de marchés de Noël. C'est également une période des plus importantes de l’année  sur le plan commercial.
Quant à ceux qui disent de façon péjorative «  tout ça c’est du folklore », faisant allusion au blé de Noël, à la crèche, aux pastorales, aux treize desserts et c’est vrai que la façon « provençale » d’aborder ces fêtes, tend le flan à cette critique. Mais c’est là encore en ignorer la symbolique profonde. C’est pourquoi je voudrais  dire encore  que le folklore, nous dit le dictionnaire de l’Académie, c’est l’étude des traditions populaires  et plus spécialement de la littérature orale, de la musique, des mythes et des coutumes d’un pays, d’une région. C’est l’ensemble de ces traditions et des coutumes. Ne retenons donc pas le côté péjoratif qui veut que le folklore ce soit des pratiques collectives dont le pittoresque suscite une curiosité amusée. Emprunté à l’anglais « folk-lore » « science du peuple » ( folk = peuple et lore « savoir, connaissance », le folklore s’inscrit bien dans notre histoire et dans nos origines. Toutes nos régions de France mais aussi dans d’autres pays, il y a des habitudes, des coutumes, qui sont nos richesses. Les maintenir, les faire vivre, voire prier  ou manifester  sa foi  ou tout simplement faire la fête, ce ne sont pas des pratiques pittoresques qui suscitent  la curiosité. Ce n’est pas du « cinéma » ! ce n’est pas du Folklore au sens péjoratif du mot. Le folkore, c’est  l’expression la plus profonde de ce qui vient du peuple, de notre foi, dans la langue de nos ancêtres, de nos croyances. C’est  le rappel de nos origines. Fiers de nos racines ! Fiers de notre foi. « E, se toumbon li Felibre, toumbara nosto Naciou ».  Si le pays n’a plus de poète et s’il perd sa langue et ses traditions,  il n’y aura plus de nation !
Je dois dire encore, que dans l’église catholique, l’usage de faire célébrer la naissance de l’Enfant-Jésus, revient au pape Télésphore (125-136),  au nom prédestiné pour prendre cette grande décision puisque son nom évoque le « rayonnement » et la « lumière ».  Noël  fut d’abord une fête mobile et ce n’est qu’en 337 que le Pape Jules 1er  décida que ce serait le 25 décembre pour les raisons que je viens d’expliquer. Alors que nous sommes aux jours les plus sombres de l’année, la fête de la naissance de Jésus, associe l’apparition de la lumière spirituelle à la renaissance de la lumière temporelle. On doit aussi au Pape Télesphore l'introduction du Gloria dans la liturgie catholique. La ville de Saint Télesphore, dans le sud-ouest de la province du Québec au Canada, est ainsi nommée en son honneur.
Cette décision du pape Télesphore donnait ainsi un sens nouveau au solstice, en affirmant, image concrète à l’appui, la venue au monde d’un Dieu qui sauve des ténèbres, et ouvre une ère nouvelle. En 532, le moine Denys le Petit, à l’appui d’un savant et solide calcul, démontra, sur la base des textes historiques et sacrés, que Jésus était né le 25 décembre de l’an 753 de la fondation de Rome, confirmant ainsi la date de Noël.
La piété des fidèles, s’est attachée plus volontiers à la lettre des récits évangéliques de la naissance de Jésus et a fait de Noël la plus populaire des fêtes chrétiennes.
Le nom lui-même de  Noël lui-même vient de ce mot «  natalis » devenu  Natal puis  Nadal ou Nau en langue d’Oc (ce qui par cette altération veut alors aussi dire nouveau ou neuf) ; puis Noé ou Nouël en langue d’oïl.
Le calendrier « julien » comportait une part d’erreur qui amena un décalage tel, qu’en 1582 intervint la réforme du calendrier « grégorien », le plus universellement reconnu aujourd’hui car le plus proche de la base astronomique du cycle solaire. Pour rattraper le retard on raya 10 jours du mois d’octobre de cette année là, et on fixa le solstice tantôt au 21 décembre comme pour cette année ou au 22, ce qui sera le cas l’année prochaine. Mais on ne toucha pas à Noël le 25 décembre. Ainsi la fête est désormais déconnectée complètement des toutes ces origines que j’ai tenté de rappeler.
Avant cette réforme on fêtait au solstice, la venue de la lumière et c’était alors la sainte Luce le 23 décembre et son fameux dicton :
« Per santo Luço, li jour crèisson d’un pèd de clusso » ; « A la sainte Luce, le jour croît du saut d’une puce ! »
La sainte Luce ou Lucie est passée au 13 décembre et le dicton a perdu sa justification. Il n’en reste pas moins très connu et très vivace encore aujourd’hui. Voici la suite:                                   « Et pour Nadal (Noël)
D’un pied de Gal (de coq) ;
Pour la Saint Sylvestre,
D’un pied de mestre (de maître)
Et pour les Rois
D’un pied de roi ».
Vous connaissez sans doute cet autre coutume proche de ce dicton, qui invite à regarder le temps qu’il fait entre Noël et les Rois pour prévoir le temps qu’il va faire tout au long de l’année :
« Les jours entre Noël et les Rois
Indiquent le temps des douze mois »
ou encore :
« Regarde comme sont menées
Depuis Noël douze journées,
Car suivant ces douze jours,
Les douze mois auront cours ».

Ces douze jours sont appelés « jours mâles » ou encore « Les jours de sort » ou aussi « les Ajets ». Chacun gouverne symboliquement le mois qui occupe dans l’année le même rang que lui. Nous sommes dans un système des « correspondances » cosmiques, selon lequel le petit (ou microcosme) contient le grand (ou macrocosme). C’est une des origines du  fameux :
« Noël au balcon, Pâques aux tisons ».
Chez nous on dit aussi : « Nouvé oou jué, Pasquo oou fué » - Noël au jeu ; Pâques au feu !

Je ne résiste pas à relire avec vous ce passage de l’Almanach des Laboureurs d’Antoine Maginus :

«  Le jour de Noël représente Janvier : si le ciel est clair, l’année enrichira le vigneron.
« Le 26, Saint Etienne, représente février : si le ciel est clair, mauvaise année ; s’il vente pendant la nuit il y aura peu de vin.
« Le 27, Saint Jean, représente mars : ciel clair ou nuit venteuse, mortalité.
« Le 28, jour des Innocents, correspond à avril : ciel clair, maladies ; nuit venteuse, famine.
« Le 29, saint Thomas, représente mai ; ciel clair, abondance ; nuit venteuse, infirmités.
« Le lendemain, la saint Roger représente juin : ciel clair, abondance de fruits et légumes ; nuit venteuse, abondance de grain.
« Le 31, saint Sylvestre, représente juillet : ciel clair, poissons, abondance de grain et vin rares ; nuit venteuse, disette.
« Le jour de l’an représente août : ciel clair, gibier ; nuit venteuse, mortalité.
« Le 2, l’octave de Saint Etienne, représente septembre : ciel clair, les animaux donnent profit ; nuit venteuse, peste sur le bétail et les abeilles.
« Le 3, l’octave de Saint Jean, représente octobre : ciel clair, octobre lourd et orageux.
« Le 4, l’octave des saints Innocents, correspond à novembre : ciel clair, épidémies ; nuit venteuse, mortalité.
« Le 5, veille des Roys, représente décembre : ciel clair, guerre ; nuit venteuse, corbeaux et loups auront pâture à souhaits »

J’aurai pu choisir d’autres exemples et dire encore bien d’autres choses pour cette chronique de décembre 2017. Je réserve pour une autre chronique tout ce qui tourne autour des traditions du blé de la sainte Barbe, des treize desserts, en passant par la saint Nicolas la crèche et le sapin de Noël, jusqu’à la galette des rois. Autant de coutumes et traditions liées à cette période. Sans oublier le Père Noël bien évidemment !
Je veux encore dire à propos du temps qu’il risque de faire que si je me réfère au cycle de Méton, avec toute la prudence qui s’impose, et notamment le décalage que nous constatons ces jours-ci avec l’arrivée du froid que j’avais prédit un peu plus tôt, que décembre sera probablement froid, voire neigeux,  du moins plutôt humide dans la première quinzaine, puis plus doux dans la deuxième quinzaine, vers un Noël humide et un Premier  de l’An venteux. 
Fêtons donc Noël sans complexe, chacun devrait pouvoir y retrouver son compte après cette chronique! 
Bon décembre. Bon Noël. Buon Nadal !

                                                                Jean Mignot
En ce 30 novembre de l’an 2017 en la fête de Saint André
                                                           « Neige de saint André peut cent jours durer »  

                                                                                                                                                                                                                  

mardi 7 novembre 2017

du mois de novembre 2017


du mois de Novembre 2017


Voici Novembre à la fois neuvième et onzième mois de l’année qui nous arrive avec son lot de fêtes et traditions, de dictons aussi, et qui va nous faire plonger dans un vrai  automne rapide et froid. Nous serons surpris par ce froid, et nous allons encore entendre sur les ondes que le temps qu’il va faire, notamment dans la deuxième partie du mois, c’est du «  jamais vu » ! Octobre a été globalement doux et sec malgré quelques tempêtes ici ou là sur nos côtes Ouest. Notre Midi reste très sec au point de dire que c’est catastrophique. Je tiens à dire quand même pour ramener les choses à la réalité, - nous avons tendance à oublier  si vite-,  que mes propres relevés de pluie, devant ma porte, sont de 51 mm de juin à octobre contre 254 pour la même période l’an  dernier.  Ce n’est pas beaucoup ! C’est mieux que rien ! On ne peut pas vraiment dire qu’il n’a pas plu ici depuis le mois de juin ! Nuances!.. Nuances aussi quand on dit que les mois précédents, de janvier à mai inclus, ont été moins arrosés que l’an dernier. Il a fait cette année, toujours dans le Midi,  292 mm contre 236 mm l’an dernier ! Nuances et précisions… !
La nouvelle lune du 19 octobre a marqué une série de perturbations qui ont traversé notre pays et qui ont marqué une chute importante de température ensuite. La nouvelle lune de novembre, marquera après le 18, de nouveaux changements et si on se réfère au temps qu’il a fait 19 ans en arrière, selon le cycle de Méton, et aux prévisions qu’on commence à voir poindre chez divers services de météorologie sérieux, le temps va passer au froid, et même à une vraie vague de froid, étonnante et subite dans la deuxième partie du mois. On parie ?
Novembre 1998 a été globalement froid et ensoleillé, avec une vague de froid du 17 au 25 novembre. -12° au Puy en Velay le 21, - 5 à Paris à la même date et -5.9 à Toulouse. Les relevés sont là et on ne peut les ignorer ni dire qu’on n’a pas de souvenirs de froids si vifs en telle saison comme je pressens qu’on va nous le dire ! 1998 ce n’est pas si vieux que ça pour dire qu’on ne se souvient pas de tels records : de mémoire d’homme ! On verra bien, mais soyons prévenants. C’est mon message qui s’appuie sur quelques dictons issus de la sagesse de nos ancêtres et de leurs observations. Ce qui pourrait vouloir dire aussi que ces changements que j’annonce avec prudence, se sont déjà produits au point d’en faire des dictons ! « Novembre chaud au début, froid à la fin » et  « quand il gèle en novembre, l'herbe part comme tendre. » On dit aussi : « Novembre, mois des brumes, par devant réchauffe et par derrière refroidit. ». « Le vent de novembre arrache la dernière feuille ». D’autres dictons s’appuient sur les observations du temps qu’il fait pour faire des prévisions : « En novembre s'il tonne, l'année sera bonne », « Quand en novembre il a tonné, l'hiver est avorté », « Brouillard en novembre, l'hiver sera tendre. ». Le temps de novembre peut annoncer celui des mois suivants : « Quand en novembre la pluie noie la terre, ce sera du bien pour tout l'hiver. »
 «  Hé oui ma fille, quand octobre prend sa fin la Toussaint est au matin ! » écrivait la Marquise de Sévigné. On a tout dit ou presque sur la Toussaint et on va encore en dire beaucoup, souvent en ne faisant aucune nuance entre la païenne et pernicieuse halloween et le respectable culte des morts du 2 Novembre, qu’on associe à tort à la Toussaint catholique. Une relecture de mes précédentes chroniques peut aider à rafraîchir notre mémoire. Je redirai ici seulement avec insistance, que le culte des morts est respectable et que plaisanter sous prétexte d’halloween ce n’est pas très pédagogique ni éducatif. Qui plus est c’est tomber dans le panneau d’une exploitation commerciale dont on clame par ailleurs que c’est honteux de se faire ainsi exploiter. Que ta main droite oublie ce que fait ta main gauche !
D’une fête respectable, all hallow Even «  le soir de tous les saints » on a fait une affaire  commerciale et qui oserait dire que les publicités et objets de pacotille vendus à cette occasion sont beaux ! 
Novembre c’est d’abord et au moins depuis  les Celtes le culte des anciens et des morts et non des sorcières et des vampires, des chauves-souris, des hiboux, des corbeaux et des vautours. Nous paierons un jour de céder aujourd’hui à ces horreurs en croyant faire le bonheur de nos chers petits. J’insiste pour dénoncer cette célébration tronquée car après une période d’accalmie nous constatons un regain d’activité et de matraquage autour de ces horreurs. Tous ceux qui se font vecteur d’informations et d’animations de tous ordres autour de la fête d’Halloween, ce dernier  avatar de la fête celtique de Samain, ne servent pas le bien public. On ne fait pas de l’animation ou la une des journaux sur le laid, et l’horreur ! Il y a mieux à faire ! Ressaisissons -nous et essayons d’inventer à cette occasion de nouvelles façons de faire la fête comme ces pâtissiers du Vaucluse qui avaient créé il y a quelques années un gâteau de circonstance ou comme ces chrétiens de l’Hérault qui invitent les paroissiens à se rendre à l’église avec deux choses dans leur panier, du vin et du fromage, pour une soirée « Holy wine et Holy cheese »,  «  les saints vins et les saints fromages ». Après une causerie qui rappelle le vrai sens de la fête de Toussaint, ils sont invités à partager un moment de convivialité autour des vins et des fromages qui ont dans leur nom un nom de saint. Saint Nectaire, saint Emilion, saint Moret, saint Chinian, etc... Dommage pour ceux qui comme moi n’aiment pas le fromage !
Déjà, au VIIIe siècle, en fixant la Toussaint au 1er novembre, ( auparavant elle était célébrée en mai) le pape Grégoire IV avait voulu prendre la place de la fête de Samain qui notamment en Grande Bretagne et en Gaule et dans les pays du Nord, dégénérait en banquets et beuveries.
Il me fallait bien dans cette chronique dire une fois encore ces quelques  vérités.
Trop tardivement, de mon point de vue, les églises chrétiennes ont réagi. Aujourd’hui on trouve des tas de déclarations  des évêques, mais avec bien peu d’écho dans les journaux et à la télévision.
Aux USA, certains groupes luttant contre l’occultisme ont supprimé avec succès les célébrations  d’Halloween  dans les écoles publiques. Récemment un ministre d’Arkansas, a intenté un procès fédéral et  a demandé que le satanisme, via les pratiques d’Halloween, ne soit pas toléré dans les écoles publiques, vu que la prière est  interdite. Cela ne nous rappelle-t-il rien à nous bons français ?
Dans notre monde contemporain, où le mal d’origine satanique est plus que réel, de nombreuses personnes pensent que c’est le moment d’épurer Halloween de ses éléments peu recommandables. Ils ressentent qu’une interdiction des observances officielles d’Halloween avertiraient les parents et les enfants et qu’ils comprendraient que la symbolique occulte d’Halloween célèbre des puissances spirituelles obscures et dangereuses.
Les parents pourraient au moins centrer les activités familiales sur des amusements sains. Ils pourraient faire une fête mais refuser que des costumes soient en rapport avec le mal. Les enfants ne sont jamais trop jeunes pour apprendre qu’un jour ne doit pas être dédié au diable.  Il m’a semblé important de vous faire part de ces citations et de ces réflexions, pour vous donner quelques éléments pour que chacun puisse forger son propre jugement. Il est possible de réagir encore. Manquerions-nous d’idées pour faire la fête tout en resituant les choses à leur juste place sans se laisser manipuler ? Puissent ces quelques lignes nous faire tous réfléchir !
Par contre nul ne remet en cause ce jour férié qui marque le milieu du trimestre, bien que marqué très catho, et qui permet une pose et des vacances,  appréciées de tous, sans tenir compte des énormes complications pour les parents qui travaillent pour faire garder les enfants. Ce jour férié, dans le contexte actuel de notre république, au milieu du concert de revendications de tous ordres et en plein dans les débats sur la laïcité, nous ramène bien à une vraie question sur nos origines et nous appelle à regarder les choses avec un peu plus de bon sens, et moins de sectarisme.
Sans vouloir ranimer de vieux débats, il faut bien dire que la Toussaint est une fête purement catholique dans ses origines. Je ne dis pas « chrétienne » puisque  nos frères réformés ne la célèbrent pas mais commémorent le 31 octobre la fête de la Réformation, c'est-à-dire l’affichage, sur les portes de la chapelle de château de Wittenberg en Saxe, le 31octobre 1517, par le moine Augustin Martin Luther, des 95 thèses portant sur la vente des indulgences, ces « parts de paradis » contre espèces sonnantes  et trébuchantes, et plus largement remettant en cause le rôle et la place de l’église catholique entre le Croyant et Dieu ; publication considérée traditionnellement comme le point de départ de la Réforme.
Cette année l’évènement revêt une importance majeure puisqu’on célèbre le 500 ème anniversaire de cet évènement considérable. Je tiens à souligner  que Martin Luther appelait l’église à se réformer. Il ne cherchait pas la rupture !
Quant au jour férié de Toussaint il est un rescapé du concordat de 1801 et des articles additionnels de 1802. La première constitution de notre république avait bien créé un état laïc, mais Napoléon, après des tas de déboires et de difficultés, avait rétabli la prédominance de la religion catholique. «  Il me faut un Pape qui rapproche au lieu de diviser ; et qui réconcilie les esprits, les réunisse et les donne au gouvernement sorti de la Révolution pour prix de la protection qu’il en aura obtenue. Et pour cela il me faut le vrai pape : catholique, apostolique et romain, celui qui siège au Vatican. Avec les armées françaises et des égards, j’en serai toujours le maître. Il fera ce que je lui demanderai dans l’intérêt du repos général ; il calmera les esprits, les réunira sous sa main et les placera dans les miennes. » Le 16 juillet 1801 (27 messidor an IX), entre 0h et 2h du matin, après de longues heures de discussion, le Cardinal Consalvi, au nom du pape Pie VII, signe avec Joseph Bonaparte (pour le Premier Consul) le Concordat qui restaure la religion catholique en France et abolit la loi de 1795 séparant l’Eglise de l’Etat ; en retour, le Saint Siège reconnait la légitimité de la République. C’est ce concordat qui est encore aujourd’hui en vigueur en Alsace et dans les pays mosellans. «  De toutes choses entreprises par Bonaparte, écrit Châteaubriant, celle qui lui coûta le plus fut indubitablement son Concordat. » En 1905, la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, si durement discutée de part et d’autres ne toucha pas à certaines dispositions de ce Concordat et de l’arrêté du 19 avril 1802 qui instituait la Toussaint comme jour férié. L’article 42 stipule : « Les dispositions légales relatives aux jours actuellement fériés sont maintenues ». Il n’y avait alors que quatre jours, Noël, l’Ascension, l’Assomption et la Toussaint. C’est le gouvernement de M. de Freycinet, qui dans sa loi du 8 mars 1886, en pleine querelle religieuse, et surtout dans le cadre des grands mouvements sociaux qui ont marqué la III e république, créa, entre autres jours fériés, le lundi de Pâques et le Lundi de Pentecôte, deux jours qui n’ont pas de fondement catholique à proprement parler. On se pose encore aujourd’hui la question du pourquoi de cette décision qui n’a rien de religieux. Sans doute Charles Louis de Freycinet, Président du Conseil, homme de conciliation et de compromis, au point qu’on l’avait surnommé « la souris blanche » ( il faisait le tampon entre Jules Ferry et Gambetta !) cherchait-il la paix sociale ! Cela valait la peine de rappeler ce point d’histoire. On imagine facilement le tollé qu’entraînerait, notamment dans le monde du travail et auprès des syndicats, la suppression de ce jour férié de Toussaint qui coupe si bien l’activité de ce trimestre et permet vacances et pont ! La Toussaint jour férié, nous appelle à un peu de recul face au débat des jours fériés.
On pourrait faire de même et s’éclairer par l’histoire, en regardant ce qui s’est passé dans les différentes législatures pour l’établissement du dimanche comme jour chômé. Je rappellerai ici simplement que si la liberté de culte était reconnue, le dimanche ne figurait pas parmi les jours de fêtes entraînant le chômage. « Le peuple mange le dimanche. Il doit pouvoir travailler le dimanche » fait-on dire à Napoléon. Ah les leçons de l’histoire !
Le jour des Morts qui est bien le 2 et non le 1er, -  on fait souvent confusion et amalgame-, et par facilité on va au cimetière le 1er plus que le 2 à grand renfort de chrysanthèmes aux si belles fleurs !
Penser aux Morts c’est penser à la vie car la mort fait bien partie de la vie et honorer les morts et leur mémoire peut servir à la vie de ceux qui restent. N’oublions pas ça ! Ce culte remonte aux temps des plus reculés dans bien des civilisations et il ne s’agit pas uniquement d’une création catho !
Je ne développerai pas plus ces sujets sur la Toussaint et sur le Jour des Morts. Vos quotidiens notamment mais aussi les feuilles paroissiales de nos paroisses reprennent chaque année de très bonnes informations sur ces célébrations.
Novembre est un mois marqué par plusieurs autres grandes fêtes ou commémorations et je me contenterai d’en citer quelques-unes, remarquables ou plus originales.
Cette année il y a bien sûr le centenaire de la Révolution d’Octobre en Russie. Dans la nuit du 6 au 7 novembre 1917, les bolcheviques s'emparent des principaux centres de décision de la capitale russe, Petrograd (anciennement Saint-Pétersbourg).
Dans la terminologie bolchevique (on dira plus tard communiste), ce coup de force sans véritable soutien populaire est baptisé «Révolution d'Octobre» car il s'est déroulé dans la nuit du 25 au 26 octobre selon le calendrier Julien en vigueur dans l'ancienne Russie jusqu'au 14 février 1918. J’insiste sur cette fête à cause du problème de décalage des calendriers, sujet que j’ai souvent traité dans ces chroniques.
De même je rappelle que le 24 novembre 1793, c’est l’entrée en vigueur du calendrier révolutionnaire ou républicain. Concrètement cela veut dire que vous ne trouverez aucun document qui soit daté de l’an I de la République qui elle a pourtant bien commencé le 22 septembre 1792. De même il n’y a aucun document daté entre le 5 et le 14 octobre 1582 puisque ces jours ont été tout simplement rayés du calendrier au moment de la mise en place du calendrier grégorien. Précisions importantes pour les généalogistes !
Novembre c’est le l’anniversaire du déclenchement de la guerre de libération algérienne en 1954, évènement qui laisse de si lourdes  et douloureuses traces de part et d’autres de la Méditerranée.
Novembre, le 11, c’est l’Armistice de la Grande Guerre, qui a tant transformé notre pays. Gardons-nous de l’oublier !
Novembre c’est le 20 du mois la Journée Internationale des Droits de l’Enfant célébrant l'anniversaire de la signature de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant.
Novembre c’est le 25, la Journée Internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.
Le 25 c’est aussi la Sainte Catherine  «  Entre Catherine et Noué, tout bois est bon à planter » ( dicton en Bretagne) ; «  tout bois prend racine » ( dicton d’ Ille et Vilaine) . Dans les campagnes c’est le meilleur moment pour planter tous les fruitiers et pour faire des boutures. Novembre est meilleur planteur que le printemps. En cette période, l’activité de la sève est ralentie ; les racines vont pouvoir bénéficier de l’énergie de la plante, concentrée à leur niveau. Au printemps lorsque la belle mécanique des saisons se remettra en route, les racines bourrées des sucs de la terre seront prêtes à nourrir rameaux et feuilles. Et ceci sera encore plus efficace puisque nous serons en lune croissante et montante à partir du 21 novembre.
Novembre c’est « le mois de la moustache » selon cette tradition de Movember. C’est  un événement annuel organisé par la fondation Movember Foundation Charity. Chaque mois de novembre, les hommes du monde entier sont invités à se laisser pousser la moustache dans le but de sensibiliser l'opinion publique et de lever des fonds pour la recherche dans les maladies masculines telles que le cancer de la prostate. Le nom vient de la contraction de « mo », abréviation de moustache en anglais australien et de « November » (novembre). Depuis 2003, cette fondation australienne relève le pari de « changer le visage de la santé au masculin ».
Une Mo Sista, de l'anglais « sister » traduit par « sœur », est une femme qui soutient cette démarche. Que ce soit un ami, un collègue, un frère ou un petit ami, par un mot d’encouragement, un sourire, elles les aident à assumer ce nouveau look pas toujours facile à adopter ! Les femmes étant prétendument plus préoccupées par les problèmes de santé, elles peuvent aider les hommes à se confier et à échanger sur les maladies masculines qui sont taboues pour beaucoup d’entre eux. Il y a quand même loin de là à proposer aux femmes, par solidarité,  de se laisser pousser la moustache !
Comme en 2016, le mois de novembre 2017 sera de nouveau l'occasion d'inciter les Français à arrêter de fumer avec la deuxième édition du "Mois sans tabac". L'idée : encourager les fumeurs à tenir un mois sans cigarette, en espérant créer le déclic pour un abandon définitif du tabac.
« A la Toussaint commence l’été de la saint Martin ». Comme nos médias nous ont bassinés du terme d’été indien à cause du temps très doux qui a précédé ces premiers jours de novembre, il me faut donner ici une explication. En Europe occidentale, un réchauffement de l’atmosphère se produit souvent vers le 11 novembre, date de la saint Martin. Si octobre a été doux, cette douceur se prolonge dans les premiers jours de novembre grâce aux vents de Sud/Sud-Ouest. C’est l’ « été de la saint Martin » ou « Petit été ».  Si aujourd’hui les météorologues apportent une explication à ce phénomène, le Moyen-âge avait lié cet épisode à la légende du saint homme. On connait l’histoire du manteau partagé. La légende dit que dès l’instant où cet acte fut accompli, «  la nuée qui obscurcissait le ciel s’entrouvrit, laissant le soleil resplendir… En mémoire de ta bonne action je donnerai désormais à la terre, chaque année à la même époque, quelques jours de beau temps » écrit Bidault de L’Isle dans «  Les vieux dictons de nos campagnes ». Un deuxième épisode est moins connu. Martin devenu moine puis  évêque à Tours était parti visiter l’abbaye de Candes. Il  y mourut. Ses moines voulurent le veiller  mais ceux de Marmoutier estimèrent que cet honneur leur revenait, au nom du diocèse de Tours où Martin avait été évêque. Pendant qu’ils veillaient le corps du défunt les premiers s’assoupirent. Les Tourangeaux en profitèrent pour enlever le corps et le ramener vers Tours, en barque, sur la Loire. Leur voyage fut favorisé par « un soleil si radieux et si chaud que les roses fleurirent et la verdure reparut. » Ce serait l’origine de l’été qui chaque année se renouvelle aux mêmes dates.
On appelle  trop souvent ces périodes de radoucissement, dès que la météo est clémente: « été indien ». Pourtant, « l'été indien » ou « été des Indiens » n'existe pas en Europe. L’emploi de ce terme est inapproprié.  Au sens strict, cette expression désigne un phénomène météorologique qui survient en Amérique du Nord, principalement au Canada. Il s’agit d’une période de « retour de l’été »  après les premières gelées de l’automne. Ce phénomène est aléatoire. Sa date de survenue et sa durée sont variables d’un lieu à l’autre et d’une année à l’autre. Il se produit généralement en octobre ou au début du mois de novembre. L’expression Indian Summer serait apparue au XVIIIe siècle d'abord en Pennsylvanie, puis à New York et en Nouvelle-Angleterre. Elle aurait ensuite été traduite littéralement « été des Indiens » par les Québécois au XIXe siècle. Les Indiens profitaient de ces périodes de redoux pour faire leurs dernières provisions et leurs dernières parties de chasse avant l’hiver. Une belle journée d'automne ne suffit pas pour parler d'été indien. Il faut que ce soit une période de chaleur suivant une période de gel, que la météo soit très ensoleillée,  qu’il il y ait pas ou très peu de précipitations et que les températures diurnes soient supérieures  à la normale. Jean Ferrat et Brassens ont chanté cet « été de la Saint Martin » alors que Jo Dassin a chanté «  l’été indien ».
Novembre c’est « Guy Fawkes Night » » : cette fête britannique qui commémore l'échec de la « Conspiration des Poudres », le complot d’un groupe de catholiques sous la direction de Guy Fawkes visant à faire exploser, le 5 novembre 1605, lors de la présence du roi protestant Jacques 1er, le Parlement de Westminster, avec trente-six barils de poudre.
Novembre c’est le « Dia de la Révolucion » célébré au Mexique le 20 novembre.
Le quatrième jeudi du mois de novembre, aux Etats-Unis on  remercie Dieu par des prières et des réjouissances pour les bonheurs que l’on a pu recevoir pendant l'année. C’est « Thanksgiving ».
Le  3e jeudi du mois de novembre  sort le beaujolais primeur, dit beaujolais nouveau. Les autres régions viticoles ont voulu contrer cette opération populaire et proposent des opérations semblables autour des vins primeurs ! Moi je pense qu’ils ont tort car ce vin n’est pas encore totalement élaboré à cette date et il n’est pas bon. Pourquoi vouloir à tous prix prendre le contre-pied d’une opération commerciale plutôt que de monter une opération de promotions des  bons vins de nos régions quand ils sont bons à boire ! Là encore nous sommes victimes du commerce.
Novembre nous a laissé  dans bien de nos villes des rues, des places et autres lieux baptisés  du 11 novembre 1918, mais plus original, on trouve une rue de novembre, sans date, à Dol de Bretagne. Cet  « odonyme » nous rappelle les  batailles de Dol pendant la  Guerre de Vendée en novembre 1793, qui pendant trois jours et deux nuits opposèrent les Républicains et les Vendéens et Chouans.  Un odonyme est un choronyme désignant une voie de communication routière, ferroviaire ou autre. Un choronyme c’est tout nom de lieu désignant un espace ou quelque forme d'entité géographique qu'elle soit de nature ponctuelle, linéaire ou spatiale. Un odonyme atypique fait référence à la date du 11 novembre 1943, en mémoire de grèves et manifestations massives à Grenoble contre la collaboration, qui donneront lieu aux représailles de la « Saint Barthélémy grenobloise », durant la seconde Guerre mondiale. La Saint-Barthélemy grenobloise est une série d'assassinats et d'arrestations des principaux responsables de la résistance grenobloise à l'occupation allemande, qui a eu lieu entre les 25 et 30 novembre 1943. Elle a été perpétrée par une équipe de collaborationnistes aux ordres de Doriot et du PPF lyonnais dirigé par Francis André. Elle a été ainsi nommée en référence au massacre des protestants de 1572. Outre cinq personnes déportées mais revenues vivantes, le bilan de la Saint-Barthélemy grenobloise est de onze assassinats et de huit morts en déportation, le futur préfet de l’Isère, Albert Reynier, évitant de justesse sa capture.
J’avais tout ça et bien plus encore à vous dire pour cette chronique ! « Quelque temps qu’il fasse en novembre, commence le feu dans ta chambre » nous recommande ce vieux dicton.
Bon mois de novembre ! Addisias !

Jean Mignot le 7 novembre 2017 
En la fête de saint Willibrod ( 658 -739) apôtre de la Frise
«  Novembre chaud au début, froid à la fin »





                                               

lundi 2 octobre 2017

du mois d'octobre 2017


du mois d’octobre 2017


Octobre, dixième mois de l’année je suis, mais huit je reste de par mon nom de baptême. Je suis octobre qui s’ouvre sur un automne étonnant et non détonnant contrairement à la réputation que les années m’ont faite.  !  Les météorologues disent en effet que brumes, brouillards et orages  sont les « armes parlantes » de ce mois. Or il n’en est rien, du moins pour notre Sud et les prévisions restent au beau fixe et à la sécheresse. Mais à ceci, et comme pour septembre il y a peu d’étonnement à avoir puisque si j’en crois Méton et son cycle, c’est le temps qu’il avait fait il y a 19 ans. Il faudra attendre probablement après le 14 du mois pour voir un changement profond et sans doute de la pluie. Espérons !
«  Il est impossible de décrire l’horreur des scènes qui eurent lieu à la Barbade » écrit l’Amiral  George Rodney dans son rapport officiel mais ce rapport date de 1780 ! Et non pas après le passage d’Irma. « Je n’aurais jamais pu croire, si je ne l’avais vu moi-même, que le vent seul pouvait détruire aussi complètement tant d’habitations solides »…Comme tout le monde j’ai été étonné par la violence des  ouragans qui se sont abattus sur les Caraïbes en me demandant si vraiment on avait fait le nécessaire pour prendre les dispositions qui s’imposent dans ces zones si souvent touchées par ces phénomènes atmosphériques. Car enfin… si on n’a pas suffisamment de données dans les services de météorologies  on a quand même l’histoire et de nombreux témoignages. Certes on n’avait pas encore les moyens de mesure de l’intensité de ces ouragans. Il n’empêche que le 10 octobre 1780, celui qu’on a appelé « le Grand Ouragan », fut le plus meurtrier qui ait frappé l’Atlantique Nord. 20000 morts, dont 9000 pour la seule Martinique.
Si on a bien «  du jamais vu de mémoire d’hommes » on a des récits de témoins d’alors qu’il ne faudrait pas oublier pour en tirer les leçons pour aujourd’hui ! Quelles dispositions par exemple en matière d’équipements puisqu’on on sait que ces phénomènes se reproduisent presque tous les 4 ans ! On pourrait parler de la même manière  des récits concernant le terrible ouragan de 1810 et aussi de celui du 10 août 1831 qui ravagea la  Barbade. Galveston en 1900 et 1915, Donna en 1960, Flora en 1963, Allen en 1980, Hugo en 1989, Gilbert en 1998, Andrew en 1992, Ivan en 2004, Katerina en 2005…  et je n’en cite que quelques-uns au passage. Aurait-on une si courte mémoire et a-ton vraiment  tiré les leçons de ces catastrophes ?
Nous ici à Nîmes et dans le Gard on connait ça et les lenteurs des administrations et autres services qui font traîner en longueur la mise en place de dispositions qui s’imposent !   Nous venons de nous remémorer les terribles inondations d’il y a 29 ans sur Nîmes alors que les travaux de protection, dont certains programmés depuis les inondations de 1958, ne sont pas encore terminés !
Face à ces réflexions je me suis posé la question de la différence entre ouragan, cyclone et typhon, tous étant des phénomènes tourbillonnant, tous produisant tous ces dégâts qu’il faut réparer bien vite. Vous saviez peut-être  qu’un ouragan  se produit en Atlantique Nord et dans le Pacifique Nord-Est, un cyclone n’a lieu que dans l’océan Indien  ou le Pacifique Sud et un typhon se produit lui dans le Pacifique Nord-Ouest !
Pourquoi cela ?  Eh bien parce que c’est lié à l’étymologie autant qu’aux lieux d’origine : l’ouragan vient de huragan, variante de huracan en taino (langue amérindienne des Antilles), introduit en français au XVIe siècle par l’espagnol, avec le sens de « tornade » ; le cyclone viendrait de ce géant monstrueux qui n’avait qu’un œil, de forme ronde, au milieu du front et le typhon du latin typhon (« bourrasque de vent, tornade »). Le sens moderne est issu du portugais tufao (« cyclone, ouragan ») adapté par les Arabes sous la forme  tüfan. Ce mot a voyagé au travers du monde musulman jusqu’en Malaisie et a été rapporté par les navigateurs portugais. Pour d’autres, le mot aurait été rapporté par le marchand vénitien Cæsar Frederick lors d’un voyage en Chine et aurait pour origine le chinois  táifēng « grand vent, typhon » prononcé taifong en mandarin. Etonnant !
Tous ces phénomènes sont proches et tous, selon leur intensité, produisent ces énormes dégâts qu’il faut réparer bien vite. 
Quand j’écrivais qu’il fallait regarder ce qui s’est passé en 1998 selon le cycle de Méton, certes référence imparfaite mais qui se révèle assez juste pour ce qui est des mes propres observations du moins pour le Sud, nous constatons encore que nous restons dans un automne étonnamment doux, sans orages et sans pluie et les prévisions de la météo ne nous donnent que peu d’espoir d’en voir bientôt.
Voyez plutôt ce qu’écrit le site de Météo Languedoc : « Après un été caniculaire, avec de nombreux records de chaleur, la saison des épisodes méditerranéens/cévenols n’a toujours pas débuté. Plus encore, la sécheresse continue de s’aggraver… ». Si nous sommes nombreux à dire qu’un été caniculaire est presque toujours suivi d’épisodes pluvio-orageux, il nous faut revoir nos copies. Les prévisionnistes les plus sérieux sur des bases d’études très poussées ne vont pas dans ce sens. « On constate une anomalie de hauts-géo potentiels entre les Açores, l'Espagne, la France et la Grande-Bretagne, alors que les bas-géo potentiels (zones dépressionnaires) circulent sur l'Europe du centre et les Balkans. Cette configuration météorologique est tout sauf favorable à la formation d'épisodes méditerranéens et/ou cévenols. En effet, pour que ces derniers se forment, il faudrait que l'anticyclone migre vers l'Europe du centre afin que les dépressions s'enfoncent sur l'Espagne et le bassin Méditerranéen. Tout l'inverse de ce qu'il se passe actuellement. 
Pour répondre à la question présente au début de cet article : à quoi faut-il s'attendre pour la suite de l'automne ? S'il est bien évidemment difficile de se projeter jusqu'à la fin de l'automne, il semble que la récurrence actuelle parvienne à se maintenir au moins jusqu'à la mi-octobre, malgré une accélération du dynamisme Atlantique. La probabilité d'épisodes méditerranéens/cévenols est donc très faible pour le moment. Il faudra surveiller entre la mi-octobre et novembre l'évolution des modèles numériques de prévision. Toutefois, les statistiques montrent qu'une fois cette période charnière passée, les événements extrêmes tendent à devenir de moins en moins probables. » . Voila qui est dit. On verra bien !
Octobre continue sur le même registre de Septembre avec des journées chaudes et sans pluie  dans le Midi, et on nous parle «  d’été indien » et pourtant utiliser cette expression n’est pas tout à fait juste. Le chanteur français Joe Dassin en a fait une chanson restée célèbre en 1975. Depuis, on entend souvent parler d’ « été indien » dès que la météo est clémente en automne. Pourtant, « l'été indien » ou « été des Indiens » n'existe pas en Europe. L’emploi de ce terme est inapproprié à la situation que nous vivons. Au sens strict, cette expression désigne un phénomène météorologique qui survient en Amérique du Nord, principalement au Canada. Il s’agit d’une période de « retour de l’été » (avec un temps ensoleillé et radouci), après les premières gelées de l’automne. Ce phénomène est aléatoire. Sa date de survenue et sa durée sont variables d’un lieu à l’autre et d’une année à l’autre. Il se produit généralement en octobre ou au début du mois de novembre.
L’expression Indian Summer serait apparue au XVIIIe siècle d'abord en Pennsylvanie, puis à New York et en Nouvelle-Angleterre. Elle aurait ensuite été traduite littéralement « été des Indiens » par les Québécois au XIXe siècle.
Voici l’une des hypothèses expliquant ce nom : les Indiens profitaient de cette période de redoux pour faire leurs dernières provisions et leurs dernières parties de chasse avant l’hiver.
Une belle journée d'automne ne suffit pas pour parler d'été indien. 
Voici les caractéristiques qui permettent de reconnaître ce phénomène météorologique : une période de chaleur suivant une période de gel ; une météo ensoleillée ; pas ou très peu de précipitations ; des températures diurnes supérieures à la normale.
Enfin, pour pouvoir parler d’ « été indien », il faut que ces phénomènes soient observés pendant au moins trois jours. 
On observe parfois des périodes de beau temps automnal dans d’autres régions du monde.
En France et dans les pays d'Europe occidentale, on parle plutôt d'été de la Saint-Denis (9 octobre), d'été de la Saint-Géraud (13 octobre) ou d' « été de la Saint-Martin » (11 novembre). 
En Suède, on parle d'été de la Toussaint pour désigner un temps chaud et ensoleillé, accompagné de brume sèche, et en Angleterre d’été de la Saint-Luc (18 octobre).
Nous sommes au moment où j’écris cette chronique à la pleine lune d’octobre. Ne vous demandez pas pourquoi vous avez mal dormi ! La pleine Lune d’Octobre 2017 était le 5. C’est une lune qui ne se produit qu’une fois tous les 3 ans, et bien qu’elle porte plusieurs noms, elle est surtout connue sous le nom de la « Lune de la récolte »  ( les récoltes sont traditionnellement terminées), ou « Lune du chasseur » ( puisque nous sommes en période de chasse ou du brâme du cerf). Ses autres noms sont la « Lune du voyage », « la Lune de l’herbe mourante », et parfois « la Lune de sang » ou la « Lune sanguine ».
Selon l’almanach du vieux fermier, la « Lune du chasseur » est la pleine lune la plus proche de l’équinoxe d’automne.
Habituellement, c’est une pleine lune qui tombe pendant le mois de Septembre, mais cette année est une exception. La « Lune du chasseur » de cette année est celle du 5 Octobre, après l’équinoxe qui était  le 22 Septembre 2017.
Dans l’antiquité, le changement de saison n’était pas observé en fonction de l’année solaire mais des lunaisons, tout simplement parce que la lune est bien plus facile à observer que le soleil et sa forme est facile à repérer. Au cours des derniers milliers d’années, les personnes sur le continent européen, ainsi que les tribus amérindiennes nommaient les mois par rapport aux caractéristiques des saisons de l’hémisphère nord. C’est pour cela que tant de ces noms peuvent sembler presque identiques ou partager des qualités semblables.
Aujourd’hui, beaucoup de noms antiques des mois sont donnés aux différentes pleines Lunes que nous rencontrons tout au long de l’année. On pense que les noms des amérindiens ont été adoptés par les colons amérindiens, et que cela apparaît encore dans le calendrier moderne. Ainsi, les noms des pleines Lunes que nous utilisons aujourd’hui sont probablement une combinaison des nombreuses cultures différentes.
Il est aussi intéressant de noter que certaines années ont 13 pleines Lunes et que d’autres n’en ont que 12. Dans les années où il y a 13 pleines Lunes, la Lune supplémentaire s’appelle ‘ Lune bleue ‘.
Je n’irai pas jusqu'à tomber dans les interprétations de tous ordres qui prêtent à la lune des tas d’autres influences  plus ou moins divinatoires. Beaucoup croient à tous ces diseurs de bonne aventure, voire se laissent trop facilement influences par ces bonimenteurs ! Je ne suis pas Madame Soleil.
Au chapitre des dictons : je relève pour ce mois toute une série ayant trait aux semis :
« Ne sème pas à la saint Léger si tu ne veux blé trop léger» le 2 oct. Le 4 «  qui sème à la saint Francois aura du blé de poids ». Le 6 « A la saint Bruno semé le blé sera noir ». Le 18 « A la saint Luc sème dru ou ne sème plus ».
C’est aussi le moment de faire des apports de fumier : « En octobre qui ne fume rien ne récolte rien »
Le froid va arriver : «  Vent d’octobre ta pelisse il faut  que tu sortes ». Et ce dicton qui est une véritable « lapalissade » : « Octobre est bon s’il est de saison ».
D’autres dictons donnent des indications pour prévoir le temps des mois à venir : « Octobre ensoleillé décembre emmitouflé et octobre emmitouflé annonce décembre ensoleillé » ; « Si octobre s’emplit de vent du froid tu pâtiras  longtemps » ; « Octobre en brumes un mois à rhumes ». Et pour se prémunir, rien de tel que la pomme, la reinette des Cévennes c’est la meilleure ! « Chaque soir mange une pomme et tu dormiras comme un saint » ; « La pomme du matin éloigne le médecin »
Le 25 « A la saint crépin la pie monte au ciel » et « Quand octobre prend fin dans la cuve est le raison ». L’heure d’hiver marquera s’il le faut le changement de saison le dimanche  29 octobre. Avec  le poète, après avoir chanté « l’été Indien »  nous pourrons déclamer : « Salut bois couronnés d’un reste de verdure … » ou chanter « Colchiques dans les prés … ».
Adissias !                                                                                


Jean Mignot le 6 octobre 2017