jeudi 8 juin 2017

du mois de Juin 2017


du mois de juin 2017


Juin a bien commencé, fidèle à sa réputation c'est-à-dire capricieux quant au temps, comme Junon à qui il doit son nom. Nous sommes en nouvelle lune depuis le 25 mai, et demain 9 juin c’est la pleine lune. Jusqu’à ce jour la courbe, ou si vous préférez le parcours que suit la lune est descendant, c'est-à-dire que la lune est de plus en plus bas dans le ciel, sur l’horizon. Dès  demain sa forme apparente va devenir gibbeuse, c'est-à-dire bossue. Puis elle va devenir un croissant. Elle va donc décroître alors que sa course sera montante, c'est-à-dire de plus en plus  haut dans le ciel, jusqu’au 24 juin.
Quelques proverbes nous donnent une indication sur le temps qu’il a fait jusqu’à ce jour. « Belle lune nouvelle, dans trois jours cruelle » ; ou encore  « Lune nouvelle au beau, le quatre à l’eau » ; ou « Quand la lune arrive belle, au bout de trois jours elle se fêle »... C’est exactement  ce qui s’est passé avec un mois de mai beau et chaud, jusqu’à la nouvelle lune du  25, mais dès le 29 mai le temps est devenu plus gris et plus couvert des orages ici et là. C’est typiquement le temps qu’il fait pendant le tournoi de tennis de Roland Garros. On a parfois appelé ce temps «  mousson d’Europe ».
Que va nous donner la pleine lune du 9 juin au lendemain de la saint Médard ? Si l’on écoute nos vieux dictons : « Prie quand la lune s’arrondira, la chance alors abondera. Ce qu’au ciel tu chercheras, sur terre tu trouveras ». C’est donc plutôt un beau temps chaud qui arrive et dès à présent les prévisions météos annoncent des températures au dessus de 30°
Je rappelle qu’on repique et  on taille en lune descendante  mais aussi en lune vieille. C’est donc un bon moment pour repiquer vos plans de salade qui ainsi ne monteront pas.  Mais pas au-delà de demain. C’est aussi valable pour la taille des arbres et des haies. Les salades repiquées. C’est un bon pour la mise en bouteille du vin et du cidre et aussi pour la mise en pot des confitures.
Pendant cette phase du  « dernier quartier », ou de «  lune vieille », - on dit aussi « lune dure », l’astre a l’apparence d’un « C » alors que la face visible décroit. «  Il est bon d’ensemencer au décours de la lune » ou encore « Sème dans le déclin tu auras du grain !». C’est  en lune vieille qu’il faut couper le bois pour qu’il se conserve bien «  Si vous voulez du bon bois d’œuvre, il faut l’abattre en lune vieille ». Je sais c’est un peu compliqué et il faudra un croquis ou un schéma pour bien comprendre ! Le cycle de la lune est difficile à comprendre et à interpréter.
Juin capricieux comme Junon auquel il est dédié. Junon, déesse de la Fécondité, assimilée à l’Héra grecque,  symbolise l’union des principes lunaire et solaire. Fille de Saturne et de Rhéa, elle est à la fois sœur et épouse de Jupiter et mère de Vulcain et de Mars. Comment voulez –vous que cela ne déclenche pas les foudres ? Qui plus est, elle était jalouse et vindicative, et d’un caractère acariâtre. Sans parler de ses disputes avec Jupiter  qui était à la fois son mari et son frère…!  Junon mit souvent le trouble dans l’Olympe.  La nymphe Chélonée, la reine des Pygmées Pigas, les filles de Proctus, la nymphe Callisto, le berger Pâris, la nymphe Echo, furent autant de victimes de son mauvais caractère. La première fut transformée en tortue car elle était arrivée en retard au mariage de Junon. La deuxième fut changée en grue pour avoir osé se comparer à elle.  Les deux suivantes furent changées en génisses alors qu’elles se proclamaient.les plus belles, ou même en ourse ! Juin nous invite à nous replonger dans la mythologie. Si vous vous promenez dans le parc de Versailles vous retrouverez toutes ces nymphes et déesses et leurs allégories, notamment au fameux bassin de Latone.
Latone, mère d’Apollon et de Diane était devenue  maîtresse de Jupiter. Condamnée à une fuite sans répit par sa rivale Junon, elle arriva un jour au sud de l’actuelle Turquie. Alors qu’elle s’approchait d’un  étang pour s’y désaltérer, les paysans du lieu l’en empêchent. Furieuse, elle leur lança une malédiction et ils furent transformés en grenouille. C’est ce qu’illustre le fameux bassin de Latone dans le parc du château de Versailles.
Juin, c’est le mois des mariages et des mères à cause de la référence à Héra son homologue  grecque et à la maturité qu’elle symbolise. Des quantités de croyances et légendes populaires en découlent dont, par exemple, la tradition en vigueur dans les  temples  de Junon  qui voulait que les femmes se coiffent en séparant leur chevelure en deux, théoriquement avec la pointe d’une lance, pour symboliser la fusion des principes lunaire et solaire. C’est sans doute l’origine de cette coiffure des jeunes filles que l’on appelle les couettes !
Juin est un mois qui souffle le chaud et le froid et ses perturbations sont la résultante de l’influence de la lune dans sa course autour de la terre, selon qu’elle est croissante ou décroissante, voire gibbeuse, montante ou descendante, à son apogée ou à son périgée.

Juin est surtout connu pour le fameux Saint Médard ? C’est le saint du calendrier le plus célébré par la verve « dictonne » : « S’il pleut à la saint Médard, il pleuvra quarante jours plus tard ! ». Ce dicton daterait du XI ème siècle. A cette époque, on vivait encore sous le calendrier « Julien ». La saint Médard était alors située le 20 juin, proche du solstice d’été, période où la lumière solaire est la plus vivifiante, et époque où les influences astronomiques peuvent amener des troubles atmosphériques se traduisant par des orages et de la pluie. S’il fait beau ou pluvieux ce jour-là, les conditions de la saison s’en ressentiront sûrement. Cette forte croyance populaire avait donc alors des bases météorologiques solides. Avec les modifications sous le pontificat du pape Grégoire XIII, en 1582, la saint Médard fit un bon en arrière et sa pluie a perdu  l’importance que les adages populaires continuent de lui prêter. On adopta alors saint Barnabé pour donner un sens restrictif aux dictons de la saint Médard.  Mais les automatismes ont la vie dure !
Saint Médard était un picard, né à Salency, en 457, puis devenu évêque de Noyon. La légende  dit qu’étant  tout jeune enfant il s’était fait remarquer par sa grande compassion pour les pauvres et les malheureux. Un jour il rencontra un mendiant aveugle qui était presque nu ; il se dépouilla de son habit pour l’en revêtir. Puni par ses parents pour son geste charitable,  il resta dehors tout nu. Survint un violent orage, fréquent en ces périodes. Il resta ainsi sous la pluie battante sans être mouillé. On dit même selon différentes versions, qu’un aigle le protégea de ses ailes. De là à en faire un « marchand de parapluies » comme en Belgique ou en Bretagne…ou d’en faire l’agent des eaux célestes, il n’y a qu’un pas que les siècles ont franchi. L’histoire a gardé la trace, plus vraie semble-t-il, d’un évêque, sacré par saint Rémi en 530, et qui parcourut inlassablement, malgré son grand âge ( pour l’époque !  72 ans  )  les villages,  les bourgs et les hameaux de sa région, prêchant, administrant les sacrements et secourant les malheureux. Il mourut âgé de quatre-vingt-sept ans. C’est le jour de sa mort qu’on le célèbre soit le 8 juin.
On ne saurait l’accuser de ce qui ne le concerne pas. La pluie ou le beau temps étant dus aux incidences du cycle lunaire. Sa fête et les dictons qui l’accompagnent ne sont que procédé mnémotechnique. « Quan ploou pers an Médar, de la recolto empouerto un quar; quan ploou pa, N’empouerto la mita. » ( Quand il pleut pour la saint Médard, de la récolte il manque un quart, quand il ne pleut pas, il en manque la moitié).
Il faut aussi parler de son compère Barnabé : « Quand il pleut à la saint Médard, si Barnabé ne lui ferme pas son bec, il pleut quarante jours après ! » C’est ce qui justifie le dicton suivant : « Le jour de  la saint Barnabé (le 11 juin), est le plus beau jour de l’année. » C’est lui en effet qui vient : « Couper l’herbe sous les pieds »  de son compère, baptisé de « grand pissard » et « reboutonner sa culotte ». Pour faire le pendant à son compère Médard, on dit que Barnabé était « marchand d’ombrelles » !  Les prévisions météo pour le 11 juin sont au beau fixe sauf quelques passages nuageux sur le Nord de la France.
Barnabé est un personnage atypique. Il était un juif, de la tribu de Lévi et  vivait en fait sur l’île de Chypre. S’il n’a pas connu le Christ, il se convertit de très bonne heure. Il s’appelait Joseph et son nom fut alors changé en Barnabé, qui signifie « fils de consolation » ; c’est lui qui fit entrer Paul, autre juif converti, dans le cercle fermé des premiers Apôtres, les Galiléens. Il mourut sans doute à Chypre, et probablement martyr.

Juin c’est le baccalauréat, cet examen créé par décret impérial du 17 mars 1808, qui en fait le couronnement de l’enseignement secondaire le premier grade universitaire.
Sous Louis XVIII il devint une véritable institution, porte d’accès indispensable à l’enseignement supérieur et à toutes les carrières libérales. A cette époque, le candidat admis à l’oral tirait parmi 500 questions un texte à expliquer et un sujet d’interrogation. En 1874 le baccalauréat est divisé en deux parties. En 1882 un baccalauréat moderne est institué. C’est un examen sans latin. Il n’a pas bonne réputation. C’est pour certains un «  sous-baccalauréat ». En 1923 la Chambre «  Bleu Horizon » le supprima. En ces veilles d’élections je rappellerai volontiers ici que « la Chambre Bleu Horizon »  élue en 1919, fut ainsi appelée à cause de la couleur bleu horizon des uniformes des très nombreux anciens combattants de la Grande  Guerre qui y siégèrent.
Je note au passage, que la campagne d’alors fut assez confuse. Les candidats du «  bloc national » se divisent entre alliés au Centre Droit et isolés. …On voit un rapprochement de la Droite et du Centre. Les socialistes optent eux pour des listes homogènes  ce qui va avoir une énorme incidence sur leur présence à la Chambre. etc...  J’arrêterai là les exemples et chacun pourra aller voir ce que fut alors la situation en faisant le rapprochement avec ce qui se passe. Nous verrons bien quelle couleur sortira des urnes ! 
Ces réformes ne sont pas nouvelles ! Pas plus que celles dont on nous parle aujourd’hui  ou celles du passé. Chaque ministre y va de son imagination. 
En 1850 le nombre des bacheliers était de 4000. 9000 en 1922. 12000 en 1935. En 1940 les bacheliers étaient près de 30000. En 1975 ils dépassaient 175000. En 1995 ils étaient plus de 400000. Avec les différentes réformes de l’enseignement c’est actuellement 60% des jeunes d’une génération qui sont bacheliers contre 5% en 1950.
Objet de convoitises et d’appréhensions, voire de tentatives de tricheries ! hélas !  Cet examen a la vie dure. Le célèbre historien Ernest Lavisse tonnait contre un diplôme «  qui encourage les mauvaises dispositions de notre caractère national ». Des chroniqueurs de la même époque regrettaient «  l’excès de travail imposé par le baccalauréat à de malheureux élèves qui ne peuvent ainsi goûter aux plaisir de leur âge ».  ! On voit bien encore en 2017 qu’on n’en est pas à une réforme près ! On prend les même et on recommence !

Juin c’est bien sûr la saint Jean qui marquait avec le calendrier « julien » le solstice d’été.  Véritable fête de la musique puisqu’on doit à cette fête le nom des notes de la gamme, même si la fête de la Musique a été placée arbitrairement au 21 juin ce qui n’est pas toujours la date du solstice : le 20 juin en 2019 et en 2024... ! C’est-à-dire qu’elle ne correspond plus exactement à ce qui était son origine ! Autre temps autre mœurs !
             
Adissias !                                                                                 Jean Mignot le 8 juin 2017
au soir de la saint Médard par un beau temps éclatant dans notre Midi. 

lundi 8 mai 2017

du mois de mai 2017


du mois de mai 2017


Notre mois de mai 2017 s’inscrit dans la continuité, pas de ce que vous pensez. Dans la continuité de ce que je vous avais annoncé dès le début avril c’est-à-dire dans le temps habituel qu’il fait pendant la lunaison dite de la « lune rousse » avec froid, gelées, orages même ! et alertes jaune ou orange. Tout le monde se lamente du froid et du mauvais temps ambiant, à commencer  par les présentateurs des journaux télévisés ou de la météo sur les petits écrans. Chacun y va de son « jamais vu », « exceptionnel » ou «  de mémoire d’homme. »…
Les Saints de Glace sont là en effet et je suis toujours étonné que l’on ne parle que de ceux du mois de mai et non des autres alors que depuis fort longtemps  ils ont marqué des vagues de froid au point que nos ancêtres en ont écrit des dictons et proverbes.
Un présentateur  vedette d’un Journal télévisé disait « il fait froid et pourtant on n’est pas encore aux « Saints de Glace » !
D’ailleurs ceux-là, qui sont les 11, 12 et 13 mai,  et qui «  a eux trois font un petit hiver » ( Servais, Pancrace et Mamert) ont disparu du calendrier  par décision vaticane. .
Personne ne parle de la Lune Rousse qui est bien là et des effets des changements de temps de cette période qui continue de faire des dégâts sur la végétation dans bien des régions de France.  En avril, Georget ( Georges) Marquet ( Marc) et Philippet ( Philippe) réputés « casseurs de gobelets » comme l’écrivait Rabelais ( voir chronique d’avril 2017) ont eu les effets les plus néfastes sur nos vignobles.  Je vais donc encore et à nouveau dire et redire ce que j’ai déjà dit et écrit depuis plusieurs années.
Sans instrument de mesure - dont certains hyper sophistiqués- , sans satellite, les observations de nos ancêtres ont relevé une telle fréquence de mauvais temps pour la fête de ces saints qu’ils en ont fait des proverbes et dictons . Les historiens pour leur part ont noté des gels très importants depuis belle lurette, à des époques où on ne parlait pas du réchauffement climatique. 
Ce sont des faits incontestables qui devraient inciter à plus de prudence dans le monde agricole et à ne pas trop vite jeter la pierre au réchauffement de la planète et demander un peu trop facilement au gouvernement des indemnités pour calamités agricoles.
En ces périodes d’avril et mai, le froid et le mauvais temps sont fréquents. On a la mémoire courte !. L’an dernier le 1er mai je peux vous dire qu’il gelait sur le Causse du Larzac à la Couvertoirade.
Grégoire de Tours parle de ce phénomène dès 589. Les calamités furent si importantes ( inondations , épidémie qui emporta le Pape Pélage II) que le pape Grégoire le Grand ordonna une procession solennelle pour conjurer le mauvais temps ! C’est la fête des « Litanies majeures » qui a lieu le 25 avril pour la saint Marc.
Saint Mamert évêque de Vienne vers 420-477 avait préconisé des prières et des processions avec chant des litanies parce qu’une période de mauvais temps avait ravagé les vergers de la vallée du Rhône. Ce sont les Rogations qui pendant trois jours avant l’Ascension emmenaient les  fidèles à travers champs au rythme laconique de cette mélodie des litanies qui a le caractère particulier d’être une musique d’origine gallicane. Une sorte de mélopée répétitive, proche des mélodies arabes ou byzantines, sur une gamme de notes très simples, articulée autour des notes ut, mi, sol, lancée par un soliste et reprise par la foule, et qu’on appelle litanies. Ces chants sont encore présents dans les liturgies byzantines, et on les retrouve dans le cérémonial du vendredi saint.  On retrouve ce type de mélodies et de rythmes en Bretagne et en Irlande notamment.
En 1897  entre le 11 et le 13 mai, il a gelé, et les dégâts ont été d’autant plus importants que l’hiver avait été bénin, et que la végétation était bien avancée ! Le Cher avait été dévasté. Les vignes avaient gelé, ainsi que les pommes de terre, les haricots et les fraisiers. A Angers, la gelée avait ravagé les cultures au sud de la Loire mais épargné celles qui se situaient au nord du fleuve ! Dans notre région du Gard les feuilles de mûriers avaient  gelé et ont fait défaut pour nourrir les vers à soie…Ce fut une catastrophe
Cette lunaison, c’est-à-dire le temps séparant deux nouvelles lunes et dont la durée moyenne est de 29 jours 12 heures 44 minutes et 2,8 secondes, dite de la « Lune Rousse » a commencé le 26 avril et va durer jusqu’au 25 mai ? L’ascension sera cette année le 25 mai en fin de lunaison rendant ainsi encore plus vrai le dicton « pour l’ascension dernier frisson » .
L’an prochain avec le décalage des mois lunaires et des mois de notre calendrier l’ascension sera le 10 mai, juste la veille des Saints de Glace de mai. Il faudra alors pour prévoir le temps regarder où sera la lune dans sa course mensuelle.  
Je constate et observe depuis plusieurs années que autour des jours qui précèdent ou suivent la nouvelle lune il y a des perturbations plus ou moins importantes accentuées bien sûr par le contexte local, bord de mer, montagne, rives d’un lac, forêt par exemple. A ceci il faut ajouter l’influence des grandes marées qui cette année ont eu lieu tant en mars qu’en avril au début de la lunaison. Il a fait mauvais temps en avril à partir du 26. Et il faut s’attendre à du mauvais temps à la nouvelle lune de mai . Le jeudi 25, le vendredi 26, le samedi 27 et le dimanche 28 mai les coefficients de marée seront au-dessus de 100, jusqu’à 106/107. Nous voilà prévenus.
Les relevés sinon météorologiques du moins historiques indiquent des séries de gels, tempêtes, neige et d’intempéries de toutes sortes un peu partout sur le pays provoquant d’importants dégâts sur les cultures maraîchères et sur la vigne notamment . Je relève par exemple :
1er mai 1945 il neige sur toute la France  à une semaine de la fin de la guerre. 6 cm à Paris
2 mai 1979 des giboulées de neige balayent la moitié nord de la France . Verglas à Metz
4 mai 1961 la tornade fait un mort et une centaine de blessés près d’Evreux
6 mai 1957 les saints de glace portent bien leur nom : giboulées de neige dans le Nord
7 mai 1997 neige sur les Deux-Sèvres, le Pas de Calais et les pays de la Loire ( 4 cm à Tours)
8 mai 1997 à la une du journal Le Parisien «  la Météo est devenue folle » du jamais vu depuis 1946 il a neigé hier sur l’Indre et Loire ( …) Le wek(end s’annonce quasi hivernal…
10 mai 1928 la neige recouvre certaines régions de Nord-Est avec 3 cm à Belfort
11 mai 1953 -7° dans la plaine du Forez. Les vignobles du Beaujolais  sont anéantis.
Je pourrais multiplier les citations de mauvais temps, tout comme d’ailleurs on pourrait en trouver tout autant sur la chaleur ou la canicule aux mêmes périodes !
Si je prends  le cycle de Méton et si donc je regarde en arrière le temps qu’il avait fait par bond successifs de 19 ans  je relève :que le mois de mai a très souvent été très frais de façon générale.
1998 a été plutôt beau et sec ; 1979 mai est frais. Il tombe 27 cm de neige au cours du mois à Leysin. 1960 on note des gelées à Toulouse, Marseille, Bourges, Perpignan, Agen, Limoges, Nevers… entre autres. 1941 ai très froid et pluvieux.  1922 il fait encore froid. (4 à 15° à Châteauroux , Neige à Lyon. 1903 mai pluvieux, frais mais ensoleillé. 1884  on relève les dernières gelées le 22 avril. 1865 avril est très chaud et sec. Le temps devient estival. Pourtant le 7 mai 1865 un violent orage ravage la  ville du Cateau-Cambrésis.
Mai 2017 s’inscrit dans la continuité de ce temps de « Lune Rousse » et on nous annonce encore des gelées blanches matinales pour cette semaine.
Continuité des traditions si nombreuses du mois de mai dont on ne nous parle pas et qui sont pourtant d’actualité comme « planter le mai ».
Quand il y avait des élections municipales et que les élus l’étaient pour la première fois, ses colistiers venaient planter un arbre en son honneur. C’était souvent l’occasion d’un bon repas ou du moins de boire ensemble un bon verre. L’arbre était généralement un sapin ébranché auquel on ne conservait que la cime. Il était décoré d’un drapeau tricolore, parfois d’une pancarte sur laquelle était écrit : « Honneur à notre élu » C’est une tradition qui se perpétue encore dans nos provinces ici ou là.
Je ne sais pas si on plantera un mai à l’Elysée, ou au Touquet ou rue Cler ou à Amiens !  Dommage d’ailleurs !
Parmi tous les évènements et fêtes liés au mois de mai je voudrais encore citer, car elle s’inscrit aussi dans la continuité, cette très vieille coutume qui, sous les Carolingiens, voulait que ce soit le mois où se tenaient les assemblées politiques. Auparavant chez les Francs, les guerriers se réunissaient autour de leur chef, dans un lieu qu’on appelait « le Champ de Mars ». Si le discours des chefs plaisait, les guerriers applaudissaient en frappant leurs boucliers de leurs framées. Sinon ils étouffaient sa voix par des murmures. Les framées ont été remplacées par les pupitres de nos élus dans les assemblées et par leurs vociférations dont nous sommes témoins devant le petit écran. Par contre chez les Francs il n’était pas question d’absentéisme !
Sous Charlemagne, la date de l’assemblée fut reculée jusqu’en mai. Le Champ de Mars devint le Champs de mai. Ces assemblées disparurent à la fin de l’empire carolingien ; les champs de mai furent remplacés par les Etats Généraux. On se souviendra des Etats Généraux en mai 1302 sous Philippe le Bel, et de ceux de mai 1789 à la veille de la Révolution. et aussi de la grande assemblée du "champ de mai" convoquée par Napoléon pendant les Cents-Jours.  Continuité ou concours de circonstances !
En ce 8 mai l’église fête saint Désiré. Mais si ! Chancelier royal et évêque de Bourges, il fut l’un des plus grands évêques de l’époque mérovingienne qui contribuèrent à tirer la Gaule du chaos où l’avait plongée l’administration précédente… ! et l’effondrement de l’Empire Romain. (..) il exerça sa charge, nous disent les textes, de manière à contenter tout le monde… ! Changer quelques mots. Transposez dans le contexte de 2017… Continuité !
Bientôt nous allons entrer dans les « cent jours ». L’origine de l’expression est ce retour de Napoléon de l’Ile d’Elble, entre mars et mai 1815. 100 jours déterminants pour sa trajectoire personnelle et aussi pour l’histoire de la France et de l’Europe. Eh oui déjà ! Continuité ?
Pourtant sur le plan historique l'expression « Les Cent-Jours  » ne désignait pas la durée du retour impérial mais celle de l'absence du roi Louis XVIIIde Paris. On doit son invention au préfet de la Seine, Chabrol de Volvic, qui accueillit Louis XVIII à son retour en ces termes: « Sire, cent jours se sont écoulés depuis le moment fatal où Votre Majesté, forcée de s'arracher aux affections les plus chères, quitta sa capitale au milieu des larmes et des lamentations publiques. ». La chose n'était d'ailleurs pas vraiment exacte puisque, entre le départ du roi le 20 mars et son retour le 8 juillet, il s'était écoulé cent dix jours. Dès 1819, dans ses Mémoires sur les Cent jours, Benjamin Constant appliquait déjà l'expression au retour de Napoléon. Chateaubriand en fit de même.
Toutefois, bien que cet épisode reste associé à l'idée d'une phase décisive au cours de laquelle l'avenir d'un homme ou d'un pays peut basculer, c'est moins à l'épopée napoléonienne qu'au New Deal du président américain Franklin Delano Roosevelt que l'on doit l'habitude de passer au crible les 100 premiers jours d'un président.
Nouvellement élu, le président Roosevelt convoque en mars 1933 le Congrès pour une session extraordinaire de 100 jours pendant laquelle toute une série de mesures spectaculaires visant à sortir le pays de la dépression est lancée. Au cours de ces trois mois, la dynamique du "New Deal" est impulsée.
Depuis, aux États-Unis, les 100 jours constituent la jauge utilisée pour juger le début d’un mandat,  la borne à partir de laquelle les médias tirent un premier bilan de l'action du locataire de la Maison blanche.
Bien qu’elle soit en bonne partie artificielle, l’expression est aussi utilisée ailleurs dans le monde, par exemple en Allemagne. Le Président français sortant avait choisi de mettre l’accent sur la première année du changement  mais cela n’empêchera  pas les journalistes de consacrer des articles au bilan de ses 100 premiers jours à l'Élysée.
On parle aussi pour cette période de l’ « état de grâce » qui à l’origine est une expression religieuse.
Elle peut être utilisée pour désigner le moment de la vie politique pendant lequel l'opinion publique d'un pays est majoritairement favorable aux nouveaux dirigeants qui viennent d'accéder au pouvoir à la suite d'une élection. Les journalistes parlent aussi souvent des « 100 jours » comme étant une période privilégiée pour un nouvel élu. Encore un mois de mai dans la continuité !
Avant de vous saluer selon ma formule habituelle en fin de ces chroniques je dirai, en ce soir du 8 mai, comme le titre d’une émission de télévision, vu ce que nous vivons, « ainsi-soit …» et c’est bien volontairement que je n’emploie pas la totalité de l’expression, religieuse elle aussi… ! Je pourrai dire : « A Dieu vat »  empruntant cette expression au monde marin quand on aborde une manœuvre particulièrement périlleuse. Oui « le sort en est jeté ». Ou « advienne que pourra ».  Ce qui pouvait être fait a été fait et à présent, l’avenir est entre les mains de Dieu (ou ne dépend plus que de la chance ou de nous encore dans les semaines qui viennent).
Maintenant c’est « à la grâce de Dieu »     
Addisias ! Bon mois de mai     


Jean Mignot


Au soir du 8 mai 2017        

dimanche 2 avril 2017

du mois d'avril 2017


du mois d’Avril 2017


Avril 2017 n’ouvre plus rien du tout, même si c’est la signification de son nom. ! Pas même une nouvelle année comme ce fut longtemps le cas et très probablement il ne nous apportera même pas du beau temps. Ou très peu, notamment si je me réfère aux dictons du temps et au cycle de Méton : « Noël au balcon Pâques aux tisons ». Or il a fait mauvais temps pour Noël 2016 dans le Midi. Et il y a dix-neuf ans, en 1998,  on avait relevé 15 cm de neige dans la nuit de Pâques dans le centre de la France avec un température maximum de 5.2° à Bourges et 7.3° à Rennes. S’en était suivi des gelées et d’assez gros dégâts notamment dans les vignes en Côte d’Or.  Températures de -1.2° à Bourges, -1.4° à  Lyon, 0.3° à Perpignan, -1.3° à Toulouse les jours suivants.
Globalement un mois d’avril qui s’annonce humide comme en début de ce mois où les caprices du temps ont empêché  les Uzétiens et amis de la région à découvrir les extraordinaires mosaïques romaines découvertes ici.
Ne nous réjouissons pas trop vite de la douceur annoncée pour la semaine qui va s’ouvrir.
Je parlerai dans cette chronique, une fois de plus, de l’évolution du calendrier et des poissons d’avril, de Pâques et surtout des Saints de Glace et de la Lune Rousse, car je suis encore souvent interrogé sur ces sujets et j’entends dire de grosses erreurs sur la  lune rousse.

L’actualité à Uzès et à Ucetia étant à la romanité je me dois de rappeler que avril «  aprire », qui suivait Mars le mois du dieu de la guerre, était consacré à Cybèle, déesse de la terre et de la force reproductrice chez les Romains.
Avril est un mois versatile, qui en dépit du calendrier tient encore largement de l'hiver, et dont les froids passagers, souvent pinçant, sont d'autant plus mal accueillis que l'on espérait en avoir fini avec eux, surtout après les derniers jours de mars, les fameux « vaqueirieu » qui cette année ont bien été marqués par la chute des températures et de fortes pluies, comme je l’avais annoncé dans ma précédente chronique.
Avril, cette année, ne s’ouvre pas sous de bons auspices. « Il n'est si gentil mois d'avril, qui n'ait son manteau de grésil. » Parfois la neige s'ajoute au grésil : « Il n'est point d'avril si beau, qui n'ait neige à son chapeau. » Ce rabiot de l'hiver, qu'il nous est difficile d'accepter sans récrimination, surtout à cause des vacances, doit nous inciter à la prudence: « En avril, ne te découvre pas d'un fil. » Ou dans le Midi : « O mès d’obriéou quittès pas eu piéou » ou :"celui qui s'allège avant le mois de mai, certainement ne sait pas ce qu'il fait." . Et aussi :« on n’est pas sorti de l’hiver qu’avril n’ait montré son derrière.
Avec ses coups de gel et sa lune rousse, avril va encore donner des frissons aux impatients des beaux jours.
C’est un mois d’une intense activité agricole où le cultivateur comme le vigneron, mais aussi le jardinier, ont fort à faire : « En avril, il faut tout remuer ; » écrit Henri Pourrat. « Cest vrai qu’il faut partout désherber, gratter, biner, sarcler, éclaircir aussi où la pousse est trop drue. Tout lève si vite en ce mois. La terre semble avoir la fièvre. »

Pour ce qui est du calendrier, on a coutume de dire que c’est l’Edit de Roussillon qui a décidé du passage du début de l’année du 1er avril au 1er janvier.
Ce n’est pas tout à fait exact comme je l’ai écrit en janvier dernier. En 1564 il n’était pas encore question de réformer le calendrier, ce qui n’ interviendra qu’en 1582.  Les conseillers de Charles IX et surtout sa mère car le Roi était bien jeune pour penser à cette sorte d’affaire,  la célèbre Catherine de Médicis,  régente du Royaume  entreprirent de prendre des mesures pour mettre de l’ordre dans une vraie pagaille qui faisait, avec les dérives du calendrier que l’année ne commençait pas partout à la même date selon les provinces et les diocèses. L’année débutait soit à Noël (à Lyon par exemple), soit le 25 mars (à Vienne) soit le 1er mars, soit encore à Pâques. Et bien d’autres particularités encore… ! ce qui risque de se reproduire si on ne veille pas au grain avec les questions de régionalisation ! Pour pouvoir gouverner un pays il faut des références communes.
Michel de l’Hospital et le Chancelier Sébastien de l’Aubépine avec sans doute quelques  autres juristes établirent le fameux Edit de Paris qui visait surtout à réformer la justice et les juridictions. Tiens donc ! serait-ce encore une question d’actualité ? Le tout dernier article, le 39ème de cet édit daté du 25 janvier 1563, était ainsi libéré. « Voulons et ordonnons qu’en tous actes, registres, instrumens, contrats, ordonnances, édicts, lettres tant patentes que missives et toute escripture privée, l’année commence doresenavant et soit comptée du premier jour de ce mois de janvier.
Si donnons en mandement… ect.. donné à Paris au mois de janvier l’an de grâce mil cinq cens soixante-troys et de notre règne le quatrième »
Sous l’Ancien Régime le système voulait que édits, ordonnances et autres arrêtés de tous genres soient enregistrés par les Parlements pour pouvoir entrer en vigueur. Les Parlements avaient l'obligation d'enregistrer les actes royaux, c'est-à-dire de les publier dans leurs registres, après avoir vérifié leur compatibilité avec le droit, les usages et les coutumes locales, ce qu'on appelle aujourd'hui le contrôle de légalité. Ils  avaient ce pouvoir de blocage et le 49-3 n’existait pas encore. Ils ne pouvaient pas être dissous mais par contre  ils pouvaient être mis à l’écart de force, renvoyés et exilés !  Souvent les parlements se sont opposés au pouvoir royal. Cela a duré jusqu’à la Révolution.
Pour imposer le pouvoir royal, Catherine fit entreprendre à la Cour un long voyage dans le pays. C’est ce qu’on appelle le  « grand tour de France »  que Catherine de Médicis avec le Roi Charles IX fit à travers la France pour faire découvrir au jeune roi son royaume.
Ce grand voyage commence le 24 janvier 1564 et se termine par le retour à la capitale le 1er mai 1566. Accompagné de sa famille, le roi accomplit près de 4 000 kilomètres. Il part vers l'Est, longe les frontières de l'Est jusqu'en Provence, tourne vers l'Ouest jusqu'à l'océan Atlantique en Gascogne, remonte vers le Val de Loire et termine son périple dans le Bourbonnais. Il faut forger l’unité du royaume autour du Roi  et ce voyage doit permettre de renforcer les liens de fidélité à l’égard de la monarchie.
Toute la Cour se déplace. On a de la peine à s’imaginer ce que cela peut représenter. 15 000 personnes, dont le cortège du Roi et de la Reine , une escorte militaire, le personnel du gouvernement, les domestiques portant les meubles (tapisseries, coffres...), des artisans, des princes, des ambassadeurs... Il s’agit d’une mise en scène de la représentation de la puissance royale, pour compenser la faiblesse de l’emprise royale dans les provinces, surtout après les  affrontements de la première des guerres de religion.
Restaurer l'autorité royale, mais aussi réconcilier les protestants et les catholiques, faire appliquer les édits de paix et au passage réconcilier la maison de Guise et la maison de Montmorency. C’est dans ce contexte au milieu de longs et pénibles déplacements, de visites aux grands et puissants seigneurs du royaume, que la Cour parvient à Lyon. La peste y sévit depuis le mois d’avril. On quitte alors la ville le 9 juillet 1564 et le cortège royal entre en Dauphiné et s’achemine vers Roussillon où il arrive le 17 juillet. Le Roi logera au château 28 jours. Il est reçu par le neveu du cardinal François de Tournon. C'est pendant cette période qu'il signe l'Edit de Roussillon qui n’est pas l’édit qui fixe le début de l’année comme on l’a trop souvent écrit, mais l’édit qui promulgue l’édit de Paris qui prévoyait ce changement. 
Voilà le texte exact qui par suite des différentes transcriptions avec les erreurs des copistes est devenu ce texte connu comme celui authentique de l’édit de Roussillon : «  Si donnons… car tel est nostre plaisir non obstant nostre édict cy attaché donné à Paris  au mois de janvier dernier et quelconques ordonnances, édicts et lettres à ce contraire. Donné à Roussillon le 9 août 1564, de notre règne le cinquième. » Le texte de Roussillon n’est donc que  la promulgation de l’édit de Paris.
Cette disposition, finalement  acceptée et enregistrée par le Parlement de Paris en 1564 fut appliquée plus ou moins rapidement ; à Paris en 1567 et à Beauvais en 1580… Les nouvelles ne circulaient pas aussi vite qu’aujourd’hui, sans télévision et sans internet, et il fallait du temps avant qu’une loi fut promulguée…Est-ce que cela a changé depuis c’est un autre sujet !
Faute de nouveau décret royal ou de décision pontificale… il nous faudra attendre le chant du coucou pour savoir si c’est bien avril car : « Ce n’est jamais avril, si le coucou ne l’a dit ». Vu le temps ambiant, il ne s’est pas encore manifesté à ma connaissance ! Avis aux amateurs de champignons : « si le coucou a chanté, morilles en ton panier »

Quand on arriva au 1er avril 1565 certaines régions n’acceptèrent pas la nouvelle disposition. Ces irréductibles continuèrent à recevoir leurs contemporains avec de faux cadeaux, mottes de terre ou bottes de paille. Avec le temps les petits cadeaux d’avril se transformèrent en farces, blagues et canulars. Selon les corps de métiers, on envoyait les apprentis les moins dégourdis en leur demandant de rapporter des objets insolites tels que « la corde à lier le vent », « la passoire sans trou », et « la clef des champs » , « le bâton à un seul bout » ou de « l’huile de coude »…C’est cette page d’histoire qui serait à l’origine de nos « poissons d’avril ».
En souvenir de l’époque où on célébrait le début de l’année, une coutume s’était instaurée de faire des cadeaux « pour rire ». Ce sont ces farces qu’on a baptisées « poissons d’avril ». Je ne redirai pas ici ce que j’ai écrit les années précédentes au sujet de ces farces parfois très drôles mais aussi quelquefois  méchantes. Mais pourquoi du poisson ? Il court sur ce point des interprétations plus ou moins douteuses. Certains disent que c’est à cause de la fermeture de la pêche pour la période de frai. Des plaisantins auraient alors eu l’idée de lancer des harengs dans les rivières pour tromper l’impatience  des pécheurs d’eau douce…D’autres disent que la date de Pâques qui marquait le début de l’année, ne coïncidant pas toujours avec le 1er avril, on continuait de faire carême et donc de manger du poisson jusqu’à la date de cette fête…Voilà pour ce qui est du poisson d’avril.
On ne peut pas dissocier Pâques des Rameaux . Avec le dimanche des Rameaux le 9 avril les chrétiens vont entrer  dans la Semaine Sainte. Cette fête commémore l’entrée de Jésus à Jérusalem où il venait célébrer la pâque juive. Ce jour, les chrétiens font bénir des branches vertes, souvent des branches de buis, de lauriers ou d’oliviers. Ils en ornent les crucifix de leurs maisons ou ils les portent au cimetière sur les tombes de leurs défunts comme signe d’espérance et de foi en la résurrection.
Chez nous en Languedoc, ces rameaux sont appelés « rampaus » ou « rampals », c'est-à-dire « rameaux de palmes » par une vigoureuse contraction du latin ramus palmae. Il fait souvent du vent le jour des Rameaux et on trouve de nombreux dictons sur ce thème. Cette fête est souvent marquée par le vent, avec quantité de dictons à ce sujet. Or cette année il a beaucoup plu, presque partout et cela nous laisse présager un début d’été pluvieux : « Can ploou sul rompan, ploou sul boulan » . Le boulan, ou « volant » c’est le « fer volant », c'est-à-dire la faucille en langue d’Oc. Et : « S’il pleut sur les rameaux, Il pleut sur la faucille », donc sur la moisson ! Il faudra observer le temps de la fin juin, au moment de la fête de la musique et de la saint Jean. Voila pour nos « Pâques fleuries » comme on appelle ce jour.
Pâques, la plupart du temps cette fête tombe en avril. Mais il y a des exceptions. La règle est que c’est  toujours « le dimanche après la première pleine lune du printemps ». Cette année c’est le 16 avril.  Les savants calculs rassemblés dans ce qu’on appelle le  « comput », pour déterminer la date de Pâques, entraînent toute une série de répercussions sur nos calendriers et jours fériés qui découlent de la fête de Pâques. Trop soucieux de préserver des « avantages acquis », et des congés appréciés de tous, dans un monde qui se veut plus que jamais laïque, on n’ose pas encore  aujourd’hui à supprimer cette référence « chrétienne ». Mais il faut rester vigilant par les temps qui courent. Touche pas à mes jours fériés et à mes ponts, qu’elles qu’en soient les origines !

La lune Rousse pourrait bien, dans la foulée,  nous jouer de mauvais tours. « L’hiver n’est pas achevé que la lune d’avril ne nous ait houspillé » ou « l’hiver n’est point passé que la lune rousse n’ait décliné ». La Lune rousse est la lunaison qui après le dimanche de Pâques. Cette année du 26 avril au 25 mai.
« Lune rousse, vide bourse » ; « lune rousse, rien ne pousse » ; « Gélée de lune rousse de la vigne ruine la pousse » ; « Récolte n’est point assurée que la lune rousse soit passée ». Et bien d’autres !
Mais pourquoi rousse ? Cela n’a rien à voir avec la couleur apparente de la lune, souvent à son lever notamment en été. Ce qualificatif provient de l’aspect pris par les jeunes pousses des végétaux qui, à cette période de l’année, sont souvent brûlées par une gelée dévastatrice au cours de la nuit ou au lever du soleil. Les feuilles et les tiges présentent alors un aspect roussi.
La lumière que nous renvoie la lune n’est pour rien dans ce phénomène saisonnier, remarqué par plusieurs générations de jardiniers et d’agriculteurs.
Voici une explication et une anecdote historique que j’ai souvent citée sur ce sujet. Elle est trop belle pour ne pas le reprendre ici encore. Le célèbre savant Laplace qui conduisait une délégation de scientifiques auprès de Louis XVIII avait été piqué au vif par une question du Roi sur ce sujet, ne sachant pas que répondre. Il s’était sorti de la situation par une litote qui était une façon très ironique de se moquer de ce Roi qu’on a trop facilement tourné en dérision, notamment à cause de son embonpoint. Il s’en fut voir ensuite Arago qui étudia la question et répondit ce qui suit, désormais consigné dans l’ouvrage « Astronomie populaire » publié ensuite par Flammarion.
« Dans les nuits des mois d’avril et mai, la température de l’atmosphère n’est souvent que de 4, de 5 ou de 6 degrés centigrades au-dessus de zéro. Quand cela arrive, la température des plantes exposées à la lumière de la lune, c'est-à-dire à un ciel serein, peut descendre au-dessous de zéro, nonobstant l’indication du thermomètre. Si la lune, au contraire, ne brille pas, si le ciel est couvert, la température des plantes ne descend pas au-dessous de celle de l’atmosphère, il n’y aura pas de gelée, à moins que le thermomètre n’ait marqué zéro, pour d’autres raisons. Il est donc vrai, comme les jardiniers le prétendent, qu’avec des circonstances thermométriques toutes pareilles, une plante pourra être gelée ou ne l’être pas, suivant que la lune sera visible ou cachée par des nuages ; si les jardiniers se trompent, c’est seulement dans les conclusions : c’est en attribuant l’effet à la lumière de l’astre. La lumière lunaire n’est ici que l’indice d’une atmosphère sereine ; c’est par suite de la pureté du ciel que la congélation nocturne des plantes s’opère ; la lune n’y contribue aucunement ; qu’elle soit couchée ou sur l’horizon, le phénomène a également lieu. L’observation des jardiniers était incomplète, c’est à tort qu’on la supposait fausse. »
Les savants viennent ici au secours de la sagesse populaire qui avait fait les mêmes observations depuis belle lurette !
Dans les régions où il gèle, la prudence conseille de ne pas installer les plantes frileuses, (géraniums, pétunias, impatiens, tomates, poivrons, pomme de terre)tant que cette lunaison n’est pas terminée. Si la douceur de la météo vous a quand même incité à tout semer et planter, posez alors un voile de forçage, une cloche ou un tunnel en plastique sur les plantes gélives afin de les protéger pendant la nuit.
Il y a fort à parier que la référence à cette couleur rousse fait allusion aussi au caractère maléfique (supposé !) de notre amie céleste, pourtant si douce au miséreux et aux amoureux, comme le chante la célèbre complainte de la Butte.  Les rousses, disait-on au temps jadis, portaient sur la tête rien de moins que les flammes de l’enfer. Elles étaient suspectes de sorcellerie, redoutées sur les bateaux, accusées de faire tourner le lait et de rancir le beurre. Dès lors rien d’étonnant à ce qu’une rousse, toute planète qu’elle soit, fasse tourner le printemps et rire jaune le jardinier, et jette la désolation au potager !
Et pourtant la lune rousse d’avril est plutôt souvent une lune pâle, de cette pâleur qui « caresse l’opale de tes yeux blasés.. » comme dit la chanson. Cette lune blême qui « jette un diadème » sur les cheveux roux de la petite mendigote de la rue Saint Vincent, a-t-elle donc vraiment une responsabilité personnelle dans les ravages infligés aux végétaux qui vident la bourse des paysans !
Ces moments-là sont souvent des périodes de perturbations auxquelles les végétaux sont particulièrement sensibles. Des semis faits durant ces moments donnent des graines stériles. On constate aussi que le ciel est souvent blanc « mou ». C’est le mauvais temps que nous annonce la jolie complainte, qui nous prépare ainsi aux saints de glace :
« Mais voilà qu'il flotte, la lune se trotte, la princesse aussi. Sous le ciel sans lune, je pleure à la brune, mon rêve évanoui ! »

C’est pendant cette période que se situent les Saints de Glace, dont on n’a retenu que ceux du mois de Mai. Leur influence est d’autant plus à craindre qu’elle coïncide avec la lunaison. S’il faut parler d’influence, il ne faut pas l’attribuer à ces  braves saints qui ne peuvent rien  sur le climat et le temps qu’il fait sinon que la date de leur fête correspond à telle ou telle période où les risques sont grands.
Qui sont-ils donc ces Saints de Glace.  Les premiers sont ceux qu’on appelle : les cavaliers ou encore les saints gresleurs, geleurs et gasteurs de bourgeons selon Rabelais. « Geourgeot, Marquot, Philippot, Crousot et Jeannot sont cinq malins gaichenots [garçonnets] qui cassent souvent nos goubelots [gobelets]. » Pourquoi casseurs de gobelets ? Parce que le froid ou la grêle ces jours–là est néfaste pour la vigne, donc au vin, donc aux pichets et aux gobelets. On dit encore :« Trois saints dont faut se méfier… ».
Saint Georges, est le premier de la liste, le 23 avril.  Sa fête est  accompagnée d’une kyrielle de proverbes et de dictons sur la pluie. « Pluie de saint Georges, coupe les cerises à la gorge ! » ; « S’il pleut à la saint Georges, De cent cerises, restent quatorze. » Ou encore : « S’il pleut à la saint Georgeau, n’y aura guignes ni bigarreaux »
De toutes les façons, qu'il pleuve ou qu'il vente, pour la saint Georges il faut mettre la " graine "- c'est à dire les œufs de ver à soie dans les couveuses, et non plus comme autrefois dans un petit sac pendu sous les jupons des dames ou encore dans leur soutien-gorge…car pour la saint Marc ce sera trop tard, dit un proverbe des Cévennes . C’est en effet entre fin avril  et mai que l’on « élèvait » les vers à soie dans nos Cévennes.
Ensuite Saint Marc le 25 avril, des quatre évangélistes, le plus concret, le plus visuel, avec des récits pleins de fraîcheur. Il est toujours représenté par un lion ou avec un lion. C’est le patron des notaires, sans qu’il n’y ait de véritable relation de cause à effet, car on connaît bien le jargon notarial qui malgré les dépoussiérages et réformes successives, n’en déplaise aux gens de la profession, reste encore bien imperméable au commun des mortels ! on aurait pourtant besoin dans ce domaine de la plus grande des clartés !  « S’il pleut le jour de la saint Marc, Les guignes couvriront le parc » et aussi : « A la saint Marc s’il tombe de l’eau, Il n’y aura pas de fruits à couteau ». C’est à dire de fruits dont on enlève la peau avec un couteau pour les manger.
Saint Philippe était autrefois fêté le 1er mai. « Crouzot » c’est la fête de « l’invention » de la Sainte Croix fêtée le 3 mai et « Jeannot » c’est la commémoration du martyre de Saint Jean l’apôtre, devant la porte dite « latine », à Jérusalem, célébrée le 6 mai.
Saint Robert le 29 avril : « Gelée de saint Georges, saint Marc, saint Robert, récolte à l’envers. »
On dit aussi :« La pluie de saint Robert, Du bon vin emplira ton verre. » Si donc il pleut à ce jour-là, tout ne sera pas négatif…Par contre s’il pleut ensuite pour les saints suivants ce sera différent. Le 30 avril pour Saint Eutrope (ou Tropet) : « Saint Eutrope mouillé, Cerises estropiées. »C’est ce jour-là qu'il faut semer les plantes à fève et notamment les "fayots" de toutes sortes. Je reprendrai ce thème des saints de glace au mois de mai, puisque leur liste continue de se dérouler jusqu’au 15 mai, et en particulier en parlant de ceux dont on parle le plus :« Mamert, Servais et Pancrace, voilà les trois saints de glace ».

A Diou sias !                                                                    
Jean Mignot,  le 2 avril  2017


            

mardi 28 février 2017

du mois de mars 2017

du mois de Mars 2017

Voilà un mois de Mars qui commence dans le contexte d’une société ou on perd le sens de bien des choses !  Je parlerai  d’abord du printemps qui n’est pas encore là puisqu’il n’arrive que  20 mars cette année. Alors pourquoi parler du printemps des Poètes en plein hiver, du 4 au 19 mars cette année, pour la 19e fois. 
A sa création, la manifestation se déroulait les premiers jours du printemps. Ça avait du sens ! Comment demander  à des collégiens ou lycéens de parler du printemps alors qu’il fait encore froid ! Problème de pédagogie ? On perd ainsi le sens des choses et on va laisser croire que c’est désormais le printemps avec ce mois qui commence alors que l’hiver poursuit sa route avec les premières giboulées comme celles de cette fin février, et des marées parmi les plus fortes de l’année. Laissons du temps au temps. Et ne bousculons pas mars à l’appel d’Alfred de Musset :

" Du pauvre mois de mars il ne faut pas médire ;
Bien que le laboureur le craigne justement,
L’univers y renaît ; il est vrai que le vent,
La pluie et le soleil s’y disputent l’empire.
Qu’y faire ? Au temps des fleurs, le monde est un enfant ;
C’est sa première larme et son premier sourire."

Ce dernier jour de février c’est carnaval. Mardi-Gras si vous préférez. Demain on enlève la chair ; les chrétiens  entrent en Carème.

" Le carnaval s’en va, les roses vont éclore ;
Sur les flancs des coteaux déjà court le gazon.
Cependant du plaisir la frileuse saison
Sous ses grelots légers rit et voltige encore,
Tandis que, soulevant les voiles de l’aurore,
Le Printemps inquiet paraît à l’horizon."

Premier sourire du Printemps ? C'est le titre de ce recueil de poésies de Théophile Gautier dont nous avons surtout retenu : « Mars qui rit malgré les averses prépare en secret le printemps ». Mais ces deux vers de Théophile Gautier sont précédés de deux autres vers qui nous plongent tout de suite dans l’actualité : « Tandis qu’à leurs œuvres perverses les hommes courent haletant » … est-ce nécessaire de donner une explication ?
Donnons encore la parole à un autre poète. Cette ode de Gérard de Nerval, certes sortie de son contexte, semble écrite pour les jours que nous vivons, sans le matraquage médiatique qui nous assène vérités et contre-vérités sur des affaires qui sont condamnables pour les uns et pas pour les autres, et de ceux-là on se garde bien de parler !

« …Toujours sa plus chère espérance
Rêva le bonheur de la France ;
Toujours il respecta les lois…
Mais les haines sont implacables,
Et sur le banc des vils coupables
La vertu s’assied quelquefois.
Qu’a-t-il fait ? pourquoi le proscrire ?
Ah ! c’est encor pour des chansons :
Courage ! étouffez la satire,
Au lieu d’écouter ses leçons.
Quand une secte turbulente,
Levant sa tête menaçante,
Brave les décrets souverains,
Vous restez muets, sans vengeance,
Et vous n’usez de la puissance
Que pour combattre des refrains… »

Un autre grand poète, André Chénier, dans le contexte révolutionnaire où il vivait,  écrivait  : 
«… ô vous en qui la France
Vit luire, hélas ! en vain sa dernière espérance,
Ministres dont le coeur a connu la pitié,
Ministres dont le nom ne s’est point oublié ;
Ah ! si de telles mains, justement souveraines,
Toujours de cet empire avaient tenu les rênes,
L’équité clairvoyante aurait régné sur nous ;
Le faible aurait osé respirer près de vous ;
L’oppresseur, évitant d’armer d’injustes plaintes,
Sinon quelque pudeur aurait eu quelques craintes ;
Le délateur impie, opprimé par la faim,
Serait mort dans l’opprobre, et tant d’hommes enfin,
A l’insu de nos lois, à l’insu du vulgaire,
Foudroyés sous les coups d’un pouvoir arbitraire,
De cris non entendus, de funèbres sanglots,
Ne feraient point gémir les voûtes des cachots. »

Les poètes en ce mois de mars nous aident à crier notre message en des termes bien élégants !

Le mois de mars 2017, à l’image de celui d’il y a 19 ans selon le cycle de Méton soit en 1998 après un départ sur de grandes marées, de forts coups de vent et des risques  de submersion marine, va évoluer vers de nombreuses giboulées, générées par les hautes pressions venues du Groenland et l’anticyclone qui va occuper l’Atlantique Nord. Ceci nous amènera jusqu’aux alentours de la pleine lune du 12 mars avec de probable forts coups de vent notamment de Tramontane et de Mistral.
La première partie de la deuxième quinzaine pendant laquelle se situera l’équinoxe, sans de grandes marées, sera plutôt froide, alors que la lune décroissante mais montante vers la vielle lune verra s’installer un temps plus doux. Mais la nouvelle lune du 28 va amener à nouveau de très fortes marées  et ce sera alors les Vaquerieu ou les Jours de la Vieille, ces jours redoutables de fin mars, où la nature ayant enfin commencé à renaitre risque d’être frappée par le mauvais temps. On relira l’histoire des Vaquerieu dans mes chroniques précédentes. Mais peut-être  que j’écrirai alors une nouvelle fois cette belle légende du temps qu’il fait.. parfois… à la fin mars !
Ces modestes prévisions basées sur des observations de la lune sont traduites depuis bien des années par nos vieux dictons : « Parfois on pense trouver le soleil d’août et on trouve la lune de Mars » ou «  Mars change de chapeau sept fois par jour ». Et encore : « Ce fripon de mars regarde le soleil un parapluie à la main ». S’il neige : « les chutes de neige de mars durent du soir au matin ». Quoiqu’il en soit il faudra  s’activer dans les champs et dans les vignes : « En mars coupe et taille si tu ne veux pas que tes fûts soient vides ».
C’est encore un poète qui nous redit en vers :

En mars, quand s’achève l’hiver,
Que la campagne renaissante
Ressemble à la convalescente
Dont le premier sourire est cher ;

Quand l’azur, tout frileux encore,
Est de neige éparse mêlé,
Et que midi, frais et voilé,
Revêt une blancheur d’aurore ;

Quand l’air doux dissout la torpeur
Des eaux qui se changeaient en marbres ;
Quand la feuille aux pointes des arbres
Suspend une verte vapeur ;

Et quand la femme est deux fois belle,
Belle de la candeur du jour,
Et du réveil de notre amour
Où sa pudeur se renouvelle,

Oh ! Ne devrais-je pas saisir
Dans leur vol ces rares journées
Qui sont les matins des années
Et la jeunesse du désir ?

Mais je les goûte avec tristesse ;
Tel un hibou, quand l’aube luit,
Roulant ses grands yeux pleins de nuit,
Craint la lumière qui les blesse,

Tel, sortant du deuil hivernal,
J’ouvre de grands yeux encore ivres
Du songe obscur et vain des livres,
Et la nature me fait mal.

René-François Sully Prudhomme, Les solitudes

Dans la nuit du 25 mars au 26 mars 2017, à 2h00 il sera 3h00.
Ce changement d’heure généralement attribué au choc pétrolier de 1976 date en réalité  de 1906. A l’époque le passage à l’heure d’été consistait à avancer le temps légal d’une heure en été par rapport au temps légal.
Jusqu'en 1940, la France était sur le fuseau horaire de Greenwich (G.M.T.), avec un changement saisonnier de l'heure. 
L' « heure allemande » s’est imposée par l'armée allemande au fur et mesure de son avance en juin 1940.
Lorsqu'en 1945 Jean-Louis Bory reçoit le Prix Concourt pour son roman « Mon village à l'heure allemande », l'expression est officiellement consacrée. Par la suite, les historiens l'utiliseront pour évoquer assez généralement la mise au pas de notre pays par l'occupant, mais elle traduit néanmoins une réalité technique précise. Sous l'occupation on lui préfère l'expression d'« heure officielle », comme il est précisé par exemple sur des avis concernant des cérémonies ou des réunions privées. A la campagne on continue souvent d’utiliser le terme « ancienne heure ».  Une forme de résistance !  
Cette heure a été imposée en zone non occupée sous la pression de la S.N.C.F., dont les horaires nécessitaient l'uniformisation de l'heure sur tout le territoire. Le changement d'heure saisonnier et celui, simultané, des horaires ferroviaires se sont ensuite effectués en accord avec ceux du Reich.
A la Libération la France s’est alignée sur l’heure de l’Europe Centrale avec absence d'un changement d'heure hiver/été.
30 ans plus tard en 1976, pour faire face aux chocs pétroliers, le gouvernement met en place une politique d'économie d'énergie et décide de conserver l'avance de l'heure d'hiver et d'ajouter une heure d'avance en été. Le changement d'heure s'effectue tous les 6 mois. Le temps légal est égal au temps universel + 1 heure en hiver et + 2 heures en été.
Le but de ces mesures est d'adapter le rythme de vie au rythme du soleil et ainsi économiser de l'énergie en limitant les besoins en électricité (lumière et activité professionnelle). Aujourd'hui les mesures d'économie d'énergie sont encore d’actualité même si ce changement d’heure et très contesté. Tout ceci c’est encore le mois de mars !

Adissias                                                                                  
Jean Mignot le 28 février 2017