jeudi 31 mai 2018

du mois de juin 2018


du mois de Juin 2018

Voilà un mois de juin qui semble commencer bien mal avec un temps très capricieux ! Pourtant il n’y a rien d’étonnant à ce mauvais temps ambiant pour ce mois, et c’est même une de ces principales caractéristiques. Je l’ai souvent rappelé dans ces chroniques. Ce n’est pas nouveau qu’il fasse mauvais temps en ce début de mois de juin au point que cette période a été baptisée  «  mousson d’Europe ». C’est la période marquée par des dépressions atmosphériques qui correspond au tournoi de Roland Garros et au temps qu’il fait chaque année pendant ces matches.  La météo des jours qui viennent n’est d’ailleurs pas très bonne.
Il va falloir s’habituer à la « mousson en Europe » Selon des climatologues de l’Institut de biométéorologie de Florence cités par le journal «  La Républica » : « les mots que nous utilisions habituellement pour décrire les pluies exceptionnelles qui frappaient l’Europe ne rendent plus l’idée de ce qui se passe réellement aujourd’hui  » .Voilà pourquoi, expliquent-ils, on pourrait bien être obligés d’ajouter le mot « mousson » à notre dictionnaire climatique européen. Le réchauffement de la planète fait monter la température et la dimension des masses d’air chaud provenant du Sahara. Sur le front occidental, elles se heurtent à des courants froids et humides provenant de l’Atlantique, provoquant des pluies torrentielles, comme celles qui ont balayé notre pays et l’Europe ces derniers jours.
Le temps de la première quinzaine de juin sera marqué par cette instabilité, avec de hautes pressions centrées sur l’Europe Centrale tandis qu’un système dépressionnaire occupera l’ouest de notre pays, avec un flux chaud sur le pourtour méditerranéen.
Les Romains ne s’étaient pas trompés, eux qui avaient  dédié ce mois à la déesse Junon dont la mythologie nous conte les fameux caprices à l’image du temps qu’il fait. Juin un mois aux changements de temps subis avec des orages. C’est la  caractéristique principale de ce mois depuis des siècles. Il y aura le 13 juin jour la Nouvelle  Lune, et des perturbations autour de cette date, c’est quasi sûr car en plus la courbe lunaire est à son périgée le 15 et un nœud lunaire le 16. Je redis encore et une fois de plus que tous les changements de temps, toutes les perturbations, se produisent de façon presque certaine, aux moments du lunistice, c'est-à-dire quand la courbe passe du descendant au montant, ou quand cette courbe coupe l’orbite de la terre. Or cette année le nœud lunaire est le 16, au moment de la nouvelle lune qui alors amorcera une courbe descendante alors qu’elle sera croissante.
D’ici là nous sommes en lune décroissante et montante. Période favorable pour semer. Cependant il faut adapter nos dictons aux régions, au relief, à l’altitude, aux vents dominants et tant d’autres facteurs, ce qui donne par exemple dans le Morvan : « Ne sème rien au décous, pour sûr tu y perdrais ton coup » alors qu’en Touraine on affirme : «  Sème ta graine au décours, elle germera toujours ». Ce n’est pas un simple hasard et une simple coïncidence si on retrouve proche de ces dates  le fameux saint Médard et son compère Barnabé. Il faut savoir que saint Médard qui nous vaut une série de dictons des plus populaires était autrefois fêté le 20 juin au moment du solstice, en des jours où la lumière solaire est la plus vivifiante et où les troubles atmosphériques se traduisent par des orages et de la pluie.  Avec la réforme du calendrier « grégorien » saint Médard,  a gagné  douze places et se retrouve le 8. On créa alors des dictons autour de Saint Barnabé pour retomber sur une référence plus proche de la météorologie ambiante.  Je relèverai encore que ce changement attendu, et que je prévois, certainement vers le 21 juin, correspond au passage du mois républicain de Prairial à Messidor, le mois des moissons et des récoltes qui se prolongera jusqu’à la canicule de Juillet de Thermidor. L’anticyclone de l’Europe Centrale devrait alors rejeter les orages sur l’océan et le beau temps devrait marquer la fin du mois.
Il a souvent fait du mauvais temps au mois de juin et l’histoire nous en donne des preuves, ce qui me permet de dire que le mauvais temps de ce mois ce n’est pas si nouveau et si exceptionnel que ça ! Par exemple les pluies torrentielles au fameux siège de Namur de juin 1692 - vous irez voir vos livres d’histoire - mais aussi à Waterloo. Le 18 juin 1815 un violent orage avait transformé le terrain en bourbier.  "L’horizon, qui était gris, ne permettait pas à l’œil nu de voir distinctement ", écrira le mameluk Ali. L'épaisse couverture nuageuse avance la tombée de la nuit. Le général Drouot le sage de la Grande Armée, aide de camp de l'Empereur, raconte ainsi l'arrivée : "Il faisait un temps affreux. Tout le monde était persuadé que l'ennemi prenait position pour donner à ses convois et à ses parcs le temps de traverser la forêt de Soignes, et que lui-même exécuterait le même mouvement à la pointe du jour." Tous les historiens parlent de ce mauvais temps. La pluie n'avait pas cessé. Les hommes étaient trempés, affamés, exténués, et n’avaient pas eu le temps de trouver du bois, et donc pas de feux pour se sécher, ni de quoi se mettre à l'abri de la pluie. Ils dormaient à même le sol, dans la boue, ou dans les moissons trempées. Pour se préparer à livrer la bataille la plus importante de leur carrière, les conditions étaient  loin d'être idéales. Bien qu'on soit au mois de juin, il soufflait  un vent d'est glacé. ! Décidément Napoléon n’a pas eu de chance avec le temps. Pas plus en Russie qu’à Waterloo ! 
Le Général Bugeaud,  l’Homme à la Casquette, moins glorieux, pensait que l’importance de la lune était telle qu’elle pouvait avoir une influence dans le déroulement des combats. Il croyait fermement à la lune annonciatrice du temps. Tout dépendait du 6ème jour de la lune, s’il était ou non identique au 5e. La prévision était très importante pour pouvoir donner l’assaut.  «  Quinze ans d’observation m’ont appris que la lune se comporte comme le quatrième jour, dix fois sur douze ; comme le cinquième jour, onze fois sur douze, si le temps ne change pas au sixième. Il peut bien y avoir quelques changements mais cela ne dure pas. » écrivait-il.
Au registre de l’histoire et du mois de juin,  je rappellerai encore que c’est au mois de juin 79 avant JC que mourut l’empereur Vespasien. Il fut un grand réformateur. Après avoir rétabli d’anciens impôts abolis, il en créa d’autres, dont notamment un droit pécuniaire à l’occasion de certains besoins naturels. On dit qu’il répliqua à son fils choqué par cette décision, la phrase célèbre : « l’argent n’a pas d’odeur ». Sa vie simple, dépourvue de luxe est tout à son honneur ; de même que la grandeur des derniers instants de son existence, lorsque, épuisé par la maladie, il eut le courage de se lever et de s'habiller avant de s'effondrer en criant : « Il faut qu'un empereur meure debout ! ». Néron qui le précédait, était lui-même mort en ce mois de Juin, mais de façon bien moins glorieuse ! Je rappellerai encore que ce mois est marqué par le baccalauréat. Cette institution de 1808, devenue une véritable institution, avait été divisée en deux parties en 1874, puis supprimée en 1923 par la « Chambre Bleue ». Jadis condition d’accès à un certain rang social, elle était réservée à une élite dont les filles étaient presque exclues. Le « bachot » avec la gratuité de l’enseignement et la démocratisation des lycées a vu ses effectifs passer de 4000 en 1850 à plus de 400000 actuellement. Objet de convoitises et d’appréhensions, cet examen a la vie dure. Ernest Lavisse tonnait contre un diplôme «  qui encourage les mauvaises dispositions de notre caractère national » et des chroniqueurs de la même époque regrettaient « l’excès de travail imposé par le baccalauréat à de malheureux élèves qui ne peuvent  ainsi goûter aux plaisirs de leur âge ».  Aujourd’hui, Le baccalauréat, qui vient troubler  la sérénité de nombreuses familles à l’approche des beaux jours, représente tout ( ou presque !) quand on ne l’a pas encore passé et plus grand-chose quand on l’a enfin en poche ! Autre temps autres mœurs !
Quantité d’autres anecdotes ou fait historiques pourraient illustrer mes propos sur le temps du mois de juin car des données existent quoiqu’en disent les météorologues  et ce n’est pas du «  jamais vu » ! Certes elles ne sont pas précises puisque les instruments de mesure, thermomètres ou baromètres et encore moins satellites, n’existe finalement que depuis peu ! mais de nombreuses chroniques nous parlent de ces caprices de juin et j’espère que la « Chronique de Nuremberg »  de Hartman Schedel, publiée en 1493, une histoire du monde débutant à la Genèse, document extraordinaire que l’ont vient de retrouver dans les trésors cachés du Musée Fesch à Ajaccio, nous révèlera d’autres éléments sur le temps de juin.
Avec le solstice d’été le 21, nous retrouverons la fête de la musique. Il faut cependant dire que le solstice  fixé par les savants n’est pas toujours le 21 juin. L’an dernier c’était le 20 juin. Ce sera même le 19 juin en 2488 ! Et même encore plus tard un 22 juin. Cette fête de la Musique qui rencontre un vif succès est donc  une fête  déconnectée de son contexte astronomique réel calculé par  les savants et sans lien avec les vieilles traditions.  Qu’importe me direz-vous du moment qu’on fait la fête ! Moi je reste attaché aux traditions et aux vieilles habitudes car elles ont une belle histoire et un vrai sens.
Voila pourquoi il me plait de rappeler une fois encore et une fois de plus que le solstice, avant la réforme de notre calendrier « grégorien » était le 24 juin. C’est dans ces festivités qui avaient lieu pour la fête de Saint Jean Baptiste qu’il faut trouver la véritable origine de la fête de la musique, avec la notation de Guy d’Arezzo, un moine du nom de cette ville proche de Sienne.  En recherchant à la fois un système de notation musicale et un système de codification des intervalles musicaux, partant des « tétracordes » des Grecs, ( lyre à quatre cordes, instrument du dieu Mercure) qui s’en servaient pour diviser l’octave en deux parties ( par exemple, dans le mode dorien : mi, ré, fa, ut, si  / la, sol, fa, mi ) et constatant que, dans certains modes, les tétracordes se chevauchaient ( par exemple, dans le mode hypophrygien ou ionien : sol, fa, mi, ré  / ré, do, si, la ), il ajouta une note supplémentaire, plus basse que la dernière, et qu’il désigna par la lettre grecque « gamma », d’où vient le mot : « gamme ». Alors que les notes étaient choisies dans les premières lettres de l’alphabet, c’est lui qui inventa le procédé mnémotechnique par lequel on nomme les notes de la gamme dans les pays latins, à partir des premières syllabes de chaque vers  de l’hymne des Vêpres de la fête de saint Jean Baptiste.
Cette belle fête de la saint Jean d’été se situe au moment où le soleil brille le plus longtemps. Elle a remplacé les fêtes païennes du solstice d’été et les feux de joie que l’on allumait un peu partout dans les campagnes. Le solstice autant que la fête de saint Jean  font référence à la lumière.  Saint Jean est celui qui précède La Lumière. La tradition des feux de la saint Jean, au soir du 23 juin s’est perpétuée à travers les siècles et retrouve même en nos années 2000 un regain d’intérêt. Les feux sont réputés protecteurs des récoltes et la fumée censée purifier les danseurs et le bétail. Les futurs ménages se déclarent ce soir-là ; on enjambe volontiers les feux, car on les dit fécondants. Les cendres et tisons sont supposés garantir de la foudre ou de l'incendie et soigner les maladies des yeux. C'est lors du solstice d'été que les produits de la terre, les plantes par exemple, contiennent le plus d'énergie solaire. Aussi, c'est en cette période que se cueillent les plantes qui combattent le feu, c'est-à-dire les brûlures. Ce sont les fameuses « herbes de la saint Jean » dont on retrouvera facilement l’énumération un peu partout ou dans ma chronique de 2010.
Les premiers colons français partis sur les rives du Saint Laurent, continuèrent la coutume des feux et vers 1638 la saint Jean devint la fête de la Nouvelle France. Aujourd’hui, le 24 juin est la fête nationale du Québec.
Dans nos campagnes françaises, la coutume des feux s’est maintenue un peu partout, ou est redevenue une véritable  institution comme dans le Roussillon, où le feu parti du superbe Canigou descend de villages en villages jusque dans les plaines d’Occitanie. Jusqu’à Paris au pied de la Butte ! C’est si beau de renouer avec les vieilles traditions.
Nous sommes de ceux-là :
« Sian d’aquéli qu’on vèi encaro dansa ras di fio de Sant Jan
Quouro fouguejon li voulam sus li meissoun que Diéu aparo…
E sian peréu li «  béu cousin » que pèr Vendèmio e – que que vire ! –
Mesclon ia joio di sourrire a la culido di rasin ! »
écrivait mon bon cousin Louis Abric, majoral du félibrige, de l’école de Lunel, ce qui veut dire :  ( traduction libre…) «  Nous sommes de ceux que l’on voit encore danser  près du feu de la saint Jean, quand sifflent les faucilles sur les moissons que Dieu nous prépare, et nous sommes aussi peut-être le « beau cousin » qui pour la vendange, quoi qu’il arrive, vient apporter et mélanger sa joie et son sourire à la cueillette du raisin ». Car on descendait des Cévennes dans le bas pays pour aller aider pour les vendanges !
Bref, juin fait un temps de juin. Capricieux et orageux la première quinzaine et plus agréable et beau vers la fin du mois au moment des fêtes  qui s’annoncent. Je rappelle le temps qu’il faisait il y a 19 ans  ( cycle de Méton) en 1999. 27 mai  :Violent orage à Montreux ; 29 mai :Fort orage touchant la moitié Est de Lausanne. Orage à Strasbourg, vent à 101 km/h 31° à Prilly (min. 19°) ; 30 mai  Orage  à Paris, vent 112 km/h et grêle ; 31 mai  Gros orage à Echallens, min. 16.6° à Bourges et 16.3° à Strasbourg ; 2 juin :orage avec vent violent à Lausanne, trombe sur le Haut-lac Léman gros orage sur la Forêt Noire. Vent 133 km/h à Strasbourg et 90 km/h à Lille min. 21° à Prilly. Min. 17.4° à Bourges, 17.0° à Châteauroux, 19.3° à Marseille, 19.4° à Paris et 20.0° à St-Etienne ; 6 juin  :Froid. max. 17° à Prilly ; 9 juin  :Contraste nord-sud sur la France, gris et froid au Nord, beau au Sud.. .Vous avez dit : »exceptionnel ! »…
Je ne vais donc pas essayer de justifier plus longuement mes  prévisions par les dictons du temps. Comme le disait récemment un speaker à la télévision hier encore : «  avec tous ces dictons du temps il y en a toujours un qui fonctionne, ça dépend des années ! » et vous allez finir par ne plus croire ce que j’écris. Pour mois Juin fait un temps de Juin et justifie bien d’être dédié à Junon et ce n’est ni nouveau ni si exceptionnel qu’on veut bien le dire !
Au cours de ces interminables crépuscules de juin nous aurons tous loisir d’observer le ciel, surtout vers la fin du mois avec le si beau spectacle de Vénus, l’Etoile du Berger, si brillante en ce moment et toujours ancrée vers le couchant, le soir. Elle passe sous l’horizon chaque jour un peu plus tôt mais elle est encore très nettement visible : « Belle étoile du soir, messagère lointaine, dont le front sort brillant des voile du couchant, que cherches-tu sur la terre endormie ? »…
A Diou sias !

                                                                                                      Jean Mignot le 1er juin 2018


jeudi 10 mai 2018

à propos des "saints de glace"

Pourquoi "saints de glace" ? Il ne fait quand même pas 0° ! Il ne gèle pourtant pas !!...

"Méfiez-vous de saint Mamert, De saint Pancrace et de saint Servais, Car ils amènent un temps frais, Et vous auriez regret amer. » 


Pour comprendre, Il faut faire le rapprochement avec le phénomène dit de « lune rousse ». Nous sommes encore dans cette lunaison. 
En 1827 lors d’une visite des membres du Bureau des Longitudes à Louis XVIII, le Roi embarrassa fort Laplace en lui demandant de lui expliquer le mode d’action de la Lune Rousse. Le grand astronome se retira passablement confus car la demande avait été faite devant toute la Cour pendant une soirée de jeux et de festivités et il n’avait pas su répondre. Il alla chercher Arago à la rescousse. Celui-ci démontra que la lune ne possède pas de vertu « frigorifique » et que les méfaits attribués à la lune rousse résultent de la sérénité de l’atmosphère. 

Dans l’Annuaire du Bureau des Longitudes pour l’année 1828 on peut lire : 
« Dans les nuits du mois d’avril et de mai, la température de l’atmosphère n’est souvent que de 4, de 5 ou de 6 degrés centigrades au-dessus de zéro. Les plantes exposées à la lumière de la Lune, c’est-à-dire à un ciel serein, peuvent alors se geler, malgré l’indication du thermomètre, puisque le rayonnement leur fait perdre de 7 à 8 degrés. Si la lune, au contraire ne brille pas, si le ciel est couvert, le rayonnement est presque totalement détruit, la température des plantes descend à peine au-dessous de celle de l’atmosphère : il n’y a gelée que si le thermomètre a marqué zéro. Il est donc vrai, comme les jardiniers le prétendent, qu’avec des circonstances atmosphériques toutes pareilles, une plante pourra être gelée ou ne pas l’être, suivant que la lune sera visible ou cachée derrière les nuages : mais on a tiré de cette remarque de fausses conséquences : la lumière de la lune ne produit aucun effet ; elle est seulement un indice de cette pureté du ciel sans lequel le rayonnement nocturne n’amènerait qu’un refroidissement insensible ; que l’astre soit levé ou sous l’horizon, le phénomène a également lieu, dès que l’atmosphère est sereine » . 

En des termes plus de notre siècle, on pourrait parler de "choc thermique" à la place de "Saints de Glace" , car il ne gèle pas ! Mais tradition , tradition..!  c'est bien plus joli de parler  d'eux, tout comme on pourra parler de saint Médard de Saint Gervais ( à ne pas confondre avec le Servais des saints de glace! ) et de saint Barnabé en juin !

Les calendriers lunaires dont la popularité s’est développée ces dernières années avec la mode du bio, donnent la même explication en des termes plus clairs : 
« En cette période de l’année, le soleil déjà haut reste de plus en plus avec nous (+1h30 pour le mois d’avril). Quand le ciel est dégagé, le thermomètre indique 19 ou 20 degrés comme ces derniers jours, voire plus, en plein milieu de la journée. Les petites pousses et les fruits en formation se gorgent de chaleur. Mais la terre met très longtemps à se réchauffer. Quand le soleil se couche, le froid se rétablit. C’est très net ces derniers jours dès 17h/18h. La terre n’a pas encore de chaleur à restituer. Progressivement une rosée recouvre les végétaux. Elle peut devenir glaciale au lever du jour. Le thermomètre indique alors 5° voire moins. Les jeunes espoirs de récolte sont détruits. Les petites poussent prennent une apparence de roussi. Les embryons de fruits deviennent noirs à l’intérieur de l’ovaire. » 


Nos services de météorologie nationale, qui ne regardent pas assez souvent la lune, en tous cas qui n’en parlent vraiment, nous annoncent un changement de temps significatif. Cette année, sur les ondes on parle bien des "saints de glace" ! Enfin !
Soyons donc prudents notamment avec les jeunes plantations. Il vaudrait mieux attendre trois jours encore pour metter place les plans de tomates.. !

Jean Mignot le 11 mai 2018

lundi 30 avril 2018

du mois de Mai 2018


du mois de Mai 2018
D’accord, tout le monde le sait : «  en mai fait ce qu’il te plait » Certes ! pourtant ce n’est pas tout à fait vrai. Il faut se méfier encore de cette « Lune Rousse » sur laquelle je vous ai entretenu si souvent et encore le mois dernier, car elle nous prouve aujourd’hui même, du moins dans notre Midi, qu’il faut s’en méfier. Le « Grand Cavalier » Eutrope fait en effet des siennes ce jour-même et la température a fait une peu partout un sacré bond en arrière ! Ce qui n’a rien d’étonnant et ce qui s’est déjà produit souvent et il n’y a pas si longtemps que ça !  
Après quelques jours très chauds qui nous ont fait oublier que nous étions en Lune Rousse et que les Saints Cavaliers étaient bien là, voilà Eutrope qui vient rafraîchir notre mémoire si courte.  J’ai écrit que ça devenait  vraiment énervant d'entendre qu'on a battu tous les records de chaleur et qu'on n'a jamais vu cela depuis x années. Je pourrais aujourd’hui prendre des dizaines d’exemples sur le froid assez fréquent  en ces jours que nous traversons. Voyez plutôt :
11 avril 1939 les fortes chaleurs provoquent une avalanche de boue dans les Grisons. Il fait 28° à Paris
14 avril 1949 Pâques estivales. On relève 25 à 30 ° degrés.
16 avril 1949 on se baigne et on campe comme en plein été. Il fait partout plus de 30°.
17 avril 1934 après de fortes chaleurs des orages de grêle provoquent des dégâts à Paris
20 avril 1968 une brutale vague de chaleur coïncide avec une montée de la tension sociale...tiens ! tiens
Et selon le cycle de Méton, qui veut que les cycles de la lune se reproduisent à quelque chose près tous les 19 ans, je relève, en 1999 du 1er au 6 avril, chaud avec 22.3° à Tours. 3 avril 1999 minimum 15° à Perpignan ; 4 avril 1999 25.5° à Perpignan (min. 15.2°). Min. 12.2° à Bordeaux et 10.9° à Bourges ; 5 avril 1999  26.6° à Bordeaux, 28.5° à Perpignan. Min. 10.9° à Bourges ; 6 avril 1999 23° à Prilly. 24.8° à Lyon ( encore 18° en soirée)  et 26.9° à Toulouse ; 26 avril 1999  à  nouveau chaud.
Et pour ce qui est du froid : 14 avril 1999 froid. Max. 4.5° à Paris et 7.8° à Rennes ; 5 avril 1999 fortes chutes de neige, et pas plus de 1° à Prilly. Très similaire à 1998 avec  14 cm de neige à Grenoble, 5 cm à Lyon. Max. 9.5° à Perpignan, 6.0° à Strasbourg et 1.6° à Grenoble! 16 avril 1999  max. 5° à Prilly. La neige tombée la veille tient au sol. Le 24 avril 1981, les feuilles des arbres gèlent sur la moitié nord du pays. Des gelées dévastatrices sont relevées un peu partout avec moins 5° à Nancy. Le 26 avril 1950 il gèle en Normandie. Le 27 avril 1925 il y a des tempêtes et de la neige. Le 28 avril des gelées presque généralisées font des dégâts dans les horticultures. Le 29 avril 1960 il y a 5 cm de neige à Belfort et 4 cm à Luxeuil et le 30 avril des gelées produisent d’importants dégâts en Alsace. Et le 30 avril 2018 il neige à la station de Prat-Peyrot sur le Mont Aigoual  et Normandie! Et le reste suit sur le même rythme et les mêmes constats : 1er mai 1945 neige sur toute la France. 2 mai 1979, neige et verglas à Metz ; 7 mai neige dans les Deux Sèvres. Et l’Ami du Peuple titre le 19 mai 1935 : «  Une vague de froid sur la France. Est-ce encore un méfait de la lune rousse ? Depuis 40 ans c’est la quatrième fois qu’il neige en mai »… Alors il est où ce caractère  "exceptionnel" Mesdames et Messieurs des Médias qui manipulez à longueur de journée les informations ?...Non la météo n’est pas devenue folle comme l’écrivait déjà Le Parisien à sa une du 8 mai 1997.
Les exemples sont multiples sur ces changements de temps en ces périodes et je pourrais multiplier les relevés. Quoiqu’en disent les météorologues les plus patentés et les plus sérieux, munis de leurs instruments  les plus sophistiqués, à grand renfort de satellites,  moi j’observe, une fois de plus,  que la courbe lunaire et la course de la lune nous donnent une bonne indication, que d’aucun me disent pas « scientifique », mais qui pourtant me fait dire une fois de plus  que les changements de temps et les perturbations atmosphériques se produisent à la pleine lune ou à la nouvelle lune et à plus fortes raisons, s’il y a un nœud lunaire. C’est ce jour 30 avril  jour de Pleine Lune. Le 23 avril il y avait un nœud lunaire ; ce jour-là, alors que nous étions en période de très beau temps et que nous nous croyons déjà au printemps, le ciel est passé à ce qu’on appelle un ciel blanc ou mou, a quitté son beau bleu fixe, et dans les jours qui ont suivi il y a eu des brouillards matinaux annonciateurs de ce temps actuel.
Je dis donc qu’il va falloir se méfier des prochains « saints de glace » les 11, 12 et 13 mai, comme je l’écrivais déjà le mois dernier. Bien plus je note, et cela on le sait à l’avance, que le16 mai ce sera la nouvelle lune que le 17 mai la courbe lunaire sera à son périgée, et qu’il y a un nœud lunaire le 20 mai, ce qui ne laisse rien présager de bon. Aux spécialistes d’expliquer !  On peut donc prévoir une première quinzaine de mai, plus humide et plus fraîche puis une légère hausse des températures surtout sur le Sud, avec une nouvelle coupure, le Nord restant plus humide et frais. S’en suivront des perturbations avec un temps frais jusqu’au 23, suivies d’une douceur orientée vers le Sud ensuite, avec d’importants coefficients de marée puisqu’ils seront entre 100 et 110.  Certes je me hasarde beaucoup à cet essai de prévisions. A vous de vérifier là où vous serez si je me suis trompé de beaucoup !

C’est dans une telle période de mauvais temps, intervenu si souvent qu’il faut trouver  l’origine des  « Rogations », ces fameuses processions qui se situaient les trois jours avant la fête de l’Ascension, pour demander à Dieu de bénir et protéger la terre et ses fruits. Or ces prières ont été instituées par St Mamert, le plus connu sans doute des saints de glace de mai, lequel était évêque de Vienne, en France vers 420-477. Ces prières avaient été préconisées par le saint évêque à la suite d’une période de misère dans le Dauphiné, période sans doute consécutive à un gel comme celui qui a souvent frappé la vallée du Rhône dans la même région et à plusieurs reprises. Finalement ce rite a été étendu à toute la chrétienté en 816.
Pour ma part, je me souviens très bien de ces processions matinales, quand, enfant de chœur, avant d’aller à l’école, j’accompagnais le prêtre et les gens de mon village, au petit matin, à travers champs, pour aller implorer la bénédiction de Dieu sur les récoltes. « Ut fructus terrae, dare et conservare digneris… pour que les fruits de la terre, tu daignes Seigneur nous les donner et nous permettre de les conserver , nous te supplions… te rogamus.. C’était les Rogations. Et je me souviens très bien qu’il faisait souvent mauvais temps, en tous cas souvent froid à ces périodes.
Ne cherchez plus sur les calendriers Mamert, Pancrace et Servais. Ils ont été remplacés par Estelle, Achille et Rolande. Cette substitution fut décidée après le dernier concile Vatican II lorsqu’on nettoya le calendrier  de tous les personnages « douteux » qui avaient souvent donné lieu à des pratiques rituelles peu conformes avec la liturgie et entachées de fond païen.
C’est ainsi que ces saints de glace si réputés furent rayés de nos calendriers. Mais les supprimer n’a rien changé au temps et aux influences de la lune.
Avec cette réforme disparut aussi un des rares vestiges de ces chants et rites gallicans, chants chrétiens primitifs de la Gaule franque, qui s’étaient maintenus malgré la réforme et la mise en place du chant grégorien. C’était une sorte de mélopée répétitive, lancinante, proche des mélodies arabes ou byzantines, sur une gamme de notes très simples, articulée autour des notes ut, mi, sol, lancée par un soliste et reprise par la foule, et qu’on appelle litanies. Ces chants sont encore présents dans les liturgies byzantines, et on les retrouve dans le cérémonial du vendredi saint.  On retrouve ce type de mélodies et rythmes en Bretagne et en Irlande notamment.
Nous retiendrons ce dicton pour Saint Mamert le 11 mai, saint Pancrace le 12 mai et saint Servais le 13 mai,  nos trois saints de glace les plus connus : «  Méfiez-vous de saint Mamert, de saint Pancrace et de saint Servais, car ils amènent un temps frais, et vous auriez regret amer. »
Nous pourrons respirer et penser à du meilleur temps à partir du 25, pour la saint Urbain. ( Ce n’est pas un vilain jeu de mots qui a fait placer en ce mois de fête du travail…) : «  Que la saint Urbain ne soit passée, le vigneron n’est pas assuré. » C’est alors vraiment qu’on pourra affirmer, après le dicton qui nous incite à la prudence vestimentaire en avril : « En mai fait ce qu’il te plait » !
Petit clin d’œil à l’histoire pour conclure :
31 mai 1578, il pleut sur Paris. Ce jour là on pose la première pierre du pont qui relie les deux rives de la Seine, et s’appuie sur la pointe de l’île de la Cité. Henri III qui préside la cérémonie, est en pleurs. Le matin il a assisté au service funèbre donné en mémoire de ses mignons favoris, Quelus et Maugiron, tués en duel. Devant ce spectacle les Parisiens proposent de baptiser l’ouvrage : le Pont des Pleurs. C’est notre Pont Neuf d’aujourd’hui !
Ce pont était prévu pour accueillir des maisons. Elles ne furent jamais construites, sur ordre d’Henri IV qui, résidant au Louvre, jugeait qu’une rangée de maisons, avec des latrines en arrière façade, dépareraient la vue.
La vogue de ce pont, facilitant la circulation fut prodigieuse. Rapidement investi par les marchands ambulants, les bouquetières, les chansonniers ainsi que les coupeurs de bourse, tire-laine et filles accortes a donné naissance à ce dicton :
« Sur le Pont neuf on rencontre, à toute heure : un moine, un cheval blanc et une prostituée… »
 Rendez-vous au mois de juin, pour la prochaine chronique, avec la saint Médard !

            Addisias !
Jean Mignot le 30 avril 2018                                                                                                                                                                                                            

samedi 21 avril 2018

C'est énervant ! ...

Mais ça devient vraiment énervant d'entendre qu'on a battu tous les records de chaleur et qu'on n'a jamais vu depuis x année. C'est quoi cette désinformation ?
11 avril 1939 les fortes chaleurs provoquent une avalanche de boue dans les Grisons. Il fait 28° à Paris
14 avril 1949 Pâques estivales. On relève 25 à 30 ° degrés.
16 avril 1949 on se baigne et on campe comme en plein été . Il fait partout plus de 30°
17 avril 1934 après de fortes chaleurs des orages de grêle provoquent des dégâts à Paris
20 avril 1968 une brutale vague de chaleur coïncide avec une montée de la tension sociale...tiens ! tiens
Et je pourrais prendre des exemples semblables avec le mauvais temps et le froid lié à la "lune rousse" et aux Saints de Glace. Allons mesdames et Messieurs les journalistes, vous avez un devoir de vous informer avant de nous manipuler par de fausses informations !
Et selon le cycle de Méton, qui veut que les cycles de la lune se reproduisent à quelque chose près tous les 19 ans , je relève, en 1999
1er au 6 avril 1999 :Chaud. 22.3° à Tours
3 avril 1999 :min. 15° à Perpignan
4 avril 1999 :25.5° à Perpignan (min. 15.2°). Min. 12.2° à Bordeaux et 10.9° à Bourges
5 avril 1999 : 26.6° à Bordeaux, 28.5° à Perpignan. Min. 10.9° à Bourges
6 avril 1999 :23° à Prilly. Il fait encore 18° en soirée (vent de sud) 24.8° à Lyon et 26.9° à Toulouse
26 avril 1999 :A nouveau chaud
27 avril 1999 :max. 11.1° à Bordeaux
29 avril 1999 :Minima élevé à Bourges
Mais aussi :
14 avril 1999 :Froid. Max. 4.5° à Paris et 7.8° à Rennes
15 avril 1999 :Fortes chutes de neige lourde, pas plus de 1° à Prilly. Très similaire à 1998 14 cm de neige à Grenoble, 5 cm à Lyon. Max. 9.5° à Perpignan, 6.0° à Strasbourg et 1.6° à Grenoble !
16 avril 1999 : max. 5° à Prilly. La neige tombée la veille tient au sol
Alors il est où cet "exceptionnel" Mesdames et Messieurs des Médias qui manipulez à longueur de journée les informations ?...

samedi 31 mars 2018

du mois d'avril 2018


du mois d’Avril 2018
Plus que jamais cette année avril justifie son nom tiré du latin « aperire » « ouvrir » car il s’ouvre avec la fête de Pâques signe de résurrection, dont la date a été fixée par le  concile de Nicée au premier dimanche qui suit immédiatement la première lune de printemps. On est bien dans cette configuration et la Pleine Lune était le 31 mars.  Le  concile de Nicée, il convient de le préciser, avait été  convoqué non pas par le Pape, mais par l’empereur Constantin le Grand. L’autorité civile avait besoin pour gérer ses peuples de références  communes. C’est  le même souci qui fera prendre la décision, en 1564, de fixer au 1er janvier le début de l’année. C’est l’Edit de Roussillon, signé dans cette ville de la vallée du Rhône, où la Cour de Charles IX,  fuyant la peste qui sévissait à Lyon, s’était réfugiée,  au cour de ce long « tour de France » organisé par Catherine de Médicis pour affirmer l’autorité royale dans un pays désorganisé par les guerres de religion, et où l’année commençait selon les régions ou les diocèses à des dates très différentes. L’édit de Roussillon enregistré dès cette année 1564 par le Parlement de Paris, fut appliqué petit à petit avec plus ou moins de bonheur et beaucoup de réticences. Dès qu’il faut changer les habitudes on sait bien nous les français combien c’est difficile d’évoluer ! et le pouvoir en place n’était pas celui que certains auraient voulu ! Sans allusion bien sûr à d’autres situations connues ! La décision fut appliquée à Paris en 1567, à Beauvais en 1580. Cela nous amènera  bien vite à la nécessité de réformer encore et ce sera alors l entrée en vigueur du calendrier « grégorien » en  1582.  C’est toujours et encore très compliqué, malgré les progrès de la science et de l’astrologie, de faire coïncider le cycle du soleil et de la lune !  Le calendrier républicain avait fait un autre choix plus adapté, en faisant  commencer l’année le jour de l’équinoxe d’automne  le 22 septembre.
Même souci donc chez Constantin  et  pour Charles IX  - encore qu’à l époque ce jeune roi ne faisait que signer ce que sa mère et ses conseillers lui dictaient,  dont le célèbre Michel de l’Hospital – d’avoir des références communes pour gérer un peuple, pour imposer une autorité et pour lever  des impôts ! C’est bien plus facile. C’était aussi un des objectifs, au-delà de la recherche d’une coïncidence qu’on retrouve dans la réforme du calendrier  « Julien ».  Une preuve à cela fut que les Pontifes chargés de faire appliquer la réforme julienne, voyant leurs prérogatives disparaître, mirent tant de mauvaise volonté à l’appliquer que l’année dura 450 jours et fut appelée «  l’année de la confusion »
C’est la décision de 1564 qui serait à l’origine de nos  « poissons d’avril ». On se plait à raconter que le 1er avril 1565, c'est-à-dire celui qui suivait la décision de Roussillon, les habitants de certaines régions n’acceptèrent pas ce changement et continuèrent d’offrir des cadeaux farfelus de toutes sortes qui devinrent vite des farces, des blagues et des canulars. Selon les corps de métiers, on demandait aux apprentis les moins dégourdis, de ramener « la  corde à lier le vent », « la passoire sans trou »,  « la clef des champs », « le bâton à un seul bout » ou de « l’huile de coude ».
C’est une explication sur  l’origine du poisson d’avril.
En Angleterre, le poisson d’avril se dit « april’s fool ». C’est l’occasion  de faire de nombreux gags. En Ecosse, c’est le traditionnel « hunt the gowk ». Gowk c’est le coucou. On envoyait l’idiot du village porter un message; celui qui le recevait envoyait le messager à une autre personne, et ainsi de suite jusqu’à ce que le messager finisse par ouvrir le message et lise ces mots « chasse le coucou un mile de plus ! ».  Vas voir plus loin si j’y suis ! Quand il revenait le soir, éreinté d’avoir couru pour rien toute la journée, les farceurs ayant organisé ce tour pendable, se réunissaient pour rire à ses dépens. La personne dupée était appelée « April gowk » « coucou d’avril ».
Aujourd’hui on retiendra qu’un  « poisson d’avril » est une plaisanterie, que l’on fait le 1er avril à ses connaissances, à ses amis et sa famille. Il est aussi de coutume de faire des canulars dans les Médias, aussi bien presse, radio, télévision que sur Internet. Pour les enfants, il consiste à accrocher un poisson de papier dans le dos des personnes dont on veut se moquer. « Poisson d’avril ! » est aussi l’exclamation que l’on pousse une fois qu’une des plaisanteries est découverte.
Face à tout cela, pour savoir si nous sommes bien en avril, je me réfère au chant des oiseaux et à nos vieux dictions : « Ce n’est jamais avril si le coucou ne l’a pas dit ! »  ( Il n’a pas encore chanté dans notre région ! ) et il fait bien trop froid et trop de vent pour trouver des morilles. Car : « si le coucou chante, morilles en ton panier ! ». Attention, ne confondons pas le chant de la huppe et celui du coucou. Tendons bien l’oreille ! Le chant du coucou est sur deux notes, alors que celui de la huppe est sur la même note répétée deux ou trois fois.  Les  huppes seront bientôt de retour. Chaque année leur fidélité est un signe pour les prochains beaux jours !
Cette année, les Pâques chrétiennes coïncident avec la Pâque juive.  Pessa’h est célébrée le 14 du mois de Nisan, qui correspond à la première lune de printemps. Cette fête célébrée dès le II e siècle, est établie à partir de la référence du calendrier hébreu qui est un calendrier « lunisolaire » donc établi sur deux bases, ce qui le rend très compliqué C’est l’une des fêtes les plus importantes du judaïsme, mémorial de l’événement fondateur du peuple d’Israël, narré dans le Livre de l’Exode: la sortie d’Égypte des Hébreux sous la conduite de Moïse, soit le passage de l’esclavage à la liberté, des ténèbres à la lumière.
La fête de Pâques commémore quant à elle, la mort et la Résurrection de Jésus, le cœur de la foi chrétienne. Jésus, le nouveau Moïse, libère l’humanité de la servitude du péché; il est l’agneau pascal, qui par son sang, scelle une nouvelle alliance entre Dieu et les hommes.
La fête de Pâques trouve donc ses racines dans Pessa’h; pour les chrétiens, elle en est l’accomplissement. La ritualité juive de Pessa’h et la liturgie pascale présentent d’ailleurs de nombreuses convergences. Je recommande sur ce sujet  la lecture d’un ouvrage paru en 2015, aux Editions de l’Emmanuel : » les racines juives de la messe », du père Jean-Baptiste Nadler.
L’amplitude du décalage des lunaisons avec les calendriers solaires donne une grande variante  à l’application de la  règle qui détermine la  fête de Pâques. Elle peut se retrouver au plus tôt le 22 mars et au plus tard le 25 avril. En 2019 Pâques sera le 21 avril et en 2020 le 12 avril !
Or  Pâques, entraîne à sa suite la date des fêtes accompagnées de  nos  sacrés et intouchables ponts et congés,  férias et fêtes en tous genres qui vont être bien perturbés par les grèves, manifestations et revendications annoncées, dont on peut légitimement  se demander s’il s’agit vraiment de la défense d’un service qui devrait  être public ( c’est le prétexte) ou de statuts et privilèges souvent d’un autre siècle ( ce qui serait plutôt la motivation ! )  N’y touchons pas.. ! Les partisans et responsables de ces organisations nous disent bien sûr que c’est la défense du  « Service Public » qui est en cause, sans vraiment accepter que soient remis en cause des dispositions qui aujourd’hui n’ont plus de raison d’être et sont même très inégalitaires. Il ne me sera pas nécessaire de donner ici des exemples pour me faire comprendre !
Au  nom du principe de l’avantage acquis, qui songerait  aujourd’hui  à remettre en cause le lundi de Pâques férié et qui n’a rien de religieux, lui ! En des temps où nos dirigeants et responsables de tous bords, par peur de blesser tel ou tel, s’abritent  derrière le principe de laïcité, appliqué en dépit d’une vraie égalité, on n’ose toucher à cela, en mettant bien vite la responsabilité de l’immobilisme sur l’Eglise de Rome qui a pourtant dit depuis bien longtemps qu’elle était ouverte à un changement. On pourra lire à ce sujet l’excellent article de l’Encyclopédia Universalis.
Pâques nous amène les œufs et le chocolat. Bonne aubaine pour les commerces. Et là encore on n’oserait remettre en cause cette tradition qui a pourtant une origine bien religieuse !
Pendant le jeûne du Carême des chrétiens, l’Eglise n’autorisait  pas la consommation des œufs. D’où ce déploiement d’inventivité autour des œufs  de Pâques. Dans le Sud de la France, mais cette tradition touche de nombreuses régions, il est de coutume de faire un grand pique-nique en famille, avec les amis, avec comme plat principal  une omelette.  Le « lundi de Pâques » c’est « le Lundi de l’Omelette ». Je regrette ici très amèrement que nos amis qui organisent  les festivités au Pont du Gard où les habitants de la région avaient coutume d’aller « faire l’omelette » n’aient pas eu l’idée toute simple de proposer dans le panier repas ou dans les stands tenus sur place ce jour-là, une traditionnelle omelette voire  une tortilla froide à la façon espagnole. Ce serait si simple ! ou trop simple ! …Alors on dit « Garrigue en fête » Pourquoi pas !
La « chasse aux œufs » est  une chose qui se pratiquait plutôt en ville et plutôt chez les riches ou à la Cour. De fait l’église catholique a récupéré une vieille tradition de l’Antiquité. Chez les Egyptiens et les Perses on offrait des œufs pour symboliser le renouveau et le retour du printemps. L’œuf est bien un symbole de vie.
Pâques c’est aussi les cloches. La liturgie de l’’église prescrit de ne pas les sonner  pour marquer le deuil après la mort  du Christ. Les parents racontent alors aux enfants que les cloches sont  parties à Rome se faire bénir par le Pape !  Sur le chemin du retour elles déposaient des œufs dans les jardins.
C’est pour marquer cette période de deuil de l’église qu’à Uzès et là où ils existaient, on fermait  les volets des orgues pour atténuer leur son. On le faisait à toutes les périodes  de pénitence. .
On ne trouve pas que des œufs en ce début d’avril. Des poissons et des cloches on le peut comprendre. Mais aussi des lapins et des lièvres. C’est parce qu’ils sont eux aussi traditionnellement des signes de renouveau.
Quant au chocolat il a fait son apparition plus tardivement au début du 19e siècle. Le commerce s’est énormément développé et on estime à plus de 15000 tonnes le chocolat vendu à Pâques.
Avril « tout nouveau » n’est pas uniformément « tout beau » même si on le voudrait bien surtout avec les vacances qui arrivent ! En dépit du calendrier c’est un mois qui tient  largement de l’hiver pourtant terminé, et ses froids passagers souvent pinçant, sont d’autant plus mal accueillis que l’on espère les beaux jours.
Avril  c’est la lune fameuse « Lune Rousse » qui arrive. Elle commence cette année le 16 avril et se terminera le 15 mai. C’est pendant cette lunaison que ce situent les célèbres « saints de glace » dont on ne retient  que les derniers, Mamert, Servais et Pancrace, au mois de mai ! D’ailleurs depuis la réforme liturgique romaine, ils n’existent plus sur nos calendriers. Pas plus d’ailleurs que l’ensemble des saints en général mais pour une autre raison non avouée.  Je souligne en effet ici, que depuis quelques années, tant à la télévision que sur le calendrier du facteur, on nous parle de la fête de tel ou tel en ne donnant que le prénom sans dire «  saint »  par souci de ne pas choquer certains ! On  n’est pas à une absurdité près et on est bien trop faible de cacher nos vraies racines par souci d’égalité, de laïcité et de dialogue. Je suis de ceux qui continuent de penser que pour dialoguer avec l’autre il faut bien savoir qui on est et que cacher ce que l’on est et d’où l’ on vient, ce n’est pas se positionner en condition de dialogue. D’où l’importance  de rappeler nos dictons et traditions.
Au début du printemps, quand le ciel est bien dégagé, dans la journée, les petites pousses des plantes et des arbres se gorgent de chaleur. Mais la terre est plus longue à se réchauffer. Quand le soleil se couche, au niveau du sol, le froid se rétablit plus vite et souvent une rosée se dépose sur les végétaux et provoque un choc thermique qui roussit les jeunes bourgeons. C’est pourquoi on appelle cette lunaison : « la Lune Rousse ».  Cela n’a rien à voir avec la couleur de la lune à son lever.
 « Lune rousse, vide bourse » ; « lune rousse, rien ne pousse » ; « Gelée de lune rousse de la vigne ruine la pousse » ; « Récolte n’est point assurée que la lune rousse soit passée »
C’est au cours de cette lunaison que se situent les saints cavaliers  et les saints de glace. Pour le moment on parle encore de « saints » !
Saint Georges, est le premier de la liste, le 23 avril.  Ce saint est en effet accompagné d’une kyrielle de proverbes et de dictons sur la pluie dont je ne citerai que celui-ci : « Pluie de saint Georges, coupe les cerises à la gorge ! » Ce jour  la lune sera montante depuis le 16, et ce pourrait bien être un début de changement de temps. Le deuxième saint cavalier est saint Marc le 25 avril : « A la saint Marc s’il tombe de l’eau, Il n’y aura pas de fruits à couteau ». C’est à dire de fruits dont on enlève la peau avec un couteau pour les manger. Dans les Cévennes c’est entre la saint Georges et la saint Marc qu’il faut mettre les « graines » c'est-à-dire les œufs de ver à soie à couver.
« Marquet (Marc), Georget (Georges), et Philippet (Philippe) sont trois casseurs de Gobelets » a écrit Rabelais. Saint Philippe était autrefois fêté le 1er mai.
Pourquoi casseurs de gobelets ? Parce que le froid ou la grêle ces jours–là est néfaste pour la vigne, donc au vin, donc aux pichets et aux gobelets. Les dictons nous parlent aussi de Tropet ou Saint Eutrope, le 30 avril : «  Saint Eutrope mouillé cerises estropiées. »
Il nous restera à affronter au mois de mai les derniers saints de Glace les plus populaires  les 11,12 et 13 mai, « Mamert, Servais et Pancrace, voilà les trois saints de glace. »
D’ores et déjà la conjonction  des signes de la courbe lunaire, Nouvelle Lune, Périgée et Nœud Lunaire laissent présager des perturbations atmosphériques autour des ces trois dates du 15 au 20 mai.  
« Il n’est si gentil mois d’avril qui n’ait son manteau de grésil » ou « il n’est point d’avril si beau qui n’ait neige à son chapeau ». Ce rabiot d’hiver, qu’il nous est difficile d’accepter sans récrimination, doit nous inciter à la prudence : « En avril ne te découvre pas d’un fil » ou «  O mès d’obriéou quittès pas eu piéou ». « On n’est pas sorti de l’hiver qu’avril n’ait montré son derrière » ou plus noblement «  qu’avril ne soit laissé derrière ».  La prudence s’impose.  Ne nous découvrons pas trop vite et ne nous exposons pas trop au soleil.
Addissias

Jean Mignot  le 31 mars 2018


                                                                                                                                                                                                                                              

samedi 24 mars 2018

de la fin Mars 2018 et des Vaquerieu ou des "Jours de la Vieille" ...




« Ce que mars couve, on ne le sait qu’après son trente et unième jour » 
nous dit un vieux dicton. Ou encore : « Soit au commencement, soit à la fin, mars montrera son venin ». En pays d’Oc on dit « Mars marsejo » ce qui veut bien dire : mars fait son temps de mars, c'est-à-dire mars n’en fait qu’à sa tête ! Rien de sûr. Mars est capricieux.

Il existe une vielle légende au sujet de cette fin de mois, ce qui à mes yeux ,démontre bien que ce temps que nous avons s’est souvent reproduit au point d’engendrer une légende et des dictons. La voici dans une version adaptée par mes soins, selon ce dont j’ai souvenir lointain de ce que j’ai entendu dans mes Cévennes. 
Une étude plus approfondie des différentes versions serait un bon sujet pour des étudiants d’écoles spécialisées. Ceux qui sont intéressés peuvent se procurer l’ouvrage : « les jours de la vieille » de Marcelle Delpastre et Albert Pestour  édité par la Société d’études historiques et archéologiques de la moyenne Corrèze, à Tulle en 1961.
« La vieille » prend une signification météorologique. En Provence elle représente souvent la nature.
Le journal local «  le Républicain d’Uzès » qui dans une autre orientation que certains regrettent, publiait des textes sur les histoires et traditions locales, avait donné dans ses pages, il y a une trentaine d’années, la version la plus proche de celle que je connais par tradition orale et qui est aussi la version de Frédéric Mistral qui dans « Mireille » écrit sur ces jours de mars « e li jour negre de la vaco » : «  ce sont les jours noir de la vache ». Aujourd’hui là aussi on préfère trop souvent le fait divers et le sensationnel !
 Une vielle dame, s’étant gaussée d’un hiver bien peu rigoureux, avait perdu son troupeau de brebis, à cause des assauts du mauvais temps, par périodes de rafales brusques et imprévues, que rappellent à notre mémoire quelques vieux dictons bien connus de nos Anciens. Elle ne se découragea pas pour autant et remplaça son troupeau par  autant de vaches plus robustes, pensait-elle…Le mois de mars fut favorable à son élevage et elle n’avait qu’à s’en féliciter. A la lumière de l’expérience elle eût dû en rester là. Elle eut la sottise de dire : « En escapan de mars e de marséu, aï escapa mi vaco e mi vedéu. », (En échappant à mars et à ses giboulées J’ai sauvé mes vaches et mes veaux). Fâché d’une telle ingratitude, le mois de mars va trouver son voisin : « « Abriéu, n’aï plus que tres jour, presto-m’en quatre li vaco de la vieio faren batre. ». (Avril, je n’ai plus que trois jours, prête-m’en quatre, les vaches de la vieille nous ferons battre= mourir).  Avec l’accord d’avril, une gelée tardive tua la végétation et cette fois encore la vieille perdit son troupeau.
Il existe plusieurs variantes de cette histoire selon les régions ou les pays, notamment tout autour du bassin méditerranéen. Mais pourra-t-on encore parler des régions quand elles seront regroupées et donc un peu trop uniformisées, la réforme risquant de laminer nos vieilles coutumes. Heureusement nos traditions sauront résister tout comme la vieille de cette légende !
En Provence on raconte qu’après un hiver peu rigoureux, une vieille se moqua du mois de février parce que celui-ci n’avait pas été très rude. Le mois de février en fut très fâché. Il demanda au mois de mars de bien vouloir lui prêter trois jours. On relira ma chronique de février sur ce mois sournois  - qui dans ses derniers jours nous a surpris par un froid intense qui a commis pas mal de dégâts, et le plus court de tous les mois de l’année. Alors se leva un mistral fou qui emporta tout sur son passage. Il fit froid. Le troupeau de brebis – les bédigues- de la vieille moururent. Elle se lamenta quelques jours puis décida d’acheter des vaches car elle pensait qu’elles résisteraient mieux au mauvais temps. Vers la fin du mois de mars, il faisait beau, les arbres fruitiers avaient déjà fleuri, les rosiers commençaient à ouvrir leurs boutons, Pâques était là, l’équinoxe était passée, le printemps était là. La vieille dansait de joie pensant avoir sauvé vaches et veaux. Mars se vexa et voyant que le mois allait se terminer sans qu’il ait pu faire périr les vaches de la vieille, il se retourna vers son voisin avril et lui demanda de lui prêtre quatre jours. Des gelées survinrent et brûlèrent la végétation. Les vaches périrent. Ainsi, soit durant les derniers jours de février, soit les trois premiers jours de mars ou pendant les derniers jours de ce mois ou encore au début du mois d’avril on peut encore entendre, dans les campagnes de nos pays d’Oc, les lamentations de la vieille, portées par le fort vent qui souffle alors.
L’hiver se rappelle à nous en nous disant qu’il peut être tardivement très rude, même si nous avançons tranquillement vers le printemps. Les prévisions consultables à l'heure actuelle ne nous donne pas beaucoup d'espoir pour de beaux jours proches ! 
Selon d’autres versions de cette légende, la vieille, sortant trop tôt son troupeau de l’étable, voit celui-ci pétrifié. D’autres versions disent que c’est la vieille elle-même qui est pétrifiée comme chez les Aït Ouaran qui disent que les mégalithes du Mont Buiblan, ou le mont lui-même, au sud de Taza, au Maroc, sont la vieille pétrifiée au milieu de son troupeau.
A Fez, chez les Hayaina, on parle d’une vieille enlevée avec son troupeau de chèvres par un torrent en crue. Selon les lieux on trouve en effet des variantes sur le bétail : moutons et brebis, chèvres ou vaches. Ou même d’une seule vache et de son veau. Chez les Seksawa, plus au sud du Maroc, on dit que la vieille fit tondre son troupeau trop tôt croyant le froid fini, ce qui contribua à faire périr les moutons. Chez les Ntifa on parle pour ces jours de fin mars du « jour de la Chèvre ».
D’autres légendes courent sur ce thème en Italieen Espagneen Grèce et chez les Serbesen Roumanie  et en Bulgarie, et dans bien d’autres lieux.
Des versions différentes sont transmises de bouche à oreille avec parfois des versions plus drôles ou plus grivoises. Je m’en tiendrai aux quelques références données.
Ce qu’il faut retenir, c’est que la nature n’a pas fini de nous surprendre. Qu’il faut la respecter, sinon elle sait nous rappeler à l’ordre.
Quant aux savants et météorologues et autres astronomes, ils pourraient fort bien nous expliquer, sur la base de leurs observations  très précises, que le positionnement de la terre dans sa course autour du soleil, ou de la lune dans sa course autour de la terre et la situation de tout cela dans le cosmos planétaire présentent des coïncidences, attestées par des proverbes, dictons ou légendes qui pourraient permettre de dire que tous les éléments sont rassemblés pour que l’on puisse dire, avec peu de chances de se tromper,  le temps qu’il va faire. En tous cas ne pas ignorer ces phénomènes et leurs influences. Tout juste si on évoque vaguement les saints de glace ou la saint Médard, à peine la lune rousse !  On a même gommé l’emploi de « saint » devant le nom de ces illustres qui faisaient référence. Il ne faut choquer personne. Ecoutez bien nos informateurs nationaux. « Demain on fête les Médard ». Plus la saint Médard !...
Ces prévisions peuvent évoluer sensiblement. Mais ce qu’on peut affirmer c’est que tous ces derniers jours de mars il fera plus froid que la moyenne.
Car « si l’hiver ne janvroie, si février ne févroie, mars vient  que ne laisse rien » dit-on en Eure et Loir. C'est-à-dire que janvier se doit d’être froid et février pluvieux, sinon les effets de l’hiver surgiront en mars, anéantissant toutes les promesses de récolte. 
Et il faudra s’attendre à des attaques semblables de mauvais temps, avec des risques multipliés, pour la prochaine « lune rousse » qui doit commencer le 16 avril 2018 avec sa litanie de « saint Cavaliers » et de « saints de Glace ». Prudence ! Car les saints de glace ce ne sont pas uniquement ceux dont on nous parle au mois de mai. 
Il faudra regarder le temps qu'il va faire le jour des Rameaux, le 25 mars car :" can ploou sul rampal ploounsul boulan "  ce qui veut dire que s'il pleut pour les Rameaux, il pleuvra sur la faucille c'est à dire au moment des moissons  en juin. Et si à la place de la pluie nous avons du vent :" Vent souffle au jour des Rameaux ne change pas de sitôt ou " Le vent pour les Rameaux bénits, toute l'année souffle et s'ensuit " 
Cela fera un des objets, sans doute, de ma chronique d’avril. En attendant et plus que jamais veillons à ne pas nous découvrir du moindre fil et attention de ne pas nous exposer au très mauvais soleil de mars même si en milieu de journée il fait 20° ou plus  comme ce fut le cas le 24 mars dans notre Midi.!
A Diou sias !