lundi 31 mars 2025

1 er Avril 2025

 

Le 1er avril n’était pas au programme ! …

« Voulons et ordonnons qu’en tous actes, registres, instruments, contrats, ordonnances, edicts, tant patentes que missives, et toute escripture privé, l’année commence doresénavant et soit comptée du premier jour de ce moys de janvier. »

Donné à Roussillon, le neufiesme jour d’aoust, l’an de grâce mil cinq cens soixante-quatre. Et de notre règne le quatriesme. Ainsi signé, le Roy en son Conseil. Sébastin de l’Aubespine.

C’est en ces termes en vieux français qu’il fut décidé que désormais ce ne serait plus au mois d’avril que commencerait l’année civile mais en janvier. Le roi et la Cour étaient à Roussillon en Isère. Catherine de Médicis, profitant de la paix retrouvée entre partis catholique et protestant, avait entrepris en janvier 1564, un grand tour de France pour renforcer dans les provinces le sentiment monarchique. Il fallait asseoir l’autorité du jeune roi qui n’avait que 14ans. Un parcours de près de 4000 km qui devait durer deux ans à travers les provinces du royaume avec une cour de 15000 personnes. On imagine difficilement le côté pratique de ce déplacement qui mènera Charles IX  dans le Gard, à Nîmes et au château de Saint Privat au Pont du Gard.

Le 9 juin1564 la Cour fait étape à Lyon, mais une épidémie de peste l’oblige à trouver refuge dans le château de Roussillon quelques 50km plus au sud. Le séjour fut agréable, interrompu par quelques séances de travail. Le souverain était accompagné de ses ministres, Michel de l’Hospital et Sébastien de l’Aubespine. Un édit relatif à la police et à la justice du royaume avait été rejetée par le Parlement de Paris ? On se remit au travail. Le 1er avril n’était pas au programme. Mais on avait constaté au cours de ce voyage à travers les provinces que l’année commençait à des dates variables selon les coutumes et usages locaux, tantôt Noël, tantôt Pâques, ou le 25 mars à Vienne mais le 25 décembre à Lyon ainsi qu’en Poitou, en Normandie ou en Anjou par exemple. On décida d’uniformiser cela. Si on n’a pas la même référence c’est difficile de gouverner. On ajouta un article 39 à cet édit  qui stipula que l’année commencerait désormais le 1er janvier.

Cette disposition fut acceptée et enregistrée par le Parlement de Paris dès 1564 mais appliquée plus ou moins rapidement. A Paris en 1567, à Beauvais en 1580… Les nouvelles ne circulaient pas aussi vite qu’aujourd’hui, sans télévision et sans internet, et il fallait du temps avant qu’une loi soit promulguée…Quand on arriva au 1er avril 1565 certaines régions n’acceptèrent pas la nouvelle disposition. Ces irréductibles continuèrent à recevoir leurs contemporains avec de faux cadeaux, mottes de terre ou bottes de paille. Avec le temps les petits cadeaux d’avril se transformèrent en farces, blagues et canulars. Selon les corps de métiers, on envoyait les apprentis les moins dégourdis en leur demandant de rapporter des objets insolites tels que « la corde à lier le vent », « la passoire sans trou », et « la clef des champs » , « le bâton à un seul bout » ou de « l’huile de coude »…C’est cette page d’histoire qui serait à l’origine de nos poissons d’avril.

Je dois faire remarquer que cet édit de 1564 fut appliqué, avec quelques difficultés dues aux résistances locales toujours très fortes et ça ce n’est pas très nouveau dans notre pays ! , qu’au premier janvier de l’année qui suivait, donc après le 1er janvier 1565, les décisions administratives n’ayant en principe aucun effet rétroactif.

Ce n’est donc qu’après 1564 que progressivement est née la tradition de commémorer feu le début de l’an au 1er avril par toutes sortes de farces et attrapes. Nous l’avons vu, Paris appliqua l’édit en 1567. Beauvais en 1580. Le poisson d’avril ne date donc pas de 1564 mais des années qui suivirent.

D’aucuns prétendent que l’origine est autre et que le poisson d’avril est lié au fait que la lune sort du signe zodiacal des Poissons ; d’autres prétendent que l’origine serait dans le fait qu’avril étant encore en carême on ne mangeait alors que du poisson... !

En Angleterre, le poisson d’avril se dit « april’s fool ». C’est l’occasion de faire de nombreux gags. En Ecosse, c’est le traditionnel « hunt the gowk ». Gowk c’est le coucou et chez nous on dit : « Ce n’est jamais avril si le coucou ne l’a pas dit ! »  ( Il n’a pas encore chanté dans notre région ! ) Dans ce pays, on envoyait l’idiot du village porter un message ; celui qui le recevait envoyait le messager à une autre personne, et ainsi de suite jusqu’à ce que le messager finisse par ouvrir le message et lise ces mots « chasse le coucou un mile de plus ! ». Quand il revenait le soir, éreinté d’avoir couru pour rien toute la journée, les farceurs ayant organisé ce tour pendable, se réunissaient pour rire à ses dépens. La personne dupée était appelée « April gowk » « coucou d’avril ».

Les Ecossais avaient ainsi beaucoup de plaisir à envoyer des personnes faire des courses idiotes, comme d’« aller chercher des dents de poule » ou « du lait de pigeon » ! Le 2 avril chez eux se nomme « Taily day ». Il s’agit de réussir à donner un cadeau à une personne de son choix tout en essayant de lui coller dans le dos un petit panneau où il est écrit « Donnez un coup de pied aux fesses ».

En Belgique les enfants (et même les plus grands !) attachent un poisson en papier dans le dos de leurs camarades, de leurs parents, de leurs professeurs.

En Allemagne, on dit « April april » ou « Aprilscherz » et ce, au moment de faire sa blague ou juste après pour faire comprendre que c’est juste une blague !

Nous pourrions poursuivre notre promenade !

Nous observerons bien le temps du jour des Rameaux, « Pâques fleuries », car s’il pleut sur les rampams ( les rameaux) il risque de pleuvoir sur le « volant » c’est à dire la faucille que l’on utilisait pour moissonner. C’est plus joli en langue du pays d’oc : « can ploou sul rompan, ploou sul boulan ».

Avec ses « œufs de Pâques » avril, qui compte dans ses rangs la fête de Pâques, nous rappelle qu’il fut un temps, bien avant la mode du végétarisme ou du véganisme, où pendant le Carême, la consommation des œufs, considérés comme d’origine animale, était proscrite. C’est l’origine des œufs de Pâques en chocolat et le populaire « lundi de l’Omelette » ou « lundi de Pâques » où la coutume voulait qu’on se retrouve en un lieu champêtre pour « faire l’omelette ».

Avec sa fête de Pâques dont la date est déterminée selon un savant et long calcul qui veut¨Pâques soit le premier dimanche qui suit la première Pleine Lune de printemps, avril rappelle le grand passage du Peuple Hébreu à travers la Mer Rouge, fuyant l’Egypte des Pharaons et l’esclavage. C’est à l’occasion de la célébration de cette commémoration qu’eut lieu la mort et la Résurrection du Christ. Pâques c’est la grande fête chrétienne de l’année liturgique et sa date qui varie, conditionne les fêtes mobiles qui s’en suivent, tant attendues, car elles sont l’occasion de Ponts et jours fériés, Pont de l’Ascension, lundi de Pentecôte.

Pâques peut donc avoir lieu entre le 22 mars et le 25 avril au gré des aléas du mois lunaire qui étant plus court que le mois solaire vadrouille entre ces dates.

A cette occasion les cloches de nos églises carillonnent à tout va pour , dit-on, aller à Rome et revenir au matin de Pâques chargées d’œufs en chocolats . Les gens d’Uzès pourront lire un article sur « leurs » cloches dans un prochain numéro du journal local « le Républicain d’Uzès » 

La lunaison qui commence après Pâques du 27 avril au 27 mai est appelée Lune Rousse .  C’est pendant cette lunaison que se situent les célèbres saints de glace que nos médias et services de météo s’obstinent à oublier en ne retenant que les trois derniers qui il est vrai peuvent faire à eux seuls un petit hiver : « Les saints Servais, Pancrace et Mamert, font à eux trois un petit hiver »

Le monde paysan sait très bien qu’il faut se méfier d’avril et de mai et d’ores et déjà faire des réserves pour préserver autant que possible vignes et vergers des effets de cette Lune Rousse. En ces périodes et malgré le soleil et les belles journées annoncées la terre n’a pas encore emmagasiné suffisamment de chaleur pour compenser la baisse des températures entre les jours et nuts. C’est alors que se produit ce phénomène redouté et redoutable qui « roussit » les bourgeons ou les frêles feuilles des arbres ou les fruits à peine fertilisés et c’est la catastrophe dans les productions que l’on voudrait bien accessibles de  plus en plus tôt, oubliant que c’est bien mieux et bien plus agréable de consommer des « fruits de saison ». C’est avril et la lune Rousse. On connait bien ce phénomène et on s’y prépare. Il faut préciser que ce phénomène ne se produit que si le ciel est parfaitement clair et dégagé.

A l’époque de Mamert, évêque de Vienne dans la vallée du Rhône au Ve siècle, de pareilles chutes de températures avaient anéanti la récolte des fruits. Le saint évêque avait alors prescrit prières et processions. Ce sont les Rogations qui se déroulaient les trois jours avant la fête de l’Ascension, au chant rythmé des litanies des saints à travers champs. Protège Seigneur, les fruits que la terre nous donne. On priait aussi pour être protégé de la famine et de la peste !

Comme l’invention du calendrier est une chose récente, le seul moyen pour se souvenir du jour où l’on est, était de se référer à la fête du saint du jour.

Ce sont pour avril les saints de glace, d’abord les cavaliers, puis les derniers saints au mois de mai. Ils s’échelonnent sur la longue période où peut se situer la lunaison de la lune rousse qui sera cette année entre le 27 avril et le27 mai.

Ces phénomènes ne sont pas nouveaux et ils se sont produits avec une telle fréquence que nos anciens en ont écrit des dictons. De grâce ne disons pas que c’est du jamais vu !!

La Nouvelle Lune d’Avril a lieu le 27, avec le passage au périgée, très près de notre terre avec un nœud lunaire le 25.  La conjonction de ces trois indications n’est pas de bon augure. Elles sont précédées par la Saint Georges le 23, le premier des Cavaliers du froid : « Saint Georges arrive souvent sur un cheval blanc ». Il est suivi de saint marc la 25 : « Entre saint Georges et Marquet, un jour d’hiver se met ». Viendront ensuite, Robert, Eutrope et puis Philippe le 1er mai, réputés chacun autant que l’autre de saints « Gresleurs, geleurs et gasteurs de bourgeons ». Rabelais, avant le réchauffement climatique nous disait qu’ils étaient « casseurs de gobelet ». Les autres saints de Glace Mamert Pancrace et Servais seront au mois de mai les 11,12 et 13.  Nous ne serons vraiment tranquilles que la saint Urbain, le 25, ou l’Ascension, soient 29, passées. « A l’Ascension dernier frisson ».

Avril qui marquait donc bien le début de l’année, et « ouvrait » l’année comme l’indique si bien son nom, garde bien tout son sens de celui qui marque l’ouverture vers les beaux jours, même s’il ne marque plus le début de l’année.

Rarement un mois, sorti du contexte du calendrier, par édit royal, baptisé différemment que les autres mois du calendrier, un mois qui arrive avec les fleurs et le soleil et qu’on attend avec impatience parce qu’il annonce les beaux jours, aura marqué de son empreinte le changement de temps tant attendu. l. Mais tout cela ne tient qu’à un fil, fin et fragile comme celui de la soie. En bon cévenol je me dois de rappeler cette « éducation des vers à soie » qui a tant marqué nos Cévennes et qui commençait en ce mois d’avril. C’est désormais un conte de Musée, qu’il est si beau de découvrir à la Maison Rouge de Saint Jean du Gard.

Avril comme nos vies ne tient qu’à un fil ! Gardons-nous de toutes imprudences.

 « Addisias »  

Jean Mignot le 31 mars 2025

 

                                                                                                                              

 

vendredi 14 mars 2025

du mois de mars 2025

 

« Mars qui rit malgré les averses … » 

Avec ses giboulées, l’arrivée du printemps, deux éclipses, une de lune et une de soleil, une lune « rouge », le changement d’heure, son mois des poètes et ses grandes marées, mars nous réserve toujours quelques surprises qui ont donné lieu à quantité de vieux dictons annonçant toutes sortes de caprices qui ont donné lieu à une bien vieille légende. 

Il s’agit presque toujours d’une vieille dame qui tente de sauver son troupeau livré aux attaques de l’hiver. Elle refuse de se laisser faire. On emploi à ce sujet le verbe regimber. Elle marchande avec le temps pour essayer de s’en sortir.

Cette légende, très étroitement liée au temps qu’il fait souvent en ce mars est connue sous le nom de « jours d’emprunts » ou « jours de la Vieille » et vers la fin du mois : « Li Vaquerieu ». On retrouve cette légende surtout dans le Midi de la France mais elle existe avec des variantes dans la quasi-totalité des pays méditerranéens, même au Maghreb et jusqu’en Roumanie. Chacun bien sûr prétend que sa version est la plus authentique.

Voici la mienne, telle que je l’ai entendue par mes parents en Cévennes.

Les paysans du Midi avaient remarqué que les derniers jours de février et les premiers jours de mars amenaient souvent un changement de temps, un peu comme celui qui s’est produit avec la Nouvelle Lune de ce 28 février.

L’hiver n’avait pas été très rigoureux comme cette année, et même février qui n’avait pas « donné de la teste » n’avait pas plus « donné de la cueste » selon un vieux dicton.

La vieille dame se permit de narguer février : « Adiéou Fébrié ! mé ta frébérado, m’as fait ni péu ni pelado » (Adieu Février ! Avec ta gelée tu ne m’as fait ni peau ni pelée).

Février vexé par cette raillerie, s’en fut trouver Mars : « Mars ! rends-moi un service ! – Deux s’il le faut répondit Mars en obligeant voisin. « Prête-moi trois jours, et trois que j’en ai, je lui ferai peaux et gelées ! »  (Presto -me léou très jour, et très que n’aï, péu e pelado ie faraï).

Aussitôt se leva un temps affreux. Le verglas tua l’herbe des champs et toutes les brebis de la Vieille périrent.

La Vieille, disent les paysans, regimbait, refusait de se laisser faire «  reguignavo » ,au point que ces premiers jours du  mois s’appellent « reguingnado de la Vièio » «  ruade de la vieille »

Elle remplaça ses brebis par une vache et son veau pensant qu’ils résisteraient mieux.

Arrive le printemps. Le temps devient meilleur et le soleil plus brillant. La vieille se réjouit et dit imprudemment « en escapant de mars et de Marséu, aï escapa mi vaco y mi vedel » « en échapant de Mars et de ses giboulées j’ai sauvé ma vache et son veau »

Mars blessé par cette moquerie s’en fut trouver Avril : « Abriéou, n’ai plus que très jours, presto m’en quatre, ensemblé la vaco de la Vieio faren battre ». « Avril il ne me reste plus que trois jours, prête m’en quatre et ensemble nous ferons périr vache et veau »

Avril consentit au prêt. Une gelée tardive arriva et le gel brûla les plantes et la vache et le veau périrent. Mistral dans Mireille, écrit « e li jour négro de la vaco ». Ces derniers jours d’emprunt sont appelés « Li Vaquerieu ».

Ceux qui sont intéressés peuvent se procurer l’ouvrage : « les jours de la Vieille » de Marcelle Delpastre et Albert Pestour, édité par la société d’études historiques et archéologiques de la moyenne Corrèze, publié à Tulle en 1961. On peut consulter cet ouvrage en totalité sur internet.

Ils sont redoutés du monde de l’agriculture car les bourgeons des arbres et de la vigne sont à peine éclos et l’écart des températures entre jour et nuit ne permet pas à la terre de redonner un peu de chaleur, et bien que la température soit autour de +5° les plantes sont « brûlées »

Ces « Jours de la Vieille » ou « Jours d’Emprunts » sont marqués cette année par la Pleine lune du 14 mars et une éclipse qui donnait cette belle lune «  rouge » ou « lune de sang » à la couleur cuivrée qu’on  a pu observer en Bretagne . A ne confondre avec la lune Rousse des mois d’avril et mai dont je vous parlerai une autre fois. Comme on oublie beaucoup notamment ce qu’avaient remarqué nos Anciens en créant cette histoire, on dit une peu vite que les temps changent et que sous l’effet du réchauffement climatique, les effets de Lune Rousse se produisent beaucoup plus tôt.

On a oublié ou on ne connait plus « li Vauquerieu »

Il y a encore plus curieux.

Je rappelle, même si les professionnels de la météo et autres savants refusent d’y croire, que à chaque Nouvelle Lune ou à chaque Pleine Lune, encore  plus si la course lunaire est au périgée soit plus proche de nous et qu’il y a un nœud lunaire, il y a toujours des perturbations atmosphériques et parfois même bien plus. Grandes marées, tempêtes, voire tremblement de terre comme cette nuit en Avignon.

La lune nous surprendra toujours. Voyez plutôt. J’ai souvent expliqué, que selon un cycle dit de Méton, un mathématicien grec du Ve siècle avant JC avait calculé, sans ordinateur et sans satellite, ni avec aucun autre appareil sophistiqué, que la lune revenait dans le même contexte interplanétaire. On appelle cela le cycle de Méton ou cycle métonique. Il a une durée de 19 années plus environ deux heures. Ce cycle avait déjà été observé en Chaldée et en Mésopotamie. Je vous passe les détails.

Voyant le mauvais temps annoncé autour de cette Pleine Lune, je suis donc allé voir le temps qu’il a fait il y a 19ans selon mes notes personnelles quotidiennes.

Et c’est très étonnant de constater qu’en 2006 la Pleine Lune était le 14 mars ; qu’il y avait une éclipse comme cette année, qu’il y avait un nœud lunaire le 14 cette année et le 15 en 2006 ; que la Nouvelle Lune était le 29 en 2006 et aussi cette année, et qu’il y avait eu comme ce sera le cas cette année de grandes marées. Cerise sur le gâteau, en 2006 il a fait très froid les 13,14 et 15 et que c’est la même chose qui est annoncée cette année pour ce we. Il va faire froid.

Si vous avez en tête les étapes de l’’histoire de la Vieille vous voyez bien que nos Anciens étaient bien proches du temps qu’il fait ce mois-ci.

Je fais remarquer autre chose. Désormais, par facilité de calcul, de statistiques et de moyennes, on dit que le printemps démarre au 1er Mars ! Evidemment c’est compliqué pour des statistiques de faire un calcul sur un mois qui s’étale sur deux saisons ! Pourtant il fait donner du temps au temps et on ne peut pas le décider par une simple circulaire. Alors on parle de Printemps « météorologique » et de Printemps « atmosphérique »

C’est une décision arbitraire elle aussi qui a fixé le changement d’heure dans la nuit du 29 au 30 mars. Malgré un avis très largement défavorable à ce changement, la décision d’y mettre fin n’est toujours pas mise en œuvre. Ça me permet de souligner une autre anomalie car, en une période où on prône le retour  à la nature, c’est l’heure d’été, la plus éloignée du cycle naturel de la lune, qui a atteint une très large majorité de suffrages. Les hommes ne peuvent pas décider des règles de la nature !

Et puisque Mars est le mois des poètes, je termine cette chronique avec ces si beaux vers de Charles d’Orléans

Le temps a laissé son manteau
                    De vent, de froidure et de pluie                    
Et s'est vêtu de broderies,
De soleil luisant, clair et beau

Bon mois de mars. Adissias !