jeudi 26 mars 2026

les Vaquerieu de mars 2026

 Li Vaquerieu 2026

 

Les quelques jours de soleil de cette fin mars nous ont laissé penser que le printemps était enfin arrivé. C’était compter sans ce curieux mois de mars qui, nous le disent les vieux dictons de nos Anciens « Ce que mars couve, on ne le sait qu’après son trente et unième jour ». Ou encore : « Soit au commencement, soit à la fin, mars montrera son venin ». En pays d’Oc on dit « Mars marsejo » ce qui veut bien dire : « mars fait son temps de mars », c'est-à-dire mars n’en fait qu’à sa tête ! Mars est capricieux. On l’oublie un peu vite ! Or si nos Anciens ont tiré des leçons de ces caprices de mars c’est bien parce qu’ils s’étaient aperçus que cela se reproduisait fréquemment.

Les différents services de météorologie nous annoncent depuis plusieurs jours une chute des températures et en particulier le matin et nous pouvons déjà le constater.

« Une ou plusieurs vagues de froid destructrices pour l'agriculture arrivent en France ces prochains jours » écrit Météo Languedoc. C'est un phénomène qui se reproduit souvent au point que ça a donné naissance à une vieille légende/histoire qu'on retrouve avec des versions différentes, tout autour du bassin méditerranéen. Ça a même fait l'objet d'un livre ! Mistral écrit dans Mireille : « e li jour negro de la vaca ». Ces jours redoutés du monde paysan s'appellent « li vaquerieu ».

J’ai souvent rappelé cette légende même si elle ne se reproduit pas chaque année, cycle lunaire aidant. Par exemple les marées de l’équinoxe n’ont pas toujours lieu autour du jour de l’équinoxe comme cette année.;

On peut donc s’attendre, une fois de plus, à ce que nos médias nous servent du « jamais vu ! » ou « record de température » ou « nouvelle offensive du froid » et autres termes usant abusivement de toutes sortes de superlatifs alors que ce n’est pas si nouveau que ça qu’il fasse mauvais à la fin du mois de mars. A preuve nos dictons et cette vieille histoire/légende de la vieille « ou jours de la vache »

La voici dans une version adaptée par mes soins, selon ce dont j’ai lointain souvenir de ce que j’ai entendu dans mes Cévennes. Une étude plus approfondie des différentes versions serait un bon sujet pour des étudiants d’écoles spécialisées. Ceux qui sont intéressés peuvent se procurer l’ouvrage : « les jours de la vieille » de Marcelle Delpastre et Albert Pestour édité par la Société d’études historiques et archéologiques de la moyenne Corrèze, à Tulle en 1961.

« La vieille » prend une signification météorologique. En Provence elle représente souvent la nature.

Le journal local « le Républicain d’Uzès » avait donné dans ses pages, il y a une trentaine d’années, la version la plus proche de celle que je connais par tradition orale et qui est aussi la version de Frédéric Mistral qui dans « Mireille » écrit sur ces jours de mars « e li jour negre de la vaco » : «  ce sont les jours noir de la vache ».

Une vielle dame, s’étant gaussée d’un hiver bien peu rigoureux, avait perdu son troupeau de brebis, à cause des assauts du mauvais temps, par périodes de rafales brusques et imprévues, que rappellent à notre mémoire quelques vieux dictons bien connus de nos Anciens.

Elle ne se découragea pas pour autant et remplaça son troupeau par autant de vaches plus robustes, pensait-elle…

Le mois de mars fut favorable à son élevage et elle n’avait qu’à s’en féliciter. A la lumière de l’expérience elle eût dû en rester là. Elle eut la sottise de dire : « En escapan de mars e de marséu, aï escapa mi vaco e mi vedéu. », (En échappant à mars et à ses giboulées J’ai sauvé mes vaches et mes veaux).

Fâché d’une telle ingratitude, le mois de mars va trouver son voisin : « « Abriéu, n’aï plus que tres jour, presto-m’en quatre li vaco de la vieio faren batre. ». (Avril, je n’ai plus que trois jours, prête-m’en quatre, les vaches de la vieille nous ferons battre= mourir).  Avec l’accord d’avril, une gelée tardive tua la végétation et cette fois encore la vieille perdit son troupeau.

Il existe plusieurs variantes de cette histoire selon les régions ou les pays, notamment tout autour du bassin méditerranéen.

En Provence on raconte qu’après un hiver peu rigoureux, une vieille se moqua du mois de février parce que celui-ci n’avait pas été très rude. Comme en cette année 2026. Le mois de février en fut très fâché. Il demanda au mois de mars de bien vouloir lui prêter trois jours. Alors se leva un mistral fou qui emporta tout sur son passage. Il fit froid. Le troupeau de brebis – les bédigue s- de la vieille moururent. Elle se lamenta quelques jours puis décida d’acheter des vaches car elle pensait qu’elles résisteraient mieux au mauvais temps. Vers la fin du mois de mars, il faisait beau, les arbres fruitiers avaient déjà fleuri, les rosiers commençaient à ouvrir leurs boutons.  L’équinoxe était passée, le printemps était là. La vieille dansait de joie pensant avoir sauvé vaches et veaux. Mars se vexa et voyant que le mois allait se terminer sans qu’il ait pu faire périr les vaches de la vieille, il se retourna vers son voisin avril et lui demanda de lui prêter quatre jours. Des gelées survinrent et brûlèrent la végétation. Les vaches périrent. Ainsi, soit durant les derniers jours de février, soit les trois premiers jours de mars ou pendant les derniers jours de ce mois ou encore au début du mois d’avril on peut encore entendre, dans les campagnes de nos pays d’Oc, les lamentations de la vieille, portées par le fort vent qui souffle.  

En pays catalan ou dans d’autres régions de France on retrouve avec des variantes. On trouve même des versions à caractère grivois !

D’autres légendes courent sur ce thème en Italie, en Espagne, en Grèce et chez les Serbes, en Roumanie,  en Bulgarie, ou au Maroc, et dans bien d’autres lieux.

Selon certaines, la vieille, sortant trop tôt son troupeau de l’étable, voit celui-ci pétrifié. D’autres disent que c’est la vieille elle-même qui est pétrifiée comme chez les Aït Ouaran qui disent que les mégalithes du Mont Buiblan, ou le mont lui-même, au sud de Taza, au Maroc, sont la vieille pétrifiée au milieu de son troupeau.

A Fez, chez les Hayaina, on parle d’une vieille enlevée avec son troupeau de chèvres par un torrent en crue. Selon les lieux on trouve en effet des variantes sur le bétail : moutons et brebis, chèvres ou vaches. Ou même d’une seule vache et de son veau. Chez les Seksawa, plus au sud du Maroc, on dit que la vieille fit tondre son troupeau trop tôt croyant le froid fini, ce qui contribua à faire périr les moutons. Chez les Ntifa on parle pour ces jours de fin mars du « jour de la Chèvre ».

Ce qu’il faut retenir, c’est que la nature n’a pas fini de nous surprendre. Qu’il faut la respecter, sinon elle sait nous rappeler à l’ordre. Car « si l’hiver ne janvroie, si février ne févroie, mars vient qui ne laisse rien » dit-on en Eure et Loir. C'est-à-dire que janvier se doit d’être froid et février pluvieux, sinon les effets de l’hiver surgiront en mars, anéantissant toutes les promesses de récolte.  

Comme on ne connait plus cette vieille légende qui pourtant dépasse nos frontières, on se contente de parler des giboulées de Mars. Elles illustrent le combat entre les derniers souffles de l’hiver et les prémices du printemps, grésil n neige fondue, grêle vents forts et chute des températures d’au moins ou phénomène plus proche de celui de la Lune Rousse ? On sait en effet que le soleil de ces derniers n’a pas été assez fort pour réchauffer suffisamment la terre. Le « fonds de l’air est resté frais » ! La terre se froidit vite la nuit et ne peut restituer assez de chaleur aux jeunes pousses de la végétation, et ce notamment quand le ciel est bien dégagé. Il se produit vers le lever du jour, un choc thermique qui bien que la température soit au-dessus de zéro, brûle, roussit les jeunes pousses.  

Et il faut s’attendre à des attaques semblables de mauvais temps, avec des risques multipliés, pour la prochaine « lune rousse » qui doit commencer le 17 avril pour se terminer le 16 mai avec sa litanie de « saint Cavaliers » et de « saints de Glace ».

J’insiste sur ces dates car je lis des tas de fausses informations sur cette « appellation « Lune Rousse » y compris parce qu’elle serait plus rouge que les autres ! La Lune Rousse est le premier cycle lunaire complet qui suit la fête de Pâques.  Or une lunaison commence à la Nouvelle Lune. Donc je m’inscris en faux vis-à-vis de tous ceux qui disent que la Lune Rousse 2026 commence cette année le 1er Avril jour de Pleine Lune et non jour du début de la lunaison Et elle est qualifiée de « rousse » parce qu’elle brûle les jeunes pousses encore trop fragile. J’ai même lu qu’à cause du changement climatique la « Lune Rousse » se produit désormais plus tôt, confondant et oubliant que ce sont » les Vaquerieu » ? Laa « Lune rousse » viendra après, aux dates que je viens d’indiquer.

La prudence est de rigueur tant pour que dans les champs !  

A Diou sias !

 

 

                                                                                                     Jean Mignot

                                                                                                     26 mars 2026

 

 

 

vendredi 20 mars 2026

Du changement d'heure et de la fin mars 2026

 

Du changement d’heure - mars 2026

Dans la nuit du 29 au 30 mars nous changeons d’heure. A 2h du matin il faudra passer à 3h. On dit partout que cette mesure date de 1976 et du choc pétrolier. Chacun y va, médias aidant, de ses arguments pour expliquer que ce changement ne sert à rien, qu’il nous perturbe et perturbe les animaux et qu’on n’est pas dans la situation de 1976 et du choc pétrolier. Certes la situation actuelle au Moyen-Orient est préoccupante !

En 2019 malgré une consultation qui a donné une majorité de 84% pour l’arrêt de ce système avec un choix pour l’heure dite « d’été » et un vote adopté par le Conseil de l’Europe, la mesure n’a pas été appliquée en raison de la crise sanitaire liée au covid. Ce changement d’heure n’est plus à l’ordre du jour et ne devrait pas revenir dans l’actualité dans un avenir proche.

A l’heure où plus que jamais on prône le retour à la nature, ce choix pour l’heure d’été est en parfaite contradiction avec l ‘heure solaire qui est pourtant une référence naturelle !  Deux heures de décalage !

Je voudrais bien aussi qu’on m’explique en quoi un changement d’heure perturbe les animaux ? Il me semble que les animaux et les oiseaux n’ont pas d’horloge et ne savent pas lire l’heure et que c’est la nuit qui tombe ou le jour qui se lève qui guide leur rythme de vie, peu importe l’heure ! Voyez les oiseaux !

La question d’une harmonisation de l’heure s’est imposée notamment avec l’industrialisation et le développement des échanges commerciaux et la mise en place du réseau du chemin de fer.

Jusqu’à la fin du XIX e siècle lorsqu'il était 12 heures à Paris, il était 11 h 42 à Brest et 12 h 18 à Nice. Chaque ville, chaque communauté, se basait sur ses propres calculs du temps pour indiquer l'heure. En réalité, chacun déterminait sa propre heure en fonction de la position du soleil dans le ciel, autrement dit l'heure solaire

Plusieurs propositions d’harmonisation eurent lieu. En 1858 l’Italien Giuseppe Barilli proposa d'unifier les temps en divisant la surface terrestre en diverses zones : les fuseaux horaires. En 1879 l'ingénieur écossais Sir Sandford Fleming reprit cette idée et la perfectionna. En 1884 la Conférence Internationale de Washington décida la mise en place officielle des 24 fuseaux horaires et de prendre comme point de repère le méridien de Greenwich, dans la banlieue de Londres. « L'heure de Londres » devient alors la référence internationale. De nombreux pays suivront, dont la France qui, en 1891, adopta une heure légale unitaire, celle de Paris.  Déjà en 1667 les mathématiciens de l’Académie avaient défini le « méridien de Paris » ce qui nous vaut ce « gnomon » dans l’Eglise Saint Sulpice de Paris.  Ce n'est qu'en 1911 que notre pays accepta d'adopter le méridien de Greenwich. Désormais on parle d’ « heure GMT » = « Greenwich Mean Time= et maintenant d’heure « UTC » soit « Temps Universel Coordonné »

Quel que soit le fuseau horaire, le soleil continue de se lever à Strasbourg environ une heure avant Brest. Aucune règle ou décision ne pourra changer cela !

Le changement d’heure que nous connaissons aujourd'hui, reste lié à un souci d’économie, même si beaucoup en doutent. L’objet de ma chronique n’est pas d’en faire la démonstration. Je rappelle que c’est une bien vieille décision qui date de 1916. En pleine Première Guerre mondiale, la France souhaite économiser ses ressources énergétiques –

André Honnorat, alors député des Basses Alpes, propose aux parlementaires de voter une loi consistant à avancer d'une heure l'heure légale. Après maints grincements de dents, la loi est votée en mars 1917. La France adopte son premier changement d'heure. En 1918 pas question de rester à » l’heure allemande ». Arrive la Seconde Guerre mondiale. En juin 1940 l’occupant impose « l'heure allemande », basée sur Berlin. A la libération, la France revient au fuseau GMT en supprimant dans un premier temps le changement d'heure d'été, mais décide de conserver « l’heure allemande » d'hiver. Lorsqu'en 1945 Jean-Louis Bory reçoit le Prix Concourt pour son roman « Mon village à l'heure allemande », l'expression est officiellement consacrée. Par la suite, les historiens l'utiliseront pour évoquer assez généralement la mise au pas de notre pays par l'occupant, mais elle traduit néanmoins une réalité technique précise. Sous l'occupation on lui préfère l'expression « heure officielle », comme il est précisé par exemple sur des avis concernant des cérémonies ou des réunions privées. A la campagne on continue souvent d’utiliser le terme « ancienne heure ».  Une forme de résistance !  Les Français vivent alors à la même heure que l'Allemagne en hiver mais non en été. Ce n'est qu'en 1976 que le gouvernement du Président Valéry Giscard d'Estaing fait repasser le pays dans une alternance d'heure bisannuelle. Il me semblait important de faire ces rappels.

Je ne voudrais pas terminer cette chronique sans raconter cette anecdote qui concerne le savant Benjamin Franklin. Au passage je fais remarquer que le grand savant et diplomate, inventeur du paratonnerre, fondateur des premiers sapeurs-pompiers volontaires à Philadelphie, de la première bibliothèque de prêt des États-Unis, inventeur du poêle à bois à combustion contrôlée et des lunettes à double foyer ... entre autres ! et de « sainte Nitouche » !  était fils d’un marchand de suif et de chandelles ! Très curieux quand il s’agit d’une question d’économie de « bout de chandelles » ! Dans un article publié en 1784 dans « le Journal de Paris » dans lequel il traitait des économies d’énergies naturelles, il commence par décrire la démonstration d'une nouvelle lampe à huile, à laquelle il avait assisté la veille lors de son séjour à Paris. Il relate la discussion qui s'en était suivie à propos du rapport huile consommée/lumière produite. Le sujet en tête, il entre chez lui et s'endort vers 3-4 heures du matin. Vers 6h du matin un bruit le réveille. Il s'étonne d'une grande clarté dans sa chambre. Il pense d'abord à ces fameuses lampes à huile de la démonstration de la veille, éclairant sa chambre. Mais il constate, en fait, que ce sont les rayons du Soleil levant qui pénètrent dans la pièce. La lecture d'un almanach lui confirme que le Soleil se lèvera encore de plus en plus tôt jusqu'à fin juin.

« Cet événement me fit penser à des choses plus importantes et plus sérieuses. Si je n'avais pas été éveillé si tôt le matin, j'aurais dormi six heures de plus à la lumière du Soleil, et, par contre, aurait passé six heures la nuit suivante à la lumière des chandelles. »

Il poursuit : « En partant du principe qu'il y a 100 000 familles à Paris et que ces familles consomment la nuit 1/2 livre de bougies et chandelles par jour... En estimant de 6 à 8 heures la durée moyenne entre l'heure de lever du soleil et la nôtre... il y a donc 7 heures par nuit pendant lesquelles nous brûlons des bougies ; on en arrive au décompte suivant : En six mois entre le 20 mars et le 20 septembre, il y a 183 nuits. 7 heures par nuit d'utilisation de bougie. La multiplication donne 1281 heures. Ces 1281 heures multipliées par 100.000 donnent 128.100.000.

Chaque bougie exige 1/2 livre de suif et de cire, soit un total de 64.050.000 livres. À un prix de trente sols par livre de suif et de cire on en arrive à 96.075.000 tournois de livre." Et il conclut non pas par « ...une immense somme que la ville de Paris pourrait sauver chaque année «   mais par cette phrase : « les gens sont obstinément attachés à leurs vieilles traditions et il sera difficile de les amener à se lever avant midi ».

Il propose alors des solutions coercitives :

1) Taxer d'un louis par fenêtre les habitants qui laissent leurs volets fermés.

2) Bougies rationnées à une livre par famille par semaine.

3) Policiers chargés d'arrêter la circulation après le coucher du Soleil exceptée celle des médecins, des chirurgiens et des sages-femmes.

4) Chaque matin dès que le Soleil se lèvera, cloches d'église et, au besoin, canon informeront l'ensemble des habitants de l'arrivée de la lumière. »

Il y a donc bien longtemps que le changement d’heure est un sujet d’actualité.  Un vieux proverbe occitan nous incite à un même geste d’économie : « Oou mes de mars, lou caleu es en bas ». Avec les jours plus longs on n’a plus besoin d’allumer la lampe à huile !

Appel à l’économie mais aussi en cette fin de mois à la prudence ! Changement d’heure ou pas méfions-nous des derniers jours de mars ! « Ce que mars couve, on le sait après son trente et unième jour. » ou « Soit au commencement, soit à la fin, Mars nous montrera son venin» un autre dicton nous dit il faut que « mars marseuje », « il faut que mars fasse son temps de mars »

Il ne faut pas oublier que les derniers jours du mois sont appelés « li vaquerieu » « les jours de la vache »,  une vieille légende qui a déjà fait l’objet d’une de mes chroniques. ( envoi à la demande). Avec ce soleil qui n’est pas encore assez fort pour réchauffer la terre, il peut se produire, comme c’est le cas ces jours-ci, une forte chute de température qui, sans être au-dessous de zéro, peut provoquer un phénomène de gel qui comme pour la « Lune Rousse » d’avril et les « Saints de glace » brûle/roussi les jeunes pousses de la végétation qui a démarré. Or les températures des trois derniers jours de mars sont d'ores et déjà annoncées très basses. 

« Quand mars se déguise en été, Avril prend ses habits fourrés. » Ou encore : « Quand mars fait avril, avril fait mars ! » « En mars quand il fait beau prends ton manteau » ! Prenez soin de vous, et méfiez du soleil de mars qui « donne des rhumes tenaces » !

Quoiqu’il en soit, gardons espoir avec les poètes puisque ce mois leur est dédié et ne nous laissons pas distraire par les œuvres perverses de nos politiques de tous bords, « demain on rase gratis !  et autres amuseurs publics en recherche de « jamais vu » ou de « sensationnel ».

Rien de nouveau sous le soleil ! Théophile Gautier écrivait :

« Tandis qu’à leurs œuvres perverses

Les hommes courent haletants,

Mars qui rit malgré les averses,

Prépare en secret le printemps »

 

Avec quand même cette lueur d’espoir :   

Puis, lorsque sa besogne est faire

Et que son règne va finir

Au seuil d’avril, tournant la tête

Il dit : » printemps, tu peux venir ! »

 Adissias !

                                                                                                     Jean Mignot