mardi 2 août 2022

à propos du mois d'août 2022 et de son accent circonflexe...

 

du mois d’août 2022 et de son accent

 

Voici que s’ouvre le mois d’août, un mois avec l’accent, un accent circonflexe qui lui donne de la tonalité, alors que la période de canicule qui continue de sévir aurait plutôt tendance à nous ramollir !

L'accent circonflexe (du latin circumflexus, « fléchi autour ») est un diacritique de l'alphabet latin hérité de l'accent circonflexe grec. Un signe diacritique ou diacritique (nom masculin), est un élément adjoint à une lettre d'un alphabet pour en modifier la valeur ou pour distinguer des mots homographes, c’est-à-dire des mots qui ont même orthographe. Des homonymes qui s'écrivent, se prononcent ou non de la même manière, mais n'ont pas le même sens. Par exemple : « Les poules du couvent couvent ». À ne pas confondre avec des mots homophones, c’est-à-dire des mots qui se prononcent de la même manière mais n'ont ni le même sens ni la même orthographe. On se souvient des sketches de Raymond Devos.

Les mots ont une sonorité notamment à cause des consonnes qu’on omet souvent de prononcer. Souvenons-nous de la leçon de Monsieur Jourdain et de son maître de philosophie « il faut commencer selon l’ordre des choses, par une exacte connaissance de la nature des lettres, et de la différente manière de les prononcer toutes. Et là-dessus j’ai à vous dire, que les lettres sont divisées en voyelles, ainsi dites voyelles, parce qu’elles expriment les voix ; et en consonnes, ainsi appelées consonnes, parce qu’elles sonnent avec les voyelles, et ne font que marquer les diverses articulations des voix. »

Je peste par exemple après ceux qui faisant des lectures publiques dans nos édifices religieux, prononcent : « Jésus Cri » alors que Jésus « Christ » c’est bien autre chose qu’une voix qui crie dans le désert !

Août avec son accent c’est un peu tout cela. Si cet accent se perd comme le préconisent les auteurs de la réforme de l’orthographe avec parmi eux d’éminents académiciens dont le rôle est bien pourtant de maintenir notre langue, août va devenir comme bien des choses en ce moment, un mois sans caractère.

Un accent circonflexe, c’est, graphiquement, la réunion d'un accent aigu et d'un accent grave. Il fait ses premières apparitions dans les langues modernes en français au XVI e siècle.

C'est le grec ancien, tel que typographié à l'époque (et encore maintenant pour l'essentiel), qui lui a fourni ce diacritique, constitué simplement de la réunion d'un accent aigu et d'un grave. Il semble que l’anatomiste et grammairien Jacques Dubois, dit Sylvius, soit le premier à l'avoir importé bien qu'il ait écrit en latin.

Ne pas confondre ce Jacques Dubois avec un autres Jacques Dubois célèbre, ébéniste et spécialiste de la laque qui vivait pendant le règne de Louis XV.

Jacques Dubois, est un linguiste et grammairien né en 1489 à Lœuilly près d'Amiens d'où son pseudonyme Jacobus Sylvius Ambianus. Il fut avant tout médecin, traducteur et commentateur d'Hippocrate et de Galien. Il étudie également la linguistique, la grammaire et les mathématiques à Paris. Il commence sa carrière en enseignant le latin et le grec. Grammairien, il entreprit de calquer la graphie française sur l'étymologie latine; ainsi en 1531, il édite  chez Robert Estienne un ouvrage intitulé "Introduction à la langue française suivie d'une grammaire », dont le texte original est en latin. Il s'agit d'un glossaire décrivant l'évolution du latin au français suivi d'une grammaire française en latin qui est la première grammaire de la langue française publiée en France. Sa grammaire est un événement isolé dans sa carrière, sorte de cadeau de mariage à la reine Éléonore d'Autriche (1498-1558), sœur de Charles-Quint, que vient d'épouser François 1er le 5 août 1530, et qui ne connaît pas le français. Il a également laissé des poèmes latins.

Les médecins le connaissent notamment pour sa pratique l'anatomie qu’il a fait évoluer avec un tel succès qu’on disait « Qu'il ne pouvait trouver personne en Europe qui pût l'égaler »

D’autres grammairiens ont tenté de donner à l’accent circonflexe, un rôle dans l’orthographe, rôle qu'il n'a pas forcément conservé. Il faut en effet attendre le XVIII siècle pour que son utilisation soit normalisée et devienne proche de celle qu'on lui donne aujourd'hui.

Etienne Dolet dont on ne sait s’il doit être classé parmi les représentants du protestantisme ou parmi les défenseurs d’un rationalisme antichrétien et aussi un grammairien qui a publié en 1540 « Manière de bien traduire d'une langue en aultre : d'aduantage de la punctuation de la langue Francoyse, plus des accents d'ycelle », a ait du circonflexe la marque des phonèmes amuïs : c'est bien une des principales fonctions actuelles de ce diacritique en français...

Il conclut lui-même « Ce ſont les preceptions [préceptes], que tu garderas quant aux accents de la langue Francoyse. Leſquels auſsi obſerueront tous diligents Imprimeurs : car telles choſes enrichiſſent fort l'impreſsion, & demõſtrent [démontrent], que ne faiſons rien par ignorance.

Ami de Rabelais et de Marot, l'écrivain et imprimeur lyonnais Étienne Dolet est exécuté le 3 août 1546, place Maubert à Paris, pour trois petits mots de trop. Trois mots qu'il rajoute à la traduction d'un discours de Socrate. Celui-ci, s'adressant en grec à son ami Axiochus, prononce la phrase suivante : "... Et si tu mourais, elle (la mort,) ne serait pas davantage pour toi, puisque tu ne serais plus rien." Pour insister, Dolet traduit cette phrase par : "... Et si tu mourais, elle ne serait pas davantage pour toi, puisque tu ne serais plus rien du tout."

Ce rajout fut le prétexte utilisé par l'Inquisition pour se débarrasser de cette grande gueule, ami de Rabelais.

Pour le tribunal inquisitorial, ce "rien du tout" équivaut à une négation blasphématoire de l'immortalité de l'âme. Cela fait de lui un hérétique bon à être jeté dans un bûcher. Il aurait composé ce pentamètre sur le chemin du bûcher : « Non dolet ipse Dolet, sed pia turba dolet » (Ce n’est pas Dolet lui-même qui s’afflige, mais la multitude vertueuse » 

Aujourd’hui l’accent circonflexe donne surtout une indication du timbre des voyelles

Mais avec août on est sur une toute autre explication ou justification car si l’accent de notre mois remplace bien une lettre il est surtout justifié par l’origine historique du mot, histoire qui pour une simple justification de simplifications risque de disparaître.

En effet la « réforme » préconise que l’accent circonflexe sur les voyelles « a », « e » et « o » et sur « i » et « u » n'est plus obligatoire sauf lorsque cela crée de la confusion.

Établir de nouvelles règles et simplifier l’orthographe est un objectif respectable et nécessaire. Mais nous voyons bien que l’accent circonflexe d’août se situe à un autre niveau. Et puis il y a bien des exceptions à la règle, Août pourrait-être de celles-là !

Pour moi août ne peut être victime de cet « amuïssement » c’est à dire de ce phénomène qui dénature totalement l’origine du mot, entraîne une atténuation ou, le plus souvent en une disparition complète d'un phonème ou d'une syllabe dans un mot.

Août est un mois qui a beaucoup de caractère avec son accent chargé d’histoire ! accent qui rappelle le « s » et le « t » de son origine, Auguste. Cet accent est le rappel de son étymologie. L’historien Flavius Macrobius Ambrosius Théodosius, plus connu sous le nom de Macrobe, né en 370 ap JC en Numidie, dans un de ces trois royaumes qui se partageaient l’Afrique du Nord berbère ( N’a-t-on pas un peu trop tendance à effacer ce qui s’est passé dans ces régions avant l’an 622 ! ) , et Lucius Cassius Dio, dit Dio, né en Bythinie, pas loin de Nicée, nous ont laissé le récit de la décision du Sénat romain baptisant le  sixième mois de l’année du nom de Caius Octavius Thurinus, Imperator  Caesar Divi Filius Augustus, dont on n’a retenu que le qualificatif Auguste.

Ces historiens sont qualifiés de « passeurs de témoins ».

Il s’agissait, en vertu d’un Sénatus-Consulte, de rendre hommage aux principaux événements de la vie d'Auguste, tels que son premier consulat, ses trois triomphes, la conquête d'Égypte, la fin des guerres civiles, accomplis dans le cours du huitième mois de l'année. Cela se passait en l’An 8 avant JC.

C'est ainsi que pour avoir autant de jours dans le mois qui porte son nom que dans celui qui porte le nom de Jules César, (Julius mensis, « juillet ») on amputa février d’un jour puisque lui il n’avait été créé que pour arriver à un bon compte sur la durée de la course du soleil. Août nous rappelle aussi cela dans le déroulement de notre calendrier encore actuellement

La seule trace de cette origine est cet accent circonflexe que ces Messieurs du quai de Conti voudraient faire disparaître, en ignorant ce fait historique que nous rappelle ce petit signe : un accent circonflexe ! Sauvegardons l’accent du mois d’août avec nos amis d’Espagne qui continuent d’appeler ce mois « agosto » et ceux d’outre-Manche qui écrivent « August » et de bien d’autres pays !

J’ai rappelé l’an dernier dans pareille chronique, les consignes du dictionnaire de Littré, La Fontaine et son : « Je vous paîrai, lui dit-elle, avant Oût, foi d’animal » ; Madame de Sévigné qui écrivait le mois d’out ; Voltaire dans l’avertissement de Zaïre qui recommande de prononcer « oût » et écrivait à la marquise du Deffand : « A Ferney 19 Auguste, car il est trop barbare d'écrire août et de prononcer « ou ».

La prononciation « a-ou » reparaît à partir du XIX e siècle chez les orateurs démocrates et chez les poètes comme Sainte-Beuve, V. Hugo et H. de Régnier mais on serait, parait-il, dans la vraie tradition française en prononçant toujours et uniquement « ou ».

Ceci est d’autant plus étonnant que d’autres mots dérivent de ce nom comme « aoûtat » pour cet acarien qui provoque des démangeaisons et allergies à cette période, et « aoûtien » qui désigne une personne prenant des vacances en août.. Faudra-t-il un jour modifier ces noms-là ? Et quid de l’aoutage et d’un bois aoûté, quand vers la fin juillet les rameaux des plantes se durcissent pour prendre l’aspect du bois. C'est la lignification ou aoûtement, période si propice pour greffer.

C’est sûr, comme le rapporte Ménage, qu’on peut, avec le Président de Bellièvre, « s’imaginer entendre miauler les chats quand les Procureurs, à l’audience, disent que l’affaire est reportée à la mi-août ! ».

Avec la canicule ambiante suivons les conseils de ce dicton ancien : « Entre juillet et août, le boire est de bon goût ! » de l’eau bien sûr !

Voila ! « Il est temps de faire l’août. » dit-on parfois

 

« Je suis Aoust auquel nul grand loysir

ne doit prendre ne séjourner,

mais faucher, fener par plaisir,

mettre en grange, battre et venner »

 

nous dit le Grand Calendrier des Bergers de Guiot-Marchand en 1496.

Et surtout ne cédons pas à l’uniformité signe d’ennui et gardons notre accent circonflexe et toute la tonalité qu’il signifie, dans un temps où se perdent les notions d’orthographe notamment à cause du langage automatisé des sms et autres compositions automatiques que nous imposent les logiciels de nos portables.

Bon mois d’août. Addissias

 

Jean Mignot le 2 août 2022

vendredi 15 juillet 2022

A propos de canicule.. histoire de se rafraîchir...

 Histoire de Canicule.. ou jamais vu? ... Histoire de se rafraîchir la mémoire ! ce verbe est bien plus que jamais d'actualité !

1er juillet 1952 Canicule.L'eau manque en région parisienne . Près de 40° en Beauce
2 juillet 1976 : devant la sécheresse, on tente de produire de la pluie en Haute Garonne.
5 juillet 1957 : Canicule. Une partie de la région parisienne est rationnée en eau.
7 juillet 1982 Canicule extrème dans le Sud. 44 ° à Entrecasteaux, 43° au Cannet; 42° à Hyères.
10 juillet 1995: Canicule généralisée. Il fait près de 35° sur toute la France.
13 juillet 1921 : La sécheresse fait des ravages depuis plusieurs mois. Record absolu de chaleur dans le Sud-Ouest avec plus de 40° à l'ombre.
15 juillet 1928 : Véritable fournaise sut toute l'Europe. On se baigne dans la Seine.
21 juillet 1947: début d'une vague de chaleur historique. Pendant 15 jours les températures vont dépasser 35° sur une grande partie de la France.
24 juillet 1947 :la canicule devient exceptionnelle. Les dépôts de glace sont dévalisés.
27 juillet 1933: Canicule sur toute la moitié Ouest de la France. On atteint 40° à Poitiers
28 juillet 1947: c'est un des jours les plus chauds de l'histoire. Record absolu à Paris avec 40.4° à Paris.
30 juillet 1984 : Partout très chaud: jusqu'à 37° dans le Sud-Ouest et 35° sur le bassin parisien.
31 juillet1983: Canicule record: 41° à Vichy, Clermont-Ferrand et Saint Etienne; 39° à Besançon.
J'aurai pu rappeler les violents orages qui dévastent Montauban et la Savoie le 17 juillet 1971, ou de la catastrophe de Saint Prix le 20 ,juillet 1955, ou encore des grélons de 5 cm de diamètre sur Nantes le 18 juillet 1983, de la catstrophe du Grand Bornand le 14 juillet 1987, de la tornade qui dévaste Mirecourt le 11 juillet 1984, du Vieux port de Marseille inondé le 16 juillet 1958, et de la terrible castastrophe d'Auch le 22 juillet 1977.
Certes ces dates sont assez anciennes pour que beaucoup ne s'en souviennent pas. Mais il me semble que le devoir d'informer impose de vérifier auparavant les informations qu'on publie. Alors Mesdames et Messieurs les météorologues regardez un peu en arrière avant d'écrire : 'C'est du jamais vu! " ou " records battus" !
Francoise Prezet
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dimanche 3 juillet 2022

 

 

 

du mois de Juillet 2022

 

 

Juillet, le « Quintilis » du calendrier de Romulus, devenu « Julius » en l’honneur de Jules César sur proposition de Marc-Antoine, son cousin et lieutenant qui devait devenir ensuite Antoine et rival d’Auguste, ne marque aucun début de saison mais il reste un mois très flatteur pour les calendriers car il contient non seulement la fête de la Nation le 14 juillet, mais il marque l’arrivée des vacances et de la canicule.

Pour Charlemagne il était le mois de foins et la révolution en avait fait « messidor », ce qu’il est bien encore dans ses premiers jours, le mois des moissons avant de devenir « thermidor » le mois de la canicule qu’il partage avec son collègue « août ».

« Et je croys se je vous disoye

Les valeurs qui sont en mon fait

Qu’à grant peine creu je seroye,

Et si suis le moys de Juillet,

Je suis joyeux e peu de plet

Pour tous bien faire tost meurir »

Grand Calendrier des Bergers de 1496

Juillet c’est le mois où l’on met le verger en confitures et le potager en conserves.

Depuis le premier du mois, pas question de chômer : « A la saint Thierry aux champs jours et nuits ! ».

Les premiers jours de ce mois sont des jours de références pour la pluie s’il en fait : « Pluie que Saint calais ( le 1er) amène durera au moins six semaines » et pour la fête de la Visitation le 2 «  S’il pleut à la Visitation trente jours de bénédiction ». Las ! cette année le mois de juillet s’inscrit dans la foulée de juin et s’annonce chaud et sec !

Le nœud lunaire du 9 et la pleine lune du 13 vont amener ici ou là un temps plus orageux et les orages du 14 juillet seraient les bienvenus s’ils n’amènent pas trop de grêle. C’est surtout après le nœud lunaire du 22 que juillet entrera dans la canicule, c’est à-dire la période où le soleil se lève et se couche en même temps que la constellation du Grand Chien, l’une des plus anciennes constellations de l'hémisphère nord, du fait de la présence en son sein de Sirius, l'étoile la plus brillante du ciel, après le Soleil

Le Grand Chien (Canis Major) est une constellation un groupe d’étoiles, située au Sud-Ouest d'Orion, dans le prolongement de son baudrier.  Sa principale étoile est Sirius, la plus brillante du ciel. On y remarque aussi : Mirzam (Bêta) une super-géante, Adara (Epsilon), une autre super-géante, Muliphein (Gamma), Wezen (Delta), Aludra (Eta) et Furud (Dzêta). La mythologie grecque, et plusieurs légendes proposent une explication sur plusieurs d’entre elles. Orion et son chien pourchassant le Lièvre dans le ciel ; Aurore qui donna à Céphale un chien capable de vaincre un renard extraordinaire à la course qui en récompense fut placé par Zeus dans les cieux ; Actéon et son chien Lélaps ; Céphale et Procris fille du roi Erechthée d’Athènes à qui Artémis offre un chien extraordinaire ;  Ulysse et de son chien Argos.

Au ier siècle, le Grand Chien fait partie des 48 constellations répertoriées par Ptolémée dans son œuvre Almageste.

On parle de « lever héliaque », c’est-à-dire le moment où une étoile devient visible à l’est au-dessus de l’horizon, après une période où elle était cachée ou noyée par la luminosité du soleil. Lors du lever héliaque, l'étoile se lève pour disparaître presque aussitôt dans les lueurs du jour naissant

Une étoile réapparaît à l'aube, au-dessus de l'horizon du côté « Est », environ une année après son précédent lever héliaque, une période qui correspond à l'année héliaque de l'étoile.

Une année héliaque est très proche, en moyenne, d'une année sidérale (en moyenne 365,256 363 051 mises à part les différences dues au mouvement propre de l'étoile. Cette approximation est d'autant plus correcte que l'étoile est proche de l'écliptique. Si ce n'est pas le cas, l'année héliaque varie en fonction de la latitude et du moment, en raison de la précision des équinoxes.

Dans l'Egypte antique, le calendrier était basé sur le lever de Sirius, annonciateur des crues du Nil , indispensables à la vie du peuple égyptien.

Les Sumériens, les Babyloniens et les Grecs utilisaient le lever héliaque de plusieurs étoiles pour synchroniser les activités agricoles.

C’est cette période qu’on appelle « canicule ». à cause du lever de la constellation du Chien. Si aujourd’hui ce mot est devenu signe de grosse chaleur, parce que la période correspond à ce moment où il fait chaud – c’est le thermidor du calendrier républicain - dans quelques dizaines de milliers d’années, avec le décalage des systèmes terrestres et planétaires, la canicule tombera en plein hiver !

Quels dictons citer que je ne vous ai déjà donnés, avec souvent aussitôt son contraire ?

Le 13 juillet « C’est vers la Saint Hippolyte que le raisin change plus vite ! » on dit qu’il tourne s’il commence à prendre de la couleur. Mais ce jour c’est aussi la Saint Eugène. Or : « Pluie à la saint Eugène met le moissonneur à la gêne » on comprend bien cela car il n’est pas question d’engranger du blé, du foin ou tout autre moisson si elle est mouillée. « Mais le soleil pompe l’eau c’est signe de huit jours chauds ! ». On trouve encore « Du tonnerre à la sainte Marguerite (le 20) le vilain se console vite ; il n’est jamais assez mouillé pour que le blé soit rouillé ». Le blé ne craindra plus les caprices du ciel. « Vers la Saint Marguerite toujours pluie est maudite, le chou réussit le froment pourrit » et Virgile écrivait « les pluies sont le fléau des moissons mûres ». Sainte Madeline le 22 arrive avec la canicule « A la sainte Madeleine, la noix est pleine, la noisette bonne à manger, le raisin formé, le blé au grenier, la paille au pailler ».

Du 1er au 12 la courbe lunaire est descendante, c’est une bonne période pour tailler, en particulier ce qui a muri ou fleuri. Puis du 12 au 26 en courbe montante ce sera le moment de faire des greffes et des boutures.

Avec le 14 juillet nous avons tendance à penser un peu vite à la prise de la Bastille et aux feux d’artifice en oubliant bien trop vite les origines des deux.

Certes le 14 juillet est bien l’anniversaire de la prise de la Bastille mais ce qu’on célèbre ce jour-là c’est la Fédération, c'est-à-dire ce qui devrait « réunir » ! et symboliser l’Unité Nationale. En 1790 c’était cet enthousiasme qui régnait sur tout le Champ de mars pour la première grande fête de la Nation. En 1792 l’enthousiasme des premières années de la révolution avait largement commencé de s’émousser. En 1880, sur proposition de Benjamin Raspail, le président Jules Ferry promulgua le décret qui fit du 14 juillet notre Fête Nationale, ce qui valut à bien de petits enfants de certains pays (il faut que je fasse attention à ce que j’écris pour ne pas être taxé de racisme !)  de s’appeler « Fetnat » !. L’esprit national était encore bien vivant surtout après les guerres. Aujourd’hui on danse et on tire des feux d’artifice. !  Artifice ?  tiens !  Voilà un mot qui pourrait bien qualifier notre sentiment patriotique d’aujourd’hui ! L’unité nationale après les élections que nous venons de vivre, reste bien une question !

Les feux d’artifice qui réjouissent petits et grands existent depuis bien longtemps. On les retrouve au XVIe siècle dans un ouvrage italien consacré à la guerre. Certes la poudre vient de Chine. Mais le premier grand feu d’artifice tiré en France le fut à Paris place des Vosges, le 7 avril 1612 à l’occasion du mariage de Louis XIII et d’Anne d’Autriche. La vogue de ces feux se répandit bien vite, tant l’homme a été attiré de tous temps par l’image du feu et de l’incendie. ! Dès le Moyen-Âge, l’effet lumineux qui accompagnait l’envoi des boulets de canons exerçait une réelle fascination sur les peuples. Au XVIII e siècle on découvre les effets rougeoyants que procure l’adjonction de limaille de fer. Claude-Fortuné Ruggieri perfectionne cette méthode et depuis Louis XV l’entreprise Ruggieri est indissolublement liée à l’histoire des feux d’artifice. Les cinq frères Ruggieri s’installent à Paris dès 1730 et ils fondent une véritable dynastie toujours présente aujourd’hui même si en 1997 elle s’est alliée avec la dynastie des Lacroix de la région toulousaine. La pyrotechnie est devenue une science que l’informatique permet de porter au maximum de ses possibilités pour notre émerveillement. Même si ça fait beaucoup d’argent qui part en fumée et qui pourrait-être consacré à de plus nobles causes que de réjouir le peuple. !

Comme il est encore temps de cueillir les plantes médicinales, je vous livre cette recette qui découle de la « leibothérapie » ou « Fleurs de Bach ». Le Docteur Edward Bach, un médecin homéopathe et bactériologiste, un Gallois, qui consacra sa vie à identifier les émotions et à tenter de les rééquilibrer, persuadé que "pour être en bonne santé, il faut être en harmonie avec son âme". En se promenant dans la campagne, il s'était aperçu qu'en passant sa main au-dessus de certaines plantes, il ressentait des émotions particulières. Il les a donc définies en 7 groupes qui correspondent aux conflits existant en chacun de nous : la peur, l'incertitude, le manque d'intérêt pour le présent, la solitude, l'hypersensibilité aux influences, le découragement ou le désespoir, la préoccupation excessive du bien-être des autres.

La "mission" des fleurs de Bach vise à éveiller les qualités qui nous font défaut ou développer celles qui sont en veilleuse. C'est ainsi que la fleur de l'Orme (Elm) va agir sur la tristesse ou le découragement en développant une qualité de vaillance et d'optimisme ou que le chèvrefeuille (Honeysuckle) va faire du bien à celles qui souffrent de nostalgie... En traitant les déséquilibres émotionnels, ces élixirs améliorent les conditions physiques.

Au total, le Dr Bach a déterminé 38 états d'âme représentatifs de l'être humain et il leur a trouvé 38 correspondances florales. Elles se prennent de façon ponctuelle ou régulière selon que l'émotion est passagère ou récurrente.

Depuis leur découverte, il y a quelques dizaines d'années, la préparation des élixirs n'a pas changé. Il ne s'agit ni de cocktail d'acides aminés, ni d'oligo-éléments. C'est l'essence de la fleur, son énergie, qui contient l'impulsion thérapeutique. Les fleurs sont cueillies en pleine floraison, puis diluées dans de l'eau pure. Le liquide recueilli constitue l'élixir mère.

Les élixirs s'administrent donc par voie orale, sous forme de gouttes. Ils s'utilisent également en traitement externe, dilués dans l'eau du bain, en frictions ou en massages, mélangés à une crème neutre.

Pour une émotion passagère : versez 3 gouttes de chaque élixir (chaque flacon possède un compte-gouttes) dans un verre d'eau minérale faiblement minéralisée, non pétillante. Remuez pendant quelques secondes avant de boire à petites gorgées. Renouvelez l'opération quatre fois dans la journée et pendant 1 à 5 jours, le temps de rééquilibrer vos émotions.

En traitement de fond (trois semaines environ) pour traiter des émotions plus vieilles : dans un compte-gouttes de 30 ml rempli d'eau minérale non pétillante, versez 3 gouttes de chaque fleur. Agitez. N'utilisez pas plus de 7 fleurs par flacon. Et versez 4 gouttes de ce mélange d'élixirs floraux sur la langue, quatre fois par jour entre les repas.

La camomille apaise la colère et le houx la jalousie. La sauge calme l’impatience - (le 14 juillet dans le calendrier républicain était le jour « sauge ») – La vigne calme la froideur. La sensation de souillure disparaîtra avec la fleur de pommier. C’est ainsi qu’on se débarrasse des angoisses métaphysiques avec l’ail, de la timidité avec le peuplier, de la mélancolie avec la moutarde ou d’un excès d’autoritarisme avec la vigne. (pas avec le vin ! ).

Les pétales et les feuilles devront être cueillies vers 10h du matin de façon à avoir devant soi quelques heures de plein soleil.

Dans un grand bol de verre transparent mettez 3 litres d’eau de source pure. Ajoutez 200 à 300 grammes de fleurs en pétales. Placez le bol 4 heures de temps au soleil. Si un nuage passe quelques minutes il faut recommencer toute l’opération… ! Filtrez, avec une étoffe en coton, le liquide, dans un autre récipient de verre que vous remplirez à moitié. Complétez par du cognac pour obtenir environ 2 litres « d’essence –mère ».

Pour faire un flacon d’élixir floral, à l’aide d’une pipette, diluez 2 gouttes de cette « essence-mère » dans un flacon, de 30 ml de cognac. Remuez doucement le flacon pendant 3 minutes.

Posologie : 2 gouttes 3 fois par jour. Vous m’en direz des nouvelles ! avec l’espoir, avec cet élixir de vous retrouver fidèle à ma chronique le mois prochain !

Addissias !

 

Jean Mignot le 3 juillet 2022 par 35° à l’ombre

lundi 13 juin 2022

Qui a inventé la Fête de la Musique

 

Qui a inventé la fête de la Musique ?

 

Si c'est Jack Lang, alors ministre de la Culture, qui lança la première édition de la fête de la musique en France en 1982, il faut remonter à l'année 1976 pour connaître la véritable histoire de la fête de la musique et même bien au-delà !

Cette année-là, Joël Cohen, un musicien américain qui travaillait pour France Musique, propose des « Saturnales de la Musique » le 21 juin et le 21 décembre - une programmation musicale spéciale diffusée toute la nuit, pour fêter en musique les deux solstices. La première édition a lieu le 21 juin 1976.

Il se trouve qu’à la même époque, le compositeur Maurice Fleuret est aux commandes d’une émission hebdomadaire sur France Musique. Le concept de Joël Cohen aurait-il inspiré le futur Directeur de la Musique et de la Danse de Jack Lang ?

Quelques années plus tard, le 10 juin 1981, la « Fête de la Musique et de la Jeunesse » est organisée pour célébrer l'élection de François Mitterrand, un concert gratuit place de la République à Paris réunit environ 100 000 personnes.

Jack Lang et Maurice Fleuret s'inspirent de cet évènement festif et des « Saturnales de la Musique » de Joël Cohen pour créer la Fête de la Musique dont le titre était initialement « Faites de la musique ! » afin d'inciter les amateurs à se produire en France. Et ça marche ! Le 21 juin 1982, jour de la première Fête de la Musique officielle, les musiciens envahissent les bars, les parcs, les rues pour le plus grand bonheur des citoyens.

Quelle que soit l’origine de la Fête de la musique, à ses débuts, personne ne pouvait imaginer un tel succès populaire.

C'est "une révolution dans le domaine de la musique, qui tend à faire se rencontrer toutes les musiques – sans hiérarchie de genre ni d’origine – dans une commune recherche de ce que Maurice Fleuret appelait « une libération sonore, une ivresse, un vertige qui sont plus authentiques, plus intimes, plus éloquents que l’art », raconte le site officiel de la fête de la musique.

Reprise dans plus de 110 pays à travers le monde, la Fête de la Musique est aujourd'hui célébrée dans plus de 350 villes et 120 pays.

Mais pourquoi la fête de la musique a lieu le 21 juin ?

Jour du solstice d'été, le 21 juin est la nuit la plus courte de l'année dans l'hémisphère nord. Un jour symbolique qui signe le début des beaux jours et un temps qui incite à faire la fête jusqu'à l'aube.

Pourtant il y a un problème pour cette date.  En effet le solstice d’été n’a pas toujours lieu le 21 juin. En 2024 le solstice sera le 20 juin alors que la fête de la Musique étroitement liée à la date du solstice restera le 21 juin.

Le symbolisme qui relie Fête de la Musique et solstice d’été ne sera pas toujours une réalité car la décision de 1982 ne tient pas compte de l’évolution du calendrier. 

Le solstice d’été qui est la date du jour le plus long de l’année dans l’hémisphère nord ne tombe pas toujours le 21 juin. Depuis le calendrier « grégorien » entré en vigueur en 1582, avec quelques nuances selon les pays, il peut intervenir le 19 juin le 20 juin, le 21 et même le 22.

Le solstice d’été sera le 22 juin en 2203, 2207, 2211 et 2215, puis en 2304. En 2488 le solstice sera le 19 juin et ce sera la première fois depuis la mise en place du calendrier « grégorien ». Notez-le, on ne sait jamais !  

On ne peut donc pas vraiment dire que la Fête de la Musique est fixée au solstice d’été. On ne commande pas au temps par une circulaire ou un décret !

D’où ma question : qui est donc le véritable inventeur de la fête de la Musique, bien au-delà de ce que je viens d’écrire.

Si on fait un grand bond en arrière, on trouve une autre origine d’une fête de la musique, celle-là étroitement liée au solstice qui selon les règles du calendrier « Julien » était toujours et invariablement le 24 juin, tout comme celui d’hiver le 24 décembre. D’où la fête de Noël le 25 décembre et le 24 juin la fête de la naissance de Jean-Baptiste, le précurseur, celui qui annonçait la naissance de Jésus.  Ce faisant l’église sublimait des fêtes qui depuis la nuit des temps célébraient le soleil vainqueur des ténèbres avec notamment des feux de joie devenus nos Feux de la Saint Jean.

Cela a été pendant 1582 ans et même avant, alors que la date du solstice, pour rattraper le rythme de la course du soleil est désormais fixé au 21 juin ou à une date proche, et cela seulement depuis 440 ans cette année.

Un chant grégorien (hymne à Saint-Jean-Baptiste écrit par Paul Diacre, né en 730, mort vers 799), possédait une caractéristique intéressante : chaque vers commençait sur une note plus haut que le vers précédent. Or jusqu’à cette époque les notes étaient choisies dans les premières lettres de l’alphabet, ce qui est encore le cas dans certains pays anglo-saxons.

Guy d’Arezzo, un moine bénédictin de cette belle ville entre Toscane et Romagne, qui vivait de 992 à 1033 en recherchant à la fois un système de notation facileet une codification des intervalles musicaux, a imaginé ce qu’on désigne aujourd’hui par le mot de « gamme », en prenant les premières syllabes de cet hymne de la fête de Saint Jean-Baptiste pour baptiser les notes de la gamme.

Voici ce chant, avec la mélodie et la traduction :

Ut queant laxis 

do re fa (remi) re 

 Que tes serviteurs chantent

resonare fibris 

re re do re mi mi 

D’une voix vibrante

Mira gestorum 

(mifasol) mi re (fado) re 

Les admirables gestes

famuli tuorum 

 fa sol la (solla) re re 

De tes actions d’éclat.

Solve polluti 

(sollasol) mi fa sol re 

 Absous des lourdes fautes,

 labii reatum 

 la sol la fa (solla) la 

De leurs langues hésitantes

Sancte Joannes 

(solfa) re do mi re 

[Nous t’en prions,] Saint Jean.

 

 

 

Le Si est en fait venu plus tard. Il vient des initiales SJ du dernier vers (jusque-là, les musiciens se contentaient de six noms de notes, dans un système complexe dit d’hexacordes, permettant par enchaînements successifs de décrire les gammes heptatoniques, mais système aboutissant à des ambiguïtés qui finirent par devenir gênantes). On attribue cette création à Anselme de Flandres.

C’est aussi vers cette époque que Ut est devenu Do, parce que Ut était une syllabe trop difficile à chanter (le choix pourrait venir de la première syllabe du mot Domine, Seigneur ou Dieu en latin).

Cette création se retrouve dans les écrits de Giovanni Maria Bononcini au XVIIe siècle et Pierre l’Arétin, lui aussi natif d’Arezzo parle du « do » en 1536

Certains pays (Allemagne et pays germanophones, Angleterre et pays anglophones) n’utilisent pas cette nouvelle dénomination et ont conservé l’ancien système inspiré de l’Antiquité, qui consistait à nommer les notes par les premières lettres de l’alphabet. Voilà pourquoi le blues et le jazz, musiques d’origine américaine, notent aujourd’hui les harmonies grâce à des lettres :

Cela donne :

Système latin

Système anglophone

Système germanophobe

do

C

C

ré

D

D

mi

E

E

fa

F

F

sol

G

G

la

A

A

si

B

H

 

Ceci est un fait remarquable que connaissent bien les bons amateurs de musique, ou qu’ils se doivent de connaître, avec quelques bémols, dièses et bécarre, apportés récemment en 1988 par MM Chailley et Viret dans La Revue Musicale. Ce serait dommage d’effacer cette jolie histoire ! Pour plus de détails voyez vos encyclopédies, par exemple l’Encyclopédia Universalis à l’article « Gamme ».

Il y a donc bien longtemps que la musique est au cœur du solstice d’été. Nos dirigeants de 1982 savaient-ils ce fait historique ?

Qui donc est le véritable inventeur de la Fête de la Musique ?  Jack Lang mais aussi Joël Cohen et Maurice Fleuret et avant eux Guy d’Arrezo, Giovanni Maria Bononcini, et sans doute d’autres qui tous à leur façon, tous ont contribué à la création de cette si belle fête.

Mon intention est de rappeler ici, que depuis bien longtemps, on fête la musique en ces périodes où l’été prend ses marques, solstice ou pas !


Le 21 juin : faisons de la musique en pensant à tout ce qu’on leur doit !  et renouons avec la belle tradition des Feux de la Saint Jean en restant vigilants et prudents car nous sommes en période de grande sécheresse !

Adissias !

 

Jean Cévenne