samedi 16 avril 2022

de Pâques 2022

 

de Pâques 2022 et de la Lune Rousse  

 

En préambule de cette chronique et pour vous présenter la suite c’est-à-dire les risques que va amener la prochaine Lune Rousse, je tiens à vous alerter sur trop d’optimisme face au beau temps qui règne cette année sur notre week-end pascal. Il a fait plutôt mauvais temps à la Noël 2021, du moins chez nous dans le Midi, et on pouvait se demander si le dicton bien connu rapprochant le temps de Noël de celui de Pâques pouvait s’inverser « Noël au balcon Pâques aux tisons ». Donc cette année c’était plutôt « Noël aux tisons Pâques au balcon » ! Et voilà que ça se confirme. Cela peut aussi s’expliquer puisque « Pâques est le dimanche qui suit le 14e jour de la lune (c’est-à-dire la pleine lune) qui atteint cet âge le 21 mars ou immédiatement après ».  Ou pour être plus clair « Pâques est le premier dimanche qui suit la première Pleine Lune de Printemps ». C’est-à-dire la Pleine lune de la lunaison qui se produit après l’équinoxe de printemps. Vous suivez ? en d’autres termes, l’équinoxe était le 20 mars. La lunaison qui suit cette date de l’équinoxe a commencé le 1er avril et se terminera le 30 avril. La Pleine Lune de cette lunaison est le 16 avril et donc Pâques est bien le premier dimanche après la première Pleine Lune qui se produit après l’équinoxe. Vous suivez encore ? C’est très important de bien comprendre cela car ça se complique ensuite. La lune nous donne toujours des indications précieuses pour prévoir le temps, quoiqu’en disent ceux qui ne le croient pas parce qu’en effet, elle n’a pas de rayonnement, et donc théoriquement pas d’influence. Il faut bien savoir à quel moment situer la Lune Rousse, cette lunaison redoutée qui amène souvent du mauvais temps et qui est marquée par les fameux Saints de Glace. Elle est la lunaison qui commence après la fête de Pâques. Or la Lune Rousse cette année est très tardive puisqu’elle ne sera que du 30 avril au 30 mai. 

Si j’insiste sur ces dates c’est qu’un célèbre magazine, bien connu dans nos chaumières et une si bonne référence dans le monde paysan mais que je ne peux nommer ici, se trompe une nouvelle fois cette année sur ces dates et les définitions que les déterminent. Interrogée par mes soins la rédaction me répond que la Lune Rousse avec le dérèglement climatique se produit de plus en plus tôt, à preuve les gels constatés cette année comme l’an dernier aussi, en fin mars et début avril. Comme si on pouvait commander au temps ! Eh non ! ils oublient que nos Anciens, grâce à leurs constats, avaient bien déterminé ces risques de mauvais temps et « d’effet de lune rousse » comme pour cette période sur laquelle je vous ai entretenu, récemment, bien connue et redoutée aussi dans le monde paysan, que sont « les Jours de la Vieille » ou « les jours de la vache » ou « Li vaquerieu ».

Non on ne peut pas décider arbitrairement que la Lune Rousse ne se produit plus au même moment et que la règle de sa détermination a changé. Une fois de plus je dis et redis, sans nier le réchauffement climatique, qu’il faut regarder la Lune et ses phases comme des indications, des balises sur le temps qu’il risque de faire. La lune Rousse n’est pas encore là et nous ne serons tranquille et rassurés comme disent les dictons qu’après cette redoutable lunaison à venir.  Si on dit « En avril ne te découvre pas d’un fil » c’est bien qu’on a constaté ces changements de temps de fin avril. Je peux citer : « O mes d’obriéou quittès pas eu piéou » ; « celui qui s’allège avant le mois de mai, certainement ne sait pas ce qu’il fait » ; « On n’est pas sorti de l’hiver qu’avril n’ait montré son derrière » ou de façon plus élégante « qu’avril ne soit laissé derrière » ; « L’hiver n’est jamais achevé que la lune d’avril ne nous ait houspillés » ; «  l’hiver n’est point passé, que la lune rousse n’ai décliné » . Faut-il encore des preuves à ce que j’essaie d’expliquer ? 

Voila une explication plus scientifique, en tous cas le site internet qui publie ce genre de prévision me parait sérieux si j’en juge par ce que j’observe et les rapprochements que je fais avec mes propres observations. A ce jour je lis et je cite : « du 1er mai jusque vers le 6 mai, le flux des électrons serait très bas apportant un temps assez frais pour la saison sur l’ensemble des régions ». « du 7 jusque vers le 15 globalement, tous les paramètres liés au soleil seraient à la hausse ; les basses pressions domineraient encore le pourtour méditerranéen mais reviendraient également sur l’Atlantique. Le flux pourrait alors être de secteur Est-Sud-Est ramenant de l’air particulièrement instable dans le Sud et l’Ouest en particulier. »

Je vois aussi que les sites de météorologies nous annoncent, du moins pour le Sud où je suis, des jours pluvieux les 20, 21, 22, 23 avril avec à peine 8° les 23, 24 ce qui correspond exactement aux tous premiers saints de Glace, ceux qu’on appelle « les Cavaliers », Saint Georges le 23 et Saint Marc le 25, si bien connus notamment dans nos Cévennes où commençait autrefois l’élevage des vers à soie. La pluie d’avril si elle est attendue, fait couler le pollen des fleurs. « S’il pleut le jour de Saint Marc, les guignes couvriront le parc » c’est à dire que les cerises tomberont avant d’être mûres. « Quand Saint Marc nous trempe, adieu les rentes ! » ; « S’il tombe de l’eau à la saint Marc, il n'est ni fri ni fra ».  Quant au 30 avril pour la saint Eutrope, jour de début de la Lune Rousse : « Saint Eutrope mouillé, cerises estropiées. »

Il me faut ajouter encore que le 30 avril il y a une éclipse de soleil, et le 16 mai une éclipse de lune, soit deux très mauvaises indications pour le temps sur cette lunaison redoutable qui sera surtout sur le mois de mai.  Les 16 et 17 mai il y aura aussi de grandes marées. Faut-il dire encore que les seuls saints de glace que l’on site, en oubliant tous les autres sont les 11, 12 et 13 mai, et que au-delà le dernier de la série est saint Urbain le 25 mai « Urbinet le pire de tous quand il s’y met, casse le robinet ». Perdu à la fin du mois mais encore en lunaison de « Lune Rousse », en pays de vigne, on promenait saint Urbain quand il faisait beau, et « on lui foutait le cul dans les orties » quand il gelait.  « Quand la saint Urbain est passée, le vigneron est rassuré » ou « Après la saint Urbain, il ne gèle ni pain ». Enfin nous sortirons de ces risques liés à la Lune Rousse « A l’ascension dernier frisson », cette année le 26 mai.

Sur le registre du « c’est déjà arrivé » ou « cela s’est déjà produit » je note en 2000 vague de chaleur du 20 au 22 avril, en 2001 avril froid et pluvieux avec même de la neige le 15 avril.  2002 avril est le 7e mois consécutif déficitaire en pluie, comme cette année !  2003 est très beau et chaud. 2004 avril est sec et froid. 2005 il neige à Grenoble et dans la Drôme et l’Isère. 2006 coup de froid le 5 avril et aussi le 30 avril. Et je pourrais continuer ces énumérations.

Comme l’an dernier et un « ras le bol » que j’avais alors publié en lien avec « le temps qu’il fait et des saisons, dictons fêtes et traditions » je voudrais, tout en vous souhaitant de Bonnes Pâques et de profiter au maximum du temps qu’il fait, vous mettre en garde. Oui il fait beau. Non le mauvais temps n’est pas fini. Non tous ces changements de temps et ces décalages dans les saisons ne sont pas uniquement liés au réchauffement climatique. Nos vieux dictons sont là pour le prouver ! Non on ne peut pas commander au temps, et donc à quoi sert-il de vouloir, par des règles administratives décréter que le printemps commence désormais le 1er mars et l’été le 1er juin et ainsi de suite. Non le changement d’heure et le passage à l’heure d’été, ce qui est souhaité majoritairement, n’est pas la solution idéale car c’est la plus éloignée de la réalité de la course du soleil. Oui c’est difficile par pure décision administrative de dire que c’est la même heure à Budapest et à Brest. Non je n’ai pas la prétention d’être un prévisionniste du temps !

Soyons modestes face au temps qu’il fait et respectons la nature.  C’est ça mon message et le message de fond de mes chroniques. Oui faisons des efforts, mais soyons logiques. Ok pour les recommandations du GIEC. Mais a-t-on fait une fois le rapprochement entre le coût global d’une réunion du GIEC et l’efficacité des décisions qu’il préconise ?

Et que nos médias arrêtent de faire du sensationnel et nous permettent par les informations qu’elles diffusent d’avoir une vision à long terme. C’est leur devoir !

Ah oui c’est difficile ? Comment voulez-vous, me diriez-vous, que nos médias, alors que ce we c’est la fête et qu’il y a des vacances, nous disent qu’il va peut-être faire du mauvais temps ?

Il faut positiver ! mais si je positive trop j’ai deux barres au test Covid et j’entre donc dans un contexte d’interdits très négatifs tels que ceux que la Secu vient de m’envoyer. Pour m’en sortir il faut être négatif alors je pourrais positiver. Alors pour sortir de cette parenthèse personnelle, et en guise de voeux de Bonnes Pâques, je dis avec Aragon et Ferrat : « le poète a toujours raison » !

Oui le temps, et rien d’autre ! comme l’écrit Charles Aznavour, avec ces paroles où on retrouve le temps de la guerre, le temps des vacances, le temps des mensonges, le temps du mauvais temps aussi :

Le temps et rien d'autre, Le tien, le mien, Celui qu'on veut nôtre, Le temps passé, Celui qui va naître, Le temps d'aimer, Et de disparaître, Le temps des pleurs, Le temps de la chance, Le temps qui meurt, Le temps des vacances, Le temps glorieux, Le temps d'avant-guerre, Le temps des jeux, Le temps des affaires,  Le temps joyeux, Le temps des mensonges, Le temps frileux, Et le temps des songes, Le temps des crues, Le temps des folies, Le temps perdu, Le temps de la vie, Le temps qui vient, Jamais ne s'arrête, Et je sais bien, Que la vie est faite, du temps des uns, Et do temps des autres, Le tien, le mien, Peut devenir nôtre… Le temps, le temps, le temps !

Addisias

Jean Mignot le 16 avril 2022

lundi 4 avril 2022

Aurions - nous perdu la mémoire ?

 Aurions-nous perdu la mémoire ? …on parle d’exceptionnel ce soir et on précise même qu’on n’a pas vu pareil froid depuis 75 ans.. ! bizarre bizarre, moi je relève, qu'il n'a pas fait si froid qu'en 1947 comme le disent les médias ! Il faudrait qu'ils donnent leurs sources... .

Moi je note pour 1947 donc il y a 75 ans :
1947
26 mars 1947:Coup de froid. –2.0° à Marseille !
29 mars 1947:Chaud. Min. 11.8° à Lyon
avril 1947:très chaud, très sec, ensoleillé (T 12.8 ° ! ! , P 17 / 3 !, S 262!) le plus chaud à Genève entre 1900 et 1999. Moyenne St-Etienne 12.0°
6 avril 1947:Très beau, de 5 à 20° à Bordeaux (Pâques)
7 avril 1947:min. 12.4° à Strasbourg
24 avril 1947:Très chaud. 30° à Marseille, 26.7° à Perpignan
25 avril 1947: 30.6° à Bordeaux, 26.0° à Bourges, 32.1° à Mont-de-Marsan 31° à Biarritz, 28° en Touraine, 29° à Châteauroux (min. 6° !)
26 avril 1947:28.2° à Bordeaux (min. 13.0°), 28.8° à St-Etienne, 28.0°. Toulouse. Min. 13.2° à Bourges et 13.4° à Châteauroux
27 avril 1947:29.0° à Bordeaux (min. 16.4°), 26.2° à Bourges, 27.0° à Châteauroux, 27.9° à Lyon, 28.3° à St-Etienne (min. 11.5°)
28 avril 1947:30.4° à Perpignan
29 avril 1947:28.1° à Perpignan (min. 17.2). Min. 17.8° à Marseille
Par contre il y a bien moins de temps que ça.. on peut relever
Avril 1970
2 et 3 avril 1970 : Neige, tenant au sol, dans le Dijonnais, -0.6° à Rennes, max. 6.3° à Tours et 7.5° à Toulouse
3 avril 1970 : -3° à Bordeaux, -0.5° à Cannes, -1.6° à Toulouse, 3.6° à Perpignan. Max. 5° à Lyon
4 avril 1970 : -5° au Mont-de-Marsan
5 avril 1970 :20 cm de neige à Monthey. Il y a 3 m à Montana. Pas plus de 4.4° à St-Etienne
6 avril 1970 : Couvert. –3.1° à Montélimar, -3.1° à St-Etienne et –2.1° à Lyon, -7.5° à Bourg-st-Maurice
7 au 10 avril 1970 : temps pluvio – neigeux, surtout les 8 et 9
8 avril 1970 : Encore 168 cm de neige au sol à Leysin ! -1.2° à Bordeaux et –1.4° à Rennes
9 avril 1970 : -1.4° à Lyon et 0.5° à Perpignan. Max. 5.5° à Bourges
10 avril 1970 :3° à Nice. Il y a 310 cm de neige au col de la Porte (isère
Avril 1973:
Glacial (T 6.4° ! !, P 71 / 8, S 177)
1er avril 1973 :40 cm de neige à Bourgoin (Ain)
2 avril 1973 : Tempête dans le Nord Pas de Calais, 130 km/h à Lille
3 avril 1973 : Neige
4 avril 1973 : Glacial, -4.9° à Chartres, -7° à Nevers, -3.2° à Bourges, -2.9° à Châteauroux, -2.8° à Tours et –1.8° à Toulouse. Beau.
5 avril 1973 : Beau. -4.8° à St-Etienne et –3.2° à Bourges
6 avril 1973 : Beau.
8 avril 1973 : -3.1° à Tours et –2.0° à bourges
9 avril 1973 : Forte neige dans l’Ain. Forte neige en Suisse orientale (avion en perdition). Pas plus de 9.3° à Perpignan et 8.9° à Marseille
10 avril 1973 : Glacial. Pas plus de 1° à Grenoble et à Besançon, max. 7.0° à Châteauroux, 4.6° à Lyon, 8.6° à Marseille, 2.8° à Strasbourg, 23 cm de neige à Privas, neige à Lyon, Mâcon, Aix en Provence
11 avril 1973 : -2.6° à Nantes, -3.6° à Bourges, -2.6° à Châteauroux, -1.5° à Bordeaux, -2.6° à Nevers, 9 jours de giboulées et 2 de gel dans le Lavaux
Avril 1974
19 avril 1974 : Glacial ! -3.9° à Nevers, -4.9° à Grenoble, -6.0° à St-Etienne, -5° à Vichy, -4° à Nancy
20 avril 1974 :1.8° à Toulouse et 3.5° à Perpignan
21 avril 1974 : -3.3° à St-Etienne
-1.9° à Bourges. Pas plus de 9.4° à Toulouse et 10.2° à Perpignan
Avril 1975
2 avril 1975 : -4.9° à St-Etienne, -2.0° et max. 5.8° à Bourges
3 avril 1975 : -0.9° à Paris
4 avril 1975 : Gelées. –2.8° à Lyon. Pas plus de 6.0° à Châteauroux, 7.2° à Bourges, 8.0° à Bordeaux et 9.4° à Marseille
5 avril 1975 : Neige, avalanches les 5 et 6 dans les Alpes suisses, -1.8° à Dax, -2.5° à Lyon, -2.0° à Bordeaux, -0.6° à Tours. Pas plus de 5.7° à Bordeaux, 7.2° à Bourges et 7.3° à Perpignan
6 avril 1975 : -3.0° à Dieppe, -2.5° à Bourges et –2.1° à tours. Pas plus de 6.9° à Perpignan
7 avril 1975 :18 cm de neige à grenoble. –4° à Evreux, -2.9° à Lyon, -2.5° à Strasbourg et 1.7° à Perpignan
9 avril 1975 : pas plus de 5.9° à Rennes
10 avril 1975 :12 cm de neige à Lille, 18 cm à Grenoble, -2.7° à Châteauroux, -2.4° à Bordeaux. Il neige à Nice (chute de neige des plus tardives pour Nice)
11 avril 1975 : Dernière neige à Vallorbe
11 et 12 avril 1975 : Gelées
14 avril 1975 : -0.1° à Nîmes
9 au 13 avril 1976 : Gelées !
Avril 1977
8 avril 1977 : Glacial. Neige presque partout. Pas plus de 7.0° à Bourges, 5.6° à Lyon, 8.1° à Rennes et 6.2° à Strasbourg
9 avril 1977 : Fortes gelées. –4.4° à Orléans, -3.6° à Bourges, -3.0° à Tours.Pas plus de 6.2° à Lyon, 4.1° à St-Etienne et 6.1° à Strasbourg
10 avril 1977 : Pâques glaciales, -5° à Rouen, 0.2° à Perpignan, -0.2° à Bordeaux, -2.5° à Bourges, -2.1° à Rennes. Pas plus de 7° à Ajaccio, 8.8° à Bordeaux, 6.3° à Toulouse, 3.4° à St-Etienne et 8.4° à Perpignan, 6 cm de neige à Toulouse et 4 cm à Perpignan
11 avril 1977 : sévères gelées, compromet vignes et fruitiers, -3.2° à Lyon, -5.4° à St-Etienne, -3.9° à Strasbourg
16 avril 1977 :1.6° à Perpignan
17 avril 1977 : -1.9° à Strasbourg
20 avril 1977 : -0.7° à Bourges
Avril 1978 :avril très froid (St-Etienne moyenne 6,2), 1 orage. Inondations dans le bassin de la Seine (T 7.6 !, P 43 / 4, S 154)
11 avril 1978 : Froid. -2.3° à Brest, -1.8° à Rennes
12 avril 1978 : Froid. -5° à Limoges, -8° à St-Quentin, -9.1° à Aurillac, pas plus de 0° à Lille et 8° à Marseille. Congères de 40 cm à Boulogne sur Mer, au Touquet et St-Omer
14 avril 1978 : pas plus de 4.8° à Bourges, 4.9° à Châteauroux et 7.8° à Tours et Bordeaux
15 avril 1978 : beau à St-Légier, 0.5° à Bordeaux, pas plus de 2.7° à St-Etienne, 4.9° à Lyon et 9.4° à Marseille
16 avril 1978 : -3.1° à Cazaux, -1.9° à Bordeaux et –1.8° à Bourges
17 avril 1978 : Dernière neige à Vallorbe, -4.5° à St-Etienne, -1.7° à Bourges et 3.3° à Perpignan
18 avril 1978 : -0.8° à Lyon
France)
Avril 1979
1er au 12 avril 1979 : Très froid, pluvieux et neigeux
2 avril 1979 : -5° à Besançon
3 avril 1979 : Vent 108 km/h à Besançon. Fort vent à Bordeaux
5 avril 1979 : -2.0° à Rennes
6 avril 1979 : pas plus de 7.8° à Tours
7 avril 1979 : Gelées. –4.8° à St-Etienne
8 avril 1979 :1.6° à Perpignan
9 avril 1979 : -5° à Troyes
11 avril 1979 : pas plus de 3.7° à Paris
6 avril 1980 : Froid (Pâques). De 2.5° à 13.2° à Bordeaux
10 avril 1980 : -1.3° à Toulouse
11 avril 1980 : -0.2° à Toulouse et 1.8° à Perpignan !
14 avril 1980 : couvert, sec
17 avril 1980 : min. 11.0° à Tours…
21 avril 1980 : -0.8° à Rennes
23 avril 1980 : pas plus de 8.4° à St-Etienne et 11.7° à Toulouse
25 avril 1980 : Dernière neige à Vallorbe. Pas plus de 5.2° à Strasbourg
27 avril 1980 :max. 10° à Châteauroux
28 avril 1980 :1° à Chateauroux
1er avril 1984 :4 cm de neige à Paris et dans le Nord
2 au 6 avril 1984 : Glacial. Forte neige le 2, pas plus de 2° à Nancy max. 4.1° à Lyon, 10° à Perpignan, 2.3° à St-Etienne, 3.9° à Strasbourg et 2° à Nancy
3 avril 1984 : -3° à St-Légier, -2.8° à Dinard et –3.2° à Rennes, -2.3° à Châteauroux, -2.9° à Albi. Max. 3.3° à St-Etienne et 2.6° à Strasbourg
4 avril 1984 :4° à St-Légier. 2.1° à Perpignan. Max. 5.7° à Rennes
5 avril 1984 :À nouveau fortes chutes de neige
9 avril 1984 -3° à Marseille
Et après un bon de 19 ans selon le cycle de Méton ( 19  ans  )

Avril 2003 : Très ensoleillé, chaud et sec (T 10.9°, P 41 / 7, S 247 !)
7 et 8 avril 2003 : Violent coup de froid, « bulle glacée » sur le centre de l’Europe dégâts aux arbres fruitiers ainsi qu’à de nombreux arbustes et fleurs.
8 avril 2003 : -5° à Prilly, -3.3° à Châteauroux, -3.6° à Lyon, -7° à St-Etienne, -8.6° à Charleville Mézières, -8° à Grenoble, -6° à Reims et Nancy-7.1° à Clermont-Ferrand
10 avril 2003 : -2.8° à Tours
11 avril 2003 : -2.5° à Tours, -6° à Nevers, -4.2° à Strasbourg. Max. 12.2° à Marseille

Vous voulez plus ! Allons regardons un peu en arrière.. Et ce froid s’est tellement produit souvent qu’il nous a donné les sages dictons du temps de nos Anciens et la joli légende de la Vieille ou de la Vache.
« e li Vaquerieu » écrivait Fréderic Mistral dans Mireille
2003 + 19 = 2022 !!!
Jean Mignot le 4 avril 2022

mercredi 30 mars 2022

du temps de la fin mars et de début avril de 2022 : Li Vaqerieu ou Jours de la Vieille

 

Li vaquerieu

 

 Très souvent, surtout quand le printemps tant attendu est enfin là, on oublie bien vite que les risques de mauvais temps existent et qu’on ne sera vraiment tranquille qu’une fois la Lune Rousse passée, c’est-à-dire la lunaison après Pâques. Les prévisionnistes météos, patentés et diplômés nous parlent peu de cette Lune Rousse et disent même que le changement climatique se produit plus tôt dans le calendrier, confondant les effets de la Lune Rousse avec les tristement célèbres Vaquerieu qui se situent à la fin mars ou au début d’avril. L’an dernier en 2021, début avril le gel a fait de gros dégâts en agriculture notamment dans les fruitiers. Ce n’était pas la Lune Rousse mais les Vaquerieu !

Cette année on peut craindre encore des perturbations atmosphériques, car la lune, bien qu’elle n’ait aucun rayonnement, nous donne presque toujours des indications. Il y a toujours du temps perturbé environ trois jours avant ou trois jours après la Nouvelle Lune. Or elle sera le 1er avril cette année, sur cette période

Voici donc cette vieille légende que l’on retrouve avec des versions très proches, dans la quasi-totalité des pays d’Europe, tout particulièrement dans tous les pays méditerranéens mais aussi en Europe centrale et il semblerait aussi dans les pays scandinaves.

Si elle a pris naissance il y a quelques centaines d’années, ou bien plus, c’est bien parce que des faits semblables se sont déjà produits. Ne mettons pas trop vite le mauvais temps et les perturbations qu’il entraine, voire les catastrophes sur le compte du réchauffement climatique ! Bien sûr, il n’est pas question de dénier une évolution dans nos modes de vie et ses répercussions sur le climat.

Les vieux dictons du temps sont le fruit des longues observations de nos Anciens, et ils sont de fait, une belle preuve, quand ils touchent au temps, que déjà, il y a bien longtemps, alors qu’on ne parlait pas de réchauffement climatique, des phénomènes atmosphériques tels ce que nous vivons ce sont déjà produits.

Cela ne nous dispense pas de respecter Dame Nature.  Respectons-la et sachons regarder les leçons qu’elle nous donne comme celle des « jours d’emprunts » ou « jours de la vieille » ou « jours de la vache » ou « li vaquerieu ».

« Ce que mars couve, on ne le sait qu’après son trente et unième jour » nous dit un vieux dicton. Ou encore : « Soit au commencement, soit à la fin, mars montrera son venin ». En pays d’Oc on dit « Mars marsejo » ce qui veut bien dire : mars fait son temps de mars, c'est-à-dire mars n’en fait qu’à sa tête ! Rien de sûr. Mars est capricieux.

La légende ou vielle histoire des Vaquerieu, s’inscrit bien dans cette logique. La voici adaptée par mes soins, selon le souvenir lointain de ce disaient mes vieux parents cévenols. Une étude plus approfondie des différentes versions serait un bon sujet pour des étudiants d’écoles spécialisées.

Ceux qui sont intéressés peuvent se procurer l’ouvrage : « les jours de la vieille » de Marcelle Delpastre et Albert Pestour, édité par la Société d’études historiques et archéologiques de la moyenne Corrèze, à Tulle en 1961.

« La vieille » prend une signification météorologique. En Provence elle représente souvent la nature. Frédéric Mistral dans Mireille, décrivant ce froid qui tue les bêtes d’un troupeau, écrit : « e li jour negre de la vaco »

 

 Une vieille dame, s’étant gaussée d’un hiver bien peu rigoureux, avait perdu son troupeau de brebis, à cause des assauts du mauvais temps, par périodes de rafales brusques et imprévues, que rappellent à notre mémoire quelques vieux dictons bien connus de nos Anciens.

Elle ne se découragea pas pour autant et remplaça son troupeau par autant de vaches plus robustes, pensait-elle…

Le mois de mars fut favorable à son élevage et elle n’avait qu’à s’en féliciter. A la lumière de l’expérience elle eût dû en rester là. Elle eut la sottise de dire : « En escapan de mars e de marséu, aï escapa mi vaco e mi vedéu. », (En échappant à mars et à ses giboulées J’ai sauvé mes vaches et mes veaux).

Fâché d’une telle ingratitude, le mois de mars va trouver son voisin : «  Abriéu, n’aï plus que tres jour, presto-m’en quatre li vaco de la vieio faren batre. ». (Avril, je n’ai plus que trois jours, prête-m’en quatre, les vaches de la vieille nous ferons battre= mourir).  Avec l’accord d’avril, une gelée tardive tua la végétation et cette fois encore la vieille perdit son troupeau.

  

Je peux citer quelques variantes, tout en invitant ceux qui parmi vous connaîtraient d’autres versions à me les faire parvenir, ce qui serait certainement très intéressant pour notre mémoire commune.

Dans un vieil hameau de Provence, après un hiver peu rigoureux, une vieille se moqua du mois de février parce que celui-ci n’avait pas été très rude. Comme en cette année 2022. Le mois de février en fut très fâché. Il demanda au mois de mars de bien vouloir lui prêter trois jours. Alors se leva un mistral fou qui emporta tout sur son passage. Il fit froid. Le troupeau de brebis – les bédigues- de la vieille moururent. Elle se lamenta quelques jours puis décida d’acheter des vaches car elle pensait qu’elles résisteraient mieux au mauvais temps. Vers la fin du mois de mars, il faisait beau, les arbres fruitiers avaient déjà fleuri, les rosiers commençaient à ouvrir leurs boutons, Pâques approchait, l’équinoxe était passée, le printemps était là. La vieille dansait de joie pensant avoir sauvé vaches et veaux.

On trouve une variante à cette légende, en pays catalan.

Mars se vexa et voyant que le mois allait se terminer sans qu’il ait pu faire périr les vaches de la vieille, il se retourna vers son voisin avril et lui demanda de lui prêter quatre jours. Des gelées survinrent et brûlèrent la végétation. Les vaches périrent. Ainsi, soit durant les derniers jours de février, soit les trois premiers jours de mars ou pendant les derniers jours de ce mois ou encore au début du mois d’avril on peut encore entendre, dans les campagnes de nos pays d’Oc, les lamentations de la vieille, portées par le fort vent qui souffle alors.

L’hiver se rappelle à nous en nous disant qu’il peut être tardivement très rude, même si nous avançons tranquillement vers le printemps.

Selon certaines versions, la vieille, sortant trop tôt son troupeau de l’étable, voit celui-ci pétrifié. D’autres versions disent que c’est la vieille elle-même qui est pétrifiée comme chez les Aït Ouaran qui disent que les mégalithes du Mont Buiblan, ou le mont lui-même, au sud de Taza, au Maroc, sont la vieille pétrifiée au milieu de son troupeau.

A Fez, chez les Hayaina, on parle d’une vieille enlevée avec son troupeau de chèvres par un torrent en crue.

Selon les lieux on trouve en effet des variantes sur le bétail : moutons et brebis, chèvres ou vaches. Ou même d’une seule vache et de son veau. Chez les Seksawa, plus au sud du Maroc, on dit que la vieille fit tondre son troupeau trop tôt croyant le froid fini, ce qui contribua à faire périr les moutons. Chez les Ntifa on parle pour ces jours de fin mars du « jour de la Chèvre ».

D’autres légendes courent sur ce thème en Italie, en Espagne, en Grèce et chez les Serbes, en Roumanie et en Bulgarie, et dans bien d’autres lieux.

Des versions différentes sont transmises de bouche à oreille avec parfois des versions plus drôles ou plus grivoises. Je m’en tiendrai aux quelques références données.

Ce qu’il faut retenir, c’est que la nature n’a pas fini de nous surprendre. Qu’il faut la respecter, sinon elle sait nous rappeler à l’ordre.

Quant aux savants et météorologues et autres astronomes, ils pourraient fort bien nous expliquer, sur la base de leurs observations  très précises, que le positionnement de la terre dans sa course autour du soleil, ou de la lune dans sa course autour de la terre et la situation de tout cela dans le cosmos planétaire présentent des coïncidences, attestées par des proverbes, dictons ou légendes qui pourraient permettre de dire que tous les éléments sont rassemblés pour que l’on puisse dire, avec peu de chances de se tromper,  le temps qu’il va faire. En tous cas ne pas ignorer ces phénomènes et leurs influences. Tout juste si on évoque vaguement les saints de glace ou la saint Médard, à peine la Lune Rousse 

« Si l’hiver ne janvroie, si février ne févroie, mars vient qui ne laisse rien » dit-on en Eure et Loir. C'est-à-dire que janvier se doit d’être froid et février pluvieux, sinon les effets de l’hiver surgiront en mars, anéantissant toutes les promesses de récolte.

On peut toujours s’attendre à du mauvais temps fin mars. Il faut rester vigilants tant que la Lune Rousse ne sera pas passée. On a vu en 2021 ce que pouvaient faire comme dégâts sur les fruitiers dans la vallée du Rhône en particulier. Ils se sont produits pendant les Vaquerieu. Et non plus tôt que prévu à cause  du changement climatique qui selon eux fait que les dates des saisons sont perturbées.  On oublie un peu trop vite les observations de nos Anciens, les dictons du temps et les légendes qui devraient nous alerter plus. De l’intérêt de les connaitre et de les rappeler.

                                                                                                                                  Jean Cévenne  

                                                                                                                     

dimanche 20 mars 2022

Le printemps est arrivé... ! ?

 De la date du printemps et du début des saisons

Dans l’imaginaire collectif, on associe le début du printemps au 21 mars. Mais cette année encore, il débute le dimanche 20 mars. C’est ce dimanche que l’hiver tirera sa révérence et ce sera le début du printemps.
C’est l’équinoxe, moment où le Soleil est parfaitement aligné avec l’équateur et où la durée du jour devient identique à celle de la nuit.
À cause de l’orbite de la Terre (qui ne forme pas un cercle, mais plutôt une ellipse), les saisons ont une durée très légèrement différente, ce qui explique en partie ce décalage.
La synchronisation n’est pas parfaite parce que notre calendrier dure 365 jours, alors que la Terre met 365,2422 jours (ou environ 365 jours, 5 heures et 48 minutes) à faire une rotation autour du soleil.
L’équinoxe n’est donc pas à date fixe. Il a lieu dans une fourchette entre le 19 et le 21. C’est le début du printemps astronomique.
Depuis 2008, l’équinoxe de printemps arrive un jour plus tôt. Cette année encore, il débute le dimanche 20 mars. Et ça sera de nouveau le cas en 2023,2024, 2025….
Au cours du XXIe siècle, il ne sera tombé le 21 mars qu'en 2003 et 2007. Le prochain « 21 » n’interviendra qu’au siècle prochain, en 2102. Notez-le bien ! on ne sait jamais … !
Il est tombé le 19 mars 15 fois dans la seconde moitié du XVII e siècle et 5 fois à la fin du XVIIIe siècle (dernière occurrence en 1796). Il tombera de nouveau le 19 mars en 2044 … Notez -le bien !
Pourquoi a-t-on tendance à associer le début du printemps au 21 mars ? Probablement parce que ce fut longtemps le cas ! par habitude ... Au XXe siècle, la date du 21 mars est effectivement tombée à 57 reprises, surtout après 1950, d’où le fait que la mémoire collective ait enregistré cette date-là.
De même pour le mois de juin et l’été, on a tendance à associer le début de l’été à la désormais célèbre fête de la musique le 21 juin. Or l’été ne commencera pas toujours à cette date, pour les mêmes raisons que je viens d’expliquer rapidement.
Je m’élève contre cette pratique qui tend à s’installer, sous la pression de toutes sortes d’organisations y compris les services météorologiques, ou par facilité ! - c’est effet plus facile d’établir des statistiques sur un mois complet - pour fixer le début du printemps au 1er mars comme l’été au 1er juin, l’automne au 1er septembre et l’hiver au 1er décembre.
On parle de saisons météorologiques ! Or nous constatons, par exemple cette année, que l’hiver n’est pas fini. Tout comme l’été est très rarement là début juin et ces dates nouvelles n'ont rien de météorologique !
Je ne comprends pas ce glissement et ces décisions, d’autant plus que les observations du temps nous rappellent à l’ordre très fréquemment et presque systématiquement. Au minimum qu’on emploie le qualificatif « administratif » mais pas « météorologique » !
Il y a eu les gels dus au phénomène de « lune rousse » en 2021 à la fin mars et au début avril, et depuis un mois j’alerte sur ce qui va certainement se passer dans les derniers jours de mars.
La simple référence aux dictons de nos Anciens nous permet de prévoir et de dire que ces constats ont souvent eut lieu au point qu’on en écrive ces dictons et des légendes.
Si vous regardez les prévisions des services de météorologie les plus sérieux, vous verrez que les températures vont être très basses aux matins des jours de la fin de ce mois, notamment mercredi de cette semaine.
Le temps qu’il fait ou qu’il fera nous démontre qu’on ne peut pas tout régir par des décrets, lois ou autres décisions administratives voir opportunistes, et peu fondées sur le temps et les saisons ! On ne commande pas le temps pas un décret !
Les faits et constats du temps qu’il fait, nous appellent à un peu d’humilité devant la nature et à la respecter. Elle ne manque pas de nous rappeler à l’ordre !
Ne mettons pas un peu trop vite tout cela sur le dos du réchauffement climatique !
Jean Mignot en ce jour d’équinoxe de printemps du 20 mars 2022

lundi 28 février 2022

Mars 2022 -mois des poètes

 

 Mars 2022 - mois des poètes

 

« Tandis qu’à leurs œuvres perverses

Les hommes courent haletant

Mars qui rit malgré les averses

Prépare en secret le Printemps. »

 

Ces vers de Théophile Gautier prennent cette année encore une résonnance particulière et pleine d’actualité dans notre environnement politique français. Hélas cette fois dans une ambiance de guerre ! Théophile Gautier écrivait ces lignes pendant la période où notre pays passait du régime républicain au second empire. Encore une histoire de pouvoir personnel !

Pour éviter toute comparaison et m’abstenir de commentaires qui seraient déplacés ici, et pour ne pas céder au pessimisme ambiant lié au contexte français marqué par la période de pandémie encore présente et de rivalité entre Est et Ouest, je préfère orienter cette chronique autour du printemps qui va arriver et des poètes auxquels ce mois est dédié.

Je rappellerai d’abord que ce n’est pas une invention récente que de dédier ce mois aux poètes et non la création récente dont un gouvernement de notre république s’approprie un peu trop vite la paternité, tout comme celle de la fête de la musique. Il y a bien longtemps que les poètes ont chanté ce mois de mars et le printemps.  Furetière, dans son Dictionnaire Universel nous dit : « le printemps est la belle saison, la saison tempérée, la saison nouvelle, la verte saison ».

En 2022 ce sera la 24 ème édition de ce mois des poètes. Le Thème en est « l’éphémère ». Mais pourquoi contraindre nos plumes à un seul thème. Tant et tant de poètes ont si bien célébré le printemps sans attendre qu’un gouvernement lui dédie un mois particulier.

Il existe dans notre région du midi une bien belle histoire qui remonte à ces époques pas très lointaines où l’on savait rire et écrire. Pas un village qui n’ait son conteur ou son érudit local. La télévision a fait un peu disparaître cela. Tout près de chez nous, à la limite du Gard et de l’Hérault, à Lunel, ville proche de Sommières connue pour les caprices de son fleuve le Vidourle aux sautes d’humeurs si redoutées que l’on appelle les « vidourlades », persiste une vieille tradition qui a un si étroit rapport avec la lune que je me fais un devoir de vous la conter. C’est tout indiqué pour un mois des poètes.

Il existe à Lunel une fameuse école de poètes, les Pescalunes.  Henri de Bornier membre de l’Académie Française (1825-1901) né à Lunel était l’un d’entre eux. Voici comment cette école des « pêcheurs de lune » est entrée à l’Académie Française.  Edmond Rostand élu au fauteuil n°31, celui d’Henri Bornier, fit ainsi l’éloge de son prédécesseur, selon la tradition de la noble académie, dans son discours de réception sous la coupole, donnant ainsi ses lettres de noblesse aux « Pescalunes ».

« Messieurs, savez-vous ce que c’est que la pêche à la lune ? C’est un genre de pêche qui se pratique à Lunel. Je croyais voir, sur les bords du Vidourle, arriver à pas furtifs tout un peuple de pêcheurs nocturnes, porteurs d’étranges éperviers. La lune luit dans l’eau. Les filets tombent, elle disparaît…Oh ! La jolie pêche ! Quelquefois peut-être, en s’y prenant bien doucement, arrive-t-on à voir cette dorade palpiter et luire à travers les mailles, mais au moment qu’on veut la tirer à soi, elle glisse en arrière, s’échappe, s’allonge dans les rides du clapotis, et ne reparaît ironique et ronde, que lorsque l’eau est redevenue lisse. Messieurs, vous avez compris que les gens de Lunel sont des poètes : Ils pêchent la lune. C’est la plus belle pèche du monde car c’est la seule qui ne puisse jamais se faire en eau trouble. »

Voici une autre version de cette histoire qui a ma préférence :  

« Avec le réveil de la nature, et sans doute depuis la Saint Valentin, deux jeunes gens de Lunel s’aimaient. Ninon, aimait Albin. Albin aimait Ninon… mais leurs parents ne voulaient pas entendre parler de mariage car Albin était d’origine juive. On sait que la présence des juifs à Lunel est attestée depuis au moins le XIème siècle. On trouve ici la célèbre dynastie des Tibbonides de Lunel. Juifs venus de la proche Espagne, fuyant les califats, ou juifs venus de Jéricho – ville de la lune- et qui auraient fondé la ville de Lunel sous l’empereur Vespasien.  La première interprétation semble la plus plausible.

Il advint que le baron Gaulcem, seigneur et maître des lieux avait donné une fête. A l’issue des festivités, tard dans la nuit, le baron ivre-mort fit un affreux cauchemar. La lune, vaincue par le soleil, venait d’être chassée du ciel pour toujours. C’était peut-être à cause d’un subit changement de temps si fréquent au mois de mars. Affolé, il se précipita en pleine nuit dans la rue. Il y rencontra les deux jeunes gens. – qui s’étaient attardés, sans doute parce qu’ils avaient beaucoup de choses à se dire… ! Albin, pour rassurer le baron, lui affirma qu’il venait de voir la lune au beau milieu de l’eau, dans le canal (il s’agit du Canal du Midi qui passe là !.. enfin presque, puisqu’il n’était pas encore creusé à cette époque !) Las le baron comprit qu’elle s’y noyait. A grand vacarme, il mobilisa la population, qui s’en fut tenter de repêcher la lune, à l’aide d’un panier au bout du fil d’une canne à pêche… Curieusement, l’astre disparaissait chaque fois que l’on jetait dans l’eau la corbeille. Le rabbin de Lunel, qui protégeait les deux jeunes gens, eut alors une idée brillante : il déclara que seul le mariage de Ninon et d’Albin permettrait à l’astre de regagner sa place. Les parents, devant la pression populaire, durent vite donner leur accord avant que la lune ne se noie. Alors Albin, leva les yeux au ciel et entama une longue incantation, et l’astre s’éleva peu à peu dans le ciel, laissant à Lunel et à ses habitants, un souvenir et une bien belle légende. »

Avec les poètes, cultivons notre jardin et voyons ce que mars et la lune nous préparent tout au long de ce mois.  Mars vous le savez, est marqué par l’influence du soleil à son équinoxe. Il coupe l’équateur céleste. Le jour et la nuit sont alors de même durée, c’est l’étymologie du mot « équinoxe ». Le soleil, par sa marche régulière, identique chaque année, règle son temps de présence au-dessus de nous, son rayonnement, la température, la montée de la sève, et donc les saisons. Mais ce rythme régulier vient se heurter au rythme différent de la lune. D’où quelques changements parfois surprenants avec tantôt du beau temps qui fait croire que les mauvais jours sont finis et tantôt des sursauts de mauvais temps qui font de graves dégâts sur la végétation, arbres et plantes, car la nature s’étant trop avancée, on doit vite déchanter.

Le mois de mars n’a pas, en effet, la meilleure des réputations. Il a donné naissance, par ses incartades, à bon nombre de proverbes et dictons. « Ce que mars couve, on le sait après son trente et unième jour. » ou « Soit au commencement, soit à la fin, Mars nous montrera son venin. ».

Les premiers jours de ce mois de mars 2022 seront marqués par la Nouvelle Lune le 2, et des marées de fort coefficient, supérieur à 100, les 3 et 4 mars. Mars pourrait nous amener quelques mauvaises surprises.  Ce ne sera sans doute pas encore des giboulées mais plutôt un risque de « phénomène de Lune Rousse » Attention celle-ci est bien la lunaison qui suit la fête de Pâques, et qui est marquée aussi par les Saints de Glace. Mais ce « phénomène de Lune Rousse », est en train de se produire en cette fin février et ce début mars. Quand le ciel est dégagé, l’atmosphère se réchauffe vite et le thermomètre marque facilement 19 à 20 degrés voire plus en journée. Les jeunes pousses des plantes, et les fruits en formation se gorgent de chaleur. Mais la terre est lente à se réchauffer. Quand le soleil se couche, le froid se rétablit. La terre n’a pas encore de chaleur à restituer. Une rosée froide recouvre alors les végétaux et elle peut devenir glaciale au lever du jour. Les jeunes espoirs de récolte sont détruits. Les petites pousses prennent une apparence de roussi. Ce phénomène ne se produit que si le ciel est dégagé et même si le thermomètre ne marque pas zéro degré.

Cela peut arriver dès maintenant. J'ai conseillé à la mi-février d'enlever les voiles de protection. Ne les rangez pas trop vite. Si vous le pouvez, remettez-les vite en place, si vos plantes sont très exposées aux courants d’air. En espérant qu’il ne soit pas trop tard après les basses températures de cette fin février ! Il a fait +1° le matin du 27 février et dans les plaines autour d’Uzès moins 1° ou plus bas encore !

N'écoutons pas ce que nous disent les services de météorologie dûment diplômés et patentés, qui nous parlent peu de ce phénomène. Parce que ce n’est pas nouveau ! Nos Anciens qui l’avaient constaté en avaient tiré les leçons au point d'en faire des dictons. Les Services des différents sites de météorologie nous disent que le phénomène de « Lune Rousse » se produit de plus en plus tôt, à cause du réchauffement climatique, ignorant les observations et les conseils de nos « Vieux ».

On relira utilement mes chroniques mensuelles. « Février, quand il commence en mouton, finit en lion ». C'est le cas cette année. « Si février ne donne pas de la teste, il donnera de la coueste ». Et pour mars qui arrive, « ce que mars couve, on le sait après son trente et unième jour » ou « soit au commencement soit à la fin, mars nous montrera son venin ». Mars débute avec quelques matinées bien plus fraîches, et risque de finir avec les Vaquerieu, ces fameux « jours de la vieille » si redoutés dans le monde paysan. Ils s’inscrivent dans la foulée du nœud lunaire du 22 et du périgée le 23. Ce sont les derniers jours du mois tels que nous les conte une bien vieille légende.

Une vielle dame, s’étant gaussée d’un hiver bien peu rigoureux, avait perdu son troupeau de brebis, à cause des assauts du mauvais temps, par périodes de rafales brusques et imprévues, que rappellent à notre mémoire quelques vieux dictons bien connus de nos Anciens.

Elle ne se découragea pas pour autant et remplaça son troupeau par autant de vaches plus robustes, pensait-elle…

Le mois de mars fut favorable à son élevage et elle n’avait qu’à s’en féliciter. Elle eut la sottise de dire : « En escapan de mars e de marséu, aï escapa mi vaco e mi vedéu. », (En échappant à mars et à ses giboulées J’ai sauvé mes vaches et mes veaux).

Fâché d’une telle ingratitude, le mois de mars alla trouver son voisin avril : «  Abriéu, n’aï plus que tres jour, presto-m’en quatre li vaco de la vieio faren batre. ». (Avril, je n’ai plus que trois jours, prête-m’en quatre, les vaches de la vieille nous ferons battre= mourir).  Avec l’accord d’avril, une gelée tardive tua la végétation et cette fois encore la vieille perdit son troupeau.

Ceux qui sont intéressés peuvent se procurer l’ouvrage : « les jours de la vieille » de Marcelle Delpastre et Albert Pestour, édité par la Société d’études historiques et archéologiques de la moyenne Corrèze, à Tulle en 1961.

« La vieille » prend une signification météorologique. En Provence elle représente souvent la nature. Frédéric Mistral dans Mireille, décrivant ce froid qui tue les bêtes d’un troupeau, écrit : « e li jour negre de la vaco ». Il est encore plus curieux de constater que cette légende de la Vieille, est une légende que l’on retrouve tout autour de la Méditerranée, y compris au Maghreb, en Italie, en Espagne, en Grèce et chez les Serbes, en Roumanie et en Bulgarie, et dans bien d’autres lieux.

Des versions différentes sont transmises de bouche à oreille, parfois plus drôles ou plus grivoises.

Ce qu’il faut retenir, c’est que la nature n’a pas fini de nous surprendre. Qu’il faut la respecter, sinon elle sait nous rappeler à l’ordre.

Quant aux savants et météorologues et autres astronomes, ils pourraient fort bien nous expliquer, sur la base de leurs observations  très précises, que le positionnement de la terre dans sa course autour du soleil, ou de la lune dans sa course autour de la terre et la situation de tout cela dans le cosmos planétaire présentent des coïncidences, attestées par des proverbes, dictons ou légendes qui pourraient permettre de dire que tous les éléments sont rassemblés pour que l’on puisse dire, avec peu de chances de se tromper,  le temps qu’il va faire. En tous cas ne pas ignorer ces phénomènes et leurs influences.

« Si l’hiver ne janvroie, si février ne févroie, mars vient qui ne laisse rien » dit-on en Eure et Loir. C'est-à-dire que janvier se doit d’être froid et février pluvieux, sinon les effets de l’hiver surgiront en mars, anéantissant toutes les promesses de récolte.

On peut toujours s’attendre à du mauvais temps fin mars. On a vu en 2021 ce que pouvaient faire comme dégâts, ce que j’appelle « phénomène de Lune Rousse » sur les fruitiers dans la vallée du Rhône en particulier, fin mars et débit avril alors que les médias nous disaient qu’il s’agissait du changement climatique qui selon eux, se produisait avant les dates « officielles » de la fameuse « Lune Rousse » On oublie un peu trop vite les observations de nos Anciens, les dictons du temps et les légendes qui jalonnent le temps qu’il fait tout au long de nos jours, au rythme des cycles lunaires qui restent toujours des signes permettant de prévoir avec plus ou moins de certitude le temps qu’il va faire. De l’intérêt de les connaitre, et de les rappeler et de savoir comme Monsieur Jourdain, « s’il y a de la lune ou s’il n’y en a point » !

Certes en ce moment le risque de gel en ce début mars est moins fort, car les bourgeons sont à peine éclos, si on n'a pas trop forcé la nature pour avoir une production plus tôt dans la saison !  Laissons donc du temps au temps ! Ecoutons les leçons qu'il nous donne et ne concluons pas trop vite ce qui se passe par « c'est la faute au réchauffement climatique » ! Sans pour autant nier les incidences de nos comportements sur le climat.

Il ne faudra pas se réjouir trop vite ni dire que le printemps est là ! : « Quand mars se déguise en été, Avril prend ses habits fourrés. » disaient nos Anciens.  Ou encore : « Quand mars fait avril, avril fait mars ! »

« En mars les fous vont nu-pieds ». Les fous ou les pauvres, hélas ! « En mars qui n’a pas de souliers va nu-pieds ; Et qui en a, les porte encore au-delà ».

La Pleine Lune du 18, avec l’équinoxe le 20 (et non le 21) suivie d’un nœud lunaire,c’est-à-dire du moment où la course de la lune coupe celle de la terre, avec le passage au périgée, soit le plus près de la terre, amèneront probablement un changement de temps et les fameux Vaquerieu.

De toute façon, qu’il fasse beau ou mauvais, nous devrons avancer nos montres et horloges d’une heure dans la nuit du 26 au 27. En effet, malgré une consultation qui en France a donné une préférence de nos compatriotes à 83.71 % pour ne plus changer d’heure, la crise économique mais surtout la très difficile harmonisation entre les états membres de l’UE font que la décision de mettre fin au système n’est pas pour cette année.

Il faut souligner que le choix exprimé dans notre pays n’est pas très logique puisque l’heure d’été qui remporte les suffrages n’est pas celle qui est proche de la réalité. C’est l’heure d’hiver qui est la plus proche de l’heure naturelle, celle qui suit le cycle du solaire ! Choix étonnant à l’heure où l’on prône ici et là le retour à la nature !

Et je ne peux m’empêcher de sourire quand on parle des perturbations sur le monde animal et sur les oiseaux, comme s’ils regardaient l’heure pour se réveiller. Eux ils suivent le soleil  été comme hiver.

En fin de compte la question à se poser est bien plutôt celle d’une harmonisation de tous les pays sur une même heure. Comment mettre à la même heure, Brest, Berlin, Prague, Vienne ou Budapest ?  Pensez qu’il faut trouver une décision sur un choix unique, qui puisse s’imposer a des états qui sont répartis sur trois fuseaux horaires. C’était drôle et amusant de changer les heures de nos montres au passage des frontières.

Certes le Parlement européen s’est lui aussi prononcé pour mettre fin au système. Mais il faut que le Conseil des Ministres de l’Europe valide. Et c’est compliqué pour eux. En plus en ces temps de guerre ils ont bien évidemment d’autres sujets de préoccupations.

Cette décision du changement d’heure est une bien vieille histoire qu’on attribue un peu trop vite au Président de notre République en 1976 et au choc pétrolier ! Il y a longtemps que nos dirigeants se posent les questions de l’harmonisation de l’heure avec la course du soleil, et donc avec le jour et la nuit ! Il y eu d’autres périodes où il y avait le changement d’heure 1916-1917, 1940 -1945 !

Le 26 avril 1784, Benjamin Franklin dans le « Journal de Paris » traitait déjà des économies à propos du rapport huile consommée/lumière produite. Le sujet en tête, il entre chez lui et s'endort vers 3-4 heures du matin. Un bruit le réveille vers 6 heures et il s'étonne d'une grande clarté dans sa chambre. Il pense d'abord à ces fameuses lampes à huile de la démonstration de la veille, éclairant sa chambre. Mais il constate, en fait, que ce sont les rayons du Soleil levant qui pénètrent dans la pièce. La lecture d'un almanach lui confirme que le Soleil se lèvera encore de plus en plus tôt jusqu'à fin juin.

"Cet événement me fit penser à des choses plus importantes et plus sérieuses. Si je n'avais pas été éveillé si tôt le matin, j'aurais dormi six heures de plus à la lumière du Soleil, et, par contre, aurait passé six heures la nuit suivante à la lumière des chandelles."

Et il poursuit : " En partant du principe qu'il y a 100 000 familles à Paris et que ces familles consomment la nuit 1/2 livre de bougies et chandelles par jour... En estimant de 6 à 8 heures la durée moyenne entre l'heure de lever du soleil et la nôtre... il y a donc 7 heures par nuit pendant lesquelles nous brûlons des bougies ; on en arrive au décompte suivant : En six mois entre le 20 mars et le 20 septembre, il y a 183 nuits. 7 heures par nuit d'utilisation de bougie. La multiplication donne 1281 heures. Ces 1281 heures multipliées par 100.000 donnent 128.100.000.

Chaque bougie exige 1/2 livre de suif et de cire, soit un total de 64.050.000 livres. À un prix de trente sols par livre de suif et de cire on en arrive à 96.075.000 tournois de livre." Et il conclut non pas par « ...une immense somme que la ville de Paris pourrait sauver chaque année ! »  mais par cette phrase : «  les gens sont obstinément attachés à leurs vieilles traditions et il sera difficile de les amener à se lever avant midi ».  Il propose alors des solutions coercitives :

1) Taxer d'un louis par fenêtre les habitants qui laissent leurs volets fermés.

2) Bougies rationnées à une livre par famille par semaine.

3) Policiers chargés d'arrêter la circulation après le coucher du Soleil exceptée celle des médecins, des chirurgiens et des sages-femmes.

4) Chaque matin dès que le Soleil se lèvera, cloches d'église et, au besoin, canon informeront l'ensemble des habitants de l'arrivée de la lumière.

Tout un programme électoral avant l’heure !

Un vieux proverbe occitan nous incite à un même geste d’économie : « Oou mes de mars, lou caleu es en bas » certes il s’agit de l’huile des lampes à huile, mais ce peut être une bonne résolution à prendre pour ce mois de mars !

Voila ! ma besogne faite… et c’est un réel plaisir de la faire en pensant à vous qui lisez ces lignes. Que mars fasse bien son travail, que mars « marseuje » pour nous apporter bien vite la fraîcheur du printemps. Alors avec le poète nous pourrons dire :

 Puis, lorsque sa besogne est faire

Et que son règne va finir

Au seuil d’avril, tournant la tête

Il dit : » printemps, tu peux venir ! »

 

Prenez soin de vous, et méfiez-vous du soleil de mars qui « donne des rhumes tenaces » !

Adissias ! 

Jean Mignot le 28 février 2022

                                                                                                         

 

lundi 31 janvier 2022

de février 2022

 


 de Février 2022

 

Ce mois a la particularité d’avoir un nom qui ne se réfère pas à un dieu auquel il serait voué ni à un numéro d’ordre par sa place dans le calendrier. Il partage cette particularité avec avril.

Son nom viendrait de « februare » purifier car c’est un mois où le froid vif se fait souvent sentir, entrainant des maladies ou fièvres.

Il faut dire aussi qu’étant un mois « ajouté » pour que la durée de l’année se rapproche le plus de la durée du cycle solaire, il fallait bien inventer un nom en référence à quelque chose de concret.

Vous savez que dans le tout premier calendrier de Rome l’année ne comptait que dix mois soit 355 jours. Puis, en guise de rattrapage, on commença par ajouter tous les deux ans un mois intercalaire appelé « marcedonius » mais sans règles bien établies ce qui laissait trop de possibilités d’interprétations. On était arrivé à fêter le printemps et la moisson en plein hiver ! Il faudra attendre la réforme commandée par Jules César à Sosigène d’Alexandrie pour qu’on décide d’un calendrier qui ne tienne plus compte du cycle de la lune (comme encore certains le font et sont en décalage total en célébrant leurs fêtes hors de leur contexte saisonnier) mais du soleil. En 45 avant JC le calendrier « julien » de 365 jours fut instauré, avec un jour supplémentaire tous les quatre ans. Comme février était le mois qui avait servi à trouver un bon compte c’est à février qu’on ajouta ce jour. C’est aussi à lui qu’on enleva un jour pour mettre à égalité Jules César et Auguste, chacun ayant un mois dédié à leur mémoire, juillet et août.  

Ce calendrier était d’un calcul très précis, 365 jours, 5 heures et 49 minutes. Las ! il y avait une petite erreur de calcul de 11 minutes 14 secondes sur la durée du cycle du soleil. Au bout de quatre siècles on était arrivé à un décalage de trois jours sur les saisons. Problème pour célébrer l’anniversaire de la fête de Pâques. Le concile de Nicée en 325 avait bien lié la détermination de cette fête à l’équinoxe de Printemps, comme c’est encore aujourd’hui, mais le glissement dû à cette erreur pouvait faire que cette fête allait être célébrée au cœur de l’été donc sortie du contexte dans lequel elle s’était passée. Au concile de Constance en 1414, le cardinal d’Ailly, cardinal français renommé et très influent, proposa au Pape Jean XXII de modifier les règles fixant les jours supplémentaires ou intercalaires ancêtres de notre jour bissextile, mais son projet ne fut pas adopté. En 1582, 1257 ans après le Concile de Nicée, l’équinoxe de printemps tombait le 11 mars. Dix jours de décalage. Le Pape Grégoire XIII, alors la seule autorité reconnue, ou pour ceux qui contestent cette affirmation, une des seules autorités la plus universellement reconnue, à l’appui des travaux savants et très complexes des frères Lilio et du jésuite allemand Clavius, décida, par une bulle, que le lendemain du jeudi 4 octobre serait le vendredi 15 octobre. Il y eut une tempête de protestations. De nombreux états refusèrent de se plier à une décision papale, notamment les pays protestants et l’application de ce nouveau calendrier, pourtant la plus proche de la réalité, se fit à des dates très différentes selon les pays. En France le lendemain du 9 décembre fut le 20 décembre, entrainant notamment l’anomalie dont je vous ai déjà entretenu en décembre dernier. Bref, l’année 1582 en France ne compta que 355 jours, ce qui complique terriblement les recherches de généalogies, avec 10 jours manquant au calendrier. Encore plus compliqués dans d’autres pays puisque la mise en œuvre eut lieu à d’autres périodes.

Février qui est un mois créé pour justement permettre d’arriver à un compte de jours le plus proche du cycle du soleil pour une année, méritait bien ce rappel, lequel rappel mériterait d’être plus précis encore. Je me suis limité à l’essentiel.  Février un mois de complément, un mois accessoire. Nos Anciens nous avaient prévenus « le plus court des mois, et le pire de tous à la fois » ; ou « février entre tous les mois, le plus court et le moins courtois » ; et encore «  le p’tit février est pire que tout ». Et en Occitanie, et « avé l’assent » : « Février le moins lan’g, le plus mauvais de l’an’gue ».

Février le moindre de tous les mois nous rappelle avec tous les changements intervenus tout au long de son cours, que malgré de savants calculs, malgré des machines très sophistiquées, malgré toutes sortes d’instruments et satellites, l’homme a toujours essayé de maîtriser le temps sans jamais y parvenir. Même en 2022 !

La plupart des calendriers établis sur les bases du cycle lunaire ont des jours ou des mois intercalaires pour rattraper le rythme des saisons. C’est ainsi que 1er février 2022 sera le Nouvel An chinois, ouvrant l’année du tigre. Il y a bien eu en janvier un mois complémentaire !

Mais 2022 n’est pas une année bissextile bien que 2022 soit un nombre pair, car il n’est pas divisible par 4 !

Février est un mois de transition. Les travaux sont au ralenti dans le monde agricole. Peu de choses se sèment en février, mais ça vaut le coup de se préparer pour le vrai démarrage de la saison potagère qui aura lieu au mois de mars La nature renaît et le jardinier, à son tour aussi, réveille son désir de cultiver les légumes, non sans regarder cette année avec inquiétude car, au moins chez nous dans le sud, nous sommes avec un énorme déficit de pluies. Personne n’en parle, mobilisés que nous sommes sur la pandémie ou sur le cirque tragi-comique des futures élections. Même pas les écolos qui pourtant auraient là un bon sujet de préoccupations. Il est vrai que quand on sait d’où ils viennent, leur façon d’aborder la campagne et l’agriculture est assez étonnante. Tout comme l’utilisation des canons à neige pour ouvrir à tout prix les pistes de nos stations de ski. Il y aurait beaucoup de choses à dire! IChut ! Il ne faut pas parler de ça !

Alors parlons du temps qu’il fait et de ce que nos dictons nous disent en rapport avec les grands moments qui jalonnent ce mois, ceux du cycle lunaire qui donne toujours quelques indications et ceux des fêtes du mois puisqu’elle marquent au moins deux moments fort, les crêpes de la Chandeleur et la Saint Valentin.

Février débute de façon générale, plutôt mal, du moins pour tous ceux qui sont en bordure d’Atlantique ou de la Manche, car la Nouvelle Lune du 1er février, amène un fort coefficient de marée et chez nous un ciel moins beau que celui que nous avions depuis plusieurs jours, nettoyé par le Mistral. La télévision nous en a déjà montré quelques conséquences. Il y aura des coefficients très élevés le 2 et le 3.

Du 1er du mois au 12 nous allons être en lune montante. C’est-à-dire une lune qui sera de plus en plus haut dans le ciel et en même temps qui va croître, en passant le 9 par un nœud lunaire et par l’apogée le 11.

« A la saint Blaise (le 2), souvent l’hiver s’apaise. Mais si vigueur il reprend, pour longtemps on s’en ressent ». Il faudra regarder ce que va faire l’ours. Ça c’est assez difficile chez nous. S’il fait doux, l’ours croyant l’hiver fini sort de sa tanière. S’il fait très beau, il voit son ombre et il prend peur. Vite il retourne dans son antre et il y reste encore quelques jours. Si le ciel est couvert et qu’il fait doux il part gambader dans la campagne. Peut-être un signe que l’hiver est fini ! Les prévisions en l’état actuel des informations annoncent des jours plutôt doux. Pas de vague de froid en vue.

Le 9, pour la Saint Apolline « Jour de saint Apolline renfrogné, c’est trois beaux jours d’été ». Il faudra se méfier du 11, pour la saint Séverin car : « Séverin et ses coquins font tout geler sur leur chemin ». Peut-être une gélée matinale tout au plus. Car nous avançons vers le printemps de la saint Valentin. « A la saint Valentin la pie monte au pin ; si elle n’y reste point, l’hiver n’est pas à sa fin ».  S’il a fait doux comme c’est probable les oiseaux vont commencer à nicher. Mais.. !

Or la courbe lunaire va être descendante après le 12, passant par la Pleine Lune le 16, un nœud lunaire le 23 et le périgée le 26.

Si le 12 « à la sainte Eulalie, pensées et myosotis sont fleuris », le 16, une chute de neige ce jour-là serait catastrophique : « s’il neige à la saint Onésime, la récolte est à l’abîme ». C’est aussi ce jour la sainte Julienne. Or « à la sainte julienne, faut toujours que le soleil vienne, s’il luit peu, bon pour les bœufs, s’il luit prou, c’est bon août ! ».

Le 23, pour la saint Florent : « l’hiver cesse ou reprend ». Et le 26 pour la saint Nestor « Quand l’hiver commence en lion il finit en mouton ». Nos Anciens ne nous disent pas si le contraire peut s’avérer !

Pour la saint Valentin il y a quantité de proverbes et le commerce s’étant saisi de cette fête je vous invite à relire ce que j’ai écrit sur cette fête dans mes chroniques des années précédentes.

La fête de la saint Valentin a été instaurée pour tenter de juguler les débauches auxquelles s’adonnaient les romains avec les Lupercales. Les romains parcouraient les rues de la ville, des torches à la main, vêtus de peau de bêtes pour célébrer le dieu Pan, et frappaient les femmes de la foule avec des lanières, semant ainsi la « panique ». Ensuite en l’honneur de Proserpine on mangeait des galettes de céréales à la lueur des torches. On dit qu’au temps du pape Gélase, des pèlerins venus à Rome célébrer la présentation de Jésus au Temple, étaient arrivés si harassés que le bon Pape leur auraient fait servir de ces galettes. Ce sont nos crêpes.

Crêpes dont la forme ronde dorée est aussi le symbole du soleil renaissant.

Une certitude, à l’heure actuelle, la tradition des crêpes est, au cœur de l’hiver, un grand moment convivial. Son sens religieux est complètement oublié, voire remplacé par certaines superstitions. Ne tente-t-on pas la chance en faisant sauter les crêpes avec une pièce dans la main gauche. Une pièce d’or bien sûr !

Autrefois, en Ile de France, en Vendée mais aussi en d’autres régions, on conjurait la misère en faisant sauter une crêpe de façon à ce qu’elle se dépose au-dessus de l’armoire lingère, symbole, elle, de la richesse du foyer. Une tradition normande rapporte qu’à la Chandeleur, les paysans devaient se rendre auprès de leur seigneur avec une timbale contenant une dîme de cinq sous d’argent et une crêpe. L’un d’eux, désigné par le sort, devait faire sauter la crêpe. Bien retournée, il pouvait déduire un sou de sa dîme.

Et quand mère Barberin fait des crêpes : «  Quand je revins, la terrine était pleine d’une bouillie jaunâtre, et mère Barberin frottait avec un bouchon de foin vigoureusement la poêle à frire ; dans la cheminée flambait un beau feu clair que Mattia entretenait en y mettant des branches, brin à brin… Mère Barberin mit la poêle au feu et, ayant pris un morceau de beurre au bout de son couteau, elle le fit glisser dans la poêle où il fondit aussitôt…Avec la cuiller à pot, mère Barberin a plongé dans la terrine d’où elle retire la pâte qui coule en longs fils blancs ; elle verse la pâte dans la poêle, et le beurre qui se retire devant cette blanche inondation la frange d’uncercle roux… Mère Barberin donne une tape sur la queue de la poêle, puis, d’un coup de main, elle fait sauter la crêpe, au grand effroi de Mattia ; mais il n’y a rien à craindre ; après avoir été faire une courte promenade en l’air dans la cheminée, la crêpe retombe dans la poêle sens dessus dessous, montrant sa face rissolée. » Hector Malot « Sans famille »

Bon mois de Février 2022. Bonne Chandeleur. Addissias !

 Jean Mignot le 31 janvier 2022