samedi 25 novembre 2023

sainte Catherine 2023

La fête de Sainte Catherine aujourd'hui est ce qu on appelle un "jour de marque" c est à dire un jour qui donne quelques indications et pour le temps qu il va sans doute faire et pour l agriculture et les plantations. Nous connaissons tout ce vieux dicton " à la Sainte Catherine tout arbre prend racine". Il faut prendre ce dicton avec une petite réserve. En effet c'est surtout de la lune qu il faut tenir compte. Or le cycle (mois) lunaire étant plus court que le mois de notre calendrier il peut y avoir un décalage dont il faut tenir compte. Il est recommandé, pour planter un arbre, entre autres, de le faire en "lune montante" et en " vieille lune" c est à dire entre la Pleine Lune et la Nouvelle Lune . Nous attendrons donc pour planter que la Pleine Lune soit passée. Elle se produira le 27 et nous serons bien en "lune montante". Nos dictons donnent des indications, parfois avec prudence ou nouances..En Bretagne on dit : "entre Catherine et Noué tout bois est bon à planter". Il y a une marge de sécurité ,! Quant au temps il y a quelques dictions précis qui risquent cette année de s avérer païen précis. "A la Sainte Catherine l'hiver s'aberline ( arrive ) à la Saint André il est aberliné ( arrive)." Je me limite à cette seule citation et vous invite à regarder les prévisions de vos différents services météo.. Le temps change en général trois ou quatre jours après la nouvelle Lune où après la Pleine Lune et le temps qu il fera ce jour la durera jusqu'à la prochaine lunaison. C'est ce qui vient de se passer après la Nouvelle Lune du 13 novembre et c'est ce qui est annoncé actuellement avec de la pluie le 30 et le 31, puis du froid après la Saint André, le 30. Si si allez sur internet..! vous verrez que la lune donne de bonnes indications ! et que la température matinale va baisser très sérieusement comme ce matin. Et pour planter ou tailler il ne faudra pas le faire si du gel est annoncé !

JM le 25 novembre 2023

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Guilhem Lavignotte, Jean-Claude Rodriguez et 5 autres personnes

dimanche 5 novembre 2023

La Toussaint et quelques rappels historiques

 Quelques rappels sur le sens de la Toussaint et un contexte historique

 

La Toussaint est, comme son nom l’indique, la fête de tous les saints. Autrement dit, sont célébrées ce jour-là les personnes officiellement reconnues comme saintes« à l’issue d’une procédure dite de ’canonisation’ », mais aussi toutes les autres n’ayant pas bénéficié de cette reconnaissance. Cette fête ne tire pas son origine des textes bibliques, mais a été instaurée par l’Église. Dans un premier temps, l’idée était de rendre hommage aux martyrs c’est-à-dire « des personnes qui ont souffert, ont été mises à mort pour avoir refusé d’abjurer leur foi, leur religion », selon le dictionnaire Le Robert. Néanmoins, il n’existait pas de date fixe.  C’est le pape Boniface IV (608-615) qui, en 610, décide de placer cette fête le 13 mai. À cette occasion, les reliques des martyrs sont transférées au Panthéon de Rome qui devient l’église Sainte-Marie aux Martyrs. La date est ensuite fixée au 1er novembre par le pape Grégoire III (731-741). Environ un siècle plus tard, en 835, Grégoire IV (827-844) impose que « cette fête soit célébrée dans le monde entier.

Ces choix ne sont d’ailleurs pas anodins. Ils permettent en effet de concurrencer des fêtes non-chrétiennes, comme Samain célébrée par les Celtes entre le 31 octobre et le 1er novembre. Une fois insérée dans le calendrier, la Toussaint rythme, avec les autres fêtes religieuses, l’année des fidèles.  

Le jour de la Toussaint est reconnu férié en France depuis le Concordat de 1801, entre Napoléon et le Pape Pie VII, organisant les rapports entre les différentes religions et l'État.

Il est amusant de noter que ce concordat qui n’est plus appliqué en France nous ramène à l’histoire et à l’actualité au moins sur les quatre points que voici ;

1/ Ce concordat reste en vigueur dans trois départements de l’Est (Bas-Rhin, Haut Rhin et Moselle) qui suite à l’occupation allemande sont restés sous les dispositions de ce concordat de 1801, quand ils sont redevenus français.

2/ Les tractations autour de l’élaboration de ce concordat avaient amené Bonaparte à obliger le Pape Pie VII à signer un autre concordat en 1802 ? dit Concordat de Fontainebleau. Le Pape s’était retracté de sa signature sous l’influence entre autres du Cardinal Pacca qui sera exilé à Uzès pas Napoléon. Il y fera un assez court séjour logé dans l’hôtel d’Amoreux. Son portrait est exposé dans les sacristies de la Cathédrale et une stalle de couleur grise, qui lui était dit-on destinée, rappelle ce fait.

3/ Ce concordat de 1801 comportait une autre disposition que le pape Pie VII avec acceptée, et qui était de demander aux évêques d’ancien régime de démissionner pour laisser nommer en accord avec Napoléon des évêques dans les nouveaux diocèses créés. C’est dans ce contexte que le diocèse d’Uzès a disparu. L’’ancien évêque d’Uzès, Mgr de Béthisy de Mézières qui avait émigré, refusa de démissionner de son poste d’Évêque d’Uzès alors qu’il n’y résidait plus et que l’evêché avait été supprimé ! Il mourra à Londres après avoir finalement reconnu le rattachement de l’évêché d’Uzès à celui d’Avignon avant qu’il soit rattaché à l’évêché de Nîmes.

Toussaint jour férié, vestige du concordat de 1801 nous rappelle ces deux faits « uzétiens » !

4 / Toussaint vestige du concordat de 1801 nous ramène au débat sur la laïcité.

La première constitution de notre République avait bien créé un état laïc, mais Bonaparte, après des tas de déboires, avait rétabli la prédominance de la religion catholique. « Il me faut un Pape qui rapproche au lieu de diviser ; et qui réconcilie les esprits, les réunisse et les donne au gouvernement sorti de la Révolution pour prix de la protection qu’il en aura obtenue. Et pour cela il me faut le vrai pape : catholique, apostolique et romain, celui qui siège au Vatican. Avec les armées françaises et des égards, j’en serai toujours le maître. Il fera ce que je lui demanderai dans l’intérêt du repos général ; il calmera les esprits, les réunira sous sa main et les placera dans les miennes. »

Le 16 juillet 1802 (27 messidor an IX), le Concordat restaure la religion catholique en France et abolit la loi de 1795 séparant l’Église de l’État ; en retour, le Saint Siège reconnait la légitimité de la République. « De toutes choses entreprises par Bonaparte, écrit Châteaubriant, celle qui lui coûta le plus fut indubitablement son Concordat ».

En 1905, la loi de séparation de l’Église et de l’État, si durement discutée de part et d’autre ne toucha pas à certaines dispositions de ce Concordat et de l’arrêté du 19 avril 1802 qui instituait la Toussaint comme jour férié. L’article 42 stipule : « Les dispositions légales relatives aux jours actuellement fériés sont maintenues ».

Mais Il n’y avait alors que quatre jours prévus dans ces dispositions : Noël, l’Ascension, l’Assomption et la Toussaint. C’est le gouvernement de M. de Freycinet, qui dans sa loi du 8 mars 1886, en pleine querelle religieuse, et surtout dans le cadre des grands mouvements sociaux qui ont marqué la IIIe République, créa, entre autres jours fériés, le lundi de Pâques et le Lundi de Pentecôte.

On se pose encore aujourd’hui la question du pourquoi de cette décision qui n’a rien de religieux. Sans doute Charles Louis de Freycinet, Président du Conseil, homme de conciliation et de compromis au point qu’on l’avait surnommé « la souris blanche » (il faisait le tampon entre Jules Ferry et Gambetta !) cherchait-il la paix sociale !

Cela valait la peine de rappeler ces points d’histoire.

 

Jean Mignot le 1er Novembre 2023

Serions-nous à court d'imagination

 Serions-nous à court d'imagination ?

Ce que nous appelons « halloween » se dit en gaélique « oiche sahmhna ». C’est le soir sacré où on célébrait, les ancêtres, les héros et les morts avant les inquiétudes et les rigueurs de l’hiver
Halloween, « allhallow-even » , « eve of All saints », littéralement "la veille de tous les saints", est une dérive manipulée par le commerce, où le laid voire les sorcières et autres personnages démoniaques sont fêtés sans aucun respect de la vocation d’origine de ce jour lié au souvenir de nos morts dans le calendrier celte.
Alors que nous dénonçons les publicités qui envahissent notre quotidien nous tombons dans le panneau pour halloween, qui plus est avec des coutumes revues à la sauce américaines,- ce que nous dénonçons par ailleurs - ans faire un effort de créativité qui resituerait cette fête dans son contexte respectueux de la mort et le souvenir de nos disparus .
Fêter halloween d accord, mais n importe comment ! Ce serait une bonne occasion d expliquer à nos enfants que la mort fait partie de notre vie et que se souvenir de nos ancêtres est une noble chose. Favoriser le culte du laid voire du démon est ce une bonne pédagogie ? Serions nous à court d'imagination pour imaginer d'autres façons de fêter hallowen ?
 

‌‌‌‌‌‌‌Jean Mignot
31 octobre 2023

dimanche 1 octobre 2023

du mois d'octobre 2023 et des calendriers

 

du mois d’octobre 2023 et des calendriers

 

Le mois d’octobre plus que tout autre mois de l’année, nous renvoie, au moins par cinq fois tout au long de ses trente et un jours, vers cette recherche des hommes depuis la nuit des temps, pour trouver un moyen pour mesurer la course du temps, celle du soleil et de la lune, et d’avoir ainsi un système de référence commun qui permette les échanges entre régions et pays, commerce mais aussi impôts ! c’est-à-dire les calendriers. Calendrier vient de calendes qui désignaient le 1er jour du mois, jour où l’on convoquait le peuple pour annoncer les évènements du mois.

Octobre par son nom est le huitième mois de l’année romaine, selon le calendrier en vigueur au temps de la fondation de Rome. Un calendrier de 10 mois qui commençait au mois de mars et qui dans ses derniers mois ne faisait plus référence pour le nom des mois à un dieu ou à une déesse mais à leur place dans la série : cinq, six, sept, huit, neuf, dix… Selon les traditions relatées par les auteurs latins (Ovide, Varron), dès 450 av JC, sous Numa Pompilius, ce calendrier passe à 12 mois, et janvier devient le premier mois de ce calendrier dit : " pompilien"  afin de rapprocher le début d'année du solstice d'hiver qui met fin à la saison morte et amorce le renouveau solaire. Cependant, les années romaines restent longtemps encore identifiées par la date d'élection des deux consuls , qui prennent leurs fonction le 1er mai et le 15 mars avant 153 av JC.  Ce calendrier fut remplacé, à la demande de Jules César, par un système élaboré par Sosigène d’Alexandrie. Ce calendrier dit « julien » fixait entre autres choses, le début de l'année consulaire au 1er janvier entraînant un changement dans le nom des dix mois. De sa place de huitième, octobre devint le 10e des mois de l’année.

Octobre nous permet ce premier rappel des calendriers anciens et des réformes pour rechercher une mesure du temps qui se rapproche le plus de la course du soleil.

En France, l'ordre des quatre derniers mois de l'année du calendrier sera en partie conservé dans l’écriture courante des actes jusqu'à la Révolution et même au cours du xixe siècle : VIIbre, 7bre ou 7bre (septembre) ; VIIIbre, 8bre ou 8bre (octobre) ; IXbre, 9bre, 9bre ou 9bre (novembre) ; Xbre, 10bre ou 10bre (décembre). Les cinquième et sixième mois avaient perdu leur référence à un ordre de classement quand ils furent rebaptisés Julius en l’honneur de Jules César, et Augustus dédié à l’empereur Auguste.

Je voudrais seulement limiter mon propos à ce qui lie octobre et les calendriers et ce faisant, je résume une histoire de réformes très complexes que j’ai souvent expliquées dans mes chroniques, passant du mois complémentaire au jour bissextile et aussi par une année dite «de confusion », en l’an 46 avant J.C. qui compta 445 jours, car la réforme julienne était compliquée à mettre en œuvre, sans compter avec les réticences habituelles de ceux chargés d’appliquer les réformes. Pas grand-chose n’a changé depuis !

Le calendrier « julien » eut une belle durée puisqu’il vécut jusqu’en 1582. Mais son calcul pas assez précis malgré une tentative de rattrapage complexe grâce aux années bissextiles, entraînait un décalage de 12 minutes par an, soit 20 heures par siècle et 8 jours par millénaire, soit une dérive d’une dizaine de jours, toujours avec la référence au cycle des saisons et à la course du soleil et la fête des Pâques chrétiennes qui ne correspondait plus au contexte historique de la saison où les événements célébrés avaient eu lieu. C’est pourquoi l’église s’en mêle et le Concile de Trente demande une révision du système.

En février 1582, la bulle Inter gravissimas du Pape Grégoire XIII sur la base des travaux d’une importante commission dont on n’a retenu que le nom de deux savants, le calabrais Aloïsius Lilio et le jésuite allemand Christophe Flavius décide que le jeudi 4 octobre 1582 serait immédiatement suivi du vendredi 15 octobre, afin de compenser le décalage accumulé.

La bulle est effectivement appliquée le 4 octobre dans la plupart des pays catholiques ; en revanche, les pays protestants comme les pays orthodoxes ont ignoré ou refusé cette réforme, du fait qu'ils récusaient l'autorité religieuse du pape, a fortiori, les pays non chrétiens, musulmans ou autres (Chine, etc.). « Il vaut mieux ne pas être d’accord avec le soleil plutôt que de l’être avec Rome ! » aurait dit Voltaire qui pourtant ne vivait pas à cette époque, ce qui fait peser un grand doute sur cette citation !

Cependant, cette réforme étant scientifiquement fondée, les pays protestants et les pays orthodoxes l'ont acceptée dans un délai plus ou moins long, entre 1700 et 1923, de même que certains pays musulmans au XIX ème ou au XXème siècle . D'une façon plus générale, le calendrier grégorien est aujourd'hui le calendrier international de référence

En France, sauf en Alsace, Henri III fit appliquer la réforme en décembre 1582 et on passa du 9 décembre au 21 décembre.

Avec la suppression de ces 10 jours le fameux dicton « pour la sainte Luce les jours avancent du saut d’une puce » perdit sa signification car la fête située primitivement le 23, à la veille du solstice d’hiver alors le 24 décembre, pour célébrer la lumière, perdit tout son sens, passant au 13 décembre. Malgré ce, ce dicton reste encore un des plus populaires et des plus souvent cité encore actuellement.

La réforme « grégorienne » changeait aussi la date du solstice en la fixant le 21 ou le 22 décembre mais Noël qui avait été fixée en fonction du solstice d’hiver du calendrier « julien » au 25 décembre, resta à cette date.

C’est le deuxième rappel que nous apporte octobre dans l’évolution et les réformes des calendriers et la recherche des hommes pour trouver une référence commune pour mesurer le temps qui passe ! 

C’est cette non-application dans les pays orthodoxes qui nous fait parler de la « Révolution d’Octobre » en Russie.

C’est le troisième rappel que nous apporte octobre en lien avec la réforme des calendriers.

Dans la nuit du 6 au 7 novembre 1917, les bolcheviques s'emparent des principaux centres de décision de la capitale russe, Petrograd (anciennement Saint-Pétersbourg). Ce coup de force sans véritable soutien populaire est baptisé « Révolution d'Octobre » car il s'est déroulé dans la nuit du 25 au 26 octobre selon le calendrier julien en vigueur dans l'ancienne Russie jusqu'au 14 février 1918. Le top départ sera donné à 21h40 par un coup de canon tiré depuis le navire « l’Aurore ». Un clin d’œil de plus au temps

Le calendrier grégorien sera adopté en Russie peu après cet évènement. Le 24 janvier 1918, le Conseil des commissaires du peuple publie un décret selon lequel le mercredi 31 janvier 1918 sera suivi du 14 février 1918, supprimant ainsi 13 jours du calendrier. Mais l’église orthodoxe continue de se référer au calendrier « Julien » d’où les fêtes de Noêl et de Pâques célébrées avec dix jours de décalage. Position de principe difficile à comprendre puisque le calendrier « julien » n’a aucune référence religieuse !

Ne confondons pas cette « Révolution d’octobre » qui a bien un lien avec le mois d’octobre et les calendriers avec « Octobre rouge », cette mutinerie de capitaine Valéry Sabline qui prend de force une frégate soviétique, histoire en partie vraie qui eut lieu en pleine guerre froide et a inspiré un film avec Sean Connery et le roman « à la poursuite d’octobre rouge ». Ceci est trop en marge par rapport à mon propos dans cette chronique.

De même je cite seulement pour mémoire « Octobre rose » dont la cause bien fondée ne saurait être mise en cause mais qui ne concerne pas cette chronique !

Le 29 octobre, nous changerons d’heure. C’est le quatrième rappel que nous fait octobre. Encore une question de calendrier puisqu’il s’agit de caler la durée de nos jours sur la course du soleil. Aussi, dans la plupart des pays ou régions d'Europe qui appliquent l'heure d'été, le dernier dimanche d'octobre est celui du passage à l'heure d'hiver, c'est-à-dire le retour à l'heure normale du fuseau horaire.

Selon une étude de l’Agence de la transition écologique, le changement d'heure permettrait à la France d'économiser 351 GWh chaque année, soit 0,07% de sa consommation énergétique totale. Ce serait intéressant de connaître la position de nos écologistes patentés notamment pour ce qui concerne l’abandon de cette disposition. En tous cas, malgré une consultation qui a donné une large majorité pour l’abandon de ce changement, ce n’est pas cette année, ni en 2024 que la réforme sera appliquée.

En fin de ce mois, Octobre nous ramène à un autre calendrier, le calendrier « celte ». C’est le cinquième rappel !

L’année celtique était rythmée par quatre fêtes dont Samain dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre. Les celtes mesuraient le temps en nombre de nuits et non par les jours. Samain correspond au début de l’année et de la saison sombre. Ce que nous appelons « halloween » se dit en gaélique « oiche sahmhna ». C’était le soir sacré où on célébrait, les ancêtres, les héros et les morts avant les inquiétudes et les rigueurs de l’hiver. On se préparait à hiverner avec l’ours Martin, et on invoquait, par des rites, le futur renouveau de la terre. Dans cet intervalle incertain entre deux cycles, rodent les âmes des morts, les esprits reviennent d’outre tomber pour errer sur la terre des vivants ? Ce 31 octobre était donc le soir sacré, la veille du jour des saints et ce bien avant que la fête de Toussaint soit fixée au 1er novembre.

Halloween, qui signifie littéralement « allhallow-even » ce qui signifierait « eve of All saints » est une dérive manipulée par le commerce, où le laid voire les sorcières et autres personnages démoniaques sont fêtés sans aucun respect de la vocation d’origine de ce jour. Nous dénonçons les publicités qui envahissent notre quotidien et pour halloween nous tombons dans le panneau, sans faire un effort de créativité qui resituerait cette fête dans son contexte respectueux de la mort et le souvenir de nos disparus !

En octobre les nuits seront de plus en plus précoces : les jours diminuent d'une heure quarante-sept minutes dans le mois.

C'est le mois des vendanges tardives, de la récolte des pommes à cidre et des glands.

Octobre est ainsi fêté dans plusieurs régions du monde. Cette Fête de la récolte prend par exemple le nom d’Erntedankfest (« fête de remerciement pour la récolte ») en Allemagne.

Les cultures populaires se sont inventées des dictons météorolgiques sans qu’on puisse en trouver un qui pourrait nous donner une indication sur l’évolution de la météorologie souhaitée et attendue pour ce mois.

En voici quelques-uns en guise de bouquet final et chacun pourra peut-être y trouver son bonheur !

« Quand octobre prend sa fin, dans la cuve est le raisin », « si tu veux moissonner, c'est l'heure de semer », « en octobre, qui ne fume bien ne récolte rien », « octobre n'a jamais passé sans qu'il y ait cidre brassé ».

Octobre est en effet le mois des vendanges et de plusieurs récoltes.

« En octobre tonnerre, vendanges prospères », « tonnerre en octobre, vendanges peu sobres »

Le vigneron ne se plaint pas des orages généralement associés à du temps relativement doux.

« S'il tonne en octobre, grands vents, grandes pluies, grande cherté »

Mais il redoute un changement trop brusque qui amènerait une chute trop rapide des températures. « Gelée d'octobre rend le vigneron sobre », « Octobre de froid pas chiche ne fait pas le vigneron riche »

Le cultivateur aime les gelées d'octobre qui font disparaître la vermine « Octobre en gelées, chenilles trépassées », « Octobre glacé fait vermine trépasser ».

« Octobre en brumes, mois à rhumes », « en octobre, il faut que l'homme vite s'habille quand le mûrier se déshabille », « vent d'octobre, ta pelisse il faut que tu sortes », « En octobre, c'est le vent qui mène les feuilles au champ », « En octobre, si tu es prudent, achète grains et vêtements ».

« En octobre, qui n'a pas de robe en cherche. » En effet Les frimas et les vents d'octobre obligent l'homme à se procurer des vêtements chauds, et aussi du grain qui est alors meilleur marché.

« Beaucoup de pluie en octobre, beaucoup de vent en décembre », « brouillards d'octobre et pluvieux novembre font bon décembre », « si octobre s'emplit de vent, du froid tu pâtiras longtemps », « s'il neige en octobre, l'hiver sera sobre », « si octobre s'emplit de vent, du froid pâtiras longtemps », « Octobre emmitouflé annonce décembre ensoleillé », « Octobre en bruine, hiver en ruine », « Quand d'octobre vient la fin, Toussaint est au matin. »

Selon d’autres sources, le temps d'octobre annoncerait celui des mois suivants.

Je relève seulement qu’au moment de la Nouvelle Lune du 14 de ce mois il y a une éclipse de soleil non visible en France, et un nœud lunaire ; une autre éclipse, de lune celle-là, se produira le 28. Ces jours sont toujours des moments de perturbations atmosphériques et souvent des signes de changement de temps.

Octobre est appelé Winterfylleth   (« arrivée de l'hiver ») par les anglo-saxons ou en vieil anglais .

« Celluy qui de moy se remembre

Se doit esjouyr grandement,

car nommé suis le moys d’Octobre

qui fit vin cueillir et sarment,

dont on fait le sainct sacrement

sur l’autel en mainte contrée ;

et car je fays bon vin vraiment

ma sayson doit estre approuvée… »

Grand Calendrier des Berges de Guiot-Marchant – 1496

Addissias

Jean Mignot le 1er octobre 2023

 

 

mardi 29 août 2023

31 août 2023, Pleine Lune, Super Moon, Lune Bleue, treize Lunes

 À propos de la 2e Pleine Lune du mois d’Août, Super Moon, Lune bleue et 13e Pleine Lune de l’an 2023

Le Pleine Lune de ce 31 août 2023 sera la deuxième Pleine lune du mois ce qui est un fait assez rare, ce sera une « Super Moon » et on l’appelle « la Lune Bleue ». Trois points importants pour cette lune qui nous amène une année de treize lunes avec son cortège de prédictions et de malédictions.

Il faut donner quelques explications.

Il est assez rare qu’il y ait deux Pleines Lunes dans un mois. La lune tourne autour de la Terre en 29 jours, 12 heures, 44 minutes et 2 secondes. C’est ce qu’on appelle une « lunaison ». Une année étant en moyenne de 365,25 jours, un simple petit calcul (une année divisée par la durée d'une lunaison) montre que l'on peut « caser » dans une année non pas 10, 11 ou 14 cycles, mais uniquement 12 ou 13.

13 lunes dans une année c’est rare !  enfin presque car cela se produit en moyenne tous les 2 ,7 ans. On a eu des années de treize lunes en 2009, 2012, 2018, 2020. Mais parle-t-on de Nouvelles Lunes ou de Pleines Lunes ?

Ainsi, en 2009, il n'y a que 12 Nouvelles Lunes. Mais il y a bien eu 13 Pleines Lunes. En 2012 il y a eu 13 lunes. En 2008 il n'y avait « que » 12 Pleines Lunes, mais 13 Nouvelles Lunes.

Les mois à deux lunes (pour qu'il y en ait treize) ne sont pas toujours les mêmes et couvrent presque tout le calendrier. Avec parfois des bizarreries. En 1999, il y a eu deux Pleines Lunes en janvier et deux Pleines Lunes en mars. Mais aucune lune en février. Même chose en 2018. Il s’agit là d’un simple rapport entre la durée du mois lunaire et celle du mois solaire. 365,25 jours de l’année divisés par les 29,5 jours du mois lunaire, ça ne peut pas tomber juste. Cette différence aura une conséquence curieuse en 2030. Cette année-là il y aura deux mois de Ramadan dans l’année !

Nous voici donc avec une deuxième Pleine Lune en ce 31 août. Ce sera une Super Moon c’est-à-dire qu’étant à son Périgée elle sera au plus près de la terre - 357292 km - et que donc nous allons la voir, surtout à son lever, beaucoup plus grosse qu’elle ne parait d’habitude. 14% de plus dit-on !

Il faut rappeler que la lune décrit autour de la terre une orbite qui est inclinée par rapport au plan de la terre et du soleil. On appelle ce plan, écliptique.  Il faut imaginer ce plan horizontal. L’orbite de la lune est donc tantôt au-dessus et tantôt au-dessous. À chaque fois que l’orbite de la lune coupe ce plan il y a ce qu’on appelle un nœud lunaire. Chaque passage à un nœud lunaire, montant ou descendant, est toujours un moment sensible notamment pour les plantes et pour les changements de temps. C’est cette courbe lunaire qui permet de dire que la lune est « montante » ou « descendante ». C’est cette position de la lune qui est importante pour les agriculteurs, non pas tellement à cause du rayonnement de la lune, qui n’en a pas, mais à cause des indications que cela donne. Concrètement on voit la lune dans le ciel plus haut ou plus bas sur l’horizon.

Pour rendre l’explication plus claire ou plus complexe, la lune présentant toujours la même face à la terre, elle n’est pas toujours éclairée de la même façon par le soleil. Son image visible passe du simple croissant en forme de C renversé (un D) puis à un cercle bien rond et ensuite à un C, jusqu’à ne plus être éclairée et invisible, en Vieille Lune ou en Nouvelle Lune. Sur nos calendriers c’est le gros point noir. La lune croit et décroit mais quand son croissant a la forme d’un C elle est en train de décroître. La lune ment.  Entretemps, de la Pleine Lune au croissant, elle a une forme de ballon dégonflé. On appelle cette phase, la « lune gibbeuse » c’est-à-dire  « bossue ».

Il y a enfin un 3ème élément dont il faut tenir compte c’est que cette orbite de la lune autour de nous, n’est pas régulière. La lune s’éloigne de la terre jusqu’à plus ou moins 406000 kilomètres, jusqu’au point le plus éloigné, c’est-à-dire l’apogée. Puis se rapproche de nous jusqu’à des distances proches de 356000 km jusqu’au point le plus proche c’est-à-dire le périgée.

C’est quand il y a la correspondance entre les nœuds lunaires et l’écliptique que se produisent les éclipses. Ce n’est pas le cas cette fois, mais la lune, ce 31 août va être à son périgée le 30 août à 15h54 TU et donc quand elle va se lever elle sera très grosse et très belle sur l’horizon, bien qu’elle n’atteigne le cercle parfait de Pleine Lune qu’à 1h35 TU dans la nuit du 31 août, soit 3h35 à Paris.

Nous pourrons assister au spectacle si le temps est bien dégagé vers 20h52 ce soir, et encore demain soir à 21h11 avec quelques minutes de décalage selon les horaires donnés par le calendrier du facteur.

Voilà pour les conditions du spectacle. Nous serons alors en lune montante, bien qu’à partir de ce 31 la lune va décroître. Encore une complexité de la situation. Elle est montante et elle décroit ! On a du mal à s’y retrouver ! J’ai souvent expliqué les conséquences de cette complexité du cycle lunaire notamment sur les plantes, sur le temps et sur les hommes !

Il faut encore dire que, précisément ces jours de fin août, de pleine lune et de spectacle, il y aura des grandes marées au coefficient de plus de 100 jusqu’au dimanche 3 septembre. Autre spectacle sans nul doute, mais plus dangereux que celui d’observer la lune.

C’est ce passage à la Pleine Lune qui correspondant à quelques heures près au périgée, fait que cette lune du 31 août est dite Super Moon. Il y en a déjà eu plusieurs Super Moon cette année et il y en aura encore une le 29 septembre prochain

Mais pourquoi appelle -t-on cette lune du 31 août 2023, « Lune Bleue ». L'adjectif « bleu » ne signifie pas pour autant que la lune prendra une teinte particulière lors du phénomène. Ce n'est pas un terme scientifique, mais une transcription d'une expression populaire en anglais. Ce terme viendrait de l'expression anglaise « blue moon ».

L'origine n’en est pas connue ! Son plus ancien usage attesté se trouve dans un dépliant de 1528 attaquant violemment le clergé britannique intitulé Rede Me and Be Not Wrothe : « If they say the moon is blue / We must believe that it is true » (« s'ils prétendent que la lune est bleue, nous devons croire que c'est vrai »). Même après beaucoup de réformes, on peut encore, voire de plus en plus, constater aussi chez nous que cela reste d’actualité !  

Le terme se retrouve dans l'expression anglaise « once in a blue moon », qui correspond à l'expression française « tous les trente-six du mois » et désigne quelque chose qui survient très rarement ou jamais.

L'utilisation du terme « bleue » résulterait d'une bourde dans un article du magazine américain d'astronomie amateur Sky and Telescope, en 1946. L'article en question s'intitulait « Once in a Blue Moon » et avait été écrit par le journaliste James Hugh Pruett qui avait mal interprété l'Almanach des agriculteurs du Maine de 1937. Et c'est ainsi que cette expression qui porte à confusion a fait le tour du monde en un rien de temps... !

Je ne pouvais pas laisser passer cet évènement exceptionnel du mois d’Août 2023, laissant un peu de côté les fêtes et saisons pour d’autres chroniques.

La Lune est l'un des principaux exutoires de nos fantasmes. Des comptines d'enfants aux poèmes des plus grands auteurs, la Lune est chantée sur tous les tons. Elle est mise à toutes les sauces. On dit que la Pleine Lune a une influence sur notre sommeil, sur le stress. On entend souvent dire que si le temps est détraqué, si l'été est « pourri» ou si le temps a changé après la Nouvelle Lune du 16 août et donc après le 15 août, après un printemps trop sec, cela donne des indications sur ce que sera le prochain hiver.. etc... C’est que nous sommes dans une année à 13 lunes. Les années de treize lunes ont mauvaise réputation.

Le cycle lunaire est un cycle complexe. Il se répète tous les dix-neuf ans, selon un cycle qu’on appelle « cycle de Méton », un mathématicien grec qui vivait aux environs de 432 avant notre ère. D’autres astronomes ont observé ces décalages, à quelques nuances près, comme Kidinnu, un chaldéen, vers 350 av. JC. Les écrits cunéiformes indiquent que ce cycle était déjà connu en Mésopotamie dès le VI e siècle av.JC et il était utilisé pour prédire les éclipses.

Tite-Live affirme que sous le règne de Numa Pompilius, quand avait conçu le premier calendrier romain (au VIIe siècle av. JC) on connaissait et utilisait le cycle de Méton : « Et tout d'abord il divisa l'année en douze mois, selon les révolutions de la lune. Mais comme la lune ne décrit pas des mois de trente jours, et que six jours (en réalité : onze jours) manquent à l'année décrite par la révolution du soleil, il ajouta des mois intercalaires de telle façon qu'à la vingtième année, la totalité des années étant écoulée, les jours aient la même position par rapport au soleil qu'au début. »

Il est plus que surprenant de voir que nous n’avons pas inventé grand-chose ! pas même nos machines sophistiquées. On observe sur le célèbre « cône de Berlin », daté de l’an 800 avant notre ère, des signes qui renvoient à des notions calendaires propre à un calendrier luni-solaire. De par ce caractère luni-solaire, on peut lire directement les intervalles de temps en unités lunaires ou solaires.

« La machine d’Anticytère » qui daterait du 3e siècle avant JC donne elle aussi des calculs permettant de calculer des intervalles proches du cycle de Méton.

Vous trouverez sur internet d’excellentes description de ces deux objets extraordinaires et mystérieux.

Je ne cite que pour mémoire, car bien plus récentes, les merveilleuses horloges astronomiques de nos cathédrales, Strasbourg, Beauvais, Bourges et d’autres !

Étonnant de voir que les hommes depuis les temps les plus reculés ont observé la Lune comme nous le ferons en ces soirées de fin août, en particulier ce soir.

C’est important de savoir, comme Monsieur Jourdain, quand il y a de la lune ou quand il n’y en a point. Mais je ne me lancerai pas dans des prévisions que d’aucun trouveraient fantaisistes. J’observe et je fais des constats qui souvent se répètent aux mêmes phases de la lune. Je lis dans un ouvrage spécialisé sur la lune : « Quand la Pleine Lune ou la Nouvelle Lune ont lieu au périgée, il y a souvent danger de perturbations, au moment de la grande marée… Ce fut le cas lors de la grande tempête des 26,27,28 décembre 1999. Autre exemple, le tsunami du 26 décembre 2004 a eu lieu le jour de la Pleine Lune du solstice d’hiver et l’apogée de la lune était le lendemain, le 27 décembre. » Curieux non ? Aux savants d'expliquer ! 

Puisque l'on ne peut pas demander à la Lune le temps qu'il va faire, il faut interroger la boule de cristal des prévisionnistes des services météorologiques. Selon les régions les prévisions changent. Il faudrait aussi parler du retour d’« el Niño ». Pour la première fois depuis sept ans, le phénomène El Niño s’est installé dans le Pacifique tropical, ouvrant la voie à une hausse probable des températures mondiales et à des perturbations des conditions météorologiques et climatiques. Selon le dernier bulletin de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), il est extrêmement probable (à 90 %) que l’épisode El Niño se poursuive au cours du second semestre 2023. Nous l’avons constaté ! On s’attend à ce qu’il soit au moins de force modérée. Le bulletin de l’OMM regroupe des prévisions et des conseils d’experts du monde entier. « L’arrivée d’El Niño augmentera considérablement la probabilité de battre des records de température et de déclencher une chaleur plus extrême dans de nombreuses régions du monde et dans les océans », a déclaré M. Petteri Taalas, Secrétaire général de l’OMM. « L’annonce d’un épisode El Niño par l’OMM est un signal donné aux gouvernements du monde entier pour qu’ils se préparent à en limiter les effets sur notre santé, nos écosystèmes et nos économies », a-t-il poursuivi. « Les alertes précoces et les mesures d’anticipation des phénomènes météorologiques extrêmes associés à ce phénomène climatique majeur sont essentielles pour sauver les vies et les moyens de subsistance. » qui s'annonce.

Il faudrait parler de ce phénomène et l’expliquer un peu plus en détails. On en parle si peu dans nos médias.

Je voulais simplement avec ces explications un peu complexes, vous inviter à un spectacle gratuit et par ces quelques lignes vous faire regarder ce mois d’août d’une autre façon.

Adissias !

Jean Mignot le 30 août 2023


jeudi 17 août 2023

à propos de la sieste et des deux Pleines Lunes d'août

 

 

De la sieste et des deux pleines lunes d’août 2023

 

Le mois d’août reste celui de la période de canicule et tandis que les vacanciers, estivants ou autres personnes en congés, « les aoûtiens », ne pensent qu’aux baignades, fêtes et loisirs d’été en tous genres, sans oublier la sieste, le paysan s’active dans ses champs : « En août et en vendanges, il n’y a ni fêtes ni dimanches » car « qui dort en août dort à son coût ». En Cévennes chez moi, on dit : « passat lou 15 de agoust pas pus de dormido ni mai de goustarous ! » « Après le 15 août, plus de sieste ni de goûter ».

« Je suis Aoust auquel nul grant loysir

Ne doit prendre ne séjounre,

Mais faucher, fener par plaisir,

Mettre en grange, battre et venner… »

Il faut en effet que les travaux des champs reprennent bien vite et qu’il faille se garder des excès quand il fait trop chaud. Même la sieste est proscrite comme le conseille le Grand Calendrier des Bergers de Guiot-Marchand en 1496 dans ce quatrain.

De nombreux dictons donnent les mêmes recommandations : « En août quiconque dormira sur le midi s’en repentira ».  « Quand même la couche serait à ton goût ne dors pas sous le soleil d’août » ou encore : « En canicule point d’excès, en aucun temps point de procès.

La sieste est si bénéfique qu’on en parle de plus en plus et qu’on écrit même des livres pour en vanter les bienfaits. Alors voici une approche de la sieste « à ma façon ».

Sieste vient du latin « sexta » la sixième heure du jour, heure de prières dans les monastères et pour bien des croyants.

On distingue plusieurs types de siestes : la « sieste éclair » qui dure généralement entre 10 et 30 minutes — cette durée est d'ailleurs généralement conseillée car au-dessus de 30 min de sieste il est assez difficile de revenir rapidement à l'état d’éveil ; la "sieste royale" à partir d'une heure ; la « micro-sieste » qui dure moins de 5 minutes. La sieste permet de regagner de la concentration et de l'énergie, et met de bonne humeur. Il est tout de même conseillé de ne pas commencer à faire la sieste après 16 h pour ne pas avoir d'effet négatif sur la nuit suivante.

La sieste est couramment pratiquée dans les pays chauds, aux heures les plus chaudes lorsque le soleil est au zénith : la chaleur ne permet pas d'activité très physique et le travail est remis aux heures plus fraîches.

Les « parisiens » et autres gens du Nord, considèrent souvent la sieste comme un « luxe », un temps volé au temps de travail ou à d'autres activités ou même associé à la paresse, alors que le premier objectif de la sieste, c’est d’échapper à la chaleur écrasante : ne pas se fatiguer davantage quand le thermomètre grimpe trop haut. Climatisation aidant ils débarquent chez vous sans tenir compte de ces heures ou le repos est « sacré ». Ne leur proposez pas d’arriver chez vous dans l’après-midi. Ils vont arriver entre quinze et seize heures ! il faut les inviter à l’apéro mais pas avant 19h ! …

« La sieste est pratiquée tout autour de la Méditerranée : en Égypte, en Grèce, au Moyen-Orient », raconte l’historien et écrivain Robert Colonna d’Istria, « et je constate que c'est là qu'est née la civilisation et les plus grands empires." …

En Provence et chez nous c’est la siesta, ou la dormido (prononcer « dourmido » ; ou le «  pénéquet » un  petit somme à la provençale, un de ces symboles de l'art de vivre en Provence, associé au soleil, au jeu de boules et au pastis ! Bien que cela ne soit pas réservé aux habitants de la Provence, ce moment magique prend toute son importance dans notre région, d'autant plus lorsque la chaleur devient de plus en plus accablante. Comment résister, après une bonne matinée passée à la pétanque, sport traditionnel populaire, après un apéritif bien arrosé de "petit jaune», suivi d'un bon repas, comme l'aïoli par exemple - qui demande toute l'énergie possible pour réussir une bonne digestion -  à l'appel d'un petit pénéquet ? C'est la question que se posent tous les provençaux lorsqu’après le repas, le silence en devient imposant, seulement interrompu par le chant des cigales. C'est alors le moment de se glisser sur une chaise longue, à l'ombre des grands arbres ou encore derrière les volets croisés d'une maison contenant encore la fraîcheur de la nuit précédente ! Le pénéquet est à présent en train de gagner les esprits et de plus en plus de partisans d'une sieste qui deviendrait obligatoire se font entendre, louant les bienfaits d'un petit somme d'un quart d'heure par jour afin d'améliorer la mémoire, les jugements ainsi que la créativité de tous. Alors ne dénigrons pas cet instant sacré !

De là à faire l’éloge de cette pratique, il n’y a qu’un pas !

Un ancien président de la république a préfacé le livre de Bruno Comby : « Eloge de la Sieste ».

 

« C'est avec un peu d'étonnement que j'accueillais la proposition de Bruno Comby d'écrire une préface à son "Éloge de la sieste", un peu d'amusement aussi, car je gardais en mémoire les recettes de Monsieur Comby pour mieux vivre : en particulier, ses préparations culinaires à base d'insectes, paraît-il délicieuses, à la tentation desquelles j'avoue, à ma grande honte, n'avoir pas encore cédé...
Mais, à bien y réfléchir, partant de mon expérience de la sieste, de tout ce qu'elle m'apporte et de tout ce qu'elle m'autorise dans mon emploi du temps, cette idée d'un ouvrage qui serait, à la fois, un encouragement à pratiquer la sieste et un mode d'emploi m'a finalement conquis. A condition, toutefois, d'être bien comprise.

Et ce n'est pas facile chez nous où le fait d'évoquer le repos suscite souvent la plaisanterie. Il n'est qu'à se rappeler combien notre humour populaire aime à railler la sieste et ceux qui la pratiquent. On continuera, longtemps sans doute, à sourire de la prétendue paresse des latins qui observent, depuis la plus haute antiquité, cette pause des débuts d'après-midi où la chaleur rend toute activité pénible. Pourtant, comme il est maladroit de confondre sommeil et paresse !

Le repos est une affaire sérieuse, dont la qualité conditionne notre existence. De nombreuses religions ont sacralisé le sommeil dont Charles Péguy écrivait qu'il est "l'ami de Dieu [et] de l'homme". Les anciens savaient que la clé des songes est aussi celle de l'équilibre et du bonheur, et recommandaient la pratique de la sieste.

Il est de fait qu'elle facilite grandement la vie de ceux qui la pratiquent régulièrement, soit qu'elle les repose, tout simplement, soit encore, je peux en témoigner, qu'elle leur octroie, pour travailler, les extraordinaires créneaux d'efficacité intellectuelle de la nuit.

Parmi nos illustres contemporains, André Gide, qui en était le fervent adepte, avouait lui consacrer deux heures quotidiennes, parfois plus, et en tirait une grande satisfaction.

Il y a des raisons biologiques à cela, et Bruno Comby s'emploie à les analyser avec toute sa rigueur scientifique, en bousculant au passage, comme il en a l'habitude, quelques idées reçues.

Non, la sieste n'hypothèque pas le sommeil nocturne. Au contraire, l'auteur conseille de fractionner le sommeil, pour obéir aux rythmes naturels de l'organisme qui pourra ensuite se contenter de nuits écourtées.

Oui, la sieste est une recette d'équilibre à la portée de tous, quand on sait qu'un seul quart d'heure de bon repos suffit pour réparer les plus grandes fatigues.

Plus qu'un éloge, le livre de Bruno Comby sera le précieux partenaire de tous les hommes et de toutes les femmes pressées qui pensent qu'une journée de vingt-quatre heures est trop courte, et pour les autres, un guide vers de nouveaux horizons d'équilibre et de détente véritable. » Jacques Chirac

Thierry Paquot, dans son essai : « L’art de la sieste », met l’accent sur la maîtrise du temps et la reconnaissance d’un temps à ne rien faire d’autre que… dormir ! « Laissez-vous aller, allongez-vous, ne résistez pas à l’appel de la sieste, à ce plongeon voluptueux dans le sommeil diurne ! Dormez, rêvez, rompez les amarres avec la rive du quotidien chronométré ! Décidez de votre temps, siestez ! »

Alphonse Daudet dans plusieurs de ses œuvres et bien sûr dans les « lettres mon moulin » décrit ce moment de la journée où tout est calme, les routes et rues désertes, volets fermés… Par exemple dans « les deux auberges » :

« C’était en revenant de Nîmes, une après-midi de juillet. Il faisait une chaleur accablante. À perte de vue, la route blanche, embrasée, poudroyait entre les jardins d’oliviers et de petits chênes, sous un grand soleil d’argent mat qui remplissait tout le ciel. Pas une tâche d’ombre, pas un souffle de vent. Rien que la vibration de l’air chaud et le cri strident des cigales, musique folle, assourdissante, à temps pressés, qui semble la sonorité même de cette immense vibration lumineuse… Je marchais en plein désert depuis deux heures »…

A Cucugnan, ce village d'Occitanie, en Roussillon et non en Provence, bien connu pour son curé, le village a pris l’initiative de créer un lieu dédié à la sieste…Au pied du château de Queribus c’est un espace de repos, d’observation et de sensibilisation au patrimoine naturel environnant.

Le Pont du Gard, le lundi de Pâques, propose une « sieste musicale » moment où on oublie notamment les tracas qui envahissent la vie quotidienne.

En Espagne, les horaires des bureaux laissent aux Espagnols le temps de faire la sieste : ils reprennent le travail dans l’après-midi, vers 15 ou 16 heures. En revanche, ils finissent plus tard, entre 20 heures et 21 heures. Le gouvernement essaye sans succès de modifier cette habitude peu conforme aux exigences de la mondialisation : les horaires des fonctionnaires pourraient désormais finir à 18 heures. L’État espère ainsi inciter les entreprises à suivre la même voie.

En Chine, le droit à la sieste est inscrit dans la Constitution de 1948, article 49 : « Ceux qui travaillent ont droit à la sieste ».

Au Japon, de nombreuses entreprises japonaises ont aménagé dans leurs locaux des espaces destinés à la sieste plus ou moins forcée de leurs employés.

Dans les pays plus froids, la sieste est moins courante. Les enfants en bas âge ont souvent besoin d'un tel moment de repos, au moins sous la forme d'un « temps calme » organisé dans les structures d'accueil (écoles, centres de loisirs ou de vacances). 

Nous pourrions chanter avec Fernandel : « Le tango Corse, c'est un tango conditionné / Le tango Corse, c'est de la sieste organisée / (...) Le tango Corse, c'est l'avant-goût de l'oreiller », avec toute la lenteur voulue.

Françoise Hardy elle aussi nous invite à ce temps de repos :

« Et si tu mettais Le répondeur, C'est mieux que les boules Quiès

T'as pas remarqué que c'est l'heure de faire la sieste...

T'agiter trop tôt serait une erreur, t'as besoin de repos... »

La sieste nous a laissé au moins trois mots étroitement liés à sa pratique.

Le "radassier"; cette sorte de canapé à structure de bois et à assise de paille, à trois places ,  peu confortable.« Radasser » c’est « se reposer »  du verbe radassa  dans les parlers du Midi.

« La méridienne » terme surtout employé pour désigner un fauteuil plus confortable sur lequel on se repose ; un canapé à deux chevets de hauteurs inégales qu’on a baptisé « récamier » à cause du célèbre portrait de David, et dont la partie basse peut être rabattue à l’horizontale.

Le « sofa » sorte lit de repos à trois dossiers qui sert de siège, et que l'on confond souvent avec un canapé. « On appelle un sofa une espèce de lit de repos à la manière des Turcs ».

Et autres « chaises longues » et « transat ».

Différents auteurs ont parlé de la sieste ou décrit ce moment privilégié. Les peintres nous en ont laissé des tableaux célèbres : Van Gog, mais aussi Millet et Pissaro.

 

Nous étions en Nouvelle Lune le 16 août, moment où la nuit est noire, favorable à l’observation des Etoiles. Ceux qui pour la Nuit des étoiles s’étaient placés dans des points d’observation loin des lumières des villes ont pu voir les fameuses Perséides ou « Larmes de Saint Laurent » Ce sont une pluie d'étoiles filantes visibles dans l'atmosphère terrestre, issue de débris aussi gros qu'un grain de sable de la comète Swift-Tuttle, une comète découverte officiellement par Adolphe Quetelet.  On trouve des traces de premières observations de ces étoiles filantes sous Jules César et sous Auguste, mais ce n’est qu'entre 1864 et 1866 qu'il est établi une relation entre les Perséides et la comète dont la pluie d'étoiles filantes est issue. Ces météores sont observables lorsque les débris de Swift-Tuttle rencontrent l'atmosphère terrestre, soit dès la fin du mois de juillet jusqu'au 11 août. C'est l'essaim le plus spectaculaire et le plus populaire de l'année, étant donné qu'il se produit, pour l'hémisphère nord, lors de la période estivale.

En 42 av JC au moment où Auguste faisait célébrer les Ludi Victoriae Caesaris, des jeux en l'honneur des victoires de César voyant passer une de ces étoiles filantes on décréta que c’était l’âme de Jules César qui regagnait le ciel et les dieux et à partir de ce moment-là on ajouta aux autres noms d’Auguste « Caesar Divi Filius ».

Nous sommes en lune descendante, c’est-à-dire que sa position au-dessus de l’horizon est de plus en plus basse, alors que c’est une lune « croissante » qui passe d’une fin croissante à un cercle total, celui de la Pleine lune qui se manifestera le 31 août. Attention ! la lune ment. Ce n’est qu’au début septembre qu’elle aura l’apparence d’un C alors qu’elle décroit.

Vous avez observé comme moi le changement de temps intervenu aux alentours du 16 et de la Nouvelle Lune ! Nous sommes dans une bonne période pour faire des boutures. Il est recommandé de tailler les rosiers ayant fleuri et de les rabattre à cinq nœuds.

Cette Pleine Lune du 31 août est « triplement » remarquable. Au-delà d’être une « super moon » c’est-à-dire parmi les lunes de l’année, une des plus proches de la terre, ce qui donne l’apparence, surtout à son lever, d’un astre plus gros que d’habitude. Cette Pleine Lune sera la deuxième Pleine Lune dans le même mois, c’est plus rare. Il s’agit là d’un simple rapport entre la durée du mois lunaire et celle du mois solaire. 365,25 jours de l’année divisés par les 29,5 jours du mois lunaire, ça ne peut pas tomber juste. Cette différence aura une conséquence curieuse en 2030. Cette année-là il y aura deux mois de Ramadam dans l’année.

Pour nos Anciens., la treizième lune a toujours été signe d’une mauvaise année. Je vous laisse déduire ce que vous voulez à partir de vos observations et de ce qui se passe autour de nous, notamment en France, tant au niveau du temps que pour les évènements que nous vivons.

On appelle cette lune : « lune bleue ». L'adjectif « bleu » ne signifie pas pour autant que la lune prenne une teinte particulière lors du phénomène. Ce n'est pas un terme scientifique, mais une transcription d'une expression populaire en anglais. Ce terme viendrait de l'expression anglaise « blue moon ».

L'origine n’en est pas connue ! Son plus ancien usage attesté se trouve dans un document de 1528 attaquant violemment le clergé britannique intitulé Rede Me and Be Not Wrothe : « If they say the moon is blue / We must believe that it is true » (« s'ils prétendent que la lune est bleue, nous devons croire que c'est vrai »).

Le terme se retrouve dans l'expression anglaise « once in a blue moon », qui correspond à l'expression française « tous les trente-six du mois » et désigne quelque chose qui survient très rarement ou jamais.

Au Québec, on entend souvent dire que le terme anglais « Blue moon » (lune bleue) serait lui-même une déformation du terme français « double lune ». Des anglophones auraient pris le mot « double » pour « the blue » en anglais, et auraient depuis utilisé ce terme pour désigner la deuxième pleine lune du mois.

 

Je ne pouvais pas laisser passer cet évènement exceptionnel du mois d’Août 2023, laissant un peu de côté les fêtes et saisons pour d’autres chroniques. Et vous pouvez toujours relire mes chroniques des années précédentes car les fêtes, elles, n’ont pas suivi le décalage de la course lunaire.

Je souhaitais par ces quelques lignes vous faire regarder ce mois d’août d’une autre façon. Adissias !

                                                          

Jean Mignot le 17 août 2023

 

 

Jean Mignot 

le 17 août 2023